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Rousseau, L'Emile: «Les faits décrits dans l'histoire»

Philosophie

Aperçu du corrigé : Rousseau, L'Emile: «Les faits décrits dans l'histoire»



Publié le : 24/3/2020 -Format: Document en format HTML protégé

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Rousseau, L'Emile: «Les faits décrits dans l'histoire»
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Analyse du texte

A. Explication commentée :

a) «Les faits décrits dans l\'histoire», «peinture exacte» «teinté des préjugés de l\'historien:», «œil du spectateur». Toutes ces métaphores indiquent une analogie entre l\'histoire de l\'art : de même qu’un tableau peint d\'après la nature est l\'œuvre de l\'artiste, de même le récit de l\'historien, cherchant à décrire des faits, est son œuvre. Ce qui sépare l\'historien de l\'époque qu\'il décrit c\'est le temps. Un fait est définitivement passé, il ne peut être rappelé, que sur le mode imaginaire.

Pas de «peinture exacte des mêmes faits», «ils changent de forme dans la tête de l’historien». En effet, les événements constituent le contenu, les matériaux de base sur lesquels travaillera l\'historien (archives, photographies, peintures, lettres, documents divers). Mais l\'historien ne peut tenir un registre de tout ce qui s\'est passé ni tout répertorier. Il est tenu de faire un choix entre ce. qui lui paraît signifiant ou insignifiant, ce qui l\'oblige à une interprétation. Comme l\'artiste peut donner des formes différentes au même bloc de marbre, les historiens peuvent faire des lectures différentes d\'un même fait ou d\'une même époque. Il est impossible, disait Valéry, de -«séparer l\'histoire de l\'historien». «Mettez un même objet à divers points de vue à peine paraîtra-t-il le même», car la vue qu\'on prend d\'un paysage nous cache les autres points de vue. Même s\'il était capable



Il s’en faut bien que les faits décrits dans l’histoire soient la peinture exacte des mêmes faits tels qu’ils sont arrivés : ils changent de forme dans la tête de l’historien, ils se moulent sur ses intérêts, ils prennent la teinte de ses préjugés. Qui est-ce qui sait mettre exactement le lecteur au lieu de la scène pour voir un événement tel qu’il s’est passé ? L’ignorance ou la partialité déguise tout. Sans altérer même un trait historique, en étendant ou resserrant des circonstances qui s’y rapportent, que de faces différentes on peut lui donner ! Mettez un même objet à divers points de vue, à peine paraîtra-t-il le même, et pourtant rien n’aura changé que l’œil du spectateur. Suffit-il, pour l’honneur de la vérité, de me dire un fait véritable en me le faisant voir tout autrement qu’il n’est arrivé ? Combien de fois un arbre de plus ou de moins, un rocher à droite ou à gauche, un tourbillon de poussière élevé par le vent ont décidé de l’événement d’un combat sans que personne s’en soit aperçu ! Cela empêche-t-il que l’historien ne vous dise la cause de la défaite ou de la victoire avec autant d’assurance que s’il eût été partout ? Or que m’importent les faits en eux-mêmes, quand la raison m’en reste inconnue ? et quelles leçons puis-je tirer d’un événement dont j’ignore la vraie cause ? L’historien m’en donne une, mais il la controuve1 ; et la critique elle-même, dont on fait tant de bruit, n’est qu’un art de conjecturer, l’art de choisir entre plusieurs mensonges celui qui ressemble le mieux à la vérité.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation, 1762.


2. Or «la critique elle-même, dont on fait tant de bruit... celui qui ressemble le mieux à la vérité». La critique montre en effet que l’historien refuse de s\'aliéner au fait, à l\'apparence. Mais l’historien élabore une réalité qui n\'est ni l’expérience vécue par les contemporains, ni le texte manifeste de leur témoignage. Seulement, même si les hypothèses de l\'historien sont fondées sur des faits reconnus de tous, l\'historien ne peut en fournir une justification absolue, l’histoire semble alors justifier tout ce qu’on veut puisqu\'elle dit «un fait véritable, en me le faisant voir tout autrement qu\'il n\'est arrivé». (ex. : elle permet de reconnaître à la fois de l\'humanité chez les «monstres révolutionnaires» et des faiblesses cruelles chez «ces saints»).



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