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Nicolas Machiavel par Maurice Merleau-Ponty du Collège de France Quand un homme d'État

Publié le 05/04/2015

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Nicolas Machiavel par Maurice Merleau-Ponty du Collège de France Quand un homme d'État augmente sa puissance avec l'air du désintéressement, quand il parle de paix pour couvrir des projets de guerre ou qu'il prend l'offensive au moment de faire des ouvertures de paix, on dit qu'il est machiavélique. Comme si Machiavel avait appris l'art de régner à d'innocents monarques. Il a seulement été des premiers à en parler si franchement. Ceux qui appellent de leur vrai nom les choses cachées et blessantes, on aimerait penser qu'ils les inventent et on les charge du mal que les autres font parce qu'ils ont la simplicité de le dire. C'est Stendhal qui est le " polisson " et c'est Guizot l'honnête homme. Mais, après un peu de temps, quand les hommes se sont reconnus dans le nouveau miroir qu'on leur tendait, c'est Stendhal l'honnête homme et Guizot le coquin. Machiavel attend depuis longtemps en purgatoire. Il est temps de l'en retirer, et d'y mettre les Médicis et leur pouvoir qui - comme tous les pouvoirs - " vient de Dieu ". Comment serait-il l'homme du secret, puisqu'il a éventé le secret ? Comment serait-il un machiavélique puisqu'il a noir sur blanc expliqué comment vont les États ? Les vrais machiavéliques se taisent ou moralisent. Il n'est même pas sûr qu'ils voient ce qu'ils font et qu'ils dupent les autres. Peut-être sont-ils dupés aussi. Entre eux-mêmes et leurs actions, il y a le voile du " pouvoir légitime ", de la " loi ", du " gouvernement établi ", du devoir de régn...
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