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Les 5 premiers résultats les plus consultés

Alain et le spectacle humain

« Ce n'est pas peu de chose qu'être spectateur. Mais aussi ce n'est pas facile. Le spectacle humain est à ce point émouvant, et nous sommes si bons juges de l'injustice et des passions d'autrui, qu'aussitôt nous voulons entrer dans le drame; et cette impatience d'agir, mêlée de la peur qu'il faut surmonter, nous met au niveau des plus furieux, semblables à un médecin qui, en donnant ses soins au malade, prendrait lui-même la maladie. Cet effet d'une violence qui dans le fond est généreuse n'est point communément remarqué; on voit le mal dans les effets, mais on va rarement jusqu'à apercevoir que la cause du mal est dans les passions. Piège où les hommes sont pris depuis tant de siècles; ils font la guerre à la guerre, mais la guerre est en eux; je dirai même qu'une guerre juste serait, d'une certaine manière, la pire de toutes; car on pardonne alors à l'emportement, à la fureur, à la frénésie d'après des motifs honorables et même sublimes. Contre quoi Platon soutient que la vraie injustice est toujours cette sédition à l'intérieur de l'individu lui-même, et que la première justice est de se posséder et gouverner soi-même. » ALAIN

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COMTE: Bacon et l'intelligence

Tous les bons esprits répètent, depuis Bacon, qu'il n'y a de connaissances réelles que celles qui reposent sur des faits observés. Cette maxime fondamentale est évidemment incontestable, si on l'applique, comme il convient, à l'état viril de notre intelligence. Mais en se reportant à la formation de nos connaissances, il n'en est pas moins certain que l'esprit humain, dans son état primitif, ne pouvait ni ne devait penser ainsi. Car, si l'un côté toute théorie positive doit nécessairement être fondée sur des obi ervations, il est également sensible, d'un autre côté, que, pour se livrer à l'observation, notre esprit a besoin d'une théorie quelconque. Si, en contemplant les phénomènes, nous ne les rattachions point immédiatement à quelques principes, non seulement il nous serait impossible de combiner ce, observations isolées, et, par conséquent, d'en tirer aucun fruit, mais nous serions même entièrement incapables de les retenir; et, le plus souvent t, les faits resteraient inaperçus sous nos yeux. » A. COMTE

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Comte et les utopistes

« La débile portée de notre intelligence, et la brièveté de la vie individuelle comparée à la lenteur du développement social, retiennent notre imagination, surtout à l'égard des idées politiques, vu leur complication supérieure, sous la plus étroite dépendance du milieu effectif dans lequel nous vivons actuellement. Même les plus chimériques utopistes, qui croient s'être entièrement affranchis de toute condition de réalité, subissent, à leur insu, cette insurmontable nécessité, en reflétant toujours fidèlement par leurs rêveries l'état social contemporain. A plus forte raison, la conception d'un véritable système politique, radicalement différent de celui qui nous entoure, doit-elle excéder les bornes fondamentales de notre faible intelligence (...). La plus forte tête de toute l'Antiquité, le grand Aristote, a été lui-même tellement dominé par son siècle, qu'il n'a pu seulement concevoir une société qui ne fût point nécessairement fondée sur l'esclavage, dont l'irrévocable abolition a néanmoins commencé quelques siècles après lui. » A. COMTE

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Platon et l'écriture

L'enseignement de l'écriture, ô roi, dit Theuth, accroîtra la science et la mémoire des Egyptiens ; car j'ai trouvé le remède de l'oubli et de l'ignorance.' Le roi répondit : ‘ingénieux Theuth, tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage : c'est ainsi que toi, père de l'écriture, tu lui attribues bénévolement une efficacité contraire à celle dont elle est capable ; car elle produira l'oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire : confiants dans l'écriture, c'est du dehors, par des caractères étrangers, et non plus du dedans, du fond d'eux-mêmes qu'ils chercheront à susciter leurs souvenirs ; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas procurer à tes disciples, c'est la présomption qu'ils ont la science, non la science elle-même ; car, quand ils auront beaucoup lu sans apprendre, ils ses croiront très savants, et ils ne seront le plus souvent que des ignorants de commerce incommode, parce qu'ils se croiront savants sans l'être. PLATON

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Spinoza: Délire de l'interprétation.

Spinoza: Délire de l'interprétation. " Si les hommes pouvaient régler leurs affaires suivant un plan arrêté, et si la fortune leur était toujours favorable, il ne serait jamais en proie à la superstition. Mais ils sont souvent réduits à une extrémité telle qu'ils ne savent plus que décider, et ils sont animés par un tel désir de biens incertains, qu'ils sont condamnés à flotter presque sans répit entre l'espérance et la crainte. Voilà pourquoi ils ont l'âme encline à la plus extrême crédulité. Si, par exemple, pendant qu'ils sont dans l'état de crainte, il se produit un incident qui leur rappel un bien ou un mal passé, ils s'imaginent que c'est l'annonce d'une issue heureuse ou malheureuse, et pour cette raison ils l'appellent "présage", favorable ou défavorable, et cela, même s'ils se sont trompés cent fois. Ou bien, qu'il leur arrive de voir avec grande surprise un phénomène insolite, ils croient que c'est un "prodige", qui manifeste les intentions des Dieux ou de Dieu. Ne pas le conjurer par des sacrifices, des supplications et des promesses devient à leur yeux d'hommes superstitieux et contraires à la religion, une impiété. De la sorte ils forgent d'innombrables fictions, et ils interprètent la nature, comme si elle délirait avec eux. "

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Alain Finkielkraut

« Certes, les individus ne sont pas privés de connaissances ; on peut dire, à l'inverse, qu'en Occident et pour la première fois dans l'histoire, le patrimoine spirituel de l'humanité est intégralement et immédiatement disponible. L'entreprise artisanale des Encyclopédistes (1) ayant été relayée par les livres de poche, les vidéocassettes et les banques de données, il n'existe plus d'obstacles matériels à la diffusion des Lumières (2). Or, au moment où la technique , par télévision et par les ordinateurs interposés ; semble pouvoir faire entrer tous les savoirs dans tous les foyers, la logique de la consommation détruit la culture. Le mot demeure mais vidé de toute idée de formation, d'ouverture au monde, de soin de l'âme. C'est désormais le principe de plaisir (3) - forme contemporaine de l'intérêt particulier- qui régit la vie spirituelle. Il ne s'agit plus de constituer les hommes en sujet autonomes, il s'agit de satisfaire leurs envies immédiates de les divertir au moindre coût . Conglomérat (4) désinvolte de besoins passagers et aléatoires, l'individu contemporain a oublié que la liberté était autre chose que le pouvoir de changer de chaîne, et la culture elle-même davantage qu'une pulsion inassouvie. » Alain Finkielkraut (1) auteurs de l'encyclopédie (diderot,...) soit un dictionnaire des sciences et des arts, au 18ème siècle. (2) Le savoir issu de la raison (3) Principe selon lequel le psychisme évite le déplaisir et recherche le plaisir (4) Agrégaion de différentes substances.

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Hume: Louange et blâme

"Il est évident que, lorsque nous louons des actions, nous ne considérons que les motifs qui les engendrent et nous tenons ces actions pour des signes ou des indices de certains principe présents dans l'esprit ou dans le tempérament. L'accomplissement de l'action n'a aucun mérite. C'est au-dedans qu'il faut chercher pour découvrir la qualité morale. Cela, nous ne pouvons le faire directement et, par conséquent, nous fixons notre attention sur les actions comme sur des signes extérieurs. Mais ces actions sont encore considérées comme des signes, et l'objet ultime de notre éloge et de notre approbation est le motif qui les a engendrées. De la même manière, quand nous exigeons un acte ou quand nous blâmons une personne de ne pas l'avoir accompli, nous supposons toujours quand une telle situation, un homme devrait être influencé par le motif correspondant à cet acte et nous considérons qu'il est vicieux de sa part d'être indifférent à ce motif. Si, à l'examen, nous découvrons que le motif vertueux était encore puissant en son coeur, bien qu'entravé dans son exécution à cause de circonstances inconnues de nous, nous retirons notre blâme et nous l'estimons tout autant que s'il avait réellement accompli l'acte que nous exigions de lui." HUME

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ROUSSEAU, Rêveries du promeneur solitaire

"J'ai remarqué dans les vicissitudes d'une longue vie que les époques des plus douces jouissances et des plaisirs les plus vifs ne sont pourtant pas celles dont le souvenir m'attire et me touche le plus. Ces courts moments de délire et de passion, quelque vifs qu'ils puissent être, ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clairsemés dans la ligne de la vie. Ils sont trop rares et trop rapides pour constituer un état, et le bonheur que mon coeur regrette n'est point composé d'instants fugitifs mais un état simple et permanent, qui n'a rien de vif en lui-même, mais dont la durée accroît le charme au point d'y trouver enfin la suprême félicité. Tout est dans un flux continuel sur la terre : rien n'y garde une forme constante et arrêtée, et nos affections qui s'attachent aux choses extérieures passent et changent nécessairement comme elles. Toujours en avant ou en arrière de nous, elles rappellent le passé qui n'est plus ou préviennent l'avenir qui souvent ne doit point être : il n'y a rien là de solide à quoi le coeur se puisse attacher. Aussi n'a-t-on guère ici-bas que du plaisir qui passe ; pour le bonheur qui dure je doute qu'il y soit connu.[...] Mais s'il est un état où l'âme trouve une assiette assez solide pour s'y reposer tout entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d'enjamber sur l'avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière ; tant que cet état dure celui qui s'y trouve peut s'appeler heureux, non d'un bonheur imparfait, pauvre et relatif tel que celui qu'on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d'un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir. [...] De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu." ROUSSEAU, Rêveries du promeneur solitaire

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Pascal, Les Pensées.

Sujet: Pascal, Les Pensées, Pensée 142. La dignité royale n'est-elle pas assez grande d\'elle même, pour rendre celui qui la possède heureux par la seule vue de ce qu'il est ? Faudra-t-il encore le divertir de cette pensée comme les gens du commun ? Je vois bien, que c'est rendre un homme heureux, que de le détourner de la vue [198] de ses misères domestiques, pour remplir toute sa pensée du soin de bien danser. Mais en sera-t-il de même d\'un Roi ? Et sera-t-il plus heureux en s\'attachant à ces vains amusements, qu'à la vue de sa grandeur ? Quel objet plus satisfaisant pourrait-on donner à son esprit ? Ne serait-ce pas faire tort à sa joie, d\'occuper son âme à penser à ajuster ses pas à la cadence d\'un air, ou à placer adroitement une balle ; au lieu de le laisser jouir en repos de la contemplation de la gloire majestueuse qui l\'environne ? Qu\'on en fasse l\'épreuve ; qu\'on laisse un Roi tout seul, sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l\'esprit, sans compagnie, penser à soi tout à loisir ; et l\'on verra, qu\'un Roi qui se voit, est un homme plein de misères, et qui les ressent comme un autre. Aussi on évite cela soigneusement, et il ne manque jamais d\'y avoir auprès des personnes des Rois un grand nombre de gens qui veillent à faire succéder le divertissement aux affaires, et qui observent tout le temps de leur [199] loisir, pour leur fournir des plaisirs et des jeux, en sorte qu\'il n\'y ait point de vide. C\'est à dire, qu\'ils sont environnés de personnes, qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le Roi ne soit seul, et en état de penser à soi ; sachant qu\'il sera malheureux, tout Roi qu\'il est, s\'il y pense. Je ne parle point en tout cela des rois chrétiens comme chrétiens, mais seulement comme roi.

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Troisième leçon des "cinq leçons sur la psychanalyse" de FREUD.

Pour se persuader de l'existence des idées latentes du rêve et de la réalité de leur rapport avec le contenu manifeste, il faut pratiquer l'analyse des rêves, dont la technique est la même que la technique psychanalytique dont il a déjà été question. Elle consiste tout d'abord à faire complètement abstraction des enchaînements d'idées que semble offrir le contenu manifeste du rêve, et à s'appliquer à découvrir les idées latentes, en recherchant quelles associations déclenche chacun de ses éléments. Ces associations provoquées conduiront à la découverte des idées latentes du rêveur, de même que, tout à l'heure, nous voyions les associations déclenchées par les divers symptômes nous conduire aux souvenirs oubliés et aux complexes du malade. Ces "idées oniriques latentes", qui constituent le sens profond et réel du rêve, une fois mises en evidence, montrent combien il est légitime de ramener les rêves d'adultes au type des rêves enfantins. Il suffit en effet de substituer au "contenu manifeste", si abracadabrant, le sens profond, pour que tout s'eclaire: on voit que les divers détails du rêve se rattachent à des impressions du jour précédent et l'ensemble apparaît comme la réalisation d'un désir non satisfait. Le contenu manifeste du rêve peut donc être considéré comme la réalisation déguisée de désirs refoulés. Troisième leçon des "cinq leçons sur la psychanalyse" de FREUD.

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Bergson: Le langage et l'ineffable

Bergson Le langage et l'ineffable Entre la nature et nous, que dis-je ? entre nous et notre propre conscience, un voile s'interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. (...) Il fallait vivre, et la vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c'est n'accepter des objets que l'impression utile pour y répondre par des réactions appropriées : les autres impressions doivent s'obscurcir ou ne nous arriver que confusément. (...) Ce que je vois et ce que j'entends du monde extérieur, c'est simplement ce que mes sens en extraient pour éclairer ma conduite; ce que je connais de moi-même, c'est ce qui affleure à la surface, ce qui prend part à l'action. Mes sens et ma conscience ne me livrent donc de la réalité qu'une simplification pratique. (...) L'individualité des choses et des êtres nous échappe toutes les fois qu'il ne nous est pas matériellement utile de l'apercevoir. (...) Enfin, pour tout dire, nous ne voyons pas les choses mêmes; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s'est encore accentuée sous l'influence du langage. Car les mots (à l'exception des noms propres) désignent des genres. Le mot, qui ne note de la chose que sa fonction la plus commune et son aspect le plus banal, s'insinue entre elle et nous, et en masquerait la forme à nos yeux si cette forme ne se dissimulait déjà derrière les besoins qui ont créé le mot lui-même. Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs, ce sont aussi nos propres états d'âme qui se dérobent à nous dans ce qu'ils ont d'intime, de personnel, d'originalement vécu. (...) Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Bergson, Le rire

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Bergson : Le langage et l'ineffable

Bergson Le langage et l'ineffable Entre la nature et nous, que dis-je ? entre nous et notre propre conscience, un voile s'interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. (...) Il fallait vivre, et la vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c'est n'accepter des objets que l'impression utile pour y répondre par des réactions appropriées : les autres impressions doivent s'obscurcir ou ne nous arriver que confusément. (...) Ce que je vois et ce que j'entends du monde extérieur, c'est simplement ce que mes sens en extraient pour éclairer ma conduite; ce que je connais de moi-même, c'est ce qui affleure à la surface, ce qui prend part à l'action. Mes sens et ma conscience ne me livrent donc de la réalité qu'une simplification pratique. (...) L'individualité des choses et des êtres nous échappe toutes les fois qu'il ne nous est pas matériellement utile de l'apercevoir. (...) Enfin, pour tout dire, nous ne voyons pas les choses mêmes; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s'est encore accentuée sous l'influence du langage. Car les mots (à l'exception des noms propres) désignent des genres. Le mot, qui ne note de la chose que sa fonction la plus commune et son aspect le plus banal, s'insinue entre elle et nous, et en masquerait la forme à nos yeux si cette forme ne se dissimulait déjà derrière les besoins qui ont créé le mot lui-même. Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs, ce sont aussi nos propres états d'âme qui se dérobent à nous dans ce qu'ils ont d'intime, de personnel, d'originalement vécu. (...) Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu'il est à peu près le même, dans les mêmes conditions, pour tous les hommes.

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Theodor W. ADORNO, "Modèles critiques", Paris, Payot, 1984, pp. 114 à 119

Avoir une opinion, c'est affirmer, même de façon sommaire, la validité d'une conscience subjective limitée dans son contenu de vérité. La manière dont se présente une telle opinion peut être vraiment anodine. Lorsque quelqu'un dit qu'à son avis, le nouveau bâtiment de la faculté a sept étages, cela peut vouloir dire qu'il a appris cela d'un tiers, mais qu'il ne le sait pas exactement. Mais le sens est tout différent lorsque quelqu'un déclare qu'il est d'avis quant à lui que les Juifs sont une race inférieure de parasites, [...]. Dans ce cas, le "je suis d'avis" ne restreint pas le jugement hypothétique, mais le souligne. Lorsqu'un tel individu proclame comme sienne une opinion aussi rapide, sans pertinence, que n'étaye aucune expérience, ni aucune réflexion, il lui confère - même s'il la limite apparemment - et par le fait qu'il la réfère à lui-même en tant que sujet, une autorité qui est celle de la profession de foi. Et ce qui transparaît, c'est qu'il s'implique corps et âme; il aurait donc le courage de ses opinions, le courage de dire des choses déplaisantes qui ne plaisent en vérité que trop. Inversement, quand on a affaire à un jugement fondé et pertinent mais qui dérange, et qu'on n'est pas en mesure de réfuter, la tendance est tout aussi répandue à le discréditer en le présentant comme une simple opinion. [...] L'opinion s'approprie ce que la connaissance ne peut atteindre pour s'y substituer. Elle élimine de façon trompeuse le fossé entre le sujet connaissant et la réalité qui lui échappe. Et l'aliénation se révèle d'elle-même dans cette inadéquation de la simple opinion. [...] C'est pourquoi il ne suffit ni à la connaissance ni à une pratique visant à la transformation sociale de souligner le non-sens d'opinions d'une banalité indicible, qui font que les hommes se soumettent à des études caractérologiques et à des pronostics qu'une astrologie standardisée et commercialement de nouveau rentable rattache aux signes du zodiaque. Les hommes ne se ressentent pas Taureau ou Vierge parce qu'ils sont bêtes au point d'obéir aux injonctions des journaux qui sous-entendent qu'il est tout naturel que cela signifie quelque chose, mais parce que ces clichés et les directives stupides pour un art de vivre qui se contentent de recommander ce qu'ils doivent faire de toute façon, leur facilitent - même si ce n'est qu'une apparence - les choix à faire et apaisent momentanément leur sentiment d'être étrangers à la vie, voire étrangers à leur propre vie. La force de résistance de l'opinion pure et simple s'explique par son fonctionnement psychique. Elle offre des explications grâce auxquelles on peut organiser sans contradictions la réalité contradictoire, sans faire de grands efforts. A cela s'ajoute la satisfaction narcissique que procure l'opinion passe-partout, en renforçant ses adeptes dans leur sentiment d'avoir toujours su de quoi il retourne et de faire partie de ceux qui savent. Theodor W. ADORNO, "Modèles critiques", Paris, Payot, 1984, pp. 114 à 119

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Martin Heidegger, « L'être et le temps », in _Qu'est-ce que la métaphysique ?_, Gallimard, 1938, p. 144.

Le sentiment des gens, dans la banalité quotidienne des relations humaines, « connaît » la mort comme un accident qui survient continuellement ; on connaît des « cas de mort ». Tel ou tel des proches, telle ou telle connaissance lointaine « meurt ». Des inconnus meurent chaque jour, à chaque heure. « La mort » se présente comme un événement bien connu qui se passe à l'intérieur du monde. Comme telle, la mort ne rompt pas cette absence d'imprévu qui caractérise l'ordre banal des événements quotidiens. (...) L'analyse du « on meurt » nous dévoile sans équivoque la manière d'être, dans sa banalité quotidienne, de l'être pour la mort. Celle-ci est comprise, dans une semblable façon de parler, comme quelque chose d'indéterminé, qui sans doute surgira bien un jour de quelque part, mais qui pour vous-même, en attendant, est une réalité-non-encore-donnée, dont par conséquent la menace n'est pas à craindre. Le « on meurt » propage cette opinion que la mort concerne pour ainsi dire le « on ». L'explication de la réalité humaine qui a cours dans les propos des gens déclare : « On meurt », parce qu'en disant « on meurt », chacun des autres et soi-même en même temps, « on » peut s'en faire accroire : oui, on meurt, mais chaque fois ce n'est justement pas moi ; le « On », ce n'est personne. Le « fait de mourir » est ainsi ramené au niveau d'un événement qui concerne bien la réalité humaine, mais ne touche personne en propre. (...) Cette mort qui, sans suppléance possible, est essentiellement la mienne, la voici convertie en un événement qui relève du domaine public ; c'est à « On » qu'elle arrive. -- Martin Heidegger, « L'être et le temps », in _Qu'est-ce que la métaphysique ?_, Gallimard, 1938, p. 144.

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Albert Camus, Le mythe de Sisyphe, chap. 1 : "L'absurde et le suicide".

Il n'y a qu'un seul problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie. Le reste, si le monde a trois dimensions, si l'esprit a neuf ou douze catégories, vient ensuite. Ce sont des jeux ; il faut d'abord répondre. [...] Si je me demande à quoi juger que telle question est plus pressante que telle autre, je réponds que c'est aux actions qu'elle engage. Je n'ai jamais vu personne mourir pour l'argument ontologique. Galilée, qui tenait une vérité scientifique d'importance, l'abjura le plus aisément du monde dès qu'elle mit sa vie en péril. Dans un certain sens, il fit bien. Cette vérité ne valait pas le bûcher. Qui de la terre ou du soleil tourne autour de l'autre, cela est profondément indifférent. Pour tout dire, c'est une question futile. En revanche, je vois que beaucoup de gens meurent parce qu'ils estiment que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue. J'en vois d'autres qui se font paradoxalement tuer pour les idées ou les illusions qui leur donnent une raison de vivre ( ce qu'on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir ). Je juge donc que le sens de la vie est la plus pressante des questions. -- Albert Camus, Le mythe de Sisyphe, chap. 1 : "L'absurde et le suicide".

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Albert Camus, Le mythe de Sisyphe, chap. 1 : "L'absurde et le suicide"

Le sentiment de l'absurdité au détour de n'importe quelle rue peut frapper à la face de n'importe quel homme. [...] Il arrive que les décors s'écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d'usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le « pourquoi » s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement. « Commence », ceci est important. La lassitude est à la fin des actes d'une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l'éveille et elle provoque la suite. La suite, c'est le retour inconscient dans la chaîne, ou c'est l'éveil définitif. Au bout de l'éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement. En soi, la lassitude a quelque chose d'écoeurant. Ici je dois conclure qu'elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. [...] De même et pour tous les jours d'une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours où il faut le porter. Nous vivons sur l'avenir : « demain », « plus tard », « quand tu auras une situation », « avec l'âge tu comprendras ». Ces inconséquences sont admirables, car enfin il s'agit de mourir. Un jour vient pourtant et l'homme constate ou dit qu'il a trente ans. Il affirme ainsi sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu'il est à un certain moment d'une courbe qu'il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le saisit, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait demain, quand tout lui-même aurait dû s'y refuser. Cette révolte de la chair, c'est l'absurde. Albert Camus, Le mythe de Sisyphe, chap. 1 : "L'absurde et le suicide".

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Maine de Biran, Essai sur les fondements de la psychologie

“Cette proposition : je suis, j'existe, est nécessairement vraie, dit Descartes, toutes les fois que je la prononce... Mais combien de temps ? Autant de temps que je pense.” Voilà bien le fait de conscience qui exclut l'absolu. C'est bien là l'expression du fait, et rien de plus. Mais on altère la vérité du fait dès qu'on transforme, par une identité logique, le moi actuel dans l'être ou l'âme chose, prise pour la chose pensante. Car, d'après cette définition, toute l'essence de l'âme consiste dans la pensée. Donc elle ne peut avoir commencé ni continuer à exister, sans avoir commencé et sans continuer à penser, c'est-à-dire que l'âme pense toujours sans interruption, depuis le moment de sa création jusqu'à celui de son anéantissement (en supposant que l'anéantissement d'une substance soit possible). Cette conclusion est opposée au principe, ou au fait primitif du sens intime, qui nous dit : J'existe en tant que je pense, ou autant que je pense. Or, je ne pense pas toujours (dans le sommeil complet, dans les cas de défaillance), ou je n'ai pas toujours le sentiment que j'existe; donc l'individu qui s'appelle moi n'est pas une chose pensante dont l'essence soit uniquement et exclusivement la pensée (...). Maine de Biran, Essai sur les fondements de la psychologie, 1812.

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Cournot: Des progrès de la philosophie.

« De ce que la philosophie ne comporte pas la marche progressive des sciences, il ne faut nullement conclure qu'elle reste étrangère au perfectionnement général. Le germe de toutes les hautes questions se retrouve sans doute dans les textes obscurs des Bramessous les emblèmes bizarres des prêtres d'Egypte, dans les subtilités dialectiques des Grecs et sous la sèche argumentation des scolastiques(2); mais la philosophie n'en fait pas moins des progrès au moins en ce sens que les questions sont plus nettement posées, les difficultés mieux classées et leur subordination mieux établie... La philosophie procède encore par voie d'exclusion : si elle n'atteint pas directement à la solution des problèmes, elle peut, par une analyse souvent rigoureuse, indiquer la raison qui les rend insolubles, ou susceptibles d'un nombre de solutions soit limité, soit indéfini. Elle montre l'impossibilité de certaines solutions, en établissant leur incompatibilité soit avec les données de la science, soit avec les lumières naturelles et la conscience du genre humain, et elle circonscrit ainsi l'indétermination d'un problème que la nature des choses n'a pas rendu susceptible d'une solution déterminée et vraiment scientifique. » Cournot.

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Comte: La liberté est inhérente et subordonnée à l'ordre.

« Si la liberté humaine consistait à ne suivre aucune loi, elle serait encore plus immorale qu'absurde, comme rendant impossible un régime quelconque, individuel ou collectif. Notre intelligence manifeste sa plus grande liberté quand elle devient, suivant sa destination normale, un miroir fidèle de l'ordre extérieur, malgré les impulsions physiques ou morales qui tendraient à la troubler. Aucun esprit ne peut refuser son assentiment aux démonstrations qu'il a comprises (...) Il en est de même dans l'ordre moral, qui deviendrait contradictoire si chaque âme pouvait, à son gré, haïr quand il faut aimer, ou réciproquement. La volonté comporte une liberté semblable à celle de l'intelligence, lorsque nos bons penchants acquièrent assez d'ascendant pour rendre l'impulsion affective conforme à sa vraie destination (...) Ainsi la liberté véritable se trouve partout inhérente et subordonnée à l'ordre tant humain qu'extérieur. » COMTE.

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Kant et la mathématique

« La mathématique, la science de la nature, les lois, les arts, la morale même, etc., ne remplissent pas encore entièrement l'âme, il y reste toujours un espace jalonné par la seule raison pure et spéculative ; le vide qui y règne nous oblige à rechercher dans des sornettes, des futilités, des rêveries mystiques, en apparence une occupation et de l'entretien, mais en réalité seu¬lement de la distraction pour étouffer l'appel importun de la raison, qui, fidèle à sa destination, réclame quelque chose qui la satisfasse en elle-même, sans la mettre en mouvement pour servir d'autres vues ou dans l'intérêt des inclinations. C'est pourquoi des considérations qui ne portent que sur ce domaine de la raison prise en elle-même ont (...) un attrait plus grand que tout autre savoir théorique qu'on n'échangerait pas facile-ment contre celui-là. » KANT.

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Alain

« Les discours sur les choses n'ont de valeur que s'ils décrivent bien les choses ; mais les discours aux gens et sur les gens font arriver ce qu'ils affirment ; ils ne sont pas faux longtemps. Si un homme dit à un autre homme : "tu me hais ; je sais que tu me hais", la chose, si elle n'est pas encore vraie le sera bientôt. On peut condamner un homme à n'être qu'un sot, simplement en croyant qu'il l'est, en exprimant qu'il l'est. La moquerie a cela de redoutable qu'elle rend ridicules ceux dont on se moque ; oui, réellement ridicules, par la crainte du ridicule. On fait peur par l'expression. Il y a des tyrans domestiques mâles et femelles qui régnent par l'expression, par la manière d'ordonner, de louer, de blâmer. Il y a un mépris visible sur certains visages qui vous rend honteux ou furieux, selon l'occasion et selon votre nature. Il est connu que la plus grande faute qu'on puisse commettre à l'égard d'un fou, c'est de lui faire voir qu'on le croit fou. Sans doute la plupart des maladies mentales s'aggravent par l'opinion du spectateur. Car le plus grand mal chez un fou, c'est qu'il se croit fou, j'entends isolé, étranger, "aliéné", qui veut dire étranger, différent des autres. On le repousse et il se retire.» Alain.

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Texte de KIERKEGAARD

« Avoir tort ; peut-on concevoir sentiment plus douloureux ; ne voyons-nous pas les hommes prêts à tout endurer plutôt que d'avouer qu'ils ont tort ? Nous n'approuvons certes pas une pareille opiniâtreté, ni en nous, ni en autrui ; nous pensons qu'il serait plus sage et de meilleure conduite d'avouer notre tort, si vraiment nous sommes dans ce cas, et nous disons donc que la douleur, compagne de l'a*eu, sera le remède amer, mais salutaire ; toutefois, nous ne dissimulerons pas qu'il est douloureux d'avoir tort, douloureux de l'avouer. Nous endurons donc la souffrance parce que, comme nous le savons, elle concourt à notre amendement, et nous trouvons une consolation à penser... que nous finirons peut-être par n'avoir vraiment tort que de rares fois. Cette considération est toute naturelle, et son évidence éclate aux yeux de chacun. Il y a alors quelque chose d'édifiant dans la pensée d'avoir tort, dans la mesure en effet où, l'avouant, nous élevons notre âme à la perspective d'avoir tort de moins en moins souvent. » KIERKEGAARD.

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Texte de Saint Augustin

« Parce que le sommeil nous accable bien souvent malgré nous, est-ce pour cela qu'il faut craindre qu'au cours de cette défaillance l'âme ne se change en corps ? Comme si — sous prétexte que dans le sommeil nos membres se détendent — notre âme devenait pour cela le moins du monde plus débile ! Elle ne sent plus l'action des objets sensibles, parce que la cause du sommeil, quelle qu'elle soit, vient du corps et opère sur le corps. Le sommeil engourdit les sens physiques, il les ferme en quelque sorte, et l'âme a plaisir à s'abandonner à ce changement, lequel repose le corps de ses fatigues, selon une loi naturelle. Mais il n'enlève à l'âme ni la force de sentir, ni celle de comprendre. Les images des choses sensibles s'offrent à elle, si ressemblantes que, dans cet état, elle ne peut les distinguer des réalités qu'elles représentent ; et si elle comprend quelque chose, ce qu'elle comprend est aussi vrai pour le sommeil que pour la veille. Supposons, par exemple, que l'âme ait cru discuter pen¬dant son sommeil et qu'une argumentation bien suivie l'ait acheminée à une conclusion instructive. Même à son réveil, ces vérités restent acquises à jamais, tout le reste fût-il imaginaire — lieu de la discussion, interlocuteur avec qui elle s'est déroulée, son même des paroles échangées dans le débat, etc. tous ces détails qui même perçus par les sens, et en pleine veille, restent fugitifs et ne participent pas à l'éternelle présence des raisons vraies. Concluons que, dans cette modification du corps qu'est le sommeil, c'est l'usage du corps qui est amoindri pour l'âme, mais non la vie propre de l'âme. » SAINT AUGUSTIN.

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MACHIAVEL.

«Tous les hommes louent le passé, blâment le présent, et souvent sans raison. Voici, je pense, les principales causes de leur prévention. La première, c'est qu'on ne connaît jamais la vérité tout entière du passé. On cache, le plus souvent, celles qui déshonoreraient un siècle ; et quand à celles qui sont faites pour l'honorer, on les amplifie, on les rend en termes pompeux et emphatiques. La plupart des écrivains obéissent tellement à la fortune des vain¬queurs que, pour rendre leurs triomphes plus éclatants, non seulement ils exagè¬rent leurs succès, mais jusqu'à la défense des ennemis vaincus ; en sorte que les descendants des uns et des autres ne peuvent s'empêcher d'admirer les hommes qui ont figuré d'une manière aussi brillante, de les vanter et de s'y attacher. La seconde raison, c'est que les hommes n'éprouvent aucun sentiment de haine qui ne soit fondé ou sur la crainte naturelle ou sur l'envie. Ces deux puissants motifs n'existant plus dans le passé par rapport à nous, nous n'y trouvons ni qui nous pouvions redouter, ni qui nous devions envier. Mais il n'en est pas ainsi des événements où nous sommes nous-mêmes acteurs, ou qui se passent sous nos yeux : la connaissance que nous en avons est entière et complète ; rien ne nous en est dérobé. Ce que nous y apercevons de bien est tellement mêlé de choses qui nous déplaisent que nous sommes forcés d'en porter un jugement moins avanta¬geux que du passé, quoique souvent le présent mérite réellement plus de louanges et d'admiration. » MACHIAVEL.

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Maurice Merleau Ponty, Phénoménologie de la perception.

"Nous sommes habitués par la tradition cartésienne à nous dépendre de l'objet : l'attitude réflexive purifie simultanément la notion commune de corps et celle de l'âme en définissant le corps comme une somme de parties sans intérieur et l'âme comme un être tout présent à lui même sans distance. Ces définitions corrélatives établissent la clarté en nous et hors de nous: transparence d'un objet sans replis, transparence d'un sujet qui n'est rien que ce qu'il pense être. L'objet est l'objet de part en part et la conscience conscience de part en part. Il ya 2 sens et 2 sens seulement du mot exister : on existe comme chose ou on existe comme conscience. L'expérience du corps propre au contraire nous révèle un mode d'existence ambigu. Si j'essaye de le penser comme un faisceau de processus en troisieme personne "vision", "motricité", "sexualité" je m'aperçoit que ces "fonctions" ne peuvent être liées entre elles et au monde extérieur oar des rapports de causalité, elles sont toutes confusément reprises et impliquées dans un drame unique. Le corps n'est donc pas un objet. Pour la même raison, la conscience que j'en ai n'est pas une pensée, c'est à dire que je ne peux le décomposer et le recomposer pour en former une idée claire. Son unité est toujours sexualité en même temps que liberté, enraciné dans la nature au moment même où il se transforme par la culture, jamais fermé sur lui même et jamais dépassé. Qu'il s'agisse du corps d'autrui ou de mon propre corps, je n'ai pas d'autre moyen de connaître le corps humain que de le vivre, c'est à dire de reprendre à mon compte le drame qui le traverse et de me confondre avec lui. Je suis donc mon corps, au moins dans toute la mesure où j'ai un acquis et réciproquement mon corps est comme un sujet naturel, comme une esquisse provisoire de mon être total. Ainsi l'expérience du corps propre s'oppose au mouvement réflexif qui dégage l'objet du sujet et le sujet de l'objet, et qui ne nous donne que la pensée du corps ou le corps en idée et non pas l'expérience du corps ou le corps en réalité" Maurice Merleau Ponty, Phénoménologie de la perception.

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