Langage humain et langage animal

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Langage humain et langage animal

Philosophie

Aperçu du corrigé : Langage humain et langage animal



Publié le : 14/10/2019 -Format: Document en format HTML protégé

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Langage humain et langage animal
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Ma concierge a toujours raison. Il ne leur manque que la parole à tous ces êtres de poil et de plume qui constituent notre entourage affectif et sensuel.

 

Mais imaginez un instant que leur soit donné un langage semblable au nôtre : quelle somme de discours s\'ajouterait à nos propres déraisons ! Quel encombrement de notre espace mental... Car, doté d\'une parole, l\'animal, à la ressemblance de l\'humain, développerait aussi une pensée. L\'homme, sans aucun doute physiquement le plus démuni des êtres vivants, n\'aurait qu\'à se soumettre au règne de l\'animal, puis, telle une espèce en voie de disparition, à se laisser enfermer dans quelque réserve, pour l\'intérêt supérieur de la Science. La Planète_des singes imaginée par Robert Merle en propose un avant-goft, tout comme dans un roman de Roger Ikor, l\'appréhension de l\'enfant Yankel devant l\'obéissance stupide d\'un cheval boulonnais, énorme masse de muscle, face à la frêle stature de l\'homme qui le conduit et l\'attache à des travaux serviles.

 

Ce n\'a l\'air de rien, mais le complément de la parole accordé à l\'animal bouleverserait de fond en comble l\'ordre des choses. Pour une révolution, quelle révolution ! Il en serait fait de nos dogmes et de nos croyances, comme de nos certitudes et de nos hiérarchies, en un mot, de notre suprématie absolue sur tout ce qui vit. Par bonheur, à ce jour, l\'ordre règne sur la planète et l\'homme possède sans partage le privilège du verbe, le seul qui ne lui puisse être contesté.

 

Passé ce premier frisson, il faut bien admettre que le langage est un enjeu capital. Il contribue en effet à déterminer la place de l\'humain dans le champ de la nature, et peut même orienter toute une métaphysique. Par lui, l\'homme se démarque de l\'animal; le système de cette différence ainsi que celui de la pensée - car langage et pensée sont perçus comme indissolublement liés - amènent parfois à postuler l\'existence dans l\'homme d\'une parcelle immatérielle, d\'une âme1 et par-delà, d\'un Esprit supérieur, Dieu, dispensateur d\'un ordre naturel tout autant que fondateur d\'un ordre moral et social, voire économique, bref, clef de voftte de tout un système idéologique.

 

\"Parle et je te baptise\" lançait un jour le Cardinal de Polignac à l\'orang-outan du Jardin du Roi, qui \"sous une cage de verre\" avait tout l\'air \"d\'un Saint-Jean Baptiste qui prêche au désert\" \\ Un défi pour rien de la part du prélat, assuré de tenir la bête à distance de langage. Ainsi, restait confirmée la prééminence de l\'humain dans l\'ordre naturel, ordonné et régenté par la Providence divine. Le superbe animal, par son silence, proclamait sa dissemblance et son infériorité : il s\'excluait en quelque sorte de la classe des êtres pensants. Et pourtant quel beau spécimen d\'homme eftt-il été, morphologiquement parlant, semblable à Saint-Jean, celui-là même - est-ce pure coïncidence ? - qui naquit du silence et s\'accomplit dans la parole annonciatrice 3.

 

Au nom de quel principe pourtant, le critère du langage, restreint au modèle humain, peut-il définir une espèce supérieure, digne d\'exercer une royauté et d\'avoir part à l\'essence divine ? Son Eminence Melchior de Polignac ne faisait ici



Or il se trouve que c\'est chez les insectes, en l\'occurence l\'abeille, que l\'on rencontre le système d\'information le plus riche. De la patiente observation qu\'il en a faite, Karl Von Frisch révèle que, par une \"danse\" aux mouvements d\'amplitude variables, l\'abeille informe l\'ensemble de la ruche, de la direction et de la distance exacte où se trouve le pollen nourricier. \"Ce n\'est pas un langage phonique. Il s\'adresse au toucher et à l\'odorat.


Il convient de pousser plus avant l\'analyse d\'une telle différence en faisant apparaitre les limites de la gestuelle des abeilles par rapport au langage humain. Benveniste pour sa pan récuse le terme de langage, s\'agissant des animaux ; il ne peut s\'agir que d\'une communication de caractère restreint, mais non de \"messages parlés\". Car \"les conditions fondamentales d\'une communication linguistique semblent faire défaut dans le monde des animaux, même supérieurs\". Certes Benveniste accorde à l\'abeille \"la faculté première qui définit tout langage, à savoir la symbolisation, soit l\'établissement d\'une correspondance \"conventionnelle\" entre les signes du message et la réalité à laquelle ils renvoient\". A l\'intérieur de la ruche, \"les données objectives sont transposes en gestes formalisés\".



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