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Sujet : Les aspects comiques d’une pièce de théâtre (texte et représentation) ne servent-ils qu’à faire rire ?

Publié le 27/09/2015

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Sujet : Les aspects comiques d’une pièce de théâtre (texte et représentation) ne servent-ils qu’à faire rire ? Vous vous appuierez pour répondre à cette question sur les textes du corpus ainsi que sur des pièces que vous aurez lues ou dont vous aurez vu une représentation.

 

La comédie est étroitement associée au rire comique, c’est-à-dire au plaisir et au divertissement que le spectateur recherche en se rendant au théâtre. Molière lui-même fait du rire un élément essentiel de la comédie. Au XVIIe siècle, cette fonction divertissante est l’une des raisons qui font de la comédie un genre moins noble que la tragédie. Pourtant, les aspects comiques d’une pièce de théâtre ne servent-ils qu’à faire rire ? Le rire est en effet rarement vain ou gratuit, et la visée pédagogique et morale n’est jamais loin dans la comédie qui aspire, comme le rappelle Molière, à faire rire en instruisant, n’en déplaise à ses détracteurs. Nous verrons alors que, si le comique au théâtre est source de plaisir et de divertissement, il peut également avoir une fonction critique et pédagogique, et permettre ainsi au spectateur de prendre ses distances par rapport à la réalité.

 

La fonction première du comique est bien sûr le divertissement.

« Mais, même dans le vaudeville, le rire n’est pas gratuit et, derrière les dialogues légers et amusants de On purge bébé ou du Chapeau de paille d’Italie de Labiche, apparaît une satire de la société.

Au-delà du divertissement, le comique, au théâtre, a souvent pour fonction de dénoncer et de critiquer les mœurs. L’ambition critique de la comédie, qui vient s’ajouter au simple divertissement, est affirmée par Molière dans une citation célèbre : « Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, j’ai cru que, dans l’emploi où je me trouve, je n’avais rien de mieux à faire que d’attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle », écrit-il à propos de Tartuffe .

Ainsi, la plupart des pièces de Molière ont une cible : les faux dévots dans Tartuffe , les mondains dans LeMisanthrope , les pédants dans Les Femmes savantes , les médecins dans Le Malade imaginaire , etc.

Dans Le Bourgeois gentilhomme , le dramaturge se moque des prétentions nobiliaires du bourgeois parvenu qu’est M.

Jourdain, mais aussi de tous les pédants qui profitent de sa bêtise et de sa crédulité.

Lorsque Molière tourne en ridicule ses personnages et fait rire à leurs dépends, il attaque donc indirectement certains des travers de son époque. Exhiber ainsi les défauts humains de façon jubilatoire, c’est inciter le spectateur à les mettre à distance pour mieux s’en libérer.

La comédie fonctionne en effet sur le modèle du miroir déformant, renvoyant à la société une certaine image d’elle-même, afin de l’amener à se corriger.

A la suite de Molière, des auteurs du XVIII e siècle tels que Marivaux et Beaumarchais, ont eux aussi pour but de corriger les mœurs par le rire.

Ainsi, dans L’Ile des esclaves , maîtres et valets doivent échanger leurs vêtements, leurs conditions, et même leurs noms.

Le procédé carnavalesque de l’inversion des rôles a pour but d’amuser les spectateurs, mais aussi de prôner des rapports plus humains entre les hommes en donnant une leçon aux personnages mais aussi aux spectateurs.

Dans sa préface du Mariage de Figaro , Beaumarchais déclare avoir voulu stigmatiser dans sa comédie « une foule d’abus qui désolent la société ».

Les aspects comiques de la pièce se doublent alors d’une dimension satirique et contestataire qui lui confèrent une portée révolutionnaire.

La virtuosité du langage, les coups de théâtre et les ingénieux jeux de scène sont l’occasion de diffuser un message de liberté et d’égalité.

« Il faudrait détruire la Bastille pour que cette pièce ne soit pas une inconséquence dangereuse », aurait même dit Louis XVI, montrant le pouvoir que peut avoir une comédie. Cette dimension critique du théâtre comique ne s’est jamais démentie. On la rencontre jusque dans le théâtre contemporain.

Ainsi, Yasmina Réza, dans sa pièce Art , créée en 1994, fait la satire des mœurs de ses contemporains, qui mêlent sans scrupule ambition, compétition et image sociale.

Ainsi, la pièce s’ouvre sur un dialogue, au comique grinçant, à propos du tableau d’un peintre moderne : une toile blanche, qui va révéler les tension entre les trois amis.

Sur un thème beaucoup plus grave, la farce Mein Kampf , créée en 1987 par George Tabori, utilise l’arme de la dérision pour dénoncer l’horreur du nazisme.. »

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