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« Les Philosophes conçoivent les Passions qui se combattent en nous comme des vices dans lesquels les hommes tomberaient par leur faute; c'est pourquoi ils ont l'habitude d'en rire, d'en pleurer, de s'en lamenter ou bien (chez ceux qui veulent passer pour des censeurs) de les maudire. Ils croient ainsi faire oeuvre divine et atteindre le plus haut degré de la sagesse quand ils louent de mille façons une nature humaine qui n'existe nulle part et condamnent durement celle qui existe en fait — c'est qu'ils conçoivent les hommes non pas tels qu'ils sont, mais tels qu'eux-mêmes voudraient qu'ils fussent : de là vient le fait qu'au lieu d'une Éthique ils ont le plus souvent écrit une Satire, et qu'ils n'ont jamais conçu une Politique qui puisse être d'une utilité réelle; la Politique, chez eux, ressemble plutôt à une Chimère, elle pourrait être appliquée en Utopie ou dans l'Age d'Or des poètes, là précisément où elle serait le moins nécessaire. C'est pourquoi l'on voit que, de toutes les sciences qui ont une utilité, la Politique est celle où la Théorie s'éloigne le plus de la Pratique, et l'on estime que personne n'est moins capable de diriger la chose publique que les Théoriciens ou Philosophes. » SPINOZA

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« Pour que la science naisse et se développe, il faut, ainsi que nous l'a expliqué Aristote, qu'il y ait des hommes disposant de loisirs ; mais cela ne suffit pas ; il faut aussi que, parmi eux les membres des « leisured classes » (1) apparaissent des hommes trouvant leur satisfaction dans la compréhension, la « théoria ». Il faut encore que cet exercice de la théorie, l'activité scientifique, ait une valeur aux yeux de la société. Or, ce sont là choses nullement nécessaires ; ce sont même choses très rares... Or, n'en déplaise à Aristote, l'homme n'est pas animé naturellement du désir de comprendre... Et les sociétés... n'apprécient généralement que fort peu l'activité purement gratuite, à ses débuts du moins, parfaitement inutile, du théoricien. Car, il faut bien le reconnaître, la théorie ne conduit pas, au moins pas immédiatement, à la pratique ; et la pratique n'engendre pas, du moins pas directement, la théorie. Ainsi, ce ne sont pas les arpenteurs égyptiens qui avaient à mesurer les champs de la vallée du 'Nil, qui ont inventé la géométrie ; ce sont les Grecs, qui n'avaient à mesurer rien qui vaille ; les arpenteurs se sont contentés de recettes. De même, ce ne sont pas les Babyloniens qui croyaient à l'astrologie, et, de ce fait, avaient besoin de pouvoir calculer et prévoir les positions des planètes dans le ciel... qui ont élaboré un système de mouvements planétaires. Ce sont, encore une fois, les Grecs qui n'y croyaient pas. » A. KOYRÉ.

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L'art de persuader Cet art que j'appelle l'art de persuader, et qui n'est proprement que la conduite des preuves méthodiques parfaites, consiste en trois parties essentielles : à définir les termes dont on doit se servir par des définitions claires ; à proposer des principes ou axiomes évidents pour prouver la chose dont il s'agit ; et à substituer toujours mentalement dans la démonstration les définitions à la place des définis. Et la raison de cette méthode est évidente, puisqu'il serait inutile de proposer ce qu'on veut prouver et d'en entreprendre la démonstration, si on n'avait auparavant défini clairement tous les termes qui ne sont pas intelligibles ; et qu'il faut de même que la démonstration soit précédée de la demande des principes évidents qui y sont nécessaires, car si on n'assure le fondement on ne peut assurer l'édifice ; et qu'il faut enfin en démontrant substituer mentalement les définitions à la place des définis, puisque autrement on pourrait abuser des divers sens qui se rencontrent dans les termes. Et il est facile de voir qu'en observant cette méthode on est sûr de convaincre, puisque, les termes étant tous entendus et parfaitement exempts d'équivoque par les définitions, et les principes étant accordés, si dans la démonstration on substitue toujours mentalement les définitions à la place des définis, la force invincible des conséquences ne peut manquer d'avoir tout son effet. PASCAL, «De l'art de persuader» (1657-1658), Œuvres complètes, Éd. du Seuil, 1980, p. 356.

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Platon: De la nécessité de la philosophie

Dans un de ses Dialogues, Platon donne la parole à un adversaire de la philosophie : « La philosophie, Socrate, est sans doute quelque chose d'agréable quand on en fait une étude modérée dans la jeunesse; mais lorsqu'on s'y arrête plus longtemps qu'il ne convient, c'est la perte des hommes. En effet, quelque beau naturel que l'on ait, si on continue à philosopher jusque dans un âge avancé, on néglige nécessairement d'acquérir l'expérience d'une infinité de choses qu'il faut savoir pour devenir honnête homme et se faire une réputation. On n'a aucune idée ni des lois de l'État, ni des termes en usage parmi les hommes pour toutes les affaires publiques ou privées qu'on peut avoir à traiter avec eux; on n'a nulle expérience des plaisirs et des passions humaines, ni en général de ce qu'on appelle les choses de la vie. »

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HOBBES: Absolutisme et liberté des citoyens

« Etant donné qu'il n'existe pas au monde de république où l'on ait établi suffisamment de règles pour présider à toutes les actions et paroles des hommes (car cela serait impossible), il s'ensuit nécessairement que, dans tous les domaines d'activité que les lois ont passés sous silence, les gens ont la liberté de faire ce que leur propre raison leur indique comme leur étant le plus profitable. Car si nous prenons le mot de liberté en son sens propre de liberté corporelle, c'est-à-dire de n'être ni enchaîné ni emprisonné, il serait tout à fait absurde de crier comme ils le font pour obtenir cette liberté dont ils jouissent si manifestement. D'autre part, si nous entendons par liberté le fait d'être soustrait aux lois, il n'est pas moins absurde de la part des hommes de réclamer comme ils le font cette liberté qui permettrait à tous les autres hommes de se rendre maîtres de leurs vies. Et cependant, aussi absurde que ce soit, c'est bien ce qu'ils réclament, ne sachant pas que leurs lois sont sans pouvoir pour les protéger s'il n'est pas un glaive entre les mains d'un homme (ou de plusieurs) pour faire exécuter ces lois. Par conséquent, la liberté des sujets réside seulement dans les choses qu'en réglementant leurs actions le souverain a passées sous silence, par exemple la liberté d'acheter, de vendre, et de conclure d'autres contrats les uns avec les autres, de choisir leur résidence, leur genre de nourriture, leur métier, d'éduquer leurs enfants comme ils le jugent convenable et ainsi de suite. » HOBBES (Léviathan- 1651)

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Spinoza: la capacité intérieure de juger

Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d'un autre, dans la mesure où un esprit peut être dupé par un autre. Il s'ensuit qu'un esprit ne jouit d'une pleine indépendance que s'il est capable de raisonnement correct. On ira plus loin. Comme la puissance humaine doit être appréciée d'après la force non tant du corps que de l'esprit, les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s'affirme davantage et qui se laissent davantage guider par la raison. En d'autres termes, je déclare l'homme d'autant plus en possession d'une pleine liberté, qu'il se laisse guider par la raison. Car, dans cette mesure précise, sa conduite est déterminée par des causes qui sont adéquatement compréhensibles à partir de sa seule nature, même si la détermination de sa conduite par ces causes a un caractère nécessaire. La liberté, en effet, loin d'exclure la nécessité de l'action, la présuppose.

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Hobbes: République et passions

«Mais quelqu'un pourra ici objecter que la condition des sujets est très misérable, car ils sont soumis à la concupiscence et aux autres passions déréglées de celui ou de ceux qui ont un pouvoir si illimité en leurs mains. Et couramment, ceux qui vivent sous un monarque pensent que c'est la faute de la monarchie, et ceux qui vivent sous le gouvernement de la démocratie, ou d'une autre assemblée souveraine, attribuent tous les inconvénients à cette forme de République, alors que le pouvoir, sous toutes les formes, si ces formes sont suffisamment parfaites pour les protéger, est le même. [Ceux qui disent cela] ne considèrent pas que la condition de l'homme ne peut jamais être sans quelque incommodité , et que les plus grandes incommodités, sous quelque forme de gouvernement que ce soit, que le peuple en général puisse connaître, ne sont guère sensibles par rapport aux misères et aux horribles calamités qui accompagnent une guerre civile, ou l'état dissolu des hommes sans maître, sans la sujétion des lois et d'un pouvoir coercitif pour lier leurs mains [et empêcher ainsi] la rapine et la vengeance. Ils ne considèrent pas non plus la plus grande pression exercée par les gouvernants souverains [sur les sujets] ne procède pas de quelque jouissance ou de quelque avantage qu'ils escompteraient du dommage subi par leurs sujets et de leur affaiblissement, leur propre force et leur propre gloire consistant dans la vigueur de ces sujets, mais elle procède de l'indocilité de ces sujets qui sont peu disposés à contribuer à leur propre défense, ce qui rend nécessaire que leurs gouvernants tirent d'eux tout ce qu'ils peuvent en temps de paix, pour pouvoir avoir les moyens, en des occasions imprévues ou en cas de besoin soudain, de résister à leurs ennemis ou de l'emporter sur eux. Car tous les hommes sont par nature pourvus de verres considérablement grossissants (qui sont leurs passions et l'amour de soi) au travers desquels tout petit paiement est une grande injustice, mais ils sont dépourvus de ces lunettes prospectives (à savoir les sciences morale et civile) pour s'assurer, [en voyant] au loin, des misères qui sont suspendues au-dessus d'eux, et qui ne peuvent être évitées sans de tels paiements.» Hobbes, Le Léviathan, chapitre XVIII

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Aristote et l'invention de la monnaie

« L'invention de la monnaie pour les besoins du commerce a donné naissance à une nouvelle manière de commercer et d'acquérir où ce qui est recherché est le seul profit pécuniaire. On ne s'y occupe que de chercher d'où vient le plus d'argent de manière à acquérir une grande fortune. En effet on identifie couramment richesse et possession d'une grande quantité d'argent. Or l'argent n'est qu'une fiction et toute sa valeur est celle que la loi lui donne. Il suffit que l'opinion de ceux qui en font usage change et il perd toute utilité et n'a plus le pouvoir de nous procurer la moindre des choses nécessaires à la vie. Même si on en avait une énorme quantité on ne trouverait plus, par son moyen, les aliments les plus indispensables. Il est donc absurde d'appeler richesse un métal dont l'abondance n'empêche pas de mourir de faim; témoin ce Midas de la légende à qui le ciel, pour le punir de son insatiable avarice, avait accordé le don de convertir en or tout ce qu'il toucherait. Les gens sensés placent donc ailleurs la richesse et préfèrent (en quoi ils ont raison), d'autres genres de possession. Les vraies richesses sont celles de la nature. Elles seules font l'objet de la vraie science économique. » ARISTOTE La Politique

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[A quel besoin répond la science ?] - A. COMTE

[A quel besoin répond la science ?] - A. COMTE Quels que soient les immenses services rendus à l'industrie par les théories scientifiques, quoique la puissance soit nécessairement proportionnée à la connaissance, nous ne devons pas oublier que les sciences ont, avant tout, une destination plus directe et plus élevée, celle de satisfaire au besoin fondamental qu'éprouve notre intelligence de connaître les lois des phénomènes. Pour sentir combien ce besoin est profond et impérieux, il suffit de penser un instant aux effets physiologiques de l'étonnement, et de considérer que la sensation la plus terrible que nous puissions éprouver est celle qui se produit toutes les fois qu'un phénomène nous semble s'accomplir contradictoirement aux lois naturelles qui nous sont familières. Le besoin de disposer les faits dans un ordre que nous puissions concevoir avec facilité (ce qui est l'objet propre de toutes les théories scientifiques) est inhérent à notre organisation (1). (1) Entendu au sens de «nature».

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Aristote et la meilleure constitution politique

« Qu'ainsi donc la meilleure constitution soit nécessairement cette organisation sous laquelle tout homme quel qu'il soit, peut accomplir les meilleures actions et vivre dans la félicité, c'est là une chose manifeste. Mais une contestation s'élève, même de la part de ceux qui reconnaissent que la vie accompagnée de vertu est la plus désirable de toutes : est-ce la vie de citoyen et la vie tournée vers l'action qui est désirable, ou n'est-ce pas plutôt la vie affranchie de toutes les contraintes extérieures, par exemple la vie contemplative, laquelle, au dire de certains, est la seule vie philosophique ? Il n'y a guère que deux genres de vie, en effet, qui paraissent avoir fixé le choix des hommes les plus désireux de se distinguer par la vertu, aussi bien ceux du passé que ceux d'à présent : je veux parler de la vie de l'homme d'Etat et de celle du philosophe. Et la question de savoir laquelle des deux voies est la véritable n'est pas d'une importance négligeable : car l'homme sensé du moins réglera toute son existence sur le but qui sera le meilleur, et ceci est vrai aussi bien de l'homme individuel que de la société politique. Or certains estiment que si l'autorité qui s'exerce sur autrui d'une façon despotique s'accompagne d'une forme d'injustice particulièrement grave, celle qui s'exerce par les voies légales, tout en ne comportant aucune injustice, n'en est pas moins un obstacle à la tranquillité personnelle de son détenteur. D'autres sont, en fait, d'une opinion presque diamétralement opposée aux déclarations précédentes : ils pensent que pour un homme la seule vie est celle qui est tournée vers l'action, la vie de citoyen... » ARISTOTE

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BLANCHE et le réel

« Le réel, c'est, d'une part, ce qui tombe sous l'expérience immédiate, ce qui, résistant à ma fantaisie, s'impose à ma perception, bref, le donné concret. C'est aussi, d'autre part, ce qui existe indépendamment de la connaissance que vous ou moi pouvons en prendre, c'est ce sur quoi toute connaissance devra se régler pour avoir une valeur objective. Or voici que, cessant de se combiner harmonieusement, ces deux caractères tendent à devenir antagonistes... Il devient en effet de plus en plus manifeste que l'objectivité de la connaissance physique ne s'obtient qu'en dépouillant les choses de leur revêtement sensible. Le mot de « réel » s'entend maintenant selon deux acceptions, qui non seulement ne voisinent plus, mais qui vont au contraire se situer aux deux extrémités du processus de la connaissance : d'un côté le donné immédiat, point de départ nécessaire de toute connaissance de la nature, de l'autre le monde objectif auquel tend comme à son idéal la connaissance scientifique. Entre le concret et l'objectif, il faut désormais choisir. Le réel du physicien ne peut plus être, comme cela avait été le cas jusque-là, le même que celui du sens commun. De l'un à l'autre la rupture est consommée. » R. BLANCHÉ

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Comte: Instinct destructeur

« A mesure que l'activité matérielle devient de plus en plus collective, elle tend davantage vers le caractère altruiste, quoique l'impulsion égoïste doive toujours rester indispensable à son premier essor. Car, chacun travaillant habituellement pour autrui, cette existence développe nécessairement les affections sympathiques, quand elle est assez appréciée. Il ne manque donc à ces laborieux serviteurs de l'Humanité qu'un sentiment complet et familier de leur existence réelle. Or cela doit naturellement résulter d'une suffisante extension de l'éducation positive. Vous pourriez déjà constater cette tendance si l'activité pacifique, encore dépourvue de toute discipline systématique, était autant réglée que la vie guerrière, seule organisée jusqu'ici. Mais les grands résultats moraux obtenus jadis envers celle-ci, et qui restent même sensibles sous sa dégradation actuelle, indiquent assez ceux que comporte l'autre. Il faut même attendre de l'instinct constructeur des réactions sympathiques plus directes et plus complètes que celles de l'instinct destructeur.» A. COMTE

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COMTE: Bacon et l'intelligence

Tous les bons esprits répètent, depuis Bacon, qu'il n'y a de connaissances réelles que celles qui reposent sur des faits observés. Cette maxime fondamentale est évidemment incontestable, si on l'applique, comme il convient, à l'état viril de notre intelligence. Mais en se reportant à la formation de nos connaissances, il n'en est pas moins certain que l'esprit humain, dans son état primitif, ne pouvait ni ne devait penser ainsi. Car, si l'un côté toute théorie positive doit nécessairement être fondée sur des obi ervations, il est également sensible, d'un autre côté, que, pour se livrer à l'observation, notre esprit a besoin d'une théorie quelconque. Si, en contemplant les phénomènes, nous ne les rattachions point immédiatement à quelques principes, non seulement il nous serait impossible de combiner ce, observations isolées, et, par conséquent, d'en tirer aucun fruit, mais nous serions même entièrement incapables de les retenir; et, le plus souvent t, les faits resteraient inaperçus sous nos yeux. » A. COMTE

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Comte et les utopistes

« La débile portée de notre intelligence, et la brièveté de la vie individuelle comparée à la lenteur du développement social, retiennent notre imagination, surtout à l'égard des idées politiques, vu leur complication supérieure, sous la plus étroite dépendance du milieu effectif dans lequel nous vivons actuellement. Même les plus chimériques utopistes, qui croient s'être entièrement affranchis de toute condition de réalité, subissent, à leur insu, cette insurmontable nécessité, en reflétant toujours fidèlement par leurs rêveries l'état social contemporain. A plus forte raison, la conception d'un véritable système politique, radicalement différent de celui qui nous entoure, doit-elle excéder les bornes fondamentales de notre faible intelligence (...). La plus forte tête de toute l'Antiquité, le grand Aristote, a été lui-même tellement dominé par son siècle, qu'il n'a pu seulement concevoir une société qui ne fût point nécessairement fondée sur l'esclavage, dont l'irrévocable abolition a néanmoins commencé quelques siècles après lui. » A. COMTE

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Freud et l'âge d'or

« Tandis que l'humanité a fait des progrès constants dans la conquête de la nature et est en droit d'en attendre de plus grands encore, elle ne peut prétendre à un progrès égal dans la régulation des affaires humaines et il est vraisemblable qu'à toutes les époques comme aujourd'hui, bien des hommes se sont demandé si cette partie des acquisitions de la civilisation méritait vraiment d'être défendue. On pourrait croire qu'une régulation nouvelle des relations humaines serait possible laquelle renonçant à la contrainte et à la répression des instincts, tarirait les sources du mécontentement qu'inspire la civilisation, de sorte que les hommes, n'étant plus troublés par des conflits internes, pourraient s'adonner entièrement à l'acquisition des ressources naturelles et à la jouissance de celles-ci. 'e serait l'âge d'or, mais il est douteux qu'un état pareil soit réalisable. Il semble plutôt que toute civilisation doive s'édifier sur la contrainte et le renoncement aux instincts, il ne paraît pas même certain qu'avec la cessation de la contrainte, la majorité des individus fût prête à se soumettre aux labeurs nécessaires à l'acquisition de nouvelles ressources vitales. Il faut, je pense, compter avec le fait que chez tout homme existent des tendances destructives, donc antisociales et anticulturelles, et que, chez un grand nombre de personnes, ces tendances sont assez fortes pour déterminer leur comportement dans la société humaine. » FREUD

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Hegel: les grans hommes et l'Histoire

« Les grands hommes de l'histoire ne tirent pas leur fin et leur vocation de l'ordre établi, paisible et rangé, du cours consacré des événements. Leur justification ne réside pas dans l'état actuel des choses; c'est à une autre source qu'ils puisent. C'est l'Esprit caché qui frappe à la porte du présent : il est encore sous terre, n'est pas encore assez puissant pour passer à l'existence et veut se frayer une issue; le monde présent est pour lui une enveloppe qui renferme un autre noyau que celui qui s'adaptait à elle. Sans doute tout ce qui s'écarte de l'ordre existant, — intentions, fins, opinions, idéaux, comme on dit —, diffère également de la réalité présente. Des aventuriers de tout genre ont de tels idéaux et leur activité s'oriente vers des conceptions contraires à l'ordre établi. Mais le fait que ces conceptions, ces bons motifs, ces principes généraux diffèrent de ce qui existe ne suffit pas à leur conférer des droits. Les fins vraies sont seulement ce contenu auquel l'Esprit (*) immanent s'est élevé lui-même par sa puissance absolue; et les grands hommes de l'histoire sont justement ceux qui ont voulu et réalisé, non pas un but imaginaire et illusoire, mais la solution exacte qui s'imposait, ceux qui ont su ce qu'il fallait, en qui s'est révélé ce qu'exigeaient les circonstances, ce qui était nécessaire. » HEGEL

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Rousseau: Le droit de premier occupant

Le droit de premier occupant, quoique plus réel que celui du plus fort, ne devient un vrai droit qu'après l'établissement de celui de propriété. Tout homme a naturellement droit à tout ce qui lui est nécessaire ; mais l'acte positif qui le rend propriétaire de quelque bien l'exclut de tout le reste. Sa part étant faite, il doit s'y borner, et n'a plus aucun droit à la communauté. Voilà pourquoi le droit de premier occupant, si faible dans l'état de nature, est respectable à tout homme civil. On respecte moins dans ce droit ce qui est à autrui que ce qui n'est pas à soi. En général, pour autoriser sur un terrain quelconque le droit de premier occupant, il faut les conditions suivantes : premièrement, que ce terrain ne soit encore habité par personne ; secondement, qu'on n'en occupe que la quantité dont on a besoin pour subsister ; en troisième lieu, qu'on en prenne possession, non par une vaine cérémonie, mais par le travail et la culture, seul signe de propriété qui, à défaut de titres juridiques, doivent être respectés d'autrui. J.-J. ROUSSEAU

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MALEBRANCHE, De la recherche de la vérité, Livre I, chap. I.

« Une personne se représente une dignité comme un bien qu'elle peut espérer ; aussitôt sa volonté veut ce bien, c'est-à-dire que l'impression que l'esprit reçoit sans cesse vers le bien indéterminé et universel, le porte vers cette dignité. Mais comme cette dignité n'est pas le bien universel, et qu'elle n'est point considérée, par une vue claire et distincte, comme le bien universel (car l'esprit ne voit jamais clairement ce qui n'est pas), l'impression que nous avons vers le bien universel n'est point entièrement arrêtée par ce bien particulier. L'esprit a du mouvement pour aller plus loin ; il n'aime point nécessairement ni invinciblement cette dignité, et il est libre à son égard. Or sa liberté consiste en ce que, n'étant point pleinement convaincu que cette dignité renferme tout le bien qu'il est capable d'aimer, il peut suspendre son jugement et son amour ; et ensuite (...) il peut, par l'union qu'il a avec l'être universel ou celui qui renferme tout bien, penser à d'autres choses et par conséquent aimer d'autres biens. Enfin, il peut comparer tous les biens, les aimer selon l'ordre, à proportion qu'ils sont aimables, et les rapporter tous à celui qui les renferme tous et qui est seul digne de borner notre amour, comme étant seul capable de remplir toute la capacité que nous avons d'aimer. » MALEBRANCHE, De la recherche de la vérité, Livre I, chap. I.

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Aristote, l'esprit de la loi

Il y a identité du juste et de l'équitable, et tous deux sont bons, bien que l'équitable soit le meilleur des deux. Ce qui fait la difficulté, c'est que l'équitable, tout en étant juste, n'est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. La raison en est que la loi est toujours quelque chose de général, et qu'il y a des cas d'espèces pour lesquels il n'est pas possible de poser un énoncé général qui s'y applique avec rectitude. Dans les matières, donc, où on doit nécessairement se borner à des généralités et où il est impossible de le faire correctement, la loi ne prend en considération que les cas les plus fréquents, sans ignorer d'ailleurs les erreurs que cela peut entraîner. La loi n'en est pas moins sans reproche, car la faute n'est pas à la loi, ni au législateur, mais tient à la nature des choses, puisque par leur essence même la matière des choses de l'ordre pratique revêt ce caractère d'irrégularité. Quand, par suite, la loi pose une règle générale, et que là-dessus survient un cas en dehors de la règle générale, on est alors en droit, là où le législateur a omis de prévoir le cas et a péché par excès de simplification, de corriger l'omission et de se faire l'interprète de ce qu'eût dit le législateur lui-même s'il avait été présent à ce moment, et de ce qu'il aurait porté dans sa loi s'il avait connu le cas en question. De là vient que l'équitable est juste, et qu'il est supérieur à une certaine espèce de juste, non pas supérieur au juste absolu, mais seulement au juste où peut se rencontrer l'erreur due au caractère absolu de la règle. Telle est la nature de l'équitable : c'est d'être un corrosif de la loi, là où la loi a manqué de statuer à cause de sa généralité. En fait, la raison pour laquelle tout n'est pas défini par la loi, c'est qu'il y a des cas d'espèce pour lesquels il est impossible de poser une loi, de telle sorte qu'un décret est indispensable. ARISTOTE

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Hoobbes: sources de la religion

Étant assuré que toutes les choses qui se sont produites jusqu'ici, ou se produiront dorénavant, ont une cause, il est impossible à un homme qui s'efforce continuellement de s'abriter des maux qu'il redoute et de se procurer le bien qu'il désire, de ne pas être dans un souci perpétuel de l'avenir... Ainsi, l'homme qui regarde trop loin devant lui par souci de l'avenir, a le coeur rongé tout le jour par crainte de la mort, de la pauvreté ou de quelque autre malheur : et son anxiété ne connaît ni apaisement ni trêve, si ce n'est dans le sommeil. Cette crainte perpétuelle qui accompagne sans cesse l'humanité plongée dans l'ignorance des causes et pour ainsi dire, dans les ténèbres, doit nécessairement prendre quelque chose pour objet. Et là donc où il n'y a rien à voir, il n'y a rien à quoi l'on puisse imputer la bonne ou la mauvaise fortune en dehors de quelque pouvoir ou agent invisibles... Mais le fait de reconnaî¬tre un Dieu éternel infini et tout-puissant peut découler plus facilement du désir qu'ont les hommes de connaître les causes des corps naturels, leurs différentes propriétés et leurs actions, que de la crainte de ce qui leur arriverait dans l'avenir. En effet, celui qui, de quelque effet qu'il voit se produire, passerait par le raisonnement à la cause prochaine et immédiate de celui-ci, et de là à la cause de cette cause, et se plongerait ensuite à fond dans la poursuite des causes, celui-là arriverait enfin à ceci : qu'il doit y avoir... un premier moteur unique, c'est-à-dire une cause première et éternelle de toutes choses, qui est ce que l'on entend par le mot Dieu. HOBBES

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ROUSSEAU, Rêveries du promeneur solitaire

"J'ai remarqué dans les vicissitudes d'une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m'attire et me touche le plus. Ces courts moments de délire et de passion, quelque vifs qu'ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état, et le bonheur que mon coeur regrette n'est point composé d'instants fugitifs mais un état simple et permanent, qui n'a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme au point d'y trouver enfin la suprême félicité. Tout est dans un flux continuel sur la terre : rien n'y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s'attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé qui n'est plus ou préviennent l'avenir qui souvent ne doit point être : il n'y a rien là de solide à quoi le coeur se puisse attacher. Aussi n'a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu'il y soit connu.[...] Mais s'il est un état où l'âme trouve une assiette assez solide pour s'y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d'enjamber sur l'avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière ; tant que cet état dure celui qui s'y trouve peut s'appeler heureux, non d'un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu'on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d'un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir. [...] De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu." ROUSSEAU, Rêveries du promeneur solitaire

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Baudrillard: Le loisir aliéné

Baudrillard Le loisir aliéné Le repos, la détente, l'évasion, la distraction sont peut-être des « besoins » : mais ils ne définissent pas en eux-mêmes l'exigence propre du loisir, qui est la consommation du temps. Le temps libre, c'est peut-être toute l'activité ludique dont on le remplit, mais c'est d'abord la liberté de perdre son temps, de le « tuer » éventuellement, de le dépenser en pure perte. (C'est pourquoi dire que le loisir est « aliéné » parce qu'il n'est que le temps nécessaire à la reconstitution de la force de travail est insuffisant. L ' « aliénation » du loisir est plus profonde : elle ne tient pas à sa subordination directe au temps de travail, elle est liée à L'IMPOSSIBILITÉ MÊME DE PERDRE SON TEMPS). La véritable valeur d'usage du temps, celle qu'essaie désespérément de restituer le loisir, c'est d'être perdu. Les vacances sont cette quête d'un temps qu'on puisse perdre au sens plein du terme, sans que cette perte n'entre à son tour dans un processus de calcul, sans que ce temps ne soit (en même temps) de quelque façon « gagné ». Dans notre système de production et de forces productives, on ne peut que gagner son temps : cette fatalité pèse sur le loisir comme sur le travail. On ne peut que « faire valoir » son temps, fût-ce en en faisant un usage spectaculairement vide. Le temps libre des vacances reste la propriété privée du vacancier, un objet, un bien gagné par lui à la sueur de l'année, possédé par lui, dont il jouit comme de ses autres objets - et dont il ne saurait se dessaisir pour le donner, le sacrifier (comme on fait de l'objet dans le cadeau), pour le rendre à une disponibilité totale, à l'absence de temps qui serait la véritable liberté. Baudrillard, La société de consommation, 1970. Baudrillard, La société de consommation, 1970

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Karl Marx, Avant-propos à la Critique de l'Economie politique (1859).

Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré donné du développement de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports forme la structure économique de la société, la fondation réelle sur laquelle s'élève un édifice juridique et politique, et à quoi répondent des formes déterminées de la conscience sociale. Le mode de production de la vie matérielle domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. -- Karl Marx, Avant-propos à la Critique de l'Economie politique (1859).

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Maine de Biran, Essai sur les fondements de la psychologie

“Cette proposition : je suis, j'existe, est nécessairement vraie, dit Descartes, toutes les fois que je la prononce... Mais combien de temps ? Autant de temps que je pense.” Voilà bien le fait de conscience qui exclut l'absolu. C'est bien là l'expression du fait, et rien de plus. Mais on altère la vérité du fait dès qu'on transforme, par une identité logique, le moi actuel dans l'être ou l'âme chose, prise pour la chose pensante. Car, d'après cette définition, toute l'essence de l'âme consiste dans la pensée. Donc elle ne peut avoir commencé ni continuer à exister, sans avoir commencé et sans continuer à penser, c'est-à-dire que l'âme pense toujours sans interruption, depuis le moment de sa création jusqu'à celui de son anéantissement (en supposant que l'anéantissement d'une substance soit possible). Cette conclusion est opposée au principe, ou au fait primitif du sens intime, qui nous dit : J'existe en tant que je pense, ou autant que je pense. Or, je ne pense pas toujours (dans le sommeil complet, dans les cas de défaillance), ou je n'ai pas toujours le sentiment que j'existe; donc l'individu qui s'appelle moi n'est pas une chose pensante dont l'essence soit uniquement et exclusivement la pensée (...). Maine de Biran, Essai sur les fondements de la psychologie, 1812.

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