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HUME: De l'égalité des homme quant à l'esprit et au corps

Les hommes, si l'on met de côté l'éducation qu'ils reçoivent, sont à peu près tous égaux, tant pour la force du corps que pour les facultés de l'esprit : pour peu que l'on réfléchisse, il faudra nécessairement convenir qu'il n'y a que leur libre consentement qui ait pu d'abord les rassembler en société, et les assujettir à un pouvoir quelconque. Si nous cherchons la première origine du gouvernement dans les forêts et dans les déserts, nous verrons que toute autorité et toute juridiction vient du peuple ; nous verrons que c'est lui qui pour l'amour de l'ordre et de la paix a volontairement renoncé à sa liberté naturelle, et a reçu des lois de ses égaux et de ses compagnons. Les conditions auxquelles il s'est soumis, ont été ou expressément déclarées, ou si clairement sous-entendues, qu'il eût été superflu de les exprimer. Si c'est là ce qu'on entend par contrat primitif, il est incontestable que dans son origine le gouvernement a été fondé sur un pareil contrat, et que c'est ce principe qui a porté les hommes des premiers temps à s'attrouper, et à former entre eux des sociétés encore grossières, et qui se ressentaient de la barbarie. Il serait inutile de nous renvoyer aux monuments de l'histoire, pour y chercher les patentes (1) de notre liberté : elles n'ont point été écrites sur du parchemin, ni même sur des feuilles ou des écorces d'arbres ; elles sont antérieures en date aux inventions de l'écriture, des arts et de la politesse ; mais nous les découvrons clairement dans la nature de l'homme, et dans cette égalité qui subsiste entre tous les individus de notre espèce. (1) Diplômes ou textes officiels qui garantiraient notre liberté.HUME

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HUME

Si nous cherchons la caractéristique qui distingue la mémoire de l'imagination, il nous faut percevoir immédiatement qu'elle ne peut se trouver dans les idées simples qu'elle nous présente ; car ces facultés tirent également leurs idées simples des impressions et ne dépassent jamais ces perceptions originelles. Ces facultés se distinguent aussi peu l'une de l'autre par l'arrangement de leurs idées complexes. Car, bien que ce soit une propriété particulière de la mémoire de conserver l'ordre primitif et la position de ses idées, alors que l'imagination les transpose et les change à son gré, pourtant cette différence ne suffit pas à les distinguer dans leurs opérations et à nous les faire discerner l'une de l'autre ; car nous ne pouvons rappeler les impressions passées afin de les comparer à nos idées présentes et de voir si leur ordonnance est exactement identique. Puisque donc la mémoire ne se connait ni à l'ordre de ses idées complexes ni à la nature de ses idées simples, il suit que la différence qu'il y a entre elle et l'imagination, se trouve dans sa force et sa vivacité supérieures. Un homme peut laisser libre cours à son imagination pour feindre une scène passée d'aventures ; et il n'aurait aucune possibilité de distinguer cette fiction d'un souvenir d'un genre analogue, si les idées de l'imagination n'étaient pas plus effacées et plus indistinctes. Il arrive souvent que, lorsque deux hommes ont été engagés dans une action, l'un se la rappelle beaucoup mieux que l'autre et qu'il a toutes les difficultés du monde pour amener son compagnon à s'en souvenir. C'est en vain qu'il revient sur diverses circonstances ; qu'il mentionne le moment, le lieu, la compagnie, ce qui fut dit, ce qui fut fait de toutes parts ; jusqu'au moment où enfin il touche une circonstance heureuse qui ressuscite le tout et donne à son ami une parfaite mémoire de tous les détails. Ici la personne oublieuse reçoit d'abord toutes les idées de la conversation de l'autre avec les mêmes circonstances de temps et de lieu : pourtant elle les considère comme de pures fictions imaginatives. Mais aussitôt qu'est indiquée la circonstance qui touche la mémoire, les mêmes idées exactement apparaissent sous un nouveau jour et elles sont en quelque sorte senties différemment de ce qu'elles l'étaient auparavant. Sans aucune aube modification que dans la manière dont on les sent, elles deviennent immédiatement des idées de la mémoire et l'assentiment leur est donné. Puisque donc l'imagination peut représenter tous les mêmes objets que la mémoire peut nous offrir et que ces facultés se distinguent seulement par la manière différente dont elles sentent les idées qu'elles présentent, il convient sans doute d'examiner la nature de cette manière de sentir. Et ici tout le monde, je pense, conviendra volontiers avec moi que les idées de la mémoire sont plus fortes et plus vives que celles de l'imagination. Un peintre qui voudrait représenter une passion ou une émotion d'un genre quelconque, essaiera de se donner le spectacle d'une personne agitée par une émotion analogue afin d'aviver ses idées et de leur donner une force et une vivacité supérieures à celles qu'on trouve dans les idées qui sont de pures fictions imaginatives. Plus récente est cette mémoire, plus claire est l'idée : et quand, après un long intervalle, il voudrait revenir à la contemplation de son objet, il trouverait toujours que son idée est très affaiblie, sinon complètement effacée. Nous hésitons fréquemment sur les idées de la mémoire puisqu'elles deviennent très faibles et sans vigueur ; et nous avons du mal à définir si une image procède de l'imagination ou de la mémoire quand elle ne se présente pas sous ces vives couleurs qui distinguent cette dernière faculté. Je pense me rappeler un tel événement, dit-on, mais je n'en suis pas sûr. Un long intervalle de temps l'a presque effacé de ma mémoire et il me laisse incertain si c'est ou non la simple créature de mon imagination.HUME

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HUME

Mais, bien que la raison suffise, lorsqu'elle est pleinement secondée et perfectionnée, à nous instruire des tendances nuisibles ou utiles des qualités et actions, elle ne suffit pas, à elle seule, pour produire le blâme ou l'approbation morale. L'utilité n'est qu'une tendance à une certaine fin ; si la fin nous était totalement indifférente, nous éprouverions la même indifférence pour les moyens. Il faut nécessairement qu'un sentiment se manifeste ici, pour nous faire préférer les tendances utiles aux tendances nuisibles. Ce sentiment ne peut être qu'une sympathie pour le bonheur des hommes ou un écho de leur malheur ; puisque ce sont les différentes fins que la vertu et le vice ont tendance à promouvoir. Ici donc la raison nous instruit des diverses tendances des actions et l'humanité fait une distinction en faveur des tendances utiles et bienfaisantes...HUME

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HUME

La possession de tous les biens extérieurs est mouvante et incertaine, ce qui est l'un des obstacles les plus importants à l'institution de la société et la raison pour laquelle les hommes, par accord universel, exprès ou tacite, se contraignent eux-mêmes au moyen de ce que nous appelons maintenant les règles de la justice et de l'équité. Le malheur de l'état qui précède cette contrainte est la cause qui nous fait nous plier à ce remède aussi rapidement que possible, et cela nous donne une raison simple d'adjoindre l'idée de propriété à la première possession, ou occupation. Les hommes rechignent à laisser la propriété en suspens, même pour la période la plus courte, ou à ouvrir la moindre voie au désordre et à la violence. A quoi nous pouvons ajouter que la première possession attire toujours le plus l'attention, et si nous la négligions, il n'y aurait pas la moindre raison d'attribuer la propriété à une possession ultérieure.HUME

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HUME

Il vaut la peine d'observer, à propos de l'envie, qui provient d'une supériorité d'autrui, que ce n'est pas la grande disproportion de nous-mêmes à un autre qui la suscite ; c'est, au contraire, notre proximité. Un soldat du rang ne saurait envier son général comme il envie son sergent ou son caporal ; de même, un grand écrivain n'est pas tant jalousé par de vulgaires écrivailleurs que par des auteurs qui le serrent de plus près. On pourrait, en vérité, penser que plus grande est la disproportion, plus grand doit être aussi le malaise qui résulte de la comparaison. Mais on peut considérer d'autre part qu'une grande disproportion interrompt la relation des idées : soit en empêchant la comparaison de nous-mêmes avec ce qui nous est éloigné, soit en diminuant les effets de cette comparaison. La ressemblance et la proximité produisent toujours une relation des idées ; et quand vous détruisez ces liens, quels que soient les événements qui peuvent accidentellement rapprocher entre elles ces deux idées, comme elles n'ont ni attache ni qualité liante pour les joindre dans l'imagination, il est impossible qu'elles puissent rester longtemps unies, ni avoir une influence considérable l'une sur l'autre.HUME

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HUME

Ce que l'on comprend ordinairement par passion est une émotion violente et sensible à l'esprit, qui se déclenche quand se présente un bien ou un mal, voire tout autre objet qui, grâce à la constitution originelle de nos facultés, est adapté pour susciter un appétit. Par raison, nous entendons des affections d'une espèce absolument identique aux précédentes, mais telles qu'elles agissent plus calmement, sans causer de désordre dans le caractère. Cette tranquillité nous conduit à commettre une erreur à leur propos et nous détermine à les tenir pour de simples conclusions de nos facultés intellectuelles. Les causes de ces passions, violentes et calmes, avec leurs effets, sont assez variables et dépendent, dans une large mesure, de la disposition et du tempérament particuliers de chaque individu. Généralement parlant, les passions violentes ont une influence plus puissante sur la volonté ; quoiqu'on trouve souvent que les passions calmes, lorsqu'elles sont soutenues par la réflexion et secondées par la résolution, sont capables de les maîtriser, jusque dans leurs mouvements les plus furieux.HUME

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HUME

Nous pouvons remarquer en général que les esprits des hommes sont des miroirs les uns pour les autres, non seulement parce que chacun d'eux réfléchit les émotions des autres, mais aussi parce que ces rayons de passions, de sentiments et d'opinions peuvent être renvoyés plusieurs fois et s'atténuer par degrés insensibles ; Ainsi la projection sur le spectateur du plaisir qu'un riche reçoit de ses possessions cause chez celui-là un plaisir et une estime ; lesquels, perçus en retour par le propriétaire qui sympathise avec ces sentiments, accroissent le plaisir de ce dernier ; ce plaisir, réfléchi une fois de plus, devient à nouveau le fondement d'un plaisir et d'une estime chez le spectateur. Il y a sans doute une satisfaction originelle de la richesse qui provient du pouvoir qu'elle confère de jouir de tous les plaisirs de la vie ; et comme on tient là sa nature véritable et son essence propre, elle doit être la source première de toutes les passions qui naissent de ces plaisirs. L'une de ces passions les plus dignes de considération est celle de l'amour ou de l'estime des autres, qui provient donc d'une sympathie avec le plaisir du propriétaire.HUME

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HUME

Il est évident que nous devons recevoir, en réfléchissant sur notre propre situation et sur nos conditions d'existence, une satisfaction ou une insatisfaction plus ou moins grande proportionnée au bonheur ou au malheur qu'elles paraissent renfermer, aux degrés de richesse, de pouvoir, de mérite, de réputation dont nous nous croyons détenteurs. Or comme nous jugeons rarement des objets par leur valeur intrinsèque, mais en formons l'idée plutôt par comparaison avec d'autres objets, il s'ensuit que, selon la part plus ou moins grande de bonheur ou de misère que nous observons chez les autres, nous ne pouvons pas nous empêcher d estimer la nôtre et d'en ressentir en conséquence une peine ou un plaisir. La misère d'autrui nous donne une idée plus vive de notre bonheur, et son bonheur, une idée plus vive de notre misère. La première, par conséquent, produit un agrément ; le dernier, un malaise.HUME

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HUME

Les hommes se gouvernent si peu par la raison dans leurs sentiments et dans leurs opinions qu'ils jugent toujours les objets par comparaison plutôt que par leur prix et leur valeur intrinsèques. Quand l'esprit considère un degré de perfection ou qu'il s'y est accoutumé, tout objet qui ne l'atteint pas, serait-il réellement estimable, a néanmoins sur les passions le même effet que s'il était défectueux et mauvais. Nous avons affaire ici à une qualité originelle de l'âme, semblable à ce dont nous faisons l'expérience journalière dans nos corps. A un homme qui s'est chauffé une main et s'est refroidi l'autre, la même eau paraîtra en même temps chaude et froide, selon la disposition respective de ses mains. Un faible degré d'une qualité, qui succède à un degré plus élevé, produit la même sensation que s'il était plus faible qu'il n'est en réalités ; il peut aller parfois jusqu'à produire la même sensation que la qualité opposée. Si une légère souffrance succède à une violente, elle paraît insignifiante, ou plutôt elle se transforme en plaisir ; tandis que si une violente souffrance succède à une légère, notre chagrin et notre malaise s'en trouvent redoublés.HUME

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HUME

Ce qu'on n'a jamais vu, ce dont on n'a jamais entendu parler, on peut pourtant le concevoir ; et il n'y a rien au-dessus du pouvoir de la pensée, sauf ce qui implique une absolue contradiction. Mais, bien que notre pensée semble posséder cette liberté illimitée, nous trouverons, à l'examiner de plus près, qu'elle est réellement resserrée en de très étroites limites et que tout ce pouvoir créateur de l'esprit ne monte à rien de plus qu'à la faculté de composer, de transposer, d'accroître ou de diminuer les matériaux que nous apportent les sens et l'expérience. Quand nous pensons à une montagne d'or, nous joignons seulement deux idées compatibles, or et montagne, que nous connaissions auparavant. Nous pouvons concevoir un cheval vertueux ; car le sentiment que nous avons de nous-mêmes nous permet de concevoir la vertu ; et nous pouvons unir celle-ci à la figure et à la forme d'un cheval, animal qui nous est familier. Bref, tous les matériaux de la pensée sont tirés de nos sens, externes ou internes ; c'est seulement leur mélange et leur composition qui dépendent de l'esprit et de la volonté. Ou, pour m'exprimer en langage philosophique, toutes nos idées ou perceptions plus faibles sont des copies de nos impressions, ou perceptions plus vives.HUME

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HUME

[Mais] puisque chacune de ces perceptions est une et indivisible, elles ne peuvent absolument pas nous donner l'idée de l'étendue. Nous pouvons illustrer cela en considérant le sens du toucher et la distance ou l'intervalle imaginaire que l'on interpose entre des objets tangibles ou solides. Je suppose deux cas, à savoir celui d'un homme flottant dans les airs et faisant aller et venir ses membres sans rien rencontrer de tangible, et celui d'un homme qui, sentant quelque chose de tangible, l'abandonne, puis, après un mouvement dont il a conscience, perçoit un autre objet tangible ; et je demande alors en quoi consiste la différence entre ces deux cas. Nul ne se fera scrupule d'affirmer qu'elle consiste simplement dans le fait de percevoir ces objets et que la sensation qui résulte des mouvements est la même dans les deux cas. Et comme cette sensation n'est pas capable de nous communiquer l'idée d'étendue si elle n'est accompagnée de quelque autre perception, elle ne peut pas davantage nous donner cette idée quand elle est associée à des impressions d'objets tangibles, puisque cette association ne la modifie en rien.HUME

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HUME

Notre sens de la beauté dépend beaucoup de ce principe : quand un objet a tendance à donner du plaisir à qui le possède, il est toujours regardé comme beau ; de même que celui qui tend à causer de la douleur est désagréable et laid. Ainsi, la commodité d'une maison, la fertilité d'un champ, la puissance d'un cheval ou le bon tonnage, la sécurité et la rapidité d'un vaisseau, constituent les beautés principales de ces différents objets. Ici, l'objet que l'on nomme beau ne plaît que par sa tendance à produire un certain effet. Cet effet est le plaisir, ou le profit, de quelque autre personne. Or, le plaisir d'un étranger pour lequel nous n'avons pas d'amitié nous plaît seulement par sympathie. C'est, par conséquent, à ce principe qu'est due la beauté que nous trouvons à tout ce qui est utile. Il apparaîtra aisément, après réflexion, combien ce principe joue pour une part considérable dans la beauté. À chaque fois qu'un objet tend à donner du plaisir à son possesseur, ou, en d'autres termes, quand il est la cause véritable du plaisir, il est sûr de plaire au spectateur, par une sympathie délicate avec le possesseur. On juge belles la plupart des oeuvres d'art en proportion de leur adaptation à l'usage de l'homme, et même beaucoup des productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Dans la plupart des cas, élégant et beau ne sont pas des qualités absolues mais relatives, et ne nous plaisent par rien d'autre que leur tendance à produire une fin qui est agréable. HUME

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MACHIAVEL

CAPITOLO DE L'OCCASION A FILIPPO NERLI QUI es-tu, toi qui ne parais pas une mortelle, tant le ciel t'a ornée et comblée de ses grâces ? Pourquoi ne te reposes-tu point ? Pourquoi as-tu des ailes à tes pieds ? « Je suis l'Occasion ; et bien peu me connaissent : et ce pourquoi je ne cesse de m'agiter, c'est que toujours je tiens un pied sur une roue. « Il n'y a point de vol si rapide qui égale ma course ; et je ne garde des ailes à mes pieds que pour éblouir les hommes au passage. « Je ramène devant moi tous mes cheveux flottants, et je dérobe sous eux ma gorge et mon visage pour qu'ils ne me reconnaissent pas quand je me présente. « Derrière ma tête, pas un cheveu ne flotte, et celui qui m'aurait laissée passer, ou devant lequel je me serais détournée, se fatiguerait en vain à me rattraper. » -Dis-moi : Qui est celui qui marche sur tes pas ? -C'est le Repentir. Ainsi, fais-y bien attention : celui qui ne sait m'attraper, ne garde que regret. « Toi-même, tandis que tu perds ton temps à me parler, livré tout entier à tes vaines pensées, tu ne t'aperçois pas malheureux, et tu ne sens pas que je t'ai déjà glissé des mains. » CAPITOLO DE LA FORTUNE A Giovanni Batista Soderini DF quelles rimes, de quels vers pourrai-je jamais me servir pour chanter le royaume de la Fortune, et ses aventures prospères, et ses adversités, Et pour dire comment, toute injurieuse et importune que nous la jugions, elle rassemble tout l'univers à l'entour de son trône ? Giovan BATTISTA, les seules blessures que tu puisses ou que tu doives redouter sont celles qui proviennent de ses coups. En effet cette créature versatile est accoutumée le plus souvent à opposer ses plus grandes forces où elle voit que la n~ture en déploie davantage. Sa puissance naturelle renverse tous les humains et sa domination n'est jamais sans violence, à moins qu'une virtù supérieure ne lui tienne tête. Je te prie donc d'être satisfait si, après avoir examiné ces vers, tu y découvres quelque chose qui te paraisse digne de toi. O Que cette déesse cruelle tourne un moment vers moi ses yeux inhumains, qu'elle lise ce que je vais chanter d'elle-même et de son empire Qu'elle jette un regard sur celui qui ose la chanter telle qu'elle est. La multitude lui donne le nom de Toute-Puissante parce que quiconque reçoit la vie dans ce monde éprouve tôt on tard son empire. Souvent elle tient les bons abattus sous ses pieds tandis qu'elle élève les méchants, et si parfois elle fait une promesse, jamais on ne la lui voit tenir. Elle renverse de fond en comble les États et les royaumes au gré de son caprice, et elle ravit aux justes le bien qu'elle prodigue aux pervers. Cette déesse inconstante, cette divinité mobile place souvent ceux qui en sont indignes sur un trône où ceux qui le mériteraient n'arrivent jamais. Elle dispose du temps au gré de sa volonté ; elle nous élève, nous renverse sans pitié, sans loi et sans raison. Elle n'aime pas se prodiguer trop longtemps à ceux qu'elle favorise, ni laisser pour toujours les victimes au plus bas de sa roue. Personne ne sait de qui elle est fille ni de quelle race elle est née ce qu'il y a de certain seulement, c'es~ que Jupiter lui-même redoute son pouvoir. Son palais e~t une demeure ouverte de tous côtés et dont elle n'interdit l'entrée à personne, mais la sortie n'en est point également certaine. Tout l'univers se rassemble à l'entour désireux de voir des choses nouvelles et tout entier en proie à son ambition et à ses convoitises. Elle demeure au sommet de ce palais, et jamais elle ne refuse à personne de se montrer à sa vue ; mais en un clin d'oeil elle change d'aspect et de figure. Cette antique magicienne a deux visages, I'un farouche, l'autre riant ; et tandis qu'elle tourne, tantôt elle ne vous voit pas, tantôt elle vous menace, tantôt elle vous invite. Elle écoute avec bienveillance tous ceux qui veulent entrer ; mais elle se fiche ensuite contre eux lorsqu'ils veulent sortir, et souvent même elle leur a barré le passage. Dans l'intérieur on est entraîné par le mouvement d'autant de roues qu'il y a de degrés différents pour monter aux objets sur lesquels chacun a jeté ses vues. Les soupirs, les blasphèmes, les injures sont les seuls accents que l'on entende sortir de la bouche de tous les êtres que la Fortune a réunis autour de son trône ; Et plus ils sont comblés de richesses et de puissance, plus on les voit manifester d'humeur, tant ils sont peu reconnaissants de ses faveurs. En effet, c'est à elle qu'on impute tous les malheurs qui nous accablent ; tandis que si un mortel éprouve quelque bonheur, il s'imagine ne le tenir que de son propre mérite. Au milieu de cette foule diverse et toujours nouvelle de serfs que renferme sa cour, c'est l'audace et la jeunesse qui obtiennent le plus de succès. On y voit la Crainte sans cesse courbée vers la terre et si remplie de soupçons et de doutes qu'elle ne sait absolument rien. A ses côtés le Repentir et l'Envie lui font une guerre continuelle. L'Occasion est la seule qui s'amuse dans ce lieu ; et l'on voit cette naïve enfant courir rieuse, échevelée, à l'entour de toutes ces roues. Elles tournent sans cesse nuit et jour parce que le ciel, aux décrets duquel rien ne résiste, veut que l'Oisiveté et la Nécessité les suivent sans cesse. L'une répare le monde, l'autre le ravage ; et l'on voit à chaque instant et à chaque pas combien vaut la Patience et combien elle suffit. Les riches et les puissants jouissent en toute hâte de l'Usure et de la Fraude ; au milieu de ces deux compagnes on voit la Libéralité, en loques et rompue. Au-dessus des portes, qui, comme je l'ai dit, ne sont jamais fermées, on voit assis le Hasard et le Destin, privés d'yeux et d'oreilles. La Puissance, la Gloire, la Richesse, la Santé sont offertes pour récompenses ; pour châtiments la Servitude, l'Infamie, la Maladie, et la Pauvreté. C'est avec cette dernière famille que la Fortune manifeste son courroux à ceux auxquels elle en veut elle présente elle-même l'autre à ceux qui ont obtenu son amour. Parmi la foule qui emplit sans cesse cette demeure celui-là est le plus sage qui choisit sa roue conformément aux vues de la souveraine ; Car, selon que l'inclination qui a déterminé votre choix s'accorde avec la sienne, elle est la source de votre félicité ou de votre malheur. Ce n'est pas toutefois qu'il faille vous fier à elle ni vous imaginer que vous puissiez éviter sa cruelle morsure et ses coups imprévus et terribles ; Car au moment même où vous êtes porté sur le sommet d'une roue heureuse et favorable, elle rétrograde. Comme vous ne pouvez changer votre personne ni vous dérober aux décrets dont le ciel a fait votre partage, la Fortune vous abandonne au milieu du chemin. Si cela était bien connu et bien compris, celui-là serait toujours heureux qui pourrait sauter de roue en roue. Mais comme cette faculté nous a été refusée par la vertu secrète qui nous gouverne, notre sort change avec le cours de notre roue. Rien dans ce monde n'est éternel : ainsi le veut la Fortune, qui se divertit de la sorte afin que son pouvoir se manifeste avec plus d'éclat. Ainsi donc il faut tâcher de la choisir pour notre étoile, et, autant qu'il dépend de nous, nous accommoder sans cesse à ses caprices. Au-dedans et au-dehors on voit son palais orné de peintures, où sont représentés les triomphes dont elle s 'honore le plus. Dans le premier lieu on aperçoit comment autrefois tout l'univers fut soumis et courbé sous le joug de l'Egypte Comment elle le tint longtemps assujetti dans une longue paix, et comment c'est là qu'on décrivit les merveilles de la nature. On voit comment elle fit ensuite monter les Assyriens à la suprême domination, quand elle ne voulut plus que l'Égypte régnât davantage ; Puis, comment elle se tourna toute joyeuse vers les Mèdes, puis des Mèdes aux Perses, et comment elle orna le front des Grecs de la gloire qu'elle enlevait à ces derniers. C'est là que l'on aperçoit tour à tour subjuguées Memphis, Thèbes Babylone, Troie, Carthage, Jérusalem, Athènes, Sparte et Rome. Ces cités montrent jusqu'à quel point elles furent belles, glorieuses, riches et puissantes, et comment à la fin la Fortune en fit la proie de leurs ennemis. C'es^t là qu'on voit les faits immortels de l'empire romain, et comment il écrasa l'univers entier sous le poids de ses ruines. Semblable à un torrent rapide qui s'enorgueillit, fracasse tout ce qu'il rencontre partout où il s'élance, Élevant le terrain d'un côté, l'abaissant de l'autre, changeant ses rivages, son lit, son cours, et faisant trembler la terre partout où il passe : Ainsi la Fortune, dans sa course impétueuse, va changeant, tantôt ici, et tantôt là, la face de ce monde. Si ensuite vous portez plus loin votre regard, vous apercevez les portraits d'Alexandre et de César parmi ceux des mortels qui furent heureux pendant leur vie. Il est facile de voir par leur image combien elle aime et choie ceux qui l'attaquent, qui la bousculent, qui la talonnent sans relâche. Et toutefois le premier ne put aborder au port qu'il désirait, et l'autre, percé de nombreuses blessures, fut immolé aux mânes de son ennemi. Plus loin on aperçoit cette foule innombrable d'ambitieux que la déesse n'a fait monter au plus haut rang que pour les en précipiter avec plus d'éclat. C'est là qu'on voit Cyrus et Pompée, captifs, abattus et rompus, après avoir été portés jusqu'au ciel par la Fortune. Si vous avez jamais vu quelque part comment un aigle s'élance dans les profondeurs des cieux, chassé par la faim et par le jeûne, Et comme il emporte dans son vol rapide une tortue afin de la briser en la laissant tomber et de pouvoir se rassasier ainsi de cette chair sans vie Pareillement la Fortune élève un mortel jusqu'au faîte, non pas pour l'y maintenir, mais pour qu'il en tombe, et qu'elle s'en rie, et qu'il en pleure. On aperçoit encore les images de ceux qui du plus bas se sont élevés à la grandeur, et les vicissitudes de leur vie. C'est là qu'on voit comment elle a tourmenté et Cicéron et Marins, et combien de fois elle a tranché ou renforcé les cornes brillantes de leur gloire. On y voit enfin que de tout temps les heureux ont été peu nombreux et que ces heureux-là sont ceux qui sont morts avant que leur roue fît marche arrière, ou poursuivant son cours, les eut portés en bas. MACHIAVEL

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CAPITOLO DE LA FORTUNE A Giovanni Batista Soderini DE quelles rimes, de quels vers pourrai-je jamais me servir pour chanter le royaume de la Fortune, et ses aventures prospères, et ses adversités, Et pour dire comment, toute injurieuse et importune que nous la jugions, elle rassemble tout l'univers à l'entour de son trône ? Giovan BATTISTA, les seules blessures que tu puisses ou que tu doives redouter sont celles qui proviennent de ses coups. En effet cette créature versatile est accoutumée le plus souvent à opposer ses plus grandes forces où elle voit que la nature en déploie davantage. Sa puissance naturelle renverse tous les humains et sa domination n'est jamais sans violence, à moins qu'une virtù supérieure ne lui tienne tête. Je te prie donc d'être satisfait si, après avoir examiné ces vers, tu y découvres quelque chose qui te paraisse digne de toi. O Que cette déesse cruelle tourne un moment vers moi ses yeux inhumains, qu'elle lise ce que je vais chanter d'elle-même et de son empire Qu'elle jette un regard sur celui qui ose la chanter telle qu'elle est. La multitude lui donne le nom de Toute-Puissante parce que quiconque reçoit la vie dans ce monde éprouve tôt on tard son empire. Souvent elle tient les bons abattus sous ses pieds tandis qu'elle élève les méchants, et si parfois elle fait une promesse, jamais on ne la lui voit tenir. Elle renverse de fond en comble les États et les royaumes au gré de son caprice, et elle ravit aux justes le bien qu'elle prodigue aux pervers. Cette déesse inconstante, cette divinité mobile place souvent ceux qui en sont indignes sur un trône où ceux qui le mériteraient n'arrivent jamais. Elle dispose du temps au gré de sa volonté ; elle nous élève, nous renverse sans pitié, sans loi et sans raison. Elle n'aime pas se prodiguer trop longtemps à ceux qu'elle favorise, ni laisser pour toujours les victimes au plus bas de sa roue. Personne ne sait de qui elle est fille ni de quelle race elle est née ce qu'il y a de certain seulement, c'es~ que Jupiter lui-même redoute son pouvoir. Son palais est une demeure ouverte de tous côtés et dont elle n'interdit l'entrée à personne, mais la sortie n'en est point également certaine. Tout l'univers se rassemble à l'entour désireux de voir des choses nouvelles et tout entier en proie à son ambition et à ses convoitises. Elle demeure au sommet de ce palais, et jamais elle ne refuse à personne de se montrer à sa vue ; mais en un clin d'oeil elle change d'aspect et de figure. Cette antique magicienne a deux visages, l'un farouche, l'autre riant ; et tandis qu'elle tourne, tantôt elle ne vous voit pas, tantôt elle vous menace, tantôt elle vous invite. Elle écoute avec bienveillance tous ceux qui veulent entrer ; mais elle se fiche ensuite contre eux lorsqu'ils veulent sortir, et souvent même elle leur a barré le passage. Dans l'intérieur on est entraîné par le mouvement d'autant de roues qu'il y a de degrés différents pour monter aux objets sur lesquels chacun a jeté ses vues. Les soupirs, les blasphèmes, les injures sont les seuls accents que l'on entende sortir de la bouche de tous les êtres que la Fortune a réunis autour de son trône ; Et plus ils sont comblés de richesses et de puissance, plus on les voit manifester d'humeur, tant ils sont peu reconnaissants de ses faveurs. En effet, c'est à elle qu'on impute tous les malheurs qui nous accablent ; tandis que si un mortel éprouve quelque bonheur, il s'imagine ne le tenir que de son propre mérite. Au milieu de cette foule diverse et toujours nouvelle de serfs que renferme sa cour, c'est l'audace et la jeunesse qui obtiennent le plus de succès. On y voit la Crainte sans cesse courbée vers la terre et si remplie de soupçons et de doutes qu'elle ne sait absolument rien. A ses côtés le Repentir et l'Envie lui font une guerre continuelle. L'Occasion est la seule qui s'amuse dans ce lieu ; et l'on voit cette naïve enfant courir rieuse, échevelée, à l'entour de toutes ces roues. Elles tournent sans cesse nuit et jour parce que le ciel, aux décrets duquel rien ne résiste, veut que l'Oisiveté et la Nécessité les suivent sans cesse. L'une répare le monde, l'autre le ravage ; et l'on voit à chaque instant et à chaque pas combien vaut la Patience et combien elle suffit. Les riches et les puissants jouissent en toute hâte de l'Usure et de la Fraude ; au milieu de ces deux compagnes on voit la Libéralité, en loques et rompue. Au-dessus des portes, qui, comme je l'ai dit, ne sont jamais fermées, on voit assis le Hasard et le Destin, privés d'yeux et d'oreilles. La Puissance, la Gloire, la Richesse, la Santé sont offertes pour récompenses ; pour châtiments la Servitude, l'Infamie, la Maladie, et la Pauvreté. C'est avec cette dernière famille que la Fortune manifeste son courroux à ceux auxquels elle en veut ; elle présente elle-même l'autre à ceux qui ont obtenu son amour. Parmi la foule qui emplit sans cesse cette demeure celui-là est le plus sage qui choisit sa roue conformément aux vues de la souveraine ; Car, selon que l'inclination qui a déterminé votre choix s'accorde avec la sienne, elle est la source de votre félicité ou de votre malheur. Ce n'est pas toutefois qu'il faille vous fier à elle ni vous imaginer que vous puissiez éviter sa cruelle morsure et ses coups imprévus et terribles ; Car au moment même où vous êtes porté sur le sommet d'une roue heureuse et favorable, elle rétrograde. Comme vous ne pouvez changer votre personne ni vous dérober aux décrets dont le ciel a fait votre partage, la Fortune vous abandonne au milieu du chemin. Si cela était bien connu et bien compris, celui-là serait toujours heureux qui pourrait sauter de roue en roue. Mais comme cette faculté nous a été refusée par la vertu secrète qui nous gouverne, notre sort change avec le cours de notre roue. Rien dans ce monde n'est éternel : ainsi le veut la Fortune, qui se divertit de la sorte afin que son pouvoir se manifeste avec plus d'éclat. Ainsi donc il faut tâcher de la choisir pour notre étoile, et, autant qu'il dépend de nous, nous accommoder sans cesse à ses caprices. Au-dedans et au-dehors on voit son palais orné de peintures, où sont représentés les triomphes dont elle s 'honore le plus. Dans le premier lieu on aperçoit comment autrefois tout l'univers fut soumis et courbé sous le joug de l'Egypte Comment elle le tint longtemps assujetti dans une longue paix, et comment c'est là qu'on décrivit les merveilles de la nature. On voit comment elle fit ensuite monter les Assyriens à la suprême domination, quand elle ne voulut plus que l'Égypte régnât davantage ; Puis, comment elle se tourna toute joyeuse vers les Mèdes, puis des Mèdes aux Perses, et comment elle orna le front des Grecs de la gloire qu'elle enlevait à ces derniers. C'est là que l'on aperçoit tour à tour subjuguées Memphis, Thèbes Babylone, Troie, Carthage, Jérusalem, Athènes, Sparte et Rome. Ces cités montrent jusqu'à quel point elles furent belles, glorieuses, riches et puissantes, et comment à la fin la Fortune en fit la proie de leurs ennemis. C'est là qu'on voit les faits immortels de l'empire romain, et comment il écrasa l'univers entier sous le poids de ses ruines. Semblable à un torrent rapide qui s'enorgueillit, fracasse tout ce qu'il rencontre partout où il s'élance, Élevant le terrain d'un côté, l'abaissant de l'autre, changeant ses rivages, son lit, son cours, et faisant trembler la terre partout où il passe : Ainsi la Fortune, dans sa course impétueuse, va changeant, tantôt ici, et tantôt là, la face de ce monde. Si ensuite vous portez plus loin votre regard, vous apercevez les portraits d'Alexandre et de César parmi ceux des mortels qui furent heureux pendant leur vie. Il est facile de voir par leur image combien elle aime et choie ceux qui l'attaquent, qui la bousculent, qui la talonnent sans relâche. Et toutefois le premier ne put aborder au port qu'il désirait, et l'autre, percé de nombreuses blessures, fut immolé aux mânes de son ennemi. Plus loin on aperçoit cette foule innombrable d'ambitieux que la déesse n'a fait monter au plus haut rang que pour les en précipiter avec plus d'éclat. C'est là qu'on voit Cyrus et Pompée, captifs, abattus et rompus, après avoir été portés jusqu'au ciel par la Fortune. Si vous avez jamais vu quelque part comment un aigle s'élance dans les profondeurs des cieux, chassé par la faim et par le jeûne, Et comme il emporte dans son vol rapide une tortue afin de la briser en la laissant tomber et de pouvoir se rassasier ainsi de cette chair sans vie Pareillement la Fortune élève un mortel jusqu'au faîte, non pas pour l'y maintenir, mais pour qu'il en tombe, et qu'elle s'en rie, et qu'il en pleure. On aperçoit encore les images de ceux qui du plus bas se sont élevés à la grandeur, et les vicissitudes de leur vie. C'est là qu'on voit comment elle a tourmenté et Cicéron et Marins, et combien de fois elle a tranché ou renforcé les cornes brillantes de leur gloire. On y voit enfin que de tout temps les heureux ont été peu nombreux et que ces heureux-là sont ceux qui sont morts avant que leur roue fît marche arrière, ou poursuivant son cours, les eut portés en bas. MACHIAVEL

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De même que nous recevons l'idée d'espace de la disposition des objets visibles et tangibles, de même nous formons l'idée de temps de la succession des idées et des impressions ; et il est impossible que le temps puisse jamais se présenter ou que l'esprit le perçoive isolément. Un homme profondément endormi, ou puissamment occupé d'une pensée, n'a pas conscience du temps ; et, suivant que ses perceptions se succèdent plus ou moins rapidement, la même durée apparaît plus longue ou plus brève à son imagination. (...) Si vous faites tourner avec rapidité un charbon ardent, c'est l'image d'un cercle de feu qui se présentera aux sens ; et il ne semblera y avoir aucun intervalle de temps entre ses révolutions ; uniquement parce que nos perceptions ne peuvent se succéder avec la même rapidité que le mouvement peut se communiquer aux objets extérieurs. Toutes les fois que nous n'avons pas de perceptions successives, nous n'avons pas notion du temps, même si, dans les objets, il y a réellement succession. De ces phénomènes, aussi bien que de beaucoup d'autres, nous pouvons conclure que le temps ne peut se présenter à l'esprit soit isolément, soit accompagné d'un objet fixe et immuable, mais qu'on le découvre toujours dans une succession perceptible d'objets changeants. HUME

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Il paraît évident que les fins dernières des actions humaines ne peuvent jamais, en aucun cas, s'expliquer par la raison, mais qu'elles se recommandent entièrement aux sentiments et aux inclinations des hommes, sans dépendre en rien des facultés intellectuelles. Demandez à un homme pourquoi il prend de l'exercice, il répondra qu'il désire se garder en bonne santé. Si vous vous enquérez alors de la raison pour laquelle il désire la santé, il répliquera volontiers que la maladie est douloureuse. Si vous poussez plus loin vos questions et désirez connaître la raison pour laquelle il hait la douleur, il est impossible qu'il puisse jamais en donner une. C'est une fin dernière qui ne se rapporte jamais à un autre objet. Peut-être, à votre deuxième question, pour quelle raison désire-t-il la santé, il peut répliquer qu'elle est nécessaire à l'exercice de son métier. Si vous lui demandez pourquoi il s'inquiète de ce point, il répondra qu'il désire gagner de l'argent. Si vous demandez pourquoi : c'est l'instrument du plaisir, dit-il. Après cela, il est absurde de réclamer une raison. Il est impossible qu'il puisse y avoir un progrès à l'infini; qu'une chose puisse toujours être la raison qui en fait désirer une autre. Il faut qu'il y ait quelque chose de désirable en soi, pour son accord immédiat et son harmonie avec les inclinations et les sentiments humains. HUME

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L'IDÉE ET LE SENSIBLE "Par idées, j'entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement." Hume, Traité de la nature humaine, 1740.

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LA MÉMOIRE ET LA PENSÉE "Le rôle principal de la mémoire est de conserver non pas simplement les idées, mais leur ordre et leur position." Hume, Traité de la nature humaine, 1740.

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LA RAISON ET LA NATURE "La raison n'est rien qu'un merveilleux et inintelligible instinct dans nos âmes, qui nous emporte en une certaine suite d'idées et les dote de qualités particulières, conformément à leurs situations et relations particulières." Hume, Traité de la nature humaine, 1740.

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Kant et les inclinations haineuses

« Ce ne sont pas les excitations de sa nature qui éveillent en l'homme les passions, ces mouvements désignés par un mot si juste et qui causent de si grands ravages dans ses dispositions primitivement bonnes. Il n'a que de petits besoins, et les soucis qu'ils lui procurent laissent son humeur calme et modérée. Il n'est pauvre (ou ne se croit tel) qu'autant qu'il a peur que les autres hommes puissent le croire pauvre et le mépriser pour cela. L'envie, l'ambition, l'avarice, et les inclinations haineuses qui les suivent, assaillent sa nature, en elle-même modérée, dès qu'il vit au milieu des hommes; et il n'est même pas besoin de supposer ces hommes déjà enfoncés dans le mal, lui donnant de mauvais exemples; il suffit qu'ils soient là, qu'ils l'entourent et qu'ils soient des hommes, pour qu'ils se corrompent les uns les autres dans leurs dispositions morales et qu'ils se rendent mutuellement mauvais. » KANT

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F. Nietzsche: « devenir celui que l'on est »

Peut-être chacun a-t-il une fois connu dans sa jeunesse cet instant passionné, où il s'est dit : « Si seulement tu pouvais effacer tout ton passé ! Tu te tiendrais pur et vierge devant la nature, comme le premier homme, pour vivre désormais meilleur et plus sage. » C'est là un voeu insensé et terrible, car si tout le passé de cette personne se trouvait réellement effacé [...], cela ne signifierait rien de moins qu'anéantir, en même temps que ses quelques misérables lunaisons, d'innombrables générations passées : ces générations dont notre propre existence n'est que l'écho et le vestige, malgré la puissante inclination qui porte l'individu à se considérer comme quelque chose d'entièrement nouveau et inouï. De fait, il n'y a guère de désir plus égoïste que de vouloir anéantir a posteriori des générations entières du passé, parce que tel ou tel a, dans la suite des temps, des raisons de ne pas se sentir satisfait de lui-même. F. Nietzsche, Fragment posthume 26 [13], in Œuvres philosophiques complètes, Tome II, 1, pages 318, 319.

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Hume: punition et obligation

« Quand un homme dit qu'il promet quelque chose, il exprime effectivement la résolution d'accomplir cette chose ; et, en même temps, par l'emploi de cette formule verbale, il se soumet à la punition qu'on ne se fie plus jamais à lui, s'il fait défaut. Une résolution est l'acte naturel de l'esprit qu'expriment les promesses ; mais si, dans l'affaire, il n'y avait rien de plus qu'une résolution, les promesses n'annonceraient jamais que nos premiers motifs et ne créeraient jamais de nouveau motif, ni une nouvelle obligation. Ce sont les conventions humaines qui créent un nouveau motif, quand l'expérience nous a appris que les affaires humaines seraient conduites beaucoup mieux à notre avantage mutuel, si nous instituions certains symboles ou signes, qui nous permettraient de nous garantir l'un l'autre notre conduite dans une situation particulière. Une fois ces signes institués, quiconque en use est immédiatement lié par son intérêt à exécuter ses engagements et il ne doit plus jamais s'attendre à ce qu'on se fie encore à lui s'il refuse d'accomplir sa promesse. » D. HUME

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Hume: Louange et blâme

"Il est évident que, lorsque nous louons des actions, nous ne considérons que les motifs qui les engendrent et nous tenons ces actions pour des signes ou des indices de certains principe présents dans l'esprit ou dans le tempérament. L'accomplissement de l'action n'a aucun mérite. C'est au-dedans qu'il faut chercher pour découvrir la qualité morale. Cela, nous ne pouvons le faire directement et, par conséquent, nous fixons notre attention sur les actions comme sur des signes extérieurs. Mais ces actions sont encore considérées comme des signes, et l'objet ultime de notre éloge et de notre approbation est le motif qui les a engendrées. De la même manière, quand nous exigeons un acte ou quand nous blâmons une personne de ne pas l'avoir accompli, nous supposons toujours quand une telle situation, un homme devrait être influencé par le motif correspondant à cet acte et nous considérons qu'il est vicieux de sa part d'être indifférent à ce motif. Si, à l'examen, nous découvrons que le motif vertueux était encore puissant en son coeur, bien qu'entravé dans son exécution à cause de circonstances inconnues de nous, nous retirons notre blâme et nous l'estimons tout autant que s'il avait réellement accompli l'acte que nous exigions de lui." HUME

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