LE SITE D'AIDE A LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits

Rechercher un sujet

Saisissez vos mots-clés séparés par des espaces puis cochez les rubriques dans lesquelles rechercher.
Enfin choisissez le mode de recherche. "ET" signifie que tous les mots-clés doivent être trouvés et "OU" signife qu'un des mots-clés doit être présent.

Mots-clés :    Categorie :  

Résultats de la recherche

  • Catégorie
  • Popularité
  • Prix
  • Note
  • Pages
  • Publication


Toutes les catégories -> Popularité décroissante



332 résultat(s) trouvé(s)
«« « Précédent 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Suivant » »»

Les 5 premiers résultats les plus consultés

PLATON

« Assurément ! repartit Socrate ; cela, par Zeus ! ne leur siérait point. (d) Ainsi donc, c'est certain, à tous ces désirs sans exception, ils leur disent adieu, Cébès, les hommes qui ont le souci de l'âme qui est la leur, qui ne passent pas, au contraire, leur existence à façonner leur corps ! La route qu'ils suivent n'est pas la même que celle des autres, car ceux-ci ne savent pas où ils vont ; quant à eux, estimant qu'on ne doit pas agir en opposition à la philosophie, à ce qu'elle fait pour nous délier et nous purifier ; c'est donc de ce côté-là qu'ils se tournent, suivant la philosophie dans la voie où elle les guide. - Comment cela, Socrate ? - Je vais te le dire, répondit Socrate. Voici une chose, en effet, continua t-il, que connaissent les amis du savoir : quand leur âme est prise en main par la philosophie, c'était une âme tout bonnement enchaînée dans un corps et collée à lui, forcée d'autre part de regarder les réalités à travers lui comme à travers la grille d'une prison, au lieu de les regarder, toute seule, à travers elle-même, vautrée enfin dans une totale ignorance ; ce qu'il y a en outre d'extraordinaire dans cette grille, la philosophie s'en est rendu compte....(e) Elle est constituée par le désir, en sorte que personne ne contribuerait autant que l'enchaîné lui-même à faire qu'il soit enchaîné ! (a) Oui, voilà ce que je dis : c'est que les amis du savoir connaissent la manière dont la philosophie quand elle a pris en main une âme dont telle est la condition, la sermonne avec indulgence et entreprend de la délier : en lui faisant voir toute l'illusion dont surabonde une recherche qui se fait par le moyen des yeux, toute l'illusion de celle qui a pour instruments les oreilles et les autres sens ; en lui persuadant de s'en reculer autant qu'elle n'est pas forcée d'y recourir ; en lui recommandant de se recueillir et de se ramasser, elle-même et par elle-même, de n'avoir confiance en nul autre, sinon elle-même en elle-même, (b) quelle que soit la réalité, réalité en soi et par soi, sur laquelle, étant elle-même et par elle-même, elle porte sa pensée ; quel que soit au contraire l'objet, autre en d'autres conditions, qu'elle examine par d'autres moyens qu'elle même de n'y supposer l'existence de rien qui soit vrai de considérer enfin qu'un tel objet est sensible, qu'il est visible, tandis que ce qu'elle voit, elle c'est l'intelligible, l'invisible. Quand on la délie de la sorte, se persuadant ainsi qu'elle ne doit pas opposer de résistance, l'âme de l'homme qui est véritablement philosophe s'écarte des plaisirs, comme des désirs, des peines, des frayeurs, tout autant qu'elle le peut ; faisant réflexion sur le cas où le plaisir est intense, ou la peine, ou la frayeur, ou le désir ; sur tous les maux dont on peut imaginer qu'ils en sont la conséquence (ainsi, tomber malade, ou déterminer quelque perte, à cause des désirs), (c) elle se dit qu'on n'en subit de ce fait aucun qui soit comparable à celui qu'ils font subir : le plus grand de tous, le mal suprême, celui pourtant auquel on ne réfléchit point ! - Quel est ce mal, Socrate ? dit Cébès. - C'est que, dans l'âme de tout homme, vont nécessairement de pair l'intensité du plaisir ou de la peine au sujet de ceci ou de cela, et la croyance, touchant le principal de cette émotion, qu'il est ce qu'il y a de plus évident et de plus vrai, alors qu'il n'en est point ainsi. Or, ce sont là principalement des visibles, n'est-ce-pas ? - Hé ! absolument. - Mais n'est-ce pas dans cet état principalement (d) que l'âme est enchaînée par son corps ? - Et comment cela ? - En ce que chaque plaisir et chaque peine, possédant une manière de clou, clouent l'âme au corps, la fichent en lui, la rendent de nature corporelle, prête à juger vrai cela même que dit le corps. En effet cette disposition à se conformer à celui-ci dans ses jugements et à se plaire aux mêmes choses que lui, crée forcément, je crois, dans l'âme une conformité de tendances, une conformité dans sa formation et la rend incapable de jamais parvenir chez Hadès en état de pureté, sortant au contraire toujours du corps en état de souillure ; aussi retombe-t-elle bientôt dans un autre corps, dans lequel, pour ainsi dire, elle s'ensemence et s'enracine ; (e) d'où il suit qu'elle est exclue du droit d'être associée à l'existence de ce qui est divin, pur, unique en sa forme. - Rien, dit Cébès, de plus vrai que ton langage, Socrate ! - Voilà donc pour quelles raisons, Cébès, ceux qui, à juste titre, sont amis du savoir sont gens de bonne conduite et vaillants, non point pour les raisons qu'allègue le vulgaire. Mais peut-être es-tu de son avis ? (a) - Moi ? pas du tout ! - « ce n'est pas cela en effet ! Mais voici, bien plutôt, comment raisonnerait une âme de philosophe, se refusant à penser que, l'office de la philosophie étant de la délier et celle-ci la déliant en effet, se serait son office à elle de se livrer aux plaisirs et aux peines, pour se remettre une fois de plus dans les chaînes ; à faire le travail sans fin d'une Pénélope qui, sur une certaine sorte de toile, ferait le travail inverse. Tout au contraire comme elle établit le calme sur cette mer agitée en se laissant conduire par le raisonnement et en se tenant toujours dans les limites qu'il lui impose, en contemplant le vrai, le divin, ce qui n'est point objet d'opinion et en faisant de cela même son aliment, (b) elle pense, et que son devoir est de vivre de la sorte aussi longtemps qu'elle vivra, et que, lorsqu'elle aura cessé de vivre, une fois parvenue auprès de ce qui lui est apparenté et qui est de sa nature, elle sera débarrassée des maux de la condition humaine ! En conséquence d'une semblable formation et puisque c'est à cela qu'elle s'est employée, il n'y a pas su tout à craindre qu'elle ait peur, Simmias et Cébès, de s'éparpiller au moment où elle se séparera du corps, ni de se disperser et de s'envoler au gré du vent qui souffle, bref, une fois partie, de n'être plus rien nulle part ! »PLATON

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

PLATON

Cet artisan je parle n'est pas seulement capable de faire toutes sortes de meubles, mais il produit encore tout ce qui pousse de la terre [...], tout ce qu'il y a dans le ciel, et tout ce qu'il y a sous la terre, dans l'Hadès. Voilà un sophiste tout à fait merveilleux ! [...] Si tu veux prendre un miroir et le présenter de tous côtés tu feras vite le soleil et les astres du ciel, la terre, toi-même, et tous les êtres vivants, et les meubles, et les plantes, et tout ce dont nous parlions à l'instant. Oui mais ce seront des apparences et non des réalités [...] Mais tu me diras, je pense que ce que fait [le peintre, plus que tous les artisans] n'a point de réalité, n'est-ce pas ? et pourtant, d'une certaine manière, le peintre lui aussi fait un lit. Ou bien non ? Si, répondit-il, du moins un lit apparent. Et le menuisier ? N'as-tu pas dit tout à l'heure qu'il ne faisait point la Forme (eidos), ou, d'après nous, ce qui est le lit, mais un lit particulier ? Je l'ai dit en effet. Or donc, s'il ne fait point ce qui est, il ne fait point l'objet réel, mais un objet qui ressemble à ce dernier, sans en avoir la réalité [...] Maintenant, considère ce point : lequel de ces deux buts se propose la peinture relativement à chaque objet : est-ce de représenter ce qui est tel qu'il est, ou ce qui paraît, tel qu'il paraît ? Est-elle l'imitation de l'apparence ou de la réalité ? De l'apparence. L'imitation est donc loin du vrai, et si elle façonne tous les objets, c'est, semble-t-il, parce qu'elle ne touche qu'à une petite partie de chacun, laquelle n'est d'ailleurs qu'un simulacre (eidôlon)... Lorsque quelqu'un vient nous annoncer qu'il a trouvé un homme instruit de tous les métiers, qui connaît tout ce que chacun connaît dans sa partie [...], il faut lui répondre qu'il est un naïf, et qu'apparemment il a rencontré un charlatan et un imitateur.PLATON

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

PLATON

CRITIAS : J'irais même jusqu'à dire que c'est précisément à se connaître soi-même que consiste la sagesse, d'accord en cela avec l'auteur de l'inscription de Delphes. (...) C'est ainsi que le dieu s'adresse à ceux qui entrent dans son temple, en des termes différents de ceux des hommes, et c'est ce que pensait, je crois, l'auteur de l'inscription : à tout homme qui entre il dit en réalité : « Sois sage ». Mais il le dit, comme un devin, d'une façon un peu énigmatique ; car « Connais-toi toi-même » et « Sois sage », c'est la même chose (...). SOCRATE : Dis moi donc ce que tu penses de la sagesse. CRITIAS : Eh bien, je pense que seule de toutes les sciences, la sagesse est la science d'elle-même et des autres sciences. SOCRATE : Donc, elle serait aussi la science de l'ignorance, si elle l'est de la science. CRITIAS : Assurément. SOCRATE : En tout cas, le sage seul se connaîtra lui-même et sera seul capable de juger ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas, et il sera de même capable d'examiner les autres et de voir ce qu'ils savent et croient savoir, alors qu'ils ne le savent pas, tandis qu'aucun autre n'en sera capable. En réalité, donc, être sage, la sagesse et la connaissance de soi-même, c'est savoir ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas. Est-ce bien là ta pensée ? CRITIAS : Oui. SOCRATE : Vois donc, camarade, quelle étrange théorie nous nous chargeons de soutenir. Essaye de l'appliquer à d'autres objets et tu verras, je pense, qu'elle est insoutenable. CRITIAS : Comment cela, et à quels objets ? SOCRATE : Voici. Demande-toi si tu peux concevoir une vue qui ne soit pas la vue des choses qu'aperçoivent les autres vues, mais qui serait la vue d'elle-même et des autres vues et aussi de ce qui n'est pas vue, qui ne verrait aucune couleur, bien qu'elle soit une vue, mais qui se percevrait elle-même et les autres vues. Crois-tu qu'une pareille vue puisse exister ? CRITIAS : Non, par Zeus (...) SOCRATE : Mais à propos de science, nous affirmons, à ce qu'il paraît, qu'il en est une qui n'est la science d'aucune connaissance, mais la science d'elle-même et des autres sciences. CRITIAS : Nous l'affirmons, en effet PLATON

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Que doit donc être une conscience pour qu'elle puisse successivement poser des objets réels et des objets imagés ? (...) La condition pour qu'une conscience puisse imaginer est donc double : il faut à la fois qu'elle puisse poser le monde dans sa totalité synthétique et, à la fois, qu'elle puisse poser l'objet imaginé comme hors d'atteinte par rapport à cet ensemble synthétique, c'est-à-dire poser le monde comme un néant par rapport à l'image. Il suit de là clairement que toute création d'imaginaire serait totalement impossible à une conscience dont la nature serait précisément d'être « au-milieu-du-monde ». Si nous supposons en effet une conscience placée au sein du monde comme un existant parmi d'autres, nous devons la concevoir, par hypothèse, comme soumise sans recours à l'action des diverses réalités - sans qu'elle puisse par ailleurs dépasser le détail de ces réalités par une intuition qui embrasserait leur totalité. Cette conscience ne pourrait donc contenir que des modifications réelles provoquées par des actions réelles et toute imagination lui serait interdite, précisément dans la mesure où elle serait enlisée dans le réel. Cette conception d'une conscience embourbée dans le monde ne nous est pas inconnue car c'est précisément celle du déterminisme psychologique. Nous pouvons affirmer sans crainte que, si la conscience est une succession de faits psychiques déterminés, il est totalement impossible qu'elle produise jamais autre chose que du réel. Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle échappe au monde par sa nature même, il faut qu'elle puisse tirer d'elle-même une position de recul par rapport au monde. En un mot il faut qu'elle soit libre. SARTRE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

SPINOZA

Le désir (cupiditas) est l'essence même de l'homme, en tant qu'elle est conçue comme déterminée, par une quelconque affection d'elle-même, à faire quelque chose. EXPLICATION Nous avons dit plus haut, dans le scolie de la proposition 9 de cette partie, que le Désir est l'appétit qui a conscience de lui-même, et que l'appétit est l'essence même de l'homme, en tant qu'elle est déterminée à faire les choses qui sont utiles à sa conservation. Mais, dans le même scolie, j'ai fait observer aussi qu'en réalité, entre l'appétit de l'homme et le désir, je ne fais aucune différence. Car, que l'homme soit conscient ou non de son appétit, cet appétit reste un et le même ; par conséquent, pour ne pas paraître énoncer une tautologie, je n'ai pas voulu expliquer le désir par l'appétit, mais j'ai pris soin de le définir de façon à y comprendre à la fois tous les efforts (conatus) de la nature humaine que nous nommons appétit, volonté, désir ou impulsion (impetus). J'aurais pu dire, en effet, que le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu'elle est conçue comme déterminée à faire quelque chose ; mais de cette définition... on ne pourrait pas tirer que l'esprit peut être conscient de son désir, autrement dit (sive) de son appétit. Donc, voulant que la cause de cette conscience fût impliquée dans ma définition, il m'a été nécessaire (selon la même proposition) d'ajouter : en tant qu'elle est déterminée par une quelconque affection d'elle-même, etc. Car, par affection de l'essence de l'homme nous entendons toute organisation de cette essence, qu'elle soit innée - ou acquise - qu'elle soit conçue par le seul attribut de l'Étendue, ou enfin rapportée à l'un et à l'autre à la fois. J'entends donc ici sous le nom de Désir tous les efforts, impulsions, appétits et volitions de l'homme ; ils sont variables selon l'état variable d'un même homme, et souvent opposés les uns aux autres, au point que l'homme est entraîné en divers sens et ne sait où se tourner.SPINOZA

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

SPINOZA

Je veux expliquer ici en peu de mots ce que par la suite j'entendrai par gouvernement de Dieu, secours de Dieu externe et interne, par élection de Dieu et enfin par fortune. Par gouvernement de Dieu j'entends l'ordre fixe et immuable de la nature, autrement dit l'enchaînement des choses naturelles ; en effet nous avons dit plus haut et montré ailleurs que les lois universelles de la nature suivant lesquelles tout se produit et tout est déterminé, ne sont pas autre chose que les décrets éternels de Dieu qui enveloppent toujours une vérité et une nécessité éternelles. Que nous disions donc que tout se fait suivant les lois de la nature ou s'ordonne par le décret ou le gouvernement de Dieu, cela revient au même. En second lieu la puissance de toutes les choses naturelles n'étant autre chose que la puissance même de Dieu, par laquelle tout se fait et tout est déterminé, il en suit que tout ce dont l'homme, partie de lui-même de la nature, tire par son travail un secours, pour la conservation de son être, et tout ce qui lui est en réalité offert par la seule puissance divine, en tant qu'elle agit soit par la nature même de l'homme, soit par des choses extérieures à cette nature. Ainsi tout ce que la nature humaine peut produire par sa seule puissance pour la conservation de son être, nous pouvons l'appeler secours interne de Dieu, et secours externe tout ce que produit d'utile pour lui la puissance des choses extérieures. De là ressort aisément ce que l'on doit entendre par élection de Dieu ; nul en effet n'agissant que suivant l'ordre prédéterminé de la nature, c'est-à-dire par le gouvernement et le décret éternel de Dieu, nul ne choisit sa manière de vivre et ne fait rien, sinon par une vocation singulière de Dieu qui a élu tel individu de préférence aux autres pour telle oeuvre ou telle manière de vivre. Par fortune enfin, je n'entends rien d'autre que le gouvernement de Dieu en tant qu'il gouverne les choses humaines par des causes extérieures et inattendues.SPINOZA

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Il faut noter que l'entendement ne peut jamais être trompé par une expérience, s'il se borne à avoir l'intuition nette de ce qui se présente à lui tel qu'il l'a, soit en lui-même, soit dans l'imagination, et si de plus il ne juge pas que l'imagination représente fidèlement les objets des sens, ni que les sens. prennent les vraies figures des choses, ni enfin que la réalité extérieure est toujours telle qu'elle apparaît ; en tout cela, en effet, nous sommes sujets à l'erreur : c'est ainsi que, lorsqu'on nous a raconté une fable, nous croyons que la chose a eu lieu, que celui qui est malade d'une jaunisse juge que tout est jaune, parce qu'il a les yeux colorés en jaune; et enfin que, lorsque l'imagination est atteinte, comme il arrive aux mélancoliques (1), nous croyons que les rêves désordonnés qu'elle fait représentent la réalité vraie. Mais cela ne trompera pas l'entendement du sage, car, tout en jugeant que l'image reçue de l'imagination y a été vraiment gravée, il n'affirmera cependant jamais que cette image est venue, tout entière et sans altération, de la réalité extérieure aux sens et des sens à l'imagination, à moins de l'avoir su d'abord par quelque autre moyen. DESCARTES (1) Le terme, au XVII siècle, désignait à peu près les malade dépressifs.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Nous avons souvent entendu formuler l'exigence suivante : une science doit être construite sur des concepts fondamentaux clairs et nettement définis. En réalité, aucune science, même la plus exacte, ne commence par de telles définitions. Le véritable commencement de toute activité scientifique consiste plutôt dans la description de phénomènes, qui sont ensuite rassemblés, ordonnés et insérés dans des relations. Dans la description, déjà, on ne peut éviter d'appliquer au matériel certaines idées abstraites que l'on puise ici .ou là et certainement pas dans la seule expérience actuelle. De telles idées - qui deviendront les concepts fondamentaux de la science - sont, dans l'élaboration ultérieure des matériaux, encore plus indispensables. Elles comportent d'abord nécessairement un certain degré d'indétermination ; il ne peut être question de cerner clairement leur contenu. Aussi longtemps qu'elles sont dans cet état, on se met d'accord sur leur signification en multipliant les références au matériel de l'expérience, auquel elles semblent être empruntées mais qui, en réalité, leur est soumis. FREUD, Pulsions et destins des pulsions (in : Métapsychologie)

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

LE DROIT ET LA PUISSANCE 'Aussi longtemps que le droit naturel humain est déterminé par la puissance de chacun, ce droit sera en réalité inexistant ou du moins n'aura qu'une exigence purement théorique puisqu'on n'a aucun moyen assuré de le conserver." Spinoza, Traité politique, 1675.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

LE TRAVAIL ET LA VIE "Nous croyons qu'il est au pouvoir du travail scientifique de nous apprendre quelque chose sur la réalité de l'univers et que nous augmentons par là notre puissance et pouvons mieux organiser notre vie." Freud, L'Avenir d'une illusion, 1927.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Il ne faut pas interpréter cette nécessité où nous sommes de créer des concepts, des espèces, des formes, des fins, des lois (un monde de cas identiques) comme si elle devait nous mettre en mesure de fixer ce qu'est le monde vrai; il faut y voir la nécessité de nous accommoder un monde qui nous rende l'existence possible ; nous créons par là un monde qui nous paraît prévisible, simplifié, intelligible, etc. Cette même nécessité existe dans l'activité des sens, soutenue par l'entendement, qui simplifie, grossit, souligne et condense, et nous permet ainsi de "reconnaître" les choses et de nous faire entendre. Nos besoins ont déterminé nos sens à ce point que c'est un monde phénoménal identique qui reparaît toujours et qui a, de ce fait, acquis, une apparence de réalité. La nécessité subjective où nous sommes de croire à la logique exprime simplement ce fait que, longtemps avant de prendre conscience de la logique, nous n'avons fait autre chose que d'introduire ses postulats dans le devenir : à présent, nous les retrouvons dans le devenir - nous ne pouvons plus faire autrement - et nous pensons alors que cette nécessité nous est garante d'une "vérité" ! [...] Le monde nous paraît logique parce que nous avons commencé par le rendre logique. » Nietzsche

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Hegel: Opinions, fins et idéaux

« Toutes les opinions, les fins et les idéaux qui représentent une déviation par rapport aux normes établies n'appartiennent pas pour cela à la réalité à venir. Les aventuriers de toute sorte ont de tels idéaux et leur activité correspond toujours à des représentations qui vont à rencontre des conditions existantes. Mais le fait que ces représentations, ces bonnes raisons et ces principes généraux ne sont pas conformes à l'ordre existant ne les justifie pas [...]. Les individus vraiment historiques sont ceux qui ont voulu et accompli non une chose imaginée et présumée, mais une chose juste et nécessaire et qu'ils l'ont compris parce qu'ils ont reçu intérieurement la révélation de ce qui est nécessaire et appartient réellement aux possibilités du temps. » HEGEL

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

En droit on ne devrait appeler art que la production par liberté, c'est-à-dire par un libre-arbitre qui met la raison au fondement de ses actions. On se plaît à nommer une oeuvré d'art le produit des abeilles (les gâteaux de cire régulièrement construits), mais ce n'est qu'en raison d'une analogie avec l'art ; en effet, dès que l'on songe que les abeilles ne fondent leur travail sur aucune réflexion proprement rationnelle, on déclare aussitôt qu'il s'agit d'un produit de leur nature (de l'instinct), et c'est seulement à leur créateur qu'on l'attribue en tant qu'art. Lorsqu'en fouillant un marécage on découvre, comme il est arrivé parfois, un morceau de bois taillé, on ne dit pas que c'est un produit de la nature, mais de l'art ; la cause productrice de celui-ci a pensé à une fin, à laquelle l'objet doit sa forme. On discerne d'ailleurs un art en toute chose qui est ainsi constituée qu'une représentation de ce qu'elle est a dû dans sa cause précéder sa réalité (même chez les abeilles), sans que toutefois cette cause ait pu précisément penser l'effet ; mais quand on nomme simplement une chose une oeuvre d'art, pour la distinguer d'un effet naturel, on entend toujours par là une oeuvre de l'homme. KANT.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Aristote: Echange et monnaie

« Ce n'est pas entre deux médecins que naît une communauté d'intérêts, mais entre un médecin par exemple et un cultivateur, et d'une manière générale entre des contractants différents et inégaux qu'il faut pourtant égaliser. C'est pourquoi toutes les choses faisant objet de transaction doivent être d'une façon quelconque commensurables entre elles. C'est à cette fin que la monnaie a été introduite, devenant une sorte de moyen terme, car elle mesure toutes choses et par suite l'excès et le défaut, par exemple combien de chaussures équivalent à une maison ou à telle quantité de nourriture. Il doit donc y avoir entre un architecte et un cordonnier le même rapport qu'entre un nombre déterminé de chaussures et une maison, faute de quoi il n'y aura ni échange ni communauté d'intérêts; et ce rapport ne pourra être établi que si entre les biens à échanger il existe une certaine égalité. Il est donc indispensable que tous les biens soient mesurés au moyeu d'un unique étalon, comme nous l'avons dit plus haut. Et cet étalon n'est autre, en réalité, que le besoin, qui est le lien universel (car si les hommes n'avaient besoin de rien, ou si leurs besoins n'étaient pas pareils, il n'y aurait plus d'échange du tout, ou les échanges seraient différents); mais la monnaie est devenue une sorte de substitut du besoin et cela par convention, et c'est d'ailleurs pour cette raison que la monnaie reçoit le nom de nomisma, parce qu'elle existe non pas par nature, mais en vertu de la loi (nomos), et qu'il est en notre pouvoir de la changer et de la rendre inutilisable. » ARISTOTE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Spinoza: Etre libre, c'est suivre sa raison

... « On croit que l'esclave est celui qui agit sur commandement d'autrui, et que l'homme libre est celui qui se conduit selon son propre gré. Mais cela n'est pas absolument vrai. En réalité, celui qui se laisse entraîner par son seul plaisir, au point de ne plus voir ni faire rien de ce qui lui serait utile, est soumis au plus grand esclavage, et seul est libre celui qui vit volontairement sous la conduite de la raison. Quant à l'action commandée, c'est-à-dire l'obéissance, elle ôte bien d'une certaine manière la liberté, mais ce n'est pas cela qui rend immédiatement esclave, c'est la raison de l'action. Si la fin de l'action n'est pas l'utilité de l'agent lui-même, mais de celui qui le commande, alors l'agent est esclave et inutile à soi-même. Mais dans un État et sous un pouvoir où la loi suprême n'est pas le salut de celui qui commande, mais le salut du peuple tout entier, celui qui se soumet en tous points au pouvoir souverain doit être dit non pas esclave inutile à soi, mais sujet. Ainsi l'État le plus libre est celui qui se soumet en tout à la droite raison, car chacun, s'il le veut, peut y être libre, c'est-à-dire y vivre volontairement sous la conduite de la raison. » SPINOZA

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Merleau-Ponty et la bonne volonté

« Quelle que soit sa bonne volonté, l'homme entreprend d'agir sans pouvoir apprécier exactement le sens objectif de son action, il se construit une image de l'avenir, qui ne se justifie que par des probabilités, qui en réalité sollicite l'avenir et sur laquelle donc il peut être condamné, car l'événement, lui, n'est pas équivoque (...). En agissant, il a engagé les autres, et de proche en proche le sort de l'humanité. Aller dans le sens de l'histoire, la recette serait simple si, dans le présent, le sens de l'histoire était évident (...). L'histoire nous offre des lignes de faits qu'il s'agit de prolonger vers l'avenir, mais elle ne fait pas connaître avec une évidence géométrique la ligne de faits privilégiés qui finalement dessinera notre présent lorsqu'il sera accompli. Davantage : à certains moments du moins, rien n'est arrêté dans les faits, et c'est justement notre abstention ou notre intervention que l'histoire attend pour prendre forme. Cela ne veut pas dire que nous puissions faire n'importe quoi : il y a des degrés de vraisemblance qui ne sont pas rien. Mais cela veut dire que, quoi que nous fassions, ce sera dans le risque. Cela ne veut pas dire qu'on doive hésiter et fuir la décision, mais cela veut dire qu'elle peut conduire l'homme d'État à la mort. » MERLEAU-PONTY

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Bergson: Mémoire, oubli, conservation du passé

La mémoire, comme nous avons essayé de le prouver, n'est pas une faculté de classer des souvenirs dans un tiroir ou de les inscrire sur un registre. Il n'y a pas de registre, pas de tiroir, il n'y a même pas ici, à proprement parler, une faculté, car une faculté s'exerce par intermittences, quend elle veut ou quand elle peut, tandis que l'amoncellement du passé sur le passé se poursuit sans trêve. En réalité, le passé se conserve de lui-même, automatiquement. Tout entier, sans doute, il nous suit à tout instant : ce que nous avons senti, pensé, voulu depuis notre première enfance est là, penché sur le présent qui va s'y joindre, pressant contre la porte de la conscience qui voudrait le laisser dehors. Le mécanisme cérébral est précisément fait pour en refouler la presque totalité dans l'inconscient et pour n'introduire dans la conscience que ce qui est de nature à éclairer la situation présente, à aider l'action qui se prépare, à donner enfin un travail utile. Bergson.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Bergson: tous artistes !

« Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l'art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes... Nos yeux, aidés de notre mémoire, découperaient dans l'espace et fixeraient dans le temps des tableaux inimitables. (...) Nous entendrions chanter au fond de nos âmes, comme une musique quelquefois gaie, plus souvent plaintive, toujours originale, la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure.Tout cela est autour de nous, tout cela est en nous, et pourtant rien tout cela n'est perçu par nous distinctement. Entre la nature et nous, que dis-je ? entre nous et notre propre conscience, un voile interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. Quelle fée a tissé ce pile ? Fut-ce par malice ou par amitié ? Il fallait vivre, et la vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c'est n'accepter des objets que l'impression utile pour y répondre par des réactions appropriées. » H. BERGSON

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Saint-Augustin: son et signe

« Supposons encore que quelqu'un entende un signe qui lui est inconnu : le son d'un mot dont il ignore le sens. Il désire savoir ce que ce mot veut dire, quelle idée évoque ce son. Par exemple, il entend prononcer le mot temetum; comme c'est un mot qu'il ignore, il en cherche le sens. Il faut au moins qu'il sache que ce mot est un signe, c'est-à-dire que ce mot n'est pas un son vide, mais un son qui signifie quelque chose. Autrement, une fois que ce mot de trois syllabes lui serait connu, une fois que se serait Imprimée en lui, par le sens de l'ouïe, la manière de l'articuler, qu'aurait-il d'autre à chercher pour le mieux connaître (puisque toutes les lettres, la quantité de chaque syllabe lui sont déjà connues), s'il n'avait en même temps l'évidence que ce mot est un signe et si cette évidence ne déclenchait en lui le désir de savoir ce que ce mot signifie? Plus le mot est connu sans toutefois l'être pleinement, plus l'esprit désire connaître ce qu'il lui en reste à connaître. Si en effet il ne connaissait que le son et ignorait que ce son signifie quelque chose, il ne chercherait plus rien, une fois perçue, autant qu'il était en son pouvoir, la réalité sensible. Parce qu'il sait au contraire que ce mot n'est pas seulement un son, mais encore un signe, Il veut en avoir la pleine connaissance. Or nul signe n'est parfaitement connu, si l'on ne sait ce dont il est le signe. » SAINT AUGUSTIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Comte et les utopistes

« La débile portée de notre intelligence, et la brièveté de la vie individuelle comparée à la lenteur du développement social, retiennent notre imagination, surtout à l'égard des idées politiques, vu leur complication supérieure, sous la plus étroite dépendance du milieu effectif dans lequel nous vivons actuellement. Même les plus chimériques utopistes, qui croient s'être entièrement affranchis de toute condition de réalité, subissent, à leur insu, cette insurmontable nécessité, en reflétant toujours fidèlement par leurs rêveries l'état social contemporain. A plus forte raison, la conception d'un véritable système politique, radicalement différent de celui qui nous entoure, doit-elle excéder les bornes fondamentales de notre faible intelligence (...). La plus forte tête de toute l'Antiquité, le grand Aristote, a été lui-même tellement dominé par son siècle, qu'il n'a pu seulement concevoir une société qui ne fût point nécessairement fondée sur l'esclavage, dont l'irrévocable abolition a néanmoins commencé quelques siècles après lui. » A. COMTE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Hegel: les grans hommes et l'Histoire

« Les grands hommes de l'histoire ne tirent pas leur fin et leur vocation de l'ordre établi, paisible et rangé, du cours consacré des événements. Leur justification ne réside pas dans l'état actuel des choses; c'est à une autre source qu'ils puisent. C'est l'Esprit caché qui frappe à la porte du présent : il est encore sous terre, n'est pas encore assez puissant pour passer à l'existence et veut se frayer une issue; le monde présent est pour lui une enveloppe qui renferme un autre noyau que celui qui s'adaptait à elle. Sans doute tout ce qui s'écarte de l'ordre existant, — intentions, fins, opinions, idéaux, comme on dit —, diffère également de la réalité présente. Des aventuriers de tout genre ont de tels idéaux et leur activité s'oriente vers des conceptions contraires à l'ordre établi. Mais le fait que ces conceptions, ces bons motifs, ces principes généraux diffèrent de ce qui existe ne suffit pas à leur conférer des droits. Les fins vraies sont seulement ce contenu auquel l'Esprit (*) immanent s'est élevé lui-même par sa puissance absolue; et les grands hommes de l'histoire sont justement ceux qui ont voulu et réalisé, non pas un but imaginaire et illusoire, mais la solution exacte qui s'imposait, ceux qui ont su ce qu'il fallait, en qui s'est révélé ce qu'exigeaient les circonstances, ce qui était nécessaire. » HEGEL

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Hegel: ignorance et liberté

L'ignorant n'est pas libre parce qu'il se trouve en présence d'un monde qui est au-dessus et en-dehors de lui, dont il dépend, sans que ce monde étranger soit son oeuvre et qu'il s'y sente comme chez lui. La recherche du savoir, l'aspiration à la connaissance, depuis le degré le plus bas jusqu'au niveau le plus élevé, n'ont pour source que le besoin irrésistible de sortir de cet état de non-liberté pour s'approprier le monde par la représentation et la pensée. D'autre part, la liberté dans l'action consiste à se conformer à la raison qui exige que la volonté devienne réalité. Cette réalisation de la volonté, conformément aux exigences de la raison, s'effectue dans l'État. Dans un État organisé conformément aux exigences de la raison, toutes les lois et institutions ne sont que des réalisations de la volonté, d'après ses déterminations les plus essentielles. HEGEL

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Merleau-Ponty: Tout est fabriqué et tout est naturel chez l'homme

"le japonais en colère sourit, l'occidental rougit et frappe du pied ou bien pâlit et parle d'une voix sifflante. il ne suffit pas que deux sujets conscients aient les mêmes organes et le même systhème nerveux pour que les mêmes émotions se donnent chez tous deux les mêmes signes. Ce qui importe c'est la manière dont ils font usage de leur corps, c'est la mise en forme simultanée de leu corps et de leur monde dans l'émotion. l'équipement psychophysiologique laisse ouvertes quantité de possibilités et il n'y a pas plus ice que dans le domaine des instincts une nature humaine donnée une fois pour toutes. l'usage q'un homme fera de son corps est transcendant à l'égard de ce corps comme être simplement biologique. Il n'est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de cirer dans la colère ou d'embrasser dans l'amour que d'appeler table une table. les sentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme les mots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans le corps humain sont en réalité des institutions. Il est impossible de superposer chez l'homme une première couche de comportements que l'on appellerait" naturels" et un monde culturel ou spirituel fabriqué. tout est fabriqué et tout est naturel chez l'homme." Merleau-Ponty

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Troisième leçon des "cinq leçons sur la psychanalyse" de FREUD.

Pour se persuader de l'existence des idées latentes du rêve et de la réalité de leur rapport avec le contenu manifeste, il faut pratiquer l'analyse des rêves, dont la technique est la même que la technique psychanalytique dont il a déjà été question. Elle consiste tout d'abord à faire complètement abstraction des enchaînements d'idées que semble offrir le contenu manifeste du rêve, et à s'appliquer à découvrir les idées latentes, en recherchant quelles associations déclenche chacun de ses éléments. Ces associations provoquées conduiront à la découverte des idées latentes du rêveur, de même que, tout à l'heure, nous voyions les associations déclenchées par les divers symptômes nous conduire aux souvenirs oubliés et aux complexes du malade. Ces "idées oniriques latentes", qui constituent le sens profond et réel du rêve, une fois mises en evidence, montrent combien il est légitime de ramener les rêves d'adultes au type des rêves enfantins. Il suffit en effet de substituer au "contenu manifeste", si abracadabrant, le sens profond, pour que tout s'eclaire: on voit que les divers détails du rêve se rattachent à des impressions du jour précédent et l'ensemble apparaît comme la réalisation d'un désir non satisfait. Le contenu manifeste du rêve peut donc être considéré comme la réalisation déguisée de désirs refoulés. Troisième leçon des "cinq leçons sur la psychanalyse" de FREUD.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Bergson: Le langage et l'ineffable

Bergson Le langage et l'ineffable Entre la nature et nous, que dis-je ? entre nous et notre propre conscience, un voile s'interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. (...) Il fallait vivre, et la vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c'est n'accepter des objets que l'impression utile pour y répondre par des réactions appropriées : les autres impressions doivent s'obscurcir ou ne nous arriver que confusément. (...) Ce que je vois et ce que j'entends du monde extérieur, c'est simplement ce que mes sens en extraient pour éclairer ma conduite; ce que je connais de moi-même, c'est ce qui affleure à la surface, ce qui prend part à l'action. Mes sens et ma conscience ne me livrent donc de la réalité qu'une simplification pratique. (...) L'individualité des choses et des êtres nous échappe toutes les fois qu'il ne nous est pas matériellement utile de l'apercevoir. (...) Enfin, pour tout dire, nous ne voyons pas les choses mêmes; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s'est encore accentuée sous l'influence du langage. Car les mots (à l'exception des noms propres) désignent des genres. Le mot, qui ne note de la chose que sa fonction la plus commune et son aspect le plus banal, s'insinue entre elle et nous, et en masquerait la forme à nos yeux si cette forme ne se dissimulait déjà derrière les besoins qui ont créé le mot lui-même. Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs, ce sont aussi nos propres états d'âme qui se dérobent à nous dans ce qu'ils ont d'intime, de personnel, d'originalement vécu. (...) Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Bergson, Le rire

» Accédez au corrigé

1,80 ¤
«« « Précédent 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Suivant » »»

» Consulter également les 579 résultats sur Aide-en-philo.com

150000 corrigés de dissertation en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit