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BACHELARD

Pour le philosophe réaliste comme pour le commun des psychologues, c'est la perception des images qui détermine les processus de l'imagination. Pour eux, on voit les choses d'abord, on les imagine ensuite ; on combine, par l'imagination, des fragments du réel perçu, des souvenirs du réel vécu, mais on ne saurait atteindre le règne d'une imagination foncièrement créatrice. Pour richement combiner, il faut avoir beaucoup vu. Le conseil de bien voir, qui fait le fond de la culture réaliste, domine sans peine notre paradoxal conseil de bien rêver, de rêver en restant fidèle à l'onirisme des archétypes qui sont enracinés dans l'inconscient humain. Nous allons cependant [...] réfuter cette doctrine nette et claire et essayer, sur le terrain qui nous est le plus défavorable, d'établir une thèse qui affirme le caractère primitif, le caractère psychiquement fondamental de l'imagination créatrice. Autrement dit, pour nous, l'image perçue et l'image créée sont deux instances psychiques très différentes et il faudrait un mot spécial pour désigner l'image imaginée. Tout ce qu'on dit dans les manuels sur l'imagination reproductrice doit être mis au compte de la perception et de la mémoire. L'imagination créatrice a de tout autres fonctions que celles de l'imagination reproductrice. A elle appartient cette fonction de l'irréel qui est psychiquement aussi utile que la fonction du réel si souvent évoquée par les psychologues pour caractériser l'adaptation d'un esprit à une réalité estampillée par les valeurs sociales. Précisément cette fonction de l'irréel retrouvera des valeurs de solitude. La commune rêverie en est un des aspects les plus simples. Mais on aura bien d'autres exemples de son activité si l'on veut bien suivre l'imagination imaginante dans sa recherche d'images imaginées.BACHELARD

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DESCARTES

(...) il est aisé de penser que les étranges aversions de quelques-uns. qui les empêchent de souffrir l'odeur des roses ou la présence d'un chat, ou choses semblables, ne viennent que de ce qu'au commencement de leur vie, ils ont été fort offensés par quelques pareils objets, ou bien qu'ils ont compati au sentiment de leur mère qui en a été offensée étant grosse. Car il est certain qu'il y a du rapport entre tous les mouvements de la mère et ceux de l'enfant qui est en son ventre, en sorte que ce qui est contraire à l'un nuit à l'autre. Et l'odeur des roses peut avoir causé un grand mal de tête à un enfant lorsqu'il était encore au berceau, ou bien un chat le peut avoir fort épouvanté, sans que personne y ait pris garde, ni qu'il en ait eu après aucune mémoire, bien que l'idée de l'aversion qu'il avait alors pour ces roses ou pour ce chat demeure imprimée en son cerveau jusques à la fin de sa vie.DESCARTES

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DESCARTES

La raison pour laquelle je crois que l'âme pense toujours, est la même qui me fait croire que la lumière luit toujours, bien qu'il n'y ait point d'yeux qui la regardent ; que la chaleur est toujours chaude, bien qu'on ne s'y chauffe point ; que le corps, ou la substance étendue, a toujours de l'extension ; et généralement, que ce qui constitue la nature d'une chose et toujours en elle, pendant qu'elle existe ; en sorte qu'il me serait plus aisé de croire que l'âme cesserait d'exister, quand on dit qu'elle cesse de penser, que non pas de concevoir, qu'elle fût sans pensée. Et je ne vois ici aucune difficulté, sinon qu'on juge superflu de croire qu'elle pense, lorsqu'il ne nous en demeure aucun souvenir par après. Mais si on considère que nous avons toutes les nuits mille pensées, et même en veillant que nous en avons eu mille depuis une heure, dont il ne nous reste plus aucune trace en la mémoire, et dont nous ne voyons pas mieux l'utilité, que de celles que nous pouvons avoir eues avant que de naître, on aura bien moins de peine à se le persuader qu'à juger qu'une substance dont la nature est de penser, puisse exister, et toutefois ne penser point.DESCARTES

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DESCARTES

Et on peut dire en particulier de l'admiration qu'elle est utile en ce qu'elle fait que nous apprenons et retenons en notre mémoire les choses que nous avons auparavant ignorées. Car nous n'admirons que ce qui nous paraît rare et extraordinaire ; et rien ne nous peut paraître tel que parce que nous l'avons ignoré, ou même aussi parce qu'il est différent des choses que nous avons sues ; car c'est cette différence qui fait qu'on le nomme extraordinaire. Or, encore qu'une chose qui nous était inconnue se présente de nouveau à notre entendement ou à nos sens, nous ne la retenons point pour cela en notre mémoire, si ce n'est que l'idée que nous en avons soit fortifiée en notre cerveau par quelque passion, ou bien aussi par l'application de notre entendement, que notre volonté détermine à une attention et réflexion particulière. Et les autres passions peuvent servir pour faire qu'on remarque les choses qui paraissent bonnes ou mauvaises, mais nous n'avons que l'admiration pour celles qui paraissent seulement rares. Aussi voyons-nous que ceux qui n'ont aucune inclination naturelle à cette passion sont ordinairement fort ignorants.DESCARTES

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DESCARTES

Pour la mémoire, je crois que celle des choses matérielles dépend des vestiges qui demeurent dans le cerveau, après que quelque image y a été imprimée, et que celle des choses intelectuelles dépend de quelques autres vestiges, qui demeurent en la pensée même. Mais ceux-ci sont tout d'un autre genre que ceux-là, et je ne les saurais expliquer par aucun exemple tiré des choses corporelles, qui n'en soit fort différent ; au lieu que les vestiges du cerveau le rendent propre à mouvoir l'âme, en la même façon qu'il l'avait mue auparavant, et ainsi a la faire souvenir de quelque chose ; tout de même que les plis qui sont dans un morceau de papier, ou dans un linge, font qu'il est plus propre à être plié derechef comme il a été auparavant, que s'il n'avait jamais été ainsi plié. DESCARTES

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DESCARTES

A HUYGENS Au reste, Monsieur, je vous suis doublement obligé de ce que ni votre affliction ni la multitude des occupations, qui comme je crois, l'accompagnent, ne vous ont point empêché de penser à moi, et prendre la peine de m'envoyer ce livre, car le sais que vous avez beaucoup d'affliction pour vos proches, et que leur perte ne peut manquer de vous être extrêmement sensible. Je sais bien aussi que vous avez l'esprit très fort, et que vous n'ignorez aucun des remèdes qui peuvent servir pour adoucir votre douleur, mais je ne saurais néanmoins m'abstenir de vous en dire un que j'ai trouvé très puissant, non seulement pour me faire supporter patiemment la mort de ceux que j'aimais, mais aussi pour m'empêcher de craindre la mienne, nonobstant que je sois du nombre de ceux qui aiment le plus la vie. Il consiste en la considération de la nature de nos âmes, que je pense connaître si clairement devoir durer plus que le corps, et être nées pour des plaisirs et des félicités beaucoup plus grandes que celles dont nous jouissons en ce mon e, que je ne puis concevoir autre chose de ceux qui meurent sinon qu'ils passent à une vie plus douce et plus tranquille que la nôtre, et que nous les irons trouver quelque jour, même avec la souvenance du passé ; car je reconnais en nous une mémoire intellectuelle, qui est assurément indépendante du corps, Et quoique la religion nous enseigne beaucoup de choses sur ce sujet, j'avoue néanmoins en moi une infirmité qui est, ce me semble, commune à la plupart des hommes, à savoir que, quoique nous veuillions croire et même que nous pensions croire fort fermement tout ce que la religion nous apprend, nous n'avons pas toutefois coutume d'en être si touchés que de ce qui nous est persuadé par des raisons naturelles fort évidentes. DESCARTES

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FREUD: Le refoulement comme un oubli.

Le refoulement est une sorte d'oubli. Il est une sorte d'oubli qui se distingue des autres par la difficulté avec laquelle le souvenir est évoqué, même au prix des sollicitations extérieures les plus impérieuses, comme si une résistance interne s'opposait à cette reviviscence. Un tel oubli a reçu, en psychopathologie, le nom de refoulement [...] Nous ne savons pas si, en général, l'oubli d'une impression est lié à la disparition de sa trace au sein de notre mémoire psychique ; mais en ce qui touche le refoulement, nous pouvons affirmer en toute certitude qu'il ne coïncide pas avec la disparition, l'extinction du souvenir. En général, le refoulé ne peut, de lui-même, remonter en surface sous forme de souvenir, mais il reste capable d'action et d'effet, et un jour, sous l'influence d'une circonstance extérieure, apparaissent des résultantes psychiques, que l'on peut concevoir comme produits de transformation et rejetons du souvenir oublié, et qui demeurent incompréhensibles tant qu'on ne les conçoit pas comme tels.FREUD

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HUME

Si nous cherchons la caractéristique qui distingue la mémoire de l'imagination, il nous faut percevoir immédiatement qu'elle ne peut se trouver dans les idées simples qu'elle nous présente ; car ces facultés tirent également leurs idées simples des impressions et ne dépassent jamais ces perceptions originelles. Ces facultés se distinguent aussi peu l'une de l'autre par l'arrangement de leurs idées complexes. Car, bien que ce soit une propriété particulière de la mémoire de conserver l'ordre primitif et la position de ses idées, alors que l'imagination les transpose et les change à son gré, pourtant cette différence ne suffit pas à les distinguer dans leurs opérations et à nous les faire discerner l'une de l'autre ; car nous ne pouvons rappeler les impressions passées afin de les comparer à nos idées présentes et de voir si leur ordonnance est exactement identique. Puisque donc la mémoire ne se connait ni à l'ordre de ses idées complexes ni à la nature de ses idées simples, il suit que la différence qu'il y a entre elle et l'imagination, se trouve dans sa force et sa vivacité supérieures. Un homme peut laisser libre cours à son imagination pour feindre une scène passée d'aventures ; et il n'aurait aucune possibilité de distinguer cette fiction d'un souvenir d'un genre analogue, si les idées de l'imagination n'étaient pas plus effacées et plus indistinctes. Il arrive souvent que, lorsque deux hommes ont été engagés dans une action, l'un se la rappelle beaucoup mieux que l'autre et qu'il a toutes les difficultés du monde pour amener son compagnon à s'en souvenir. C'est en vain qu'il revient sur diverses circonstances ; qu'il mentionne le moment, le lieu, la compagnie, ce qui fut dit, ce qui fut fait de toutes parts ; jusqu'au moment où enfin il touche une circonstance heureuse qui ressuscite le tout et donne à son ami une parfaite mémoire de tous les détails. Ici la personne oublieuse reçoit d'abord toutes les idées de la conversation de l'autre avec les mêmes circonstances de temps et de lieu : pourtant elle les considère comme de pures fictions imaginatives. Mais aussitôt qu'est indiquée la circonstance qui touche la mémoire, les mêmes idées exactement apparaissent sous un nouveau jour et elles sont en quelque sorte senties différemment de ce qu'elles l'étaient auparavant. Sans aucune aube modification que dans la manière dont on les sent, elles deviennent immédiatement des idées de la mémoire et l'assentiment leur est donné. Puisque donc l'imagination peut représenter tous les mêmes objets que la mémoire peut nous offrir et que ces facultés se distinguent seulement par la manière différente dont elles sentent les idées qu'elles présentent, il convient sans doute d'examiner la nature de cette manière de sentir. Et ici tout le monde, je pense, conviendra volontiers avec moi que les idées de la mémoire sont plus fortes et plus vives que celles de l'imagination. Un peintre qui voudrait représenter une passion ou une émotion d'un genre quelconque, essaiera de se donner le spectacle d'une personne agitée par une émotion analogue afin d'aviver ses idées et de leur donner une force et une vivacité supérieures à celles qu'on trouve dans les idées qui sont de pures fictions imaginatives. Plus récente est cette mémoire, plus claire est l'idée : et quand, après un long intervalle, il voudrait revenir à la contemplation de son objet, il trouverait toujours que son idée est très affaiblie, sinon complètement effacée. Nous hésitons fréquemment sur les idées de la mémoire puisqu'elles deviennent très faibles et sans vigueur ; et nous avons du mal à définir si une image procède de l'imagination ou de la mémoire quand elle ne se présente pas sous ces vives couleurs qui distinguent cette dernière faculté. Je pense me rappeler un tel événement, dit-on, mais je n'en suis pas sûr. Un long intervalle de temps l'a presque effacé de ma mémoire et il me laisse incertain si c'est ou non la simple créature de mon imagination.HUME

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On devait donc chercher ailleurs le type de l'homme véritablement sauvage, de celui qui ne doit rien à ses pareils et le déduire des histoires particulières du petit nombre d'individus qui, dans le cours du XVIIe siècle, ont été trouvés, à différents intervalles, vivant isolément dans les bois où ils avaient été abandonnés dès l'âge le plus tendre. Mais telle était, dans ces temps reculés, la marche défectueuse de l'étude de la science livrée à sa manie des explications, à l'incertitude des hypothèses, et au travail exclusif du cabinet, que l'observation n'était comptée pour rien, et que ces faits précieux furent perdus pour l'histoire naturelle de l'homme. Tout ce qu'en ont laissé les auteurs contemporains se réduit à quelques détails insignifiants, dont le résultat le plus frappant et le plus général, est que ces individus ne furent susceptibles d'aucun perfectionnement bien marqué ; sans doute, parce qu'on voulut appliquer à leur éducation, et sans égard pour la différence de leurs origines le système ordinaire de l'enseignement social. Si cette application eut un succès complet chez la fille sauvage trouvée en France vers le commencement du siècle dernier, c'est qu'ayant vécu dans les bois avec une compagne, elle devait déjà à cette simple association un certain développement de ses facultés intellectuelles, une véritable éducation, telle que l'admet Condillac, quand il suppose deux enfants abandonnées dans une solitude profonde, et chez lesquelles la seule influence de leur cohabitation dut donner essor à la mémoire, à leur imagination, et leur faire créer même un petit nombre de signes : supposition ingénieuse, que justifie pleinement l'histoire de cette même fille, chez laquelle la mémoire se trouvait développée au point de lui retracer quelques circonstances de son séjour dans les bois, et très en détail, surtout la mort violente de sa compagne (1). Dépourvus de ces avantages, les autres enfants trouvés dans un état d'isolement individuel, n'apportèrent dans la société que des facultés profondément engourdies, contre lesquelles durent échouer, en supposant qu'ils furent tentés et dirigés vers leur éducation, tous les efforts réunis d'une métaphysique à peine naissante, encore entravée du préjugé des idées innées, et d'une médecine, dont les vues nécessairement bornées par une doctrine toute mécanique, ne pouvaient s'élever aux considérations philosophiques des maladies de l'entendement. (1) Cette fille fut prise en 1731 dans les environs de Châlons-sur-Marne, et élevée dans un couvent de religieuses, sous le nom de Mademoiselle Leblanc. Elle raconta, quand elle sut parler, qu'elle avait vécu dans les bois avec une compagne, et qu'elle l'avait malheureusement tuée d'un violent coup sur la tête un jour qu'ayant trouvé sous leurs pas un chapelet elles s'en disputèrent la possession exclusive. (Racine, Poème de la Religion.) Cette histoire, quoiqu'elle soit une des plus circonstanciées, est néanmoins si mal faite, que si l'on en retranche d'abord ce qu'il y a d'insignifiant et puis ce qu'il y a d'incroyable, elle n'offre qu'un très petit nombre de particularités dignes d'être notées, et dont la plus remarquable est la faculté qu'avait cette jeune sauvage de se rappeler son état passé. ITARD

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LEIBNIZ

28. Les hommes agissent comme les bêtes, en tant que les consécutions de leurs perceptions ne se font que par le principe de la mémoire ressemblant aux médecins empiriques, qui ont une simple pratique sans théorie ; et nous ne sommes qu'empiriques dans les trois quarts de nos actions. Par exemple, quand on s'attend qu'il y aura jour demain on agit en empirique, parce que cela s'est toujours fait ainsi, jusqu'ici. Il n'y a que l'astronome qui le juge par raison. 29. Mais la connaissance des vérités nécessaires et éternelles est ce qui nous distingue des simples animaux et nous fait avoir la Raison et les sciences - en nous élevant à la connaissance de nous-mêmes et de Dieu. Et c'est ce qu'on appelle en nous Âme raisonnable, ou Esprit.LEIBNIZ

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NIETZSCHE

Etendue de la force poétique : nous ne pouvons rien faire sans en projeter au préalable une image indépendante (bien que nous ne sachions pas, il est vrai, comment, à l'égard de l'action, cette image se comporte, l'action est quelque chose d'essentiellement autre et se déroule dans des régions à nous inaccessibles). Cette image est très générale, un schème - nous imaginons qu'elle serait non pas seulement la ligne de conduite, mais la force agissante même. D'innombrables images n'entraînent point d'activité après elles, nous n'y prenons garde : les cas où quelque chose en résulte que nous « avons voulu » demeurent dans la mémoire. - Une image idéale précède toute notre évolution, le produit de la fantaisie : l'évolution réelle nous est inconnue. Il nous faut faire cette image. L'histoire des hommes et de l'humanité se déroule inconnue, mais les images idéales et leur histoire nous semblent l'évolution même. La science ne saurait les créer, mais la science est une nourriture capitale pour cette impulsion : nous appréhendons à la longue tout ce qui est incertain, controuvé, et cette crainte et cette aversion favorisent la science. L'impulsion poétique doit deviner, non pas fantastiquer, deviner quelque chose d'inconnu à partir d'éléments réels : elle a besoin de la science c'est-à-dire de la somme de ce qui est certain et vraisemblable afin de pouvoir poétifier avec ce matériel. Ce processus est déjà dans la vision. C'est une libre production dans toute la sensibilité, la plus grande partie de la perception sensible c'est deviner. Tous ouvrages scientifiques ennuient qui ne fournissent point de péture à cette impulsion : le sûr et certain ne nous fait du bien s'il refuse à nourrir cette impulsion même !NIETZSCHE

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Misère ! Qu'ai-je donc aimé en toi, ô mon larcin, crime nocturne de mes seize ans ? Tu n'étais pas beau, étant un larcin. As-tu même une existence réelle pour que je t'interpelle ? Ce qui était plus beau, c'étaient ces fruits que nous dérobâmes, car ils étaient votre oeuvre à vous, suprême Beauté, Créateur de toutes choses, Dieu bon, Dieu souverain Bien et mon Bien véritable ; certes, ils étaient beaux, ces fruits, mais ce n'était pas eux que convoitait mon coeur misérable. J'en avais de meilleurs en grand nombre ; je ne les ai donc cueillis que pour voler. Car aussitôt cueillis, je les jetai loin de moi, me nourrissant de ma seule iniquité, dont la saveur m'était délicieuse. S'il entra un peu de ces fruits dans ma bouche, c'est ma faute qui fit leur saveur. Et maintenant, Seigneur mon Dieu, je cherche ce qui a pu ma charmer dans ce larcin. Il était sans beauté. Je ne parle pas de cette beauté qui réside dans la justice et la prudence ; ni de celle qui est dans l'esprit de l'homme, la mémoire, les sens, la vie végétative ; ni de celle qui brille au front des astres et pare leurs révolutions, ni de la beauté de la terre et de la mer, foisonnantes d'êtres vivants qui forment une suite continuelle de générations ; ni même de cette apparence de beauté dont s'ombragent les mensonges du vice (...). C'est ainsi que l'âme se fait adultère, quand elle se détourne de vous et cherche hors de vous ce qu'elle ne trouve, pur et sans mélange, qu'en revenant à vous. Ils vous imitent tout de travers tous ceux qui s'éloignent de vous et s'élèvent contre vous. Mais même en vous imitant ainsi, ils font voir que vous êtes le Créateur de l'univers, et que, pour cette raison, il est impossible de se séparer tout à fait de vous. Qu'ai-je donc aimé dans ce larcin, et en moi ai-je imité mon Seigneur, même d'une manière criminelle et fausse ? Me suis-je plu à transgresser votre loi par la ruse, ne pouvant le faire par la force ? Esclave, ai-je affecté une liberté mutilée en faisant impunément, par une ténébreuse contrefaçon de votre toute-puissance, ce qui m'était défendu ? Voilà « cet esclave qui fuit son maître et qui recherche l'ombre ». O corruption ! ô vie monstrueuse ! ô abîme de mort ! Ai-je pu prendre plaisir à ce qui n'était pas licite pour la seule raison que ce n'était pas licite ? SAINT AUGUSTIN

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Quelle force dans la mémoire ! C'est un je ne sais quoi, digne d'inspirer un effroi sacré, ô mon Dieu, que sa profondeur, son infinie multiplicité ! Et cela, c'est mon esprit ; et cela, c'est moi-même ! Que suis-je donc, ô mon Dieu ? Quelle est mon essence ? Une vie variée, multiforme, d'une immensité prodigieuse. Voyez, il y a dans ma mémoire des champs, des antres, des cavernes innombrables, peuplées à l'infini d'innombrables choses de toute espèce, qui y habitent, soit en images seulement, comme pour les corps ; soit en elles-mêmes, comme pour les sciences ; soit sous forme de je ne sais quelles notions ou notations, comme pour les affections de l'âme, que la mémoire retient, alors même que l'âme ne les éprouve plus, quoiqu'il n'y ait rien dans la mémoire qui ne soit dans l'esprit. A travers tout ce domaine, je cours de ci de là, je vole d'un côté puis de l'autre, je m'enfonce aussi loin que je peux : de limites nulle part ! Tant est grande la puissance de la mémoire, tant est grande la puissance de la vie chez l'homme, qui ne vit que pour mourir ! SAINT AUGUSTIN

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Notre existence s'écoule au milieu d'objets en nombre restreint, qui repassent plus ou moins souvent devant nous : chacun d'eux, en même temps qu'il est perçu, provoque de notre part des mouvements au moins naissants par lesquels nous nous y adaptons. Ces mouvements, en se répétant, se créent un mécanisme, passent à l'état d'habitude, et déterminent chez nous des attitudes qui suivent automatiquement notre perception des choses. Notre système nerveux ne serait guère destiné (...) à un autre usage. Les nerfs afférents apportent au cerveau une excitation qui, après avoir choisi intelligemment sa voie, se transmet à des mécanismes moteurs créés par la répétition. Ainsi se produit la réaction appropriée, l'équilibre avec le milieu, l'adaptation, en un mot, qui est la fin générale de la vie. BERGSON, Matière et mémoire

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LA MÉMOIRE ET LES SOUVENIRS "Nous n'avons pas encore totalement oublié ce que nous nous rappelons avoir oublié. Nous ne pourrions pas rechercher un souvenir perdu si l'oubli en était absolu." Saint-Augustin , Les Confessions, 354-430.

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LA MÉMOIRE ET LA PENSÉE "Le rôle principal de la mémoire est de conserver non pas simplement les idées, mais leur ordre et leur position." Hume, Traité de la nature humaine, 1740.

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LA MÉMOIRE ET L'OUBLI "Se souvenir de tout serait, en bien des circonstances, aussi fâcheux que ne se souvenir de rien ; il faudrait, pour nous rappeler une portion déterminée de notre passé, exactement le temps qu'il fallut pour la vivre, et nous ne viendrions jamais à bout de penser." William James, Précis de psychologie, 1892.

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Descartes: la mémoire er les songes

« Notre mémoire ne peut jamais lier et joindre nos songes les uns aux autres, et avec toute la suite de notre vie, ainsi qu'elle a de coutume de joindre les choses qui nous arrivent étant éveillés. Et en effet si quelqu'un lorsque je veille m'apparaissait tout soudain, et disparaissait de même, comme font les images que je vois en dormant, en sorte que je ne puisse remarquer ni d'où il viendrait ni où il irait, ce ne serait pas sans raison que je l'estimerais un spectre ou un fantôme formé dans mon cerveau, et semblable à ceux qui s'y forment quand je dors, plutôt qu'un vrai homme. Mais lorsque j'aperçois des choses dont je connais distinctement et le lieu d'où elles viennent, et celui où elles sont, et le temps auquel elles m'apparaissent, et que sans aucune interruption je puis lier le sentiment que j'en ai avec la suite du reste de ma vie, je suis entièrement assuré que je les aperçois en veillant, et non point dans le sommeil. » R. DESCARTES

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ALAIN: La mémoire supérieure est représentation d'un ordre.

ALAIN: La mémoire supérieure est représentation d'un ordre. «Supposons qu'un ignorant parcoure un traité de géométrie sans y rien comprendre ; quel souvenir gardera-t-il de cette lecture ? Peut-être la représentation de quelques figures ou fragments de figures, de quelques mots, de quelques constructions de phrases qui l'auront frappe, sans qu'il puisse mettre dans tous ces souvenirs un ordre certain et déterminé autre que celui selon lequel ils s'évoquent les uns les autres, une figure faisant penser à une autre figure et un mol à un autre mot. Comparons à ce souvenir embryonnaire et irréfléchi, qui mérite à peine le nom de souvenir, le souvenir rationnel que possède le mathématicien après avoir lu et compris les mêmes chapitres : ici non seulement l'ordre de succession des mots, des propositions, des démonstrations est conservé, mais encore il est le principal élément du souvenir, aucun détail n'étant alors conservé pour lui-même, et chacun d'eux n'ayant d'intérêt que par sa place après certain autres dont il dépend, et avant certains autres qui dépendent de lui. Comme tout le monde accordera que ce souvenir est certainement plutôt un souvenir que le souvenir de l'ignorant, nous avons le droit de dire que la perfection de la mémoire semble consister dans la représentation exacte d'un certain ordre de succession irréversible.» Alain

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Alain: Mémoire et Souverain

« Quand je récite, on peut bien dire que je reconnais le texte, et par conséquent que je me reconnais moi-même. Mais ma pensée ne se dirige pas par là. L'intérêt n'est pas de savoir si c'est bien moi qui ai appris cela et à quelle époque... Un chimiste ne se reconnaît pas lui-même, même explicitement en ses « souvenirs » de chimie, pour autant qu'il les utilise; toutefois il se reconnaîtra en un procédé qu'il a inventé; mais alors, par ce mouvement, il s'éloigne de la science, il revient à lui et à cette sorte de rêverie biographique qui plaît à tous. Tous nos souvenirs ont deux faces. Par un côté, ils s'accordent à nous-mêmes et nous restituent un moment de notre vie. Jean-Christophe sait la musique ; mais il peut penser aussi à ses premières admirations, à ses désespoirs. On remarquera à ce sujet que les souvenirs explicitement reconnus ne consistent jamais dans un acte de mémoire limité, mais se rapportent à une vue du monde, à un moment de l'histoire du monde. Notre rêverie biographique cherche toujours à étendre chaque souvenir et c'est par ce moyen qu'il prend le sens de quelque chose de passé, qui ne fut qu'une fois. La sonate est toujours la même sonate, mais les lieux, les personnes, non. Et nos sentiments non plus. Je ne suis plus celui qui croyait..., qui pensait..., qui espérait. » Alain

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Bergson: Mémoire, oubli, conservation du passé

La mémoire, comme nous avons essayé de le prouver, n'est pas une faculté de classer des souvenirs dans un tiroir ou de les inscrire sur un registre. Il n'y a pas de registre, pas de tiroir, il n'y a même pas ici, à proprement parler, une faculté, car une faculté s'exerce par intermittences, quend elle veut ou quand elle peut, tandis que l'amoncellement du passé sur le passé se poursuit sans trêve. En réalité, le passé se conserve de lui-même, automatiquement. Tout entier, sans doute, il nous suit à tout instant : ce que nous avons senti, pensé, voulu depuis notre première enfance est là, penché sur le présent qui va s'y joindre, pressant contre la porte de la conscience qui voudrait le laisser dehors. Le mécanisme cérébral est précisément fait pour en refouler la presque totalité dans l'inconscient et pour n'introduire dans la conscience que ce qui est de nature à éclairer la situation présente, à aider l'action qui se prépare, à donner enfin un travail utile. Bergson.

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Bergson: tous artistes !

« Si la réalité venait frapper directement nos sens et notre conscience, si nous pouvions entrer en communication immédiate avec les choses et avec nous-mêmes, je crois bien que l'art serait inutile, ou plutôt que nous serions tous artistes... Nos yeux, aidés de notre mémoire, découperaient dans l'espace et fixeraient dans le temps des tableaux inimitables. (...) Nous entendrions chanter au fond de nos âmes, comme une musique quelquefois gaie, plus souvent plaintive, toujours originale, la mélodie ininterrompue de notre vie intérieure.Tout cela est autour de nous, tout cela est en nous, et pourtant rien tout cela n'est perçu par nous distinctement. Entre la nature et nous, que dis-je ? entre nous et notre propre conscience, un voile interpose, voile épais pour le commun des hommes, voile léger, presque transparent, pour l'artiste et le poète. Quelle fée a tissé ce pile ? Fut-ce par malice ou par amitié ? Il fallait vivre, et la vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu'elles ont à nos besoins. Vivre consiste à agir. Vivre, c'est n'accepter des objets que l'impression utile pour y répondre par des réactions appropriées. » H. BERGSON

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MERLEAU-PONTY : l'homme d'action

« Il y a beaucoup de convention dans le portrait de l'homme d'action que l'on oppose au philosophe : l'homme d'action n'est pas tout d'une pièce. La haine est une vertu de l'arrière. Obéir les yeux fermés est le commencement de la panique, et choisir contre ce que l'on comprend le commencement du scepticisme. II faut être capable de prendre recul pour être capable d'un engagement vrai, qui est toujours aussi un engagement dans la vérité. (...) Nul n'est manichéen (1) devant soi-même. C'est un air qu'ont les hommes d'action vus du dehors, et qu'ils gardent rarement dans leurs Mémoires. Si le philosophe laisse entendre dès maintenant quelque chose de ce que le grand homme dit à part soi, il sauve la vérité pour tous, il la sauve même pour l'homme d'action, qui en a besoin, nul conducteur de peuples n'ayant jamais accepté de dire qu'il se désintéresse de la vérité. Plus tard, que dis-je, demain, l'homme d'action réhabilitera le philosophe. Quant aux hommes simplement hommes, qui ne sont pas des professionnels de l'action, ils sont encore bien plus loin de classer les autres en bons et en méchants, pourvu qu'ils parlent de ce qu'ils ont vu et qu'ils jugent de près, et on les trouve, quand on essaie, étonnamment sensibles à l'ironie philosophique, comme si leur silence et leur réserve se reconnaissaient en elle, parce que, pour une fois, la parole sert ici à délivrer. » MERLEAU-PONTY

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COURNOT: Histoire et curiosité anecdotique

« En histoire (...), la curiosité anecdotique s'adonne à la recherche des causes, surtout pour montrer combien il y a de disproportion entre la petitesse des causes et la grandeur des effets. C'est (par exemple) le grain de sable dans l'uretère de Cromwell (...). Mais l'histoire philosophique, la grande histoire s'arrête peu à ces causes microscopiques. Elle cherche une raison suffisante des grands événements, c'est-à-dire une raison qui se mesure à l'importance des événements; et sans qu'elle ait la prétention d'y atteindre toujours, puisque cette raison peut se trouver hors de la sphère de ses investigations, il ' arrive souvent qu'elle la trouve. Une configuration géographique, un relief orographique (1) ne sont pas des causes au sens propre du mot : cependant personne ne s'étonnera d'y trouver la clef, l'explication ou la raison de l'histoire d'un pays réduite à ses grands traits, à ceux qui méritent de rester gravés dans la mémoire des hommes. Le succès d'une conspiration, d'une émeute, d'un scrutin décidera d'une révolution dont il faut chercher la raison dans la caducité des vieilles institutions, dans le changement des moeurs et des croyances, ou, à l'inverse, dans le besoin de sortir du désordre et des intérêts alarmés. Voilà ce que l'historien philosophe sera chargé de faire ressortir, en laissant pour pâture à une curiosité frivole tels faits en eux-mêmes insignifiants, qui pourtant figurent dans la chaîne des causes, mais qu'on est fondé à mettre sur le compte du hasard. » COURNOT

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Platon et l'écriture

L'enseignement de l'écriture, ô roi, dit Theuth, accroîtra la science et la mémoire des Egyptiens ; car j'ai trouvé le remède de l'oubli et de l'ignorance.' Le roi répondit : ‘ingénieux Theuth, tel est capable de créer les arts, tel autre de juger dans quelle mesure ils porteront tort ou profit à ceux qui doivent les mettre en usage : c'est ainsi que toi, père de l'écriture, tu lui attribues bénévolement une efficacité contraire à celle dont elle est capable ; car elle produira l'oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire : confiants dans l'écriture, c'est du dehors, par des caractères étrangers, et non plus du dedans, du fond d'eux-mêmes qu'ils chercheront à susciter leurs souvenirs ; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir, et ce que tu vas procurer à tes disciples, c'est la présomption qu'ils ont la science, non la science elle-même ; car, quand ils auront beaucoup lu sans apprendre, ils ses croiront très savants, et ils ne seront le plus souvent que des ignorants de commerce incommode, parce qu'ils se croiront savants sans l'être. PLATON

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