LE SITE D'AIDE A LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits

Rechercher un sujet

Saisissez vos mots-clés séparés par des espaces puis cochez les rubriques dans lesquelles rechercher.
Enfin choisissez le mode de recherche. "ET" signifie que tous les mots-clés doivent être trouvés et "OU" signife qu'un des mots-clés doit être présent.

Mots-clés :    Categorie :  

Résultats de la recherche

  • Catégorie
  • Popularité
  • Prix
  • Note
  • Pages
  • Publication


Toutes les catégories -> Popularité décroissante



206 résultat(s) trouvé(s)

Les 5 premiers résultats les plus consultés

Alain

La sagesse des parents, orientée dès le principe vers la destinée des enfants et la transmission des biens, exige un serment irrévocable... elle est en revanche fort pressante, et ne permet point qu'on l'oublie. Alain

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Alain

Le premier et le plus grand intérêt public est toujours la justice... ce qui fait la faiblesse des faibles est de ne pouvoir se liguer ainsi. Alain

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Alain

Où donc est la justice ? En ceci que le jugement ne résulte point des forces, mais d'un libre débat, devant un arbitre qui n'a point d'intérêt dans le jeu. Cette condition suffit, et elle doit suffire parce que les conflits entre les droits sont obscurs et difficiles. Ce qui est juste, c'est d'accepter d'avance l'arbitrage; non pas l'arbitrage juste, mais l'arbitrage. L'acte juridique essentiel consiste en ceci que l'on renonce solennellement à soutenir son droit par la force. Ainsi ce n'est pas la paix qui est par le droit; car, par le droit, à cause des apparences du droit, et encore illuminées par les passions, c'est la guerre qui sera, la guerre sainte. Au contraire, c'est le droit qui sera par la paix, attendu que l'ordre du droit suppose une déclaration préalable de paix, avant l'arbitrage, pendant l'arbitrage et après l'arbitrage, et que l'on soit content ou non. Voilà ce que c'est qu'un homme pacifique. Mais l'homme dangereux est celui qui veut la paix par le droit, disant qu'il n'usera point de la force, et qu'il le jure, pourvu que son droit soit reconnu. Cela promet de beaux jours. Alain

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Alain

Quand vous aurez rendu les hommes pacifiques, et secourables les uns aux autres seulement par peur, vous établissez bien, il est vrai, une espèce d'ordre dans l'Etat ; mais en chacun d'eux, ce n'est qu'anarchie ; un tyran s'installe à la place d'un autre ; la peur tient la convoitise en prison. Tous les maux fermentent au - dedans ; l'ordre extérieur est instable. Vienne l'émeute, la guerre, ou le tremblement de terre, de même que les prisons vomissent alors les condamnés, ainsi, en chacun de nous, les prisons sont ouvertes et les monstrueux désirs s'emparent de la citadelle. C'est pourquoi je juge médiocres, pour ne pas dire plus, ces leçons de morale fondées sur le calcul et la prudence. Sois charitable, si tu veux être aimé. Aime tes semblables, afin qu'ils te le rendent. Respecte tes parents, si tu veux que tes enfants te respectent. Ce n'est là que police des rues. Chacun attend toujours la bonne occasion, l'occasion d'être injuste impunément. Alain

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Nietzsche: L'homme comme animal oublieux

Cet animal nécessairement oublieux, pour qui l'oubli est une force et la manifestation d'une santé robuste. s'est créé une faculté contraire, la mémoire, par quoi, dans certains cas, il tiendra l'oubli en échec, - à savoir dans les cas où il s'agit de promettre : il ne s'agit donc nullement de l'impossibilité purement passive de se soustraire à l'impression une fois reçue, ou du malaise que cause une parole une fois engagée et dont on n'arrive pas à se débarrasser, mais bien de la volonté active de garder une impression, d'une continuité dans le vouloir, d'une véritable mémoire de la volonté : de sorte que, entre le primitif « je ferai » et la décharge de volonté proprement dite, l'accomplissement de l'acte, tout un monde de choses nouvelles et étrangères, de circonstances et mêmes d'actes de volonté, peut se placer sans inconvénient et sans qu'on doive craindre de voir céder sous l'effort cette longue chaîne de volonté. Nietzsche

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN : toute passion est malheureuse

ALAIN : toute passion est malheureuse

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

L'ART ET LE SALUT "j'aime à supposer que l'oeuvre d'art est celle qui fait le salut de l'âme au moins un petit instant." Alain, Les Aventures du coeur, 1945.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Ou bien la politique n'est que vertige de foule et l'homme esclave absolument, ou bien il y a un moment, dans l'élaboration de l'opinion commune, où l'homme doit juger seul et par lui-même. Non pas d'après la méthode des fanatiques, qui n'ont de pensée qu'ensemble, mais par la méthode de science vraie, qui suppose l'homme solitaire et libre par volonté. Bref, avant de savoir si la guerre sera par l'opinion commune, il faut que je sache si la guerre sera par mon opinion. A ce moment-là je n'ai devant moi aucun fait humain déterminant, si ce n'est ma propre pensée avec ses affections. Je suis souverain. Il s'agit non pas de ce que je suppose qui sera, mais de ce que je veux qui soit. Problème uniquement moral ; je n'y puis échapper. Si la guerre est bonne, si c'est seulement la défaite qui est mauvaise, si j'ai pris le parti d'user de tous moyens en vue du succès, alors, oui, le problème de la guerre sera un problème de fait. « Vaincrons-nous ? Sommes-nous prêts ? » Mais si j'ai comme règle de vie le travail et la coopération, si la violence est pour moi un moyen vil d'acquérir, si je tiens enfin pour la justice de toutes mes forces, alors je dis non à la guerre, au-dedans d'abord, et au-dehors, autour de moi, comme c'est mon droit et mon devoir de dire, prononçant, non sur ce qui est, mais sur ce qui doit être, non sur ce que je constate, mais sur ce que je veux. Juger, et non pas subir, c'est le moment du souverain. ALAIN.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

Je suis loin de mépriser les célèbres tests, qui font savoir en quelques minutes si un homme est adroit ou convulsif, méthodique ou emporté, attentif ou rêveur, oublieux ou de mémoire sûre. C'est aussi simple que de s'assurer qu'il voit bien les couleurs. Mais tout n'est pas dit par cette redoutable manière de juger. J'ai connu un homme qui était un excellent téléphoniste avec une oreille presque nulle sur deux. On sait que Démosthène' bredouillait naturellement, ce qui ne l'a pas empêché de gouverner sa voix. Il se peut que les obstacles de nature fortifient la volonté, au lieu qu'on voit souvent que les dons les plus heureux sont annulés par la paresse ou l'insouciance. En sorte que le travail de juger ne sera jamais mécanique, et, au reste, ne doit point l'être. Et je tiens, comme principe des principes, qu'il faut ouvrir un large crédit et chercher le bien, c'est-à-dire présupposer le bien. Celui qui espère beaucoup de l'homme est le mieux servi. ALAIN.

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Dans l'imagination errante tout est promesse, par des émotions sans mesure ; aussi il se peut bien que le sculpteur sans expérience souhaite quelque matière plastique qui change aussi vite que ses propres inspirations. Mais quand il souhaiterait seulement quelque aide du diable, par laquelle le marbre serait taillé aussitôt selon le désir, il se tromperait encore sur sa véritable puissance. Si le pouvoir d'exécuter n'allait pas beaucoup plus loin que le pouvoir de penser ou de rêver, il n'y aurait point d'artistes... Sans doute un des mouvements les plus naturels de l'artiste est d'ajouter un peu à la nature et de finir cette ébauche ; c'est donner à un fantôme la forme d'un objets. Et c'est ce que peuvent remarquer ceux qui sculptent des cannes ; ils cherchent dans les formes de la racine quelque tête d'animal à peine ébauchée ; mais celui qui est habile marche ici prudemment ; chaque parcelle de bois enlevée détermine un peu plus la forme et conduit à un nouvel essai. Ainsi l'artiste observateur décide par l'action inspirée, afin de percevoir quelque chose. En sorte que son modèle c'est d'abord l'objet et ensuite l'oeuvre.  ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Un homme qui a peur sent vivement et presque violemment la présence de ce qui lui fait peur ; mais il s'en faut de beaucoup que l'image qu'il se forme de cet objet soit bien déterminée. Souvent, pour ne pas dire toujours, car le monde ne cesse jamais de nous envelopper, c'est une chose perçue, une chose réelle, qui est tout l'objet de l'imagination. (...) L'imaginaire n'est pas dans l'image, c'est-à-dire dans la connaissance que l'on a de l'objet, mais bien dans l'émotion, c'est-à-dire dans une énergique et confuse réaction de tout le corps soudain en alarme. Et si, au lieu d'interroger l'émotion, qui dicte si naturellement des descriptions fantastiques, on interroge l'objet lui-même, en cherchant si l'imagination y a produit quelque changement d'apparence, on ne trouve rien. (...) Et n'oublions pas que celui qui croit avoir vu et qui s'est enfui est toujours éloquent, et souvent irrité si l'on contredit. Il vaut mieux considérer des images qui n'émeuvent guère et dont on est maître. Chacun sait bien découvrir, dans des feuillages ou dans les fentes du plâtre, un visage humain ou une forme animale ; on la perd, on la retrouve ; c'est un jeu de l'enfance, et, je crois, un jeu de tous les âges. Or je me demande ceci : quand je retrouve ou quand je trouve cette forme imaginaire, peut-on dire que ce que j'ai devant les yeux est autre qu'il n'était ? De souvenir, je répondrais oui ; mais devant l'objet même, et dans le moment que j'y vois la forme qui n'y est point, il faut que je réponde non. Non, la forme que je connais est ce qu'elle doit être ; c'est toujours feuillage ; c'est toujours fissure ou lézarde dans un mur. En suivant cette idée à travers vos expériences, peut-être arriverez-vous, comme j'ai fait, à conclure que ce monde-ci ne nous trompe jamais, même en ses apparences, et que, selon une forte expression de Hegel, il apparaît toujours comme il doit. Mais c'est ce que le passionné ne veut point croire. C'est qu'il sent en son corps une présence, et que cette présence émouvante le détourne de faire attention. Souvent il fuit, ou il se couvre les yeux ; c'est ainsi presque toujours que sont vus les apparitions et les spectres ; on ne fait ensuite qu'exprimer, par des discours éloquents, toute cette peur que l'on a réellement sentie.ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Tant que l'on n'a pas bien compris la liaison de toutes choses et l'enchaînement des causes et des effets, on est accablé par l'avenir. Un rêve ou la parole d'un sorcier tuent nos espérances ; le présage est dans toutes les avenues. Idée théologique. Chacun connaît la fable de ce poète à qui il avait été prédit qu'il mourrait de la chute d'une maison ; il se mit à la belle étoile ; mais les dieux n'en voulurent point démordre, et un aigle laissa tomber une tortue sur sa tête chauve, la prenant pour une pierre. On conte aussi l'histoire d'un fils de roi qui selon l'oracle, devait périr par un lion ; on le garda au logis avec les femmes ; mais il se fâcha contre une tapisserie qui représentait un lion, s'écorcha le poing sur un mauvais clou, et mourut de gangrène. L'idée qui sort de ces contes, c'est la prédestination que des théologiens mirent plus tard en doctrine ; et cela s'exprime ainsi : la destinée de chacun est fixée quoi qu'il fasse. Ce qui n'est point scientifique du tout ; car ce fatalisme revient à dire : « Quelles que soient les causes, le même effet en résultera. »ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Le temps (...) n'est nullement une dimension ; il ne suppose point un rapport de lieu ni un changement de lieu, ni une distance. Une chose sans changer de lieu, passe nécessairement à l'instant suivant et encore au suivant, du même pas que toutes les autres choses et ces pas dans le temps ne sont que des métaphores ; le temps n'est ni loin ni près le temps de la nébuleuse d'Orion est ce même temps où nous voyageons nous-mêmes sans changer de place. Dire qu'un temps est éloigné c'est une trompeuse métaphore ; car c'est le lieu qui est éloigné mais le temps où nous atteindrons ce lieu viendra que nous le voulions ou non, que nous allions ou non à ce lieu ; on ne peut le hâter, ni le retarder, ni par conséquent le parcourir.ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Par exemple chacun sait que notre pensée se scandalise de ne dormir point quand elle voudrait, et, par cette inquiétude se met justement dans le cas de ne pouvoir dormir. Ou bien, d'autres fois, craignant le pire elle ranime par ses mauvaises rêveries un état d'anxiété qui éloigne la guérison. Il ne faut que la vue d'un escalier pour que le coeur se serre, comme on dit si bien, par un effet d'imagination qui nous coupe le souffle dans le moment même où nous avons besoin de respirer amplement. Et la colère est à proprement parler une sorte de maladie, tout à fait comme l'est la toux ; on peut même considérer la toux comme un type d'irritation ; car elle a bien ses causes dans l'état du corps ; mais aussitôt l'imagination attend la toux et même la cherche, par une folle idée de se délivrer du mal en l'exaspérant, comme font ceux qui se grattent. Je sais bien que les animaux aussi se grattent, et jusqu'à se nuire à eux-mêmes ; mais c'est un dangereux privilège de l'homme que de pouvoir, si j'ose dire, se gratter par la seule pensée, et directement, par ses passions, exciter son coeur et pousser les ondes du sang ici et là. ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Le travail de l'artiste, nous l'avons assez remarqué, ne le conduit jamais du concept à l'oeuvre, et le plus beau dans ce qu'il fait est toujours ce qu'il n'a pas prévu et ce qu'il ne saurait nommer. Mais c'est éminemment du peintre qu'il faut dire qu'il crée sans concept ; car le dessin, par exemple, permet encore que l'artiste nomme ce qu'il dessine ; au lieu que dans la vision picturale il y a un continuel refus de savoir. Courbet peignait un tas de bois mort sous les arbres, par la seule apparence, et sans savoir ce que c'était. Peindre d'après le concept, c'est donner à l'objet non pas la couleur qu'il reçoit de l'heure et des reflets, mais la couleur que l'on sait qu'il a, la couleur qu'il devrait avoir. Dessiner d'après le concept, c'est vouloir tracer la forme vraie, par exemple les cinq doigts de la main ou les deux yeux dans un profil. Un enfant qui n'avait jamais dessiné refusait de représenter le tableau noir par une figure aux angles inégaux, c'est-à-dire tel qu'il le voyait ; car, disait-il, il savait bien que le tableau avait ses quatre angles égaux. Voilà ce que c'est peindre et dessiner intelligemment, c'est-à-dire selon le concept. Mais celui qui dessine refuse l'idée, et le peintre, encore plus énergiquement, s'exerce à voir sans penser, c'est-à-dire qu'il se défait de cette idée d'un être qui est là devant lui, qui a d'autres aspects, enfin d'un être tel qu'il est véritablement. C'est qu'il cherche une autre vérité ; car il est vrai que, cet être, je le vois ainsi ; et cette vérité-là n'est pas abstraite comme l'autre ; elle n'est pas séparée de moi qui la connais ; elle est la vérité de ma propre position, et la vérité de l'heure ; donc, ensemble, la vérité du modèle, la vérité de l'Univers, par les éclairs et les reflets, et la vérité du peintre. Car, comme la forme apparente et la perspective n'appartiennent pas à l'objet, mais expriment un rapport entre l'objet et moi, la couleur non plus n'est pas inhérente à la chose ; elle dépend de la lumière éclairante, des milieux traversés, des couleurs voisines reflétées.ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

La justice n'existe point ; la justice appartient à l'ordre des choses qu'il faut faire justement parce qu'elles ne sont point. La justice sera si on la fait. Voilà le problème humain. N'allez pas ajuster ici votre microscope ou votre télescope. Vous ne découvrirez pas la justice ; elle n'est pas ; elle sera si vous la voulez. À quoi l'homme qui ne sait que constater et contempler répond : « Je la voudrais bien ; mais comment pourra-t-elle être jamais si elle n'est pas déjà ? Ce monde ne fait paraître que ce qu'il contenait ; c'est pourquoi je cherche la justice au lieu de la vouloir. » Mais c'est déjà brouiller les ordres. Je ne sais pas si la justice sera, car ce qui n'est pas encore n'est pas objet de savoir ; mais je dois la vouloir, c'est mon métier d'homme. Et comment vouloir sans croire ? Ce serait faire semblant de vouloir, en se disant tout au fond : « Mon vouloir n'y changera rien. » Parbleu, si c'est ainsi que vous voulez, vous aurez gagné, la justice ne sera pas. Je dois croire qu'elle sera. Voilà l'objet de la religion, dégagé enfin de toutes les nuées théologiques. On voit que les hommes ne se sont pas trompés tout à fait lorsqu'ils ont affirmé qu'il faut croire, et que c'est le plus haut devoir humain. Seulement ils se sont appliqués à croire à quelque chose qui est, au lieu que l'objet propre de la foi, c'est ce qui n'est pas, mais qui devrait être et qui sera par la volonté. En sorte que croire, c'est finalement croire en sa propre volonté. ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Qu'est-ce que le droit ? C'est l'égalité. Dès qu'un contrat enferme quelque inégalité, vous soupçonnez aussitôt que ce contrat viole le droit. Vous vendez ; j'achète ; personne ne croira que le prix fixé après débat et d'un commun accord soit juste dans tous les cas ; si le vendeur est ivre, tandis que l'acheteur est maître de son jugement, si l'un des deux est très riche, et l'autre très pauvre, si le vendeur est en concurrence avec d'autres vendeurs tandis que l'acheteur est seul à vouloir acheter, si le vendeur ignore la nature de ce qu'il vend, livre rare ou tableau de maître, tandis que l'acheteur la connaît, dans tous les cas de ce genre je dirai que le prix qui est payé est un prix d'occasion. Pourquoi ? Parce qu'il n'y avait pas égalité entre les parties. Qu'est-ce qu'un prix juste ? C'est un prix de marché public. Et pourquoi ? Parce que, dans le marché public, par la discussion publique des prix, l'acheteur et le vendeur se trouvent bientôt également instruits sur ce qu'ils veulent vendre ou acheter. Un marché, c'est un lieu de libre discussion . Un tout petit enfant, qui connaît mal l'utilité relative des choses, et qui ne règle le prix que sur son désir présent, un tout petit enfant sera l'égal de l'acheteur le plus avisé, si seulement plusieurs marchands offrent publiquement à plusieurs acheteurs la chose que le petit enfant désire. Je n'en demande pas plus. Le droit règne là où le petit enfant qui tient son sou dans sa main et regarde avidement les objets étalés, se trouve l'égal de la plus rusée ménagère. On voit bien ici comment l'état de droit s'opposera au libre jeu de la force. Si nous laissons agir les puissances, l'enfant sera certainement trompé ; même si on ne lui prend pas son sou par force brutale, on lui fera croire sans peine qu'il doit échanger un vieux sou contre un centime neuf. C'est contre l'inégalité que le droit a été inventé. Et les lois justes sont celles qui s'ingénient à faire que les hommes, les femmes, les enfants, les malades, les ignorants soient tous égaux. Ceux qui disent, contre le droit, que l'inégalité est dans la nature des choses, disent donc des pauvretés.ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Platon dit en se jouant qu'amour est fils de richesse et de pauvreté, et dit une grande chose. Chacun voit des drames d'amour, et s'étonne que la plus médiocre Célimène puisse amener un homme noble à des actions de fou. Or c'est la richesse qui fait le pire mal ; richesse, j'entends noblesse, puissance sur soi, haute idée du héros et de l'amour. Si l'homme ne souffrait que de pauvreté et besoin d'une Célimène, le mal serait bientôt guéri. Mais le besoin n'est pas l'amour, et le désir non plus n'est pas l'amour. L'amour est une ambition qui méprise les petits moyens, et qui veut se faire reconnaître par une autre puissance. C'est pourquoi chacun veut que l'autre puissance soit hautaine et difficile, et toujours la grandit, et presque toujours l'estime trop, et souffre de la voir diminuée. Il y a ce genre de déception dans la jalousie. De là vient que l'on méprise toujours un peu en soi-même, et que l'on hait dans le rival, ces avantages extérieurs auxquels la puissance hautaine ne devrait pas seulement faire attention. Il n'y a rien de pis que si l'on découvre faiblesse, esclavage, dépendance, aveuglement, sottise, en celle que l'on voulait séduire. Car on la veut faible, mais pour soi seul, et librement faible. Tel est le Jeu de l'amour entre le chevalier et sa dame... Plus souvent il veut se consoler par la facile conquête de ce qu'il voit tellement au-dessous de lui mais il se trompe encore là, tantôt méprisant trop, tantôt estimant trop, et toujours humilié. C'est alors qu'il se tourne et retourne la nuit comme un malade, mâchant et goûtant la servitude. Ainsi, moins la femme vaut, et mieux le drame se noue. Je retrace la passion de l'homme ; celle de la femme s'explique vraisemblablement par les mêmes causes. C'est pourquoi il ne faut point s'étonner si une femme indigne est aimée jusqu'à la fureur ; ce n'est point l'exception, c'est la règle.ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

On soutient communément que c'est le toucher qui nous instruit, et par constatation pure et simple, sans aucune interprétation. Mais il n'en est rien. Je ne touche pas ce dé cubique, Non. Je touche successivement des arêtes, des pointes, des plans durs et lisses, et réunissant toutes ces apparences en un seul objet, je juge que cet objet est cubique. Exercez-vous sur d'autres exemples, car cette analyse conduit fort loin, et il importe de bien assurer ses premiers pas. Au surplus, il est assez clair que je ne puis pas constater comme un fait donné à mes sens que ce dé cubique et dur est en même temps blanc de partout, et jamais les faces visibles ne sont colorées de même en même temps. Mais pourtant c'est un cube que je vois, à faces égales, et toutes également blanches, Et je vois cette même chose que je touche, Platon, dans son Théétète, demandait par quel sens je connais l'union des perceptions des différents sens en un objet. Revenons à ce dé. Je reconnais six taches noires sur une des faces, On ne fera pas difficulté d'admettre que c'est là une opération d'entendement, dont les sens fournissent seulement la matière. Il est clair que, parcourant ces taches noires, et retenant l'ordre et la place de chacune, je forme enfin, et non sans peine au commencement, l'idée qu'elles sont six, c'est-à-dire deux fois trois, qui font cinq et un. Apercevez-vous la ressemblance entre cette action de compter et cette autre opération par laquelle je reconnais que des apparences successives, pour la main et pour l'oeil, me font connaître un cube ? Par où il apparaîtrait que la perception est déjà une fonction d'entendement.ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ALAIN

Quand un homme n'a plus rien à construire ou à détruire, il est très malheureux. Les femmes, j'entends celles qui sont occupés à chiffonner et à pouponner, ne comprendront sans doute jamais bien pour quoi les hommes vont au café et jouent aux cartes. Vivre avec soi et méditer sur soi, cela ne vaut rien. Dans l'admirable Wilhem Meister de Goethe, il y a une « Société de Renoncement », dont les membres ne doivent jamais penser ni à l'avenir ni au passé. Cette règle, autant qu'on peut la suivre, est très bonne. Mais pour qu'on puisse la suivre, il faut que les mains et les yeux soient occupés. Percevoir et agir, voilà les vrais remèdes. Au contraire, si l'on tourne ses pouces, on tombera bientôt dans la crainte et dans le regret. La pensée est une espèce de jeu qui n'est pas toujours très sain. Communément on tourne sans avancer C'est pourquoi le grand Jean-Jacques a écrit : « L'homme qui médite est un animal dépravé. » La nécessité nous tire de là, presque toujours. Nous avons presque tous un métier à faire, et c'est très bon. Ce qui nous manque, ce sont de petits métiers qui nous reposent de l'autre. J'ai souvent envié les femmes, parce qu'elles font du tricot ou de la broderie. Leurs yeux ont quelque chose de réel à suivre ; cela fait que les images du passé et de l'avenir n'apparaissent vivement que par éclairs. Mais, dans ces réunions où l'on use le temps, les hommes n'ont rien à faire, et bourdonnent comme des mouches dans une bouteille. Les heures d'insomnie, lorsque l'on n'est pas malade, ne sont si redoutées, je crois, que parce que l'imagination est alors trop libre et n'a point d'objets réels à considérer. Un homme se couche à dix heures et, jusqu'à minuit, il saute comme une carpe en invoquant le dieu du sommeil. Le même homme, à la même heure, s'il était au théâtre, oublierait tout à fait sa propre existence. Ces réflexions aident à comprendre les occupations varices qui remplissent la vie des riches. Ils se donnent mille-devoirs et mille travaux et y courent comme au feu. Ils font dix visites par jour et vont du concert au théâtre. Ceux qui ont un sang plus vif se jettent dans la chasse, la guerre ou les voyages périlleux. D'autres roulent en auto et attendent impatiemment l'occasion de se rompre les os en aéroplane. ll leur faut des actions nouvelles et des perceptions nouvelles. Ils veulent vivre dans le monde, et non en eux-mêmes. Comme les grands mastodontes broutaient des forêts, ils broutent le monde par les yeux. Les plus simples jouent à recevoir de grands coups de poing dans le nez et dans l'estomac ; cela les ramène aux choses présentes, et ils sont très heureux. Les guerres sont peut-être premièrement un remède à l'ennui ; on expliquerait ainsi que ceux qui sont les plus disposés à accepter la guerre, sinon à la vouloir, sont souvent ceux qui ont le plus à perdre. La crainte de mourir est une pensée d'oisif, aussitôt effacée par une action pressante, si dangereuse qu'elle soit. Une bataille est sans-doute une des circonstances où l'on pense le moins à la mort. D'où ce paradoxe : mieux on remplit sa vie, moins on craint de la perdre. 29 janvier 1909ALAIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ARISTOTE

Il ne faut pas perdre de vue que ce que nous cherchons ici c'est non seulement le juste au sens absolu, mais aussi le juste politique. Le juste politique c'est celui qui règne entre des hommes dont la communauté de vie a pour but une existence autarcique, hommes qui sont libres et égaux, soit d'une égalité proportionnelle, soit d'une égalité arithmétique. En sorte que pour ceux chez qui ces conditions ne sont pas réalisées, il n'existe pas de justice politique réglant leurs rapports mutuels. Il n'y a qu'une sorte de justice, qui a simplement quelque ressemblance avec la justice politique. En effet, le juste suppose des gens dont les rapports sont régis par la loi, et la loi suppose des gens chez qui l'injustice se peut trouver : car la justice (que rend un tribunal) est discernement du juste et de l'injuste. Partout où il y a injustice, il y a aussi des actes injustes (mais partout où des actes injustes sont commis, il n'y a pas forcément injustice) ; et qu'est-ce qu'agir injustement  ? - c'est prendre pour soi une part excessive des choses qui sont en elles-mêmes des biens, et une part insuffisante des choses qui sont en elles-mêmes des maux. Voilà pourquoi nous ne souffrons pas que ce soit un homme qui commande, mais nous voulons que ce soit la loi ; parce qu'un homme ne commande que dans son propre intérêt, et devient tyran. Le magistrat, au contraire, est le gardien de la justice, et, s'il l'est de la justice, il l'est aussi de l'égalité. Or, s'il est juste, il est censé n'avoir rien de plus que sa part (car il ne s'attribue pas une part plus grande des choses qui sont en soi des biens, à moins que ce ne soit en proportion de son mérite. Aussi est-ce pour les autres qu'il travaille ; et c'est pour cette raison qu'on dit que la justice est « le bien d'autrui », ainsi qu'on l'a remarqué précédemment). Il faut donc lui accorder un salaire, salaire en honneur et en considération. Quant à ceux à qui cela ne suffit pas, ce sont ceux qui deviennent des tyrans.ARISTOTE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

ARISTOTE

Nous concevons d'abord le sage comme possédant la connaissance de toutes les choses, dans la mesure où cela est possible, c'est-à-dire sans avoir la science de chacune d'elles en particulier. Ensuite, celui qui est capable de connaître les choses difficiles et malaisément accessibles à la connaissance humaine, on admet que celui-là est un sage (car la connaissance sensible étant commune à tous les hommes, est facile, et n'a rien à voir avec la Sagesse). En outre, celui qui connaît les causes avec plus d'exactitude, et celui qui est plus capable de les enseigner sont, dans toute espèce de science, plus sages. De plus, parmi les sciences, celle que l'on choisit pour elle-même et à seule fin de savoir, est considérée comme étant plus vraiment Sagesse que celle qui est choisie en vue de ses résultats. Enfin une science dominatrice est, à nos yeux, plus une sagesse que la science qui lui est subordonnée : ce n'est pas, en effet, au sage à recevoir des lois, c'est à lui d'en donner ; ce n'est pas lui qui doit obéir à autrui, c'est à lui, au contraire, que doit obéir celui qui est moins sage.ARISTOTE

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

DESCARTES

« ...j'avais tout le loisir de m'entretenir de mes pensées. Entre lesquelles, l'une des premières fut que je m'avisai de considérer que souvent il n'y a pas tant de perfection dans les ouvrages composés de plusieurs pièces, et faits de la main de divers maîtres, que ceux auxquels un seul a travaillé. Aussi voit-on que les bâtiments qu'un seul architecte a entrepris et achevé ont coutume d'être plus beaux et mieux ordonnés que ceux que plusieurs ont tâché de raccommoder, en faisant servir de vieilles murailles qui avaient été bâties à d'autres fins. Ainsi ces anciennes cités, qui, n'ayant été au commencement que des bourgades,sont devenues, par succession de temps, de grandes villes, sont ordinairement si mal compassées, au prix de ces places (villes) régulières qu'un ingénieur trace à sa fantaisie dans une plaine, qu'encore que, considérant leurs édifices chacun à part, on y trouve souvent autant ou plus d'art qu'en ceux des autres ; toutefois, à voir comme ils sont arrangés, ici un grand, là un petit, et comme ils rendent les rues courbées et inégales , on dirait que c'est plutôt la fortune, que la volonté de quelques hommes doués de raison, qui les a ainsi disposés. Et si on considère qu'il y a eu néanmoins de tout temps quelques officiers, qui ont eu en charge de prendre garde aux bâtiments des particuliers, pour les faire servir à l'ornement du public, on connaîtra bien qu'il est malaisé, en ne travaillant que sur les ouvrages d'autrui, de faire des choses fort accomplies »DESCARTES

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

L'origine psychologique de la notion d'espace, ou sa nécessité, n'est pas si manifeste qu'elle pourrait nous paraître en raison de nos habitudes de penser. Les anciens géomètres traitent d'objets conçus par l'esprit (point, droite, plan), mais non pas de l'espace comme tel, comme l'a fait plus tard la Géométrie analytique. Mais la notion d'espace s'impose à nous par certaines expériences primitives. Soit donnée une boîte ; on peut y introduire des objets en les rangeant dans un certain ordre, de sorte qu'elle devient pleine. La possibilité de tels arrangements est une propriété de l'objet corporel appelé boîte, quelque chose qui est donné avec elle, « l'espace renfermé » par elle. C'est quelque chose qui est différent pour des boîtes différentes, qui est tout naturellement considéré comme indépendant du fait que des objets se trouvent ou ne se trouvent pas dans la boîte. Quand celle-ci ne contient pas d'objets, son espace paraît « vide ». Jusqu'à présent notre notion d'espace est liée à la boîte. Mais il se trouve que les possibilités de position qui constituent l'espace de la boîte sont indépendantes de l'épaisseur de ses parois. Mais ne peut-on pas réduire cette épaisseur à zéro sans que l'espace disparaisse ? Qu'un tel passage à la limite soit naturel, cela est évident, et maintenant l'espace existe pour notre pensée sans boîte, comme objet indépendant, qui cependant paraît être si irréel quand on oublie l'origine de cette notion. On comprend que Descartes ait éprouvé de la répugnance à regarder l'espace comme un objet indépendant des objets corporels et pouvant exister sans la matière (1). (Ceci ne l'empêcha pas d'ailleurs de traiter l'espace comme notion fondamentale dans sa géométrie analytique.) Un regard jeté sur l'espace vide d'un baromètre à mercure a probablement désarmé les derniers cartésiens. Mais on ne peut pas nier que déjà à ce stade primitif il paraît peu satisfaisant de considérer la notion d'espace ou l'espace comme un objet réel indépendant. Les manières dont les corps peuvent être placés dans l'espace (boîte) sont l'objet de la Géométrie euclidienne à trois dimensions, dont la structure axiomatique nous fait facilement perdre de vue qu'elle se rapporte à des situations empiriques. Si de la façon esquissée plus haut, en liaison avec les expériences sur le « remplissage » de la boîte, la notion d'espace est formée, celui-ci est de prime abord limité. Mais cette limitation parait accessoire, parce qu'on peut apparemment toujours introduire une boîte plus grande qui enferme la plus petite. L'espace apparaît ainsi comme quelque chose d'illimité. (...) Quand une boîte plus petite b est au repos relatif à l'intérieur d'une boîte vide plus grande B, l'espace vide de b est une partie de l'espace vide de B, et aux deux boîte appartient le même « espace » qui les contient toutes les deux. Mais la conception est moins simple, si b est en mouvement par rapport à B. Alors on est porté à penser que b enferme toujours le même espace, mais une partie variable de l'espace B. On est ainsi forcé de coordonner à chaque boîte un espace particulier (qu'on ne conçoit pas comme limité) et de supposer que ces deux espaces sont en mouvement l'un par rapport à l'autre. Avant que l'attention soit attirée sur cette complication, l'espace apparaît comme un milieu non limité (réceptacle) dans lequel les objets corporels se déplacent. Or, il faut penser qu'il y a un nombre infini d'espaces qui sont en mouvement l'un par rapport à l'autre. La conception que l'espace jouit d'une existence objective indépendante des objets appartient déjà à la pensée préscientifique, mais non pas l'idée de l'existence d'un nombre infini d'espaces en mouvement l'un par rapport à l'autre. Cette dernière idée est certes logiquement inévitable, mais pendant longtemps elle n'a pas joué un rôle important, même dans la pensée scientifique. (1) : La tentative de Kant de supprimer le malaise en niant l'objectivité de l'espace peut à peine être prise au sérieux. Les possibilités de position, personnifiées par l'intérieur d'une boîte, sont dans le même sens objectives que la boîte elle-même et les objets qui peuvent y être placés. (Note de Einstein). EINSTEIN

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

FREUD

Dans tous les cas observé on constate qu'un désir violent a été ressenti, qui s'est trouvé en complète opposition avec les autres désirs de l'individu, inconciliable avec les aspirations morales et esthétiques de sa personne. Un bref conflit s'en est suivi ; à l'issue de ce combat intérieur, le désir inconciliable est devenu l'objet du refoulement, il a été chassé hors de la conscience et oublié . Puisque la représentation en question est inconciliable avec « le moi » du malade, le refoulement se produit sous forme d'exigences morales ou autres de la part de l'individu. L'acceptation du désir inconciliable ou la prolongation du conflit auraient provoqué un malaise intense ; le refoulement épargne ce malaise, il apparaît ainsi comme un moyen de protéger la personne psychique. Je me limiterai à l'exposé d'un seul cas, dans lequel les conditions et l'utilité du refoulement sont clairement révélées. Néanmoins, je dois encore écourter ce cas et laisser de côté d'importantes hypothèses.-Une jeune fille avait récemment perdu un père tendrement aimé, après avoir aidé à le soigner (...). Sa soeur aînée s'étant mariée, elle se prit d'une vive affection pour son beau-frère, affection qui passa, du reste, pour une simple intimité comme on en rencontre entre les membres d'une même famille. Mais bientôt cette soeur tomba malade et mourut pendant une absence de notre jeune fille et de sa mère. Celles-ci furent rappelées en hâte, sans être entièrement instruites du douloureux événement. Lorsque la jeune fille arriva au chevet de sa soeur morte, en elle émergea, pour une seconde, une idée qui pouvait s'exprimer à peu près ainsi : maintenant il est libre et il peut m'épouser. Il est certain que cette idée, qui trahissait à la conscience de la jeune fille l'amour intense qu'elle éprouvait sans le savoir pour son beau-frère, la révolta et fut immédiatement refoulée. La jeune fille tomba malade à son tour, présenta de graves symptômes hystériques, et lorsque je la pris en traitement, il apparut qu'elle avait radicalement oublié cette scène devant le lit mortuaire de sa soeur et le mouvement de haine et d'égoïsme qui s'était emparé d'elle. Elle s'en souvint au cours du traitement, reproduisit cet incident avec les signes de la plus violente émotion, et le traitement la guérit.FREUD

» Accédez au corrigé

1,80 ¤

» Consulter également les 198 résultats sur Aide-en-philo.com

150000 corrigés de dissertation en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit