LE SITE D'AIDE A LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits

Rechercher un sujet

Saisissez vos mots-clés séparés par des espaces puis cochez les rubriques dans lesquelles rechercher.
Enfin choisissez le mode de recherche. "ET" signifie que tous les mots-clés doivent être trouvés et "OU" signife qu'un des mots-clés doit être présent.

Mots-clés :    Categorie :  

Résultats de la recherche

  • Catégorie
  • Popularité
  • Prix
  • Note
  • Pages
  • Publication


Toutes les catégories -> Popularité décroissante



154 résultat(s) trouvé(s)

Les 5 premiers résultats les plus consultés

«L'homme, comme être physique, est, ainsi que les autres corps, gouverné par des lois invariables. Comme être intelligent, il viole sans cesse les lois que Dieu a établies, et change celles qu'il établit lui-même. Il faut qu'il se conduise; et cependant il est un être borné; il est sujet à l'ignorance et à l'erreur, comme toutes les intelligences finies; les faibles connaissances qu'il a, il les perd encore: comme créature sensible, il devient sujet à mille passions. Un tel être pouvait, à tous les instants, oublier son créateur; Dieu l'a rappelé à lui par les lois de la religion. Un tel être pouvait, à tous les instants, s'oublier lui-même; les philosophes l'on averti par les lois de la morale. Fait pour vivre dans la société, il y pouvait oublier les autres; les législateurs l'ont rendu à ses devoirs par les lois politiques et civiles. » MONTESQUIEU

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Nietzsche: Méchanceté et esprits forts

Ce qui concerne l'espèce. Ce sont les esprits forts et les esprits malins, les plus forts et les plus malins, qui ont fait faire jusqu'ici le plus de progrès à l'humanité : ils ont rallumé constamment les passions qui allaient s'endormir — toute société policée les endort —, ils ont réveillé constamment l'esprit de comparaison et de contradiction, le goût du neuf, du risqué, de l'inessayé ; ils ont obligé l'homme à opposer sans cesse les opinions aux opinions, les idéaux aux idéaux. Par les armes le plus souvent, en renversant les bornes-frontières, en violant les piétés, mais aussi en fondant de nouvelles religions, en créant de nouvelles morales ! Cette « méchanceté » qu'on retrouve dans tout professeur de nouveau, dans tout prédicateur de choses neuves, c'est la même « méchanceté » qui discrédite le conquérant, bien qu'elle s'exprime plus subtilement et ne mobilise pas immédiatement le muscle ; — ce qui fait d'ailleurs qu'elle discrédite moins fort! —. Le neuf, de toute façon, c'est le mal, puisque c'est ce qui veut conquérir, renverser les bornes-frontières, abattre les anciennes piétés; seul l'ancien est le bien ! Les hommes de bien, à toute époque, sont ceux qui plantent profondément les vieilles idées pour leur faire porter fruit, ce sont les cultivateurs de l'esprit. Mais tout terrain finit par s'épuiser, il faut toujours que la charrue du mal y revienne. NIETZSCHE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Montesquieu et les faiblesses de l'hommes

« L'homme, comme être physique, est, ainsi que les autres corps, gouverné par des lois invariables. Comme être intelligent, il viole sans cesse les lois que Dieu a établies, et change celles qu'il établit lui-même. Il faut qu'il se conduise; et cependant il est un être borné ; il est sujet à l'ignorance et à l'erreur, comme toutes les intelligences finies ; les faibles connaissances qu'il a, il les perd encore : comme créature sensible, il devient sujet à mille passions. Un tel être pouvait, à tous les instants, oublier son créateur; Dieu l'a rappelé à lui par les lois de la religion. Un tel être pouvait, à tous les instants, s'oublier lui-même ; les philosophes l'on averti par les lois de la morale. Fait pour vivre dans la société, il y pouvait oublier les autres ; les législateurs l'ont rendu à ses devoirs par les lois politiques et civiles. » MONTESQUIEU

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

La justice n'existe point ; la justice appartient à l'ordre des choses qu'il faut faire justement parce qu'elles ne sont point. La justice sera si on la fait. Voilà le problème humain. N'allez pas ajuster ici votre microscope ou votre télescope. Vous ne découvrirez pas la justice ; elle n'est pas ; elle sera si vous la voulez. À quoi l'homme qui ne sait que constater et contempler répond : « Je la voudrais bien ; mais comment pourra-t-elle être jamais si elle n'est pas déjà ? Ce monde ne fait paraître que ce qu'il contenait ; c'est pourquoi je cherche la justice au lieu de la vouloir. » Mais c'est déjà brouiller les ordres. Je ne sais pas si la justice sera, car ce qui n'est pas encore n'est pas objet de savoir ; mais je dois la vouloir, c'est mon métier d'homme. Et comment vouloir sans croire ? Ce serait faire semblant de vouloir, en se disant tout au fond : « Mon vouloir n'y changera rien. » Parbleu, si c'est ainsi que vous voulez, vous aurez gagné, la justice ne sera pas. Je dois croire qu'elle sera. Voilà l'objet de la religion, dégagé enfin de toutes les nuées théologiques. On voit que les hommes ne se sont pas trompés tout à fait lorsqu'ils ont affirmé qu'il faut croire, et que c'est le plus haut devoir humain. Seulement ils se sont appliqués à croire à quelque chose qui est, au lieu que l'objet propre de la foi, c'est ce qui n'est pas, mais qui devrait être et qui sera par la volonté. En sorte que croire, c'est finalement croire en sa propre volonté. ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Au reste, entendons-nous : si je parle de transgression, je ne désigne pas le cas où, par impuissance, l'interdit ne joue pas. Une règle n'est pas toujours efficace : elle peut, ici, n'être pas respectée ; cet individu, qui n'est pas atteint par l'angoisse, a l'indifférence de la bête. Cette transgression d'indifférence qui, plutôt que la transgression, est l'ignorance de la loi, dut à coup sûr être commune dans le temps où les interdits commencèrent d'être sensibles, sans s'imposer toujours assez clairement. Il convient, je le crois, de réserver le nom de transgression au mouvement qui se produisit, non faute d' angoisse, et du fait d'une insuffisante sensibilité, mais bien au contraire en dépit de l'angoisse éprouvée. L'angoisse est profonde dans la transgression authentique mais, dans la fête, l'excitation la dépasse et la lève. La transgression que je je désigne est la transgression religieuse, liée à la sensibilité extatique, qui est la source de l'extase et le fond de la religion. Elle se lie à la fête, dont le sacrifice est un moment de paroxysme. L'antiquité voyait dans le sacrifice le crime du sacrificateur qui, dans le silence angoissé des assistants, mettait la victime à mort, le crime où le sacrificateur, en connaissance de cause et lui-même angoissé, violait l'interdit du meurtre. BATAILLE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

BERGSON

Convenons alors de mettre à part les représentations fantasmatiques, et appelons « fabulation » ou « fiction » l'acte qui les fait surgir (...). De cette fonction relèvent le roman, le drame, la mythologie avec tout ce qui la précéda. Mais il n'y a pas toujours eu des romanciers et des dramaturges, tandis que l'humanité ne s'est jamais passée de religion. Il est donc vraisemblable que poèmes et fantaisies de tout genre sont venus par surcroît, profitant de ce que l'esprit savait faire des fables, mais que la religion était la raison d'être de la fonction fabulatrice (...). Or, qu'eût fait la nature, après avoir créé des êtres intelligents, si elle avait voulu parer à certains dangers de l'activité intellectuelle sans compromettre l'avenir de l'intelligence ? L'observation nous fournit la réponse. Aujourd'hui, dans le plein épanouissement de la science, nous voyons les plus beaux raisonnements du monde s'écrouler devant une expérience : rien ne résiste aux faits. Si donc l'intelligence devait être retenue, au début, sur une pente dangereuse pour l'individu et la société, ce ne pouvait être que par des constatations apparentes, par des fantômes de faits : à défaut d'expérience réelle, c'est une contrefaçon de l'expérience qu'il fallait susciter. Une fiction, si l'image est vive et obsédante, pourra précisément imiter la perception et, par là, empêcher ou modifier l'action. Une expérience systématiquement fausse, se dressant devant l'intelligence, pourra l'arrêter a où elle irait trop loin dans les conséquences qu'elle tire de l'expérience vraie. Ainsi aurait donc procédé la nature. Dans ces conditions, on ne s'étonnerait pas de trouver que l'intelligence, aussitôt formée, a été envahie par la superstition, qu'un être essentiellement intelligent est naturellement superstitieux, et qu'il n'y a de superstitieux que les êtres intelligents. (...) Si l'intelligence menace (...) de rompre sur certains points la cohésion sociale, et si la société doit subsister, il faut que, sur ces points, il y ait à l'intelligence un contrepoids (...). Ainsi s'expliquerait la fonction fabulatrice.BERGSON

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

BERGSON

Qui ne voit que la cohésion sociale est due, en grande partie, à la nécessité pour une société de se défendre contre d'autres, et que c'est d'abord contre tous les autres hommes qu'on aime les hommes avec lesquels on vit ? Tel est l'instinct primitif. Il est encore là, heureusement dissimulé sous les apports de la civilisation ; mais aujourd'hui encore nous aimons naturellement et directement nos parents et nos concitoyens, tandis que l'amour de l'humanité est indirect et acquis. A ceux-là nous allons tout droit, à celle-ci nous ne venons que par un détour ; car c'est seulement à travers Dieu, en Dieu, que la religion convie à aimer le genre humain ; comme aussi c'est seulement à travers la Raison, dans la Raison par où nous communions tous, que les philosophes nous font regarder l'humanité pour nous montrer l'éminente dignité de la personne humaine, le droit de tous au respect. Ni dans un cas ni dans l'autre nous n'arrivons à l'humanité par étapes, en traversant la famille et la nation. Il faut que, d'un bond, nous nous soyons transportés plus loin qu'elle et que nous l'ayons atteinte sans l'avoir prise pour fin, en la dépassant. Qu'on parle d'ailleurs le langage de la religion ou celui de la philosophie, qu'il s'agisse d'amour ou de respect, une autre morale, c'est un autre genre d'obligation.BERGSON

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

DESCARTES

A HUYGENS Au reste, Monsieur, je vous suis doublement obligé de ce que ni votre affliction ni la multitude des occupations, qui comme je crois, l'accompagnent, ne vous ont point empêché de penser à moi, et prendre la peine de m'envoyer ce livre, car le sais que vous avez beaucoup d'affliction pour vos proches, et que leur perte ne peut manquer de vous être extrêmement sensible. Je sais bien aussi que vous avez l'esprit très fort, et que vous n'ignorez aucun des remèdes qui peuvent servir pour adoucir votre douleur, mais je ne saurais néanmoins m'abstenir de vous en dire un que j'ai trouvé très puissant, non seulement pour me faire supporter patiemment la mort de ceux que j'aimais, mais aussi pour m'empêcher de craindre la mienne, nonobstant que je sois du nombre de ceux qui aiment le plus la vie. Il consiste en la considération de la nature de nos âmes, que je pense connaître si clairement devoir durer plus que le corps, et être nées pour des plaisirs et des félicités beaucoup plus grandes que celles dont nous jouissons en ce mon e, que je ne puis concevoir autre chose de ceux qui meurent sinon qu'ils passent à une vie plus douce et plus tranquille que la nôtre, et que nous les irons trouver quelque jour, même avec la souvenance du passé ; car je reconnais en nous une mémoire intellectuelle, qui est assurément indépendante du corps, Et quoique la religion nous enseigne beaucoup de choses sur ce sujet, j'avoue néanmoins en moi une infirmité qui est, ce me semble, commune à la plupart des hommes, à savoir que, quoique nous veuillions croire et même que nous pensions croire fort fermement tout ce que la religion nous apprend, nous n'avons pas toutefois coutume d'en être si touchés que de ce qui nous est persuadé par des raisons naturelles fort évidentes. DESCARTES

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

FREUD

La psychanalyse a fourni à la critique de la conception religieuse du monde un dernier argument en montrant que la religion doit son origine à la faiblesse de l'enfant et en attribuant son contenu aux désirs et aux besoins infantiles encore subsistants à l'âge adulte. Il ne s'agit pas là, à proprement parler, d'une réfutation de la religion, mais bien d'une mise au point nécessaire de nos connaissances en ce qui la concerne.FREUD

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

HEGEL

(...) L'histoire universelle est la manifestation du processus divin, de la marche graduelle par laquelle l'Esprit connaît et réalise sa vérité. Tout ce qui est historique est une étape de cette connaissance de soi. Le devoir suprême, l'essence de l'Esprit est de se connaître soi-même et de se réaliser. C'est ce qu'il accomplit dans l'histoire : il se produit sous certaines formes déterminées, et ces formes sont les peuples historiques. Chacun de ces peuples exprime une étape, désigne une époque de l'histoire universelle. Plus profondément : ces peuples incarnent les principes que l'Esprit a trouvés en lui et qu'il a dû réaliser dans le monde. Il existe donc entre eux une connexion nécessaire qui n'exprime rien d'autre que la nature même de l'Esprit. L'histoire universelle est la manifestation du processus divin absolu de l'Esprit dans ses plus hautes figures : la marche graduelle par laquelle il parvient à sa vérité et prend conscience de soi. Les peuples historiques, les caractères déterminés de leur éthique collective, de leur constitution, de leur art, de leur religion, de leur science, constituent les configurations de cette marche graduelle. Franchir ces degrés, c'est le désir infini et la poussée irrésistible de l'Esprit du Monde, car leur articulation aussi bien que leur réalisation est son concept même. Les principes des Esprits populaires, dans la série nécessaire de leur succession, ne sont eux-mêmes que les moments de l'unique Esprit universel : grâce à eux, il s'élève dans l'histoire à une totalité transparente à elle-même et apporte la conclusion.HEGEL

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

On devait donc chercher ailleurs le type de l'homme véritablement sauvage, de celui qui ne doit rien à ses pareils et le déduire des histoires particulières du petit nombre d'individus qui, dans le cours du XVIIe siècle, ont été trouvés, à différents intervalles, vivant isolément dans les bois où ils avaient été abandonnés dès l'âge le plus tendre. Mais telle était, dans ces temps reculés, la marche défectueuse de l'étude de la science livrée à sa manie des explications, à l'incertitude des hypothèses, et au travail exclusif du cabinet, que l'observation n'était comptée pour rien, et que ces faits précieux furent perdus pour l'histoire naturelle de l'homme. Tout ce qu'en ont laissé les auteurs contemporains se réduit à quelques détails insignifiants, dont le résultat le plus frappant et le plus général, est que ces individus ne furent susceptibles d'aucun perfectionnement bien marqué ; sans doute, parce qu'on voulut appliquer à leur éducation, et sans égard pour la différence de leurs origines le système ordinaire de l'enseignement social. Si cette application eut un succès complet chez la fille sauvage trouvée en France vers le commencement du siècle dernier, c'est qu'ayant vécu dans les bois avec une compagne, elle devait déjà à cette simple association un certain développement de ses facultés intellectuelles, une véritable éducation, telle que l'admet Condillac, quand il suppose deux enfants abandonnées dans une solitude profonde, et chez lesquelles la seule influence de leur cohabitation dut donner essor à la mémoire, à leur imagination, et leur faire créer même un petit nombre de signes : supposition ingénieuse, que justifie pleinement l'histoire de cette même fille, chez laquelle la mémoire se trouvait développée au point de lui retracer quelques circonstances de son séjour dans les bois, et très en détail, surtout la mort violente de sa compagne (1). Dépourvus de ces avantages, les autres enfants trouvés dans un état d'isolement individuel, n'apportèrent dans la société que des facultés profondément engourdies, contre lesquelles durent échouer, en supposant qu'ils furent tentés et dirigés vers leur éducation, tous les efforts réunis d'une métaphysique à peine naissante, encore entravée du préjugé des idées innées, et d'une médecine, dont les vues nécessairement bornées par une doctrine toute mécanique, ne pouvaient s'élever aux considérations philosophiques des maladies de l'entendement. (1) Cette fille fut prise en 1731 dans les environs de Châlons-sur-Marne, et élevée dans un couvent de religieuses, sous le nom de Mademoiselle Leblanc. Elle raconta, quand elle sut parler, qu'elle avait vécu dans les bois avec une compagne, et qu'elle l'avait malheureusement tuée d'un violent coup sur la tête un jour qu'ayant trouvé sous leurs pas un chapelet elles s'en disputèrent la possession exclusive. (Racine, Poème de la Religion.) Cette histoire, quoiqu'elle soit une des plus circonstanciées, est néanmoins si mal faite, que si l'on en retranche d'abord ce qu'il y a d'insignifiant et puis ce qu'il y a d'incroyable, elle n'offre qu'un très petit nombre de particularités dignes d'être notées, et dont la plus remarquable est la faculté qu'avait cette jeune sauvage de se rappeler son état passé. ITARD

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

MACHIAVEL

En réfléchissant sur la marche des choses humaines j'estime que le monde demeure dans le même état où il a été de tout temps ; qu'il y a toujours la même somme de bien, la même somme de mal ; mais que ce mal et ce bien ne font que parcourir les divers lieux, les diverses contrées. D'après ce que nous connaissons des anciens empires, on les a tous vus déchoir les uns après les autres à mesure que s'altéraient leurs moeurs. Mais le monde était toujours le même. Il ne différait qu'en ceci : à savoir que la virtù ; qui avait commencé à fleurir en Assyrie émigra ensuite en Médie, et de là en Perse puis s'en vint loger en Italie, dans Rome, et si nul empire n'a succédé à celui de Rome pour conserver la somme de tant de biens, du moins l'a-t-on vue se partager entre celles des nations qui vivaient selon la bonne virtù Tel fut l'empire des Francs, celui des Turcs, celui du Soudan d'Égypte, aujourd'hui les peuples d'Allemagne ; et avant eux, ces fameux Arabes qui firent de si grandes choses, et conquirent le monde entier après avoir détruit l'Empire romain en Orient. Les peuples de ces différents pays, qui ont remplacé les Romains après les avoir détruits, ont possédé ou possèdent encore les qualités que l'on regrette et qu'on peut louer de juste louange. Ceux qui, nés dans ce pays louent le passé plus que le présent, peuvent bien être dans l'erreur. Mais quiconque est né en Italie et en Grèce, et qui n'est pas devenu ou ultramontain en Italie, ou Turc en Grèce, celui-là a raison de blâmer le temps présent et de louer le temps passé. Les siècles passés leur offrent des sujets d'admiration, et celui où ils vivent ne leur présente rien qui les dédommage de leur extrême misère, et de l'infamie d'un siècle où ils ne voient ni religion, ni lois, ni discipline militaire, et où règnent des vices de toute espèce, et ces vices sont d'autant plus exécrables qu'ils se montrent chez ceux qui siègent pro tribunali, qui commandent à tous, et qui veulent être adorés.MACHIAVEL

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

MACHIAVEL

Pour quelle raison les hommes d'à présent sont-ils moins attachés à la liberté que ceux d'autrefois : pour la même raison, je pense, qui fait que ceux d'aujourd'hui sont moins forts ; et c'est, si je ne me trompe, la différence d'éducation fondée sur la différence de religion. Notre religion en effet, nous ayant montré la vérité et le droit chemin, fait que nous estimons moins la gloire de ce monde. Les païens, au contraire, qui l'estimaient beaucoup, qui plaçaient en elle le souverain bien, mettaient dans leurs actions infiniment plus de férocité : c'est ce qu'on peut inférer de la plupart de leurs institutions, à commencer par la magnificence de leurs sacrifices, comparée à l'humilité de nos cérémonies religieuses, dont la pompe, plus flatteuse que grandiose, n'a rien de féroce ni de gaillard. Leurs cérémonies étaient non seulement pompeuses, mais on y joignait des sacrifices ensanglantés par le massacre d'une infinité d'animaux ; ce qui rendait les hommes aussi féroces aussi terribles que le spectacle qu'on leur présentait. En outre, la religion païenne ne déifiait que des hommes d'une gloire terrestre, des capitaines d'armées, des chefs de républiques. Notre religion glorifie plutôt les humbles voués à la vie contemplative que les hommes d'action. Notre religion place le bonheur suprême dans l'humilité, l'abjection, le mépris des choses humaines ; et l'autre, au contraire, le faisait consister dans la grandeur d'âme, la force du corps et dans toutes les qualités qui rendent les hommes redoutables. Si la nôtre exige quelque force d'âme, c'est plutôt celle qui fait supporter les maux que celle qui porte aux fortes actions. Il me paraît donc que ces principes, en rendant les peuples plus débiles, les ont disposés à être plus facilement la proie des méchants. Ceux-ci ont vu qu'ils pouvaient tyranniser sans crainte des hommes qui, pour aller en paradis, sont plus disposés à recevoir leurs coups qu'à les rendre. Mais si ce monde est efféminé, si le ciel parait désarmé, n'en accusons que la lâcheté de ceux qui ont interprété notre religion selon la paresse et non selon la virtù S'ils avaient considéré que cette religion nous permet d'exalter et de défendre fa patrie, ils auraient vu qu'elle nous ordonne d'aimer cette patrie, de l'honorer, et de nous rendre capables de la défendre.MACHIAVEL

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

MARX

Voici donc les faits : des individus déterminés qui ont une activité productrice selon un mode déterminé entrent dans des rapports sociaux et politiques déterminés. Il faut que dans chaque cas isolé, l'observation empirique montre dans les faits, et sans aucune spéculation ni mystification, le lien entre la structure sociale et politique et la production. La structure sociale et l'Etat résultent constamment du processus vital d'individus déterminés ; mais de ces individus non point tels qu'ils peuvent s'apparaître dans leur propre représentation ou apparaître dans celle d'autrui, mais tels qu'ils sont en réalité, c'est-à-dire, tels qu'ils oeuvrent et produisent matériellement ; donc tels qu'ils agissent sur des bases et dans des conditions et limites matérielles déterminées et indépendantes de leur volonté. La production des idées, des représentations et de la conscience est d'abord directement et intimement mêlée à l'activité matérielle et au commerce matériel des hommes, elle est le langage de la vie réelle. Les représentations, la pensée, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme l'émanation directe de leur comportement matériel. Il en va de même de la production intellectuelle telle qu'elle se présente dans la langue de la politique, celle des lois, de la morale, de la religion, de la métaphysique, etc. de tout un peuple. Ce sont les hommes qui sont les producteurs de leurs représentations, de leurs idées, etc., mais les hommes réels agissants, tels qu'ils sont conditionnés par un développement déterminé de leurs forces productives et des rapports qui y correspondent, y compris les formes les plus larges que ceux-ci peuvent prendre. La conscience ne peut jamais être autre chose que l'être conscient et l'être des hommes est leur processus de vie réel. Et si, dans toute l'idéologie, les hommes et leurs rapports nous apparaissent placés la tête en bas comme dans une camera obscure, ce phénomène découle de leur processus de vie historique, absolument comme le renversement des objets sur la rétine découle de son processus de vie directement physique. A l'encontre de la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre, c'est de la terre au ciel que l'on monte ici. Autrement dit, on ne part pas de ce que les hommes disent, s'imaginent, se représentent, ni non plus de ce qu'ils sont dans les paroles, la pensée, l'imagination et la représentation d'autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os ; non, on part des hommes dans leur activité réelle, c'est à partir de leur processus de vie réel que l'on représente aussi le développement des reflets et des échos idéologiques de ce processus vital. Et même les fantasmagories dans le cerveau humain sont des sublimations résultant nécessairement du processus de leur vie matérielle que l'on peut constater empiriquement et qui repose sur des bases matérielles. De ce fait, la morale, la religion, la métaphysique et tout le reste de l'idéologie, ainsi que les formes de conscience qui leur correspondent, perdent aussitôt toute apparence d'autonomie. Elles n'ont pas d'histoire, elles n'ont pas de développement ; ce sont au contraire les hommes qui, en développant leur production matérielle et leurs rapports matériels, transforment, avec cette réalité qui leur est propre, et leur pensée et les produits de leur pensée. Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. Dans la première façon de considérer les choses, on part de la conscience comme étant l'individu vivant, dans la seconde façon, qui correspond à la vie réelle, on part des individus réels et vivants eux-mêmes et l'on considère la conscience uniquement comme leur conscience.MARX

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

MARX

On peut distinguer les hommes des animaux par la conscience, par la religion et par tout ce que l'on voudra. Eux-mêmes commencent à se distinguer des animaux dès qu'ils commencent à produire leurs moyens d'existence, pas en avant qui est la conséquence même de leur organisation corporelle. En produisant leurs moyens d'existence, les hommes produisent indirectement leur vie matérielle elle-même. La façon dont les hommes produisent leurs moyens d'existence dépend d'abord de la nature des moyens d'existence déjà donnés et qu'il leur faut reproduire. Il ne faut pas considérer ce mode de production de ce seul point de vue, à savoir qu'il est la reproduction de l'existence physique des individus. Il représente plutôt déjà un mode déterminé de l'activité de ces individus, une façon déterminée de manifester leur vie, un mode de vie déterminé. La façon dont les individus manifestent leur vie reflète très exactement ce qu'ils sont. Ce qu'ils sont coïncide donc avec leur production, aussi bien avec ce qu'ils produisent qu'avec la façon dont ils le produisent.MARX

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

NIETZSCHE

L'illogique nécessaire. - Parmi les choses qui peuvent porter un penseur au désespoir, il faut compter le fait de reconnaître que l'illogique est nécessaire à l'homme et que de l'illogique prend naissance beaucoup de bien. Il est si solidement ancré dans les passions, dans le langage, dans l'art, dans la religion, et généralement dans tout ce qui prête du prix à la vie, que l'on ne peut l'en retirer sans porter ainsi à ces belles choses un incurable préjudice. Seuls des hommes par trop naïfs peuvent croire que la nature de l'homme puisse être changée en une nature purement logique ; mais s'il devait y avoir des degrés d'approche vers ce but, quelles pertes ne ferait-on pas en chemin ! Même l'homme le plus raisonnable a besoin de temps en temps de retourner à la nature, c'est-à-dire à sa relation illogique fondamentale avec toutes choses.NIETZSCHE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

NIETZSCHE

Une religion qui, parmi toutes les heures d'une vie d'homme, tient pour la plus importante la dernière, qui prédit la fin de la vie sur terre en général, qui condamne tout ce qui vit à vivre au cinquième acte d'une tragédie, éveille certainement les forces les plus profondes et les plus nobles, mais elle est hostile à toute nouvelle plantation, recherche intrépide, libre ambition : elle entrave tout essor vers l'inconnu. Car ce n'est pas là-bas qu'elle a ses amours et ses espoirs : ce qui est en devenir, elle ne l'accepte qu'à contrecoeur, pour finalement l'écarter en temps voulu sous prétexte qu'il rend l'existence séduisante et ment sur sa valeur, ou pour le sacrifier.NIETZSCHE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

NIETZSCHE

Ce qui reste de l'art. À la vérité, l'art prend une valeur beaucoup plus grande lorsqu'il s'accompagne de certains postulats métaphysiques, par exemple de la croyance généralement admise que le caractère est immuable et que l'essence du monde s'exprime sans discontinuité dans tous les caractères et toutes les actions : l'oeuvre de l'artiste devient alors l'image de la permanence éternelle, alors qu'à notre idée l'artiste ne peut jamais conférer de validité à son image que pour un temps, puisque l'homme, produit d'une évolution, est dans sa généralité sujet à variation et que même l'individu n'a rien de constant ni de fixe. - Il en va de même pour une autre hypothèse métaphysique : à supposer que notre monde visible ne fût qu'apparence, comme l'admettent les métaphysiciens, l'art s'en trouverait situé assez près du monde réel ; car il y aurait alors beaucoup trop d'analogies entre le monde de l'apparence et le monde de la vision onirique de l'artiste ; et ce qu'il reste de différence élèverait même la signification de l'art à un niveau dépassant la signification de la nature, du moment que l'art figurerait la constance des formes, les types et les modèles de la nature. - Or, ces postulats sont faux ; une fois cela reconnu, quelle place peut-il encore rester à l'art de nos jours ? Il nous a avant tout enseigné durant des millénaires à considérer la vie et chacune de ses formes avec intérêt, avec plaisir, et à amener ces sentiments jusqu'au point de nous écrier enfin : « Quelle qu'elle soit, la vie, elle est bonne. » Cette leçon que nous donne l'art de jouir de l'existence et de regarder la vie humaine comme un morceau de nature, sans mouvement de sympathie trop violent, de n'y voir qu'un objet soumis aux lois de l'évolution, - cette leçon a pris racine au profond de nous-mêmes, elle reparaît maintenant à la lumière sous forme d'un besoin tout-puissant de connaissance. On pourrait renoncer à l'art que l'on n'en perdrait pas pour autant cette faculté acquise grâce à lui : de même que l'on a abandonné la religion, mais non pas ces moments d'élévation et d'exaltation que l'âme y a gagnés. Comme les arts plastiques et la musique sont le critère de cette richesse de sentiment réellement acquise et accrue grâce à la religion, si l'art venait à disparaître l'intensité et la variété du bonheur de vivre qu'il a cultivées n'en continueraient pas moins à exiger satisfaction. C'est la science qui dans l'évolution de l'homme prend la suite de l'art.NIETZSCHE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

On entendra ici par mythe ce que l'histoire des religions y discerne aujourd'hui : non point une fausse explication par le moyen d'images et de fables, mais un récit traditionnel, portant sur des événements arrivés à l'origine des temps et destiné à fonder l'action rituelle des hommes d'aujourd'hui et de manière générale à instituer toutes les formes d'action et de pensée par lesquelles l'homme se comprend lui-même dans son monde. Pour nous, modernes, le mythe est seulement mythe parce que nous ne pouvons plus relier ce temps à celui de l'histoire telle que nous l'écrivons selon la méthode critique, ni non plus rattacher les lieux du mythe à l'espace de notre géographie : c'est pourquoi le mythe ne peut plus être explication ; exclure son intention étiologique, c'est le thème de toute nécessaire démythologisation. Mais en perdant ses prétentions explicatives le mythe révèle sa portée exploratoire et compréhensive, ce que nous appellerons plus loin sa fonction symbolique, c'est-à-dire son pouvoir de découvrir, de dévoiler le lien de l'homme à son sacré. Aussi paradoxal qu'il paraisse, le mythe, ainsi démythologisé au contact de l'histoire scientifique et élevé à la dignité de symbole, est une dimension de la pensée moderne. RICOEUR

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

LE DOGMATISME ET LA RELIGION "La théologie se divise en dogmatique et en morale."Renan, Souvenirs d'enfance, 1883.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

L'ILLUSION ET LA POLITIQUE "Le grand secret du régime monarchique est de tromper les hommes et de colorer du nom de religion la crainte qui doit les maîtriser." Spinoza, Traité théologico-politique, 1670.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

LA PSYCHOLOGIE ET LA VIE "L'homme peut sans doute rêver ou philosopher, mais il doit vivre d'abord ; nul doute que notre structure psychologique ne tienne à la nécessité de conserver et de développer la vie individuelle et sociale. Si la psychologie ne se règle pas sur cette considération, elle déformera nécessairement son objet." Bergson, Les Deux sources de la morale et de la religion, 1932.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

LA RELIGION ET LA CROYANCE "Dans toute religion, l'homme religieux est une exception." Nietzsche, Le Gai Savoir, 1882.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

LA RELIGION ET LA FOI "La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi, et en ce sens l'athéisme est une purification." Simone Weil, Cahiers 1972.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

« Ce qui conserve l'espèce. Ce sont les esprits forts et les esprits malins, les plus forts et les plus malins qui ont fait faire jusqu'ici le plus de progrès à l'humanité : ils ont rallumé constamment les passions qui allaient s'endormir — toute société policée les endort —, ils ont réveillé constamment l'esprit de comparaison et de contradiction, le goût du neuf, du risqué, de l'inessayé ; ils ont obligé l'homme à opposer sans cesse les opinions aux opinions, les idéals aux idéals. Par les armes le plus souvent, en renversant les bornes-frontières, en violant les piétés, mais aussi en fondant de nouvelles religions, en créant de nouvelles morales ! Cette « méchanceté » qu 'on retrouve dans tout professeur de nouveau, dans tout prédicateur de choses neuves, c'est la même méchanceté qui discrédite le conquérant, bien qu'elle s'exprime plus subtilement et ne mobilise pas immédiatement le muscle ; — ce qui fait d'ailleurs qu'elle discrédite moins fort ! —. Le neuf, de toute façon, c'est le mal, puisque c'est ce qui veut conquérir, renverser les bornes-\ frontières, abattre les anciennes piétés : seul l'ancien est le bien ! Les hommes de bien, à toute époque, sont ceux qui plantent profondément les vieilles Idées pour leur faire porter fruit, ce sont les cultivateurs de l'esprit. Mais tout terrain finit par s'épuiser, il faut toujours que la charrue du mal y revienne... ». NIETZSCHE.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

» Consulter également les 482 résultats sur Aide-en-philo.com

150000 corrigés de dissertation en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit