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Un critique contemporain, M. André Thérive, écrit : « La littérature dans son ensemble sert à faire mieux connaître l'homme. Au temps des classiques, la vérité générale, l'homme abstrait, suffisait encore. L'homme concret est une conquête de l'époque moderne ». Vous montrerez comment cette « conquête » a été préparée par les écrivains du XVIIIe siècle.

Publié le 11/09/2014

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On sait quelle fut au xville siècle la fortune du système de Locke, selon lequel « toutes nos idées viennent des sens «, et celle du sensualisme de Condillac. Mais plus que tel ou tel système, c'est la démarche habituelle de leur pensée qui montre les philosophes du xvirre siècle attentifs à l'homme concret.

 

Lorsqu'il veut discuter la pensée dans laquelle Pascal compare le malheur de « l'homme « à celui d'un naufragé, Voltaire prend dans son tiroir une lettre qu'il vient précisément de recevoir d'un de ses amis : «Je suis ici comme vous m'y avez laissé..., jouissant d'une santé parfaite, ayant tout ce qui rend la vie agréable... « Et il continue : « Pour moi, quand je regarde Paris ou Londres... « Dans toute son oeuvre, il ramènera ainsi chaque problème général au contact de quelques faits précis, vivants, parfois ridicules, jamais indifférents, qui aideront le lectetir à le poser lui-même sur le terrain de sa propre expérience.

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« 86 ÉCRIVAINS DU xvme SIÈCLE et que les Latins appellent « concreta glacies », le béton que les Anglais nomment « concrete », la stalactite que les géologues appellent « concrétion », sont images grossières, mais sources authentiques de notre notion du concret: une présence immédiate, saisissante, indiscrète, qui occupe les sens, et dans laquelle l'esprit doit pratiquer ses coupes et ses prélèvements.

Les classiques Abstrait, Harpagon? Abstraits, Iphis, Onuphre, ou les convives du Repas ridi­ cule ? Il faudrait leur ôter argent, linge, livres, perruque, procès, malaises et humeurs.

Leur vérité serait alors tout à fait « générale », mais elle ne serait plus ! Quant aux personnages de Corneille et de Racine et même aux animaux de La Fontaine, c'est un lieu commun, depuis Taine, de retrouver en eux, agglo­ mérés à la « vérité générale », les gestes, préjugés et préoccupa­ tions de tel ou tel secteur de la société, à tel moment de son histoire.

Ne cherchons donc pas dans le xvme siècle une création « ex nihilo » de la connaissance concrète de l'homme.

Mesurons seulement les progrès qu'il a accomplis dans cette voie par sa philosophie d'abord, puis par les aspects plus proprement littéraires de ses œuvres.

II.

PHILOSOPHIE DE L'HOMME CONCRET On sait quelle fut au xvme siècle la fortune du système de Locke, selon lequel « toutes nos idées viennent des sens », et celle du sensualisme de Condillac.

Mais plus que tel ou tel système, c'est la démarche habituelle de leur pensée qui montre les philosophes du xvme siècle attentifs à l'homme concret.

Lorsqu'il veut discuter la pensée dans laquelle Pascal compare le malheur de« l'homme» à celui d'un naufragé, Voltaire prend dans son tiroir une lettre qu'il vient précisément de recevoir d'un de ses amis:« Je suis ici comme vous m'y avez laissé ...

,jouissant d'une santé parfaite, ayant tout ce qui rend la vie agréable ...

» Et il continue:« Pour moi, quand je regarde Paris ou Londres ...

» Dans toute son œuvre, il ramènera ainsi chaque problème général au contact de quelques faits précis, vivants, parfois ridicules, jamais indifférents, qui aideront le lecteur à le poser lui-même sur le terrain de sa propre expérience.

Rousseau même, dressé contre les philosophes, ne se détacha jamais de la « morale sensitive » ; il continua de chercher sa. »

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