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« A vrai dire on ne devrait nommer art que le produit de la liberté, c'est-à-dire d'un vouloir qui fonde ses actes sur la raison. On se plaît à nommer oeuvre d'art le travail des abeilles (les rayons de cire régulièrement construits), mais ce n'est que par analogie; car dès que l'on songe qu'aucune réflexion particulière de la raison ne préside à leur travail, on dit aussitôt : c'est une production de la nature (leur instinct) et comme oeuvre d'art, on ne l'attribue qu'à leur Créateur. Quand, en fouillant un marécage, on trouve, comme il est arrivé parfois, un morceau de bois taillé, on dit que c'est un produit de l'art et non de la nature; sa cause efficiente a pensé une fin à laquelle il doit sa forme. On voit un produit de l'art dans tout ce qui est ainsi constitué que la représentation en a dû dans la cause précéder la réalisation (même chez les abeilles) sans que cependant cette cause ait pu à vrai dire concevoir cet effet. Mais quand on nomme simplement une chose oeuvre d'art pour la distinguer d'un effet de la nature, on entend toujours par là un ouvrage des hommes. » KANT

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Montesquieu: Démocratie et liberté politique

« Il est vrai que dans les démocraties le peuple paraît faire ce qu'il veut; mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un État, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l'esprit ce que c'est que l'indépendance, et ce que c'est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent; et si un citoyen pouvait faire ce qu'elles défendent, il n'aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir. » MONTESQUIEU

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Bachelard: Rêve et reverie

« Dans les quarante ans de ma vie de philosophe, j'ai entendu dire que la philosophie reprenait un nouveau départ avec le Cogito ergo sum (1) de Descartes. J'ai dû aussi énoncer moi-même cette leçon initiale. Dans l'ordre des pensées, c'est une devise si claire! Mais n'en dérangerait-on pas le dogmatisme si l'on demandait au rêveur s'il est bien sûr d'être l'être qui rêve son rêve ? Une telle question ne troublait guère un Descartes. Pour lui penser, vouloir, aimer, rêver, c'est toujours une activité de son esprit. Il était sûr, l'heureux homme, que c'était lui, bien lui, lui seul qui avait passions et sagesse. Mais un rêveur, un vrai rêveur qui traverse les folies de la nuit, est-il si sûr d'être lui-même? Quant à nous, nous en doutons. Nous avons toujours reculé devant l'analyse des rêves de la nuit. Et c'est ainsi que nous sommes arrivé à cette distinction un peu sommaire qui cependant devait éclairer nos enquêtes. Le rêveur de la nuit ne peut énoncer un cogito. Le rêve de la nuit est un rêve sans rêveur. Au contraire, le rêveur de rêverie garde assez de conscience pour dire : c'est moi qui rêve la rêverie, c'est moi qui suis heureux de rêver ma rêverie, c'est moi qui suis heureux du loisir où je n'ai plus la tâche de penser. » G. BACHELARD (1) Je pense donc je suis.

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Saint Augustin et le démon

« Quand, du fond le plus intérieur, ma pensée eut retiré et amassé toute ma misère devant les yeux de mon coeur, il s'y éleva un affreux orage, chargé d'une pluie de larmes. Et pour les répandre avec tous mes soupirs, je me levai […] et j'allai m'étendre, je ne sais comment, sous un figuier, et je lâchai les rênes à mes larmes, et les sources de mes yeux ruisselèrent, comme le sang d'un sacrifice agréable. Et je vous parlai, non pas en ces termes, mais en ce sens : « Eh ! Jusques à quand, Seigneur ? Jusques à quand, Seigneur, serez-vous irrité ? Ne gardez pas souvenir de mes iniquités passées. » Car je sentais qu'elles me retenaient encore. Et je m'écriais en sanglots : Jusques à quand ? Jusques à quand ? Demain ?… demain ?... Pourquoi pas à l'instant ; pourquoi pas sur l'heure en finir avec ma honte ? Le démon tenait dans sa main mon vouloir, et il m'en avait fait une chaîne, et il m'en avait lié. Car la volonté pervertie fait la passion ; l'asservissement à la passion fait la coutume ; le défaut de résistance à la coutume fait la nécessité. Et ces noeuds d'iniquité étaient comme les anneaux de cette chaîne dont m'enlaçait le plus dur esclavage. Cette volonté nouvelle qui se levait en moi de vous servir sans intérêt, de jouir de vous, mon Dieu, seule joie véritable, cette volonté était trop faible pour vaincre la force invétérée de l'autre. Ainsi deux volontés en moi, une vieille, une nouvelle, l'une charnelle, l'autre spirituelle, étaient aux prises, et cette lutte brisait mon âme. » Saint Augustin, Les Confessions, livre VIII Chapitres 5 et 12

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Lucrèce: La vie et la mort

« Qu'est-ce donc qui te tient à coeur, ô mortel, pour t'abandonner à cette douleur et à ces plaintes sans mesure? Pourquoi la mort t'arrache-t-elle ces gémissements et ces pleurs? Car si tu as pu jouir à ton gré de ta vie passée, si tous ces plaisirs n'ont pas été entassés comme dans un vase percé, s'ils ne se sont pas écoulés et perdus sans profit, pourquoi, tel un convive rassasié, ne point te retirer de la vie; pourquoi, pauvre sot, ne point prendre de bonne grâce un repos que rien ne troublera ? Si au contraire tout ce dont tu as joui s'est écoulé en pure perte, si la vie t'est à charge pourquoi vouloir l'allonger d'un temps qui doit à son tour aboutir à une triste fin et se dissiper tout entier sans profit? Ne vaut-il pas mieux mettre un terme à tes jours et à tes souffrances? Car imaginer désormais quelque invention nouvelle pour te plaire, je ne le puis : les choses vont toujours de même. Si ton corps n'est plus décrépit par les années, si tes membres ne tombent pas d'épuisement, il te faut néanmoins toujours t'attendre aux mêmes choses, même si la durée de ta vie devait triompher de toutes les générations, et bien plus encore si tu ne devais jamais mourir. » LUCRÈCE

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FERNAND LÉGER - [La beauté est partout]

[La beauté est partout] Je considère que la beauté plastique en général est totalement indépendante des valeurs sentimentales, descriptives et imitatives. Chaque objet, tableau, architecture, organisation ornementale, a une valeur en soi, strictement absolue, indépendante de ce qu'elle représente. Nombre d'individus seraient sensibles à la beauté sans intention si l'idée préconçue de l'oeuvre d'art n'était un bandeau sur les yeux. (...) Les hommes ont peur du libre arbitre qui est, pourtant, le seul état d'esprit possible pour l'enregistrement du beau. Victimes d'une époque critique, sceptique, intelligente, ils s'acharnent à vouloir comprendre au lieu de se laisser aller à leur sensibilité. « Ils croient aux faiseurs d'art », parce qu'ils sont professionnels. Les titres, les distinctions, les éblouissent et leur bouchent la vue. Mon but est d'essayer d'imposer ceci : qu'il n'y a pas de Beau catalogué, hiérarchisé ; que c'est l'erreur la plus lourde qui soit. Le Beau est partout, dans l'ordre de vos casseroles, sur le mur blanc de votre cuisine, plus peut-être que dans votre salon XVIIIe siècle ou dans les musées officiels. FERNAND LÉGER, Fonctions de la peinture, 1965.

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HEGEL: Hypocrisie de la méchanceté.

Il y a hypocrisie lorsque des hommes se conduisent avec méchanceté tout en se donnant, aux yeux d'autrui, l'apparence d'avoir une bonne intention, de vouloir accomplir une bonne action. Mais la conduite extérieure ne saurait se dissocier de la conduite intérieure. Lorsqu'on commet une action méchante, c'est que l'intention a été, elle aussi, par essence même, méchante, et non pas bonne. Il peut arriver que, ce faisant, l'homme ait voulu obtenir un résultat qui fût bon ou, du moins, licite. Mais d'un moyen qui est en lui-même et pour lui-même empreint de méchanceté on ne saurait user pour obtenir quelque chose de bon. Le but, ou l'intention, ne sanctifie pas les moyens. La bonté de la conduite elle-même n'est pas moins essentielle que celle de l'intention. — Pas davantage l'homme ne saurait se persuader que, dans la conduite commune de sa vie individuelle, il obéisse à des intentions importantes et excellentes. Mais, de même que l'homme, d'un côté, aime lier ses propres conduites à de bonnes intentions et tâche, par des réflexions, de grossir ses conduites en elles-mêmes et pour elles-mêmes sans importance, inversement, il lui arrive de prétendre découvrir quelque méchanceté dans les conduites grandes, ou du moins bonnes, d'autrui, en les rapportant à une intention égoïste. Hegel.

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F. Nietzsche: « devenir celui que l'on est »

Peut-être chacun a-t-il une fois connu dans sa jeunesse cet instant passionné, où il s'est dit : « Si seulement tu pouvais effacer tout ton passé ! Tu te tiendrais pur et vierge devant la nature, comme le premier homme, pour vivre désormais meilleur et plus sage. » C'est là un voeu insensé et terrible, car si tout le passé de cette personne se trouvait réellement effacé [...], cela ne signifierait rien de moins qu'anéantir, en même temps que ses quelques misérables lunaisons, d'innombrables générations passées : ces générations dont notre propre existence n'est que l'écho et le vestige, malgré la puissante inclination qui porte l'individu à se considérer comme quelque chose d'entièrement nouveau et inouï. De fait, il n'y a guère de désir plus égoïste que de vouloir anéantir a posteriori des générations entières du passé, parce que tel ou tel a, dans la suite des temps, des raisons de ne pas se sentir satisfait de lui-même. F. Nietzsche, Fragment posthume 26 [13], in Œuvres philosophiques complètes, Tome II, 1, pages 318, 319.

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Kant: Légitimité de la loi

Tout droit dépend des lois. Mais une loi publique qui arrête pour tous ce qui doit leur être juridiquement permis ou interdit est l'acte d'un vouloir public, source de tout droit, qui par conséquent ne doit lui-même faire de tort à personne. Or ce ne peut être le fait d'aucune autre volonté que celle du peuple en son entier (tous statuant sur tous et par conséquent chacun sur soi-même) : car ce n'est qu'à soi-même que nul ne peut faire tort (...). On appelle cette loi fondamentale, qui ne peut prendre sa source que dans la volonté générale (unie) du peuple, le contrat originaire. (...) Car telle est la pierre de touche de la légitimité de toute loi publique. Si en effet cette loi est de telle nature qu'il soit impossible que tout un peuple puisse y donner son assentiment (si par exemple elle décrète qu'une classe déterminée de sujets doit avoir héréditairement le privilège de la noblesse), elle n'est pas juste ; mais s'il est seulement possible qu'un peuple y donne son assentiment, c'est alors un devoir de tenir la loi pour juste, à supposer même que le peuple se trouve présentement dans une situation ou dans une disposition de sa façon de penser telles, que si on le consultait là-dessus, il refuserait probablement son assentiment. KANT

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Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs

Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs : "On ne pourrait non plus rendre un plus mauvais service à la moralité que de vouloir la faire dériver d'exemples. Car tout exemple qui m'en est proposé doit lui-même être jugé auparavant selon des principes de la moralité pour qu'on sache s'il est bien digne de servir d'exemple originel, c'est-à-dire de modèle; mais il ne peut nullement fournir en tout premier lieu le concept de moralité. Même le Saint de l'Evangile doit être d'abord comparé avec notre idéal de perfection morale avant qu'on le reconnaisse comme tel; aussi dit-il de lui-même : Pourquoi m'appelez-vous bon, moi (que vous voyez)? Nul n'est bon (le type du bien) que Dieu seul (que vous ne voyez pas). Mais d'où possédons-nous le concept de Dieu comme souverain bien? Uniquement de l'idée que la raison trace a priori de la perfection morale et qu'elle lie indissolublement au concept d'une libre volonté. En matière morale l'imitation n'a aucune place; des exemples ne servent qu'à encourager, c'est-à-dire qu'ils mettent hors de doute la possibilité d'exécuter ce que la loi ordonne; ils font tomber sous l'intuition ce que la règle pratique exprime d'une manière plus générale; mais ils ne peuvent jamais donner le droit de mettre de côté leur véritable original, qui réside dans la raison, et de se régler sur eux."

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Alain - Commémorer

Alain Commémorer C'est le lien du passé au présent qui fait une société. Mais non pas encore le lien de fait, le lien animal; ce n'est pas parce que l'homme hérite de l'homme qu'il fait société avec l'homme: c'est parce qu'il commémore l'homme. Commémorer c'est faire revivre ce qu'il y a de plus grand dans les morts, et les plus grands morts. C'est se conformer autant que l'on peut à ces images purifiées. C'est adorer ce que les morts auraient voulu être, ce qu'ils ont été à de rares moments. Les grandes oeuvres, poèmes, monuments, statues, sont les objets de ce culte. L'hymne aux grands morts ne cesse point. Il n'est pas d'écrivain ni d'orateur qui ne cherche abri sous ces grandes ombres; à chaque ligne il les évoque, et même sans le vouloir, par ces marquesdu génie humain qui sont imprimées dans toutes les langues. Et c'est par ce culte que l'homme est l'homme. Supposez qu'il oublie ces grands souvenirs, ces poèmes, cette langue ornée; supposez qu'il se borne à sa propre garde, et à la garde du camp, aux cris d'alarme et de colère, à ce que le corps produit sous la pression des choses qui l'entourent, le voilà animal, cherchant pâtée, et bourdonnant à l'obstacle, comme font les mouches.

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Theodor W. ADORNO, "Modèles critiques", Paris, Payot, 1984, pp. 114 à 119

Avoir une opinion, c'est affirmer, même de façon sommaire, la validité d'une conscience subjective limitée dans son contenu de vérité. La manière dont se présente une telle opinion peut être vraiment anodine. Lorsque quelqu'un dit qu'à son avis, le nouveau bâtiment de la faculté a sept étages, cela peut vouloir dire qu'il a appris cela d'un tiers, mais qu'il ne le sait pas exactement. Mais le sens est tout différent lorsque quelqu'un déclare qu'il est d'avis quant à lui que les Juifs sont une race inférieure de parasites, [...]. Dans ce cas, le "je suis d'avis" ne restreint pas le jugement hypothétique, mais le souligne. Lorsqu'un tel individu proclame comme sienne une opinion aussi rapide, sans pertinence, que n'étaye aucune expérience, ni aucune réflexion, il lui confère - même s'il la limite apparemment - et par le fait qu'il la réfère à lui-même en tant que sujet, une autorité qui est celle de la profession de foi. Et ce qui transparaît, c'est qu'il s'implique corps et âme; il aurait donc le courage de ses opinions, le courage de dire des choses déplaisantes qui ne plaisent en vérité que trop. Inversement, quand on a affaire à un jugement fondé et pertinent mais qui dérange, et qu'on n'est pas en mesure de réfuter, la tendance est tout aussi répandue à le discréditer en le présentant comme une simple opinion. [...] L'opinion s'approprie ce que la connaissance ne peut atteindre pour s'y substituer. Elle élimine de façon trompeuse le fossé entre le sujet connaissant et la réalité qui lui échappe. Et l'aliénation se révèle d'elle-même dans cette inadéquation de la simple opinion. [...] C'est pourquoi il ne suffit ni à la connaissance ni à une pratique visant à la transformation sociale de souligner le non-sens d'opinions d'une banalité indicible, qui font que les hommes se soumettent à des études caractérologiques et à des pronostics qu'une astrologie standardisée et commercialement de nouveau rentable rattache aux signes du zodiaque. Les hommes ne se ressentent pas Taureau ou Vierge parce qu'ils sont bêtes au point d'obéir aux injonctions des journaux qui sous-entendent qu'il est tout naturel que cela signifie quelque chose, mais parce que ces clichés et les directives stupides pour un art de vivre qui se contentent de recommander ce qu'ils doivent faire de toute façon, leur facilitent - même si ce n'est qu'une apparence - les choix à faire et apaisent momentanément leur sentiment d'être étrangers à la vie, voire étrangers à leur propre vie. La force de résistance de l'opinion pure et simple s'explique par son fonctionnement psychique. Elle offre des explications grâce auxquelles on peut organiser sans contradictions la réalité contradictoire, sans faire de grands efforts. A cela s'ajoute la satisfaction narcissique que procure l'opinion passe-partout, en renforçant ses adeptes dans leur sentiment d'avoir toujours su de quoi il retourne et de faire partie de ceux qui savent. Theodor W. ADORNO, "Modèles critiques", Paris, Payot, 1984, pp. 114 à 119

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Jean Baudrillard, Le Système des objets. Éd. Gallimard, coll. Tel, 1968, pp. 282-283.

Il n'y a pas de limites à la consommation. Si elle était ce pour quoi on la prend naïvement: une absorption, une dévoration, on devrait arriver à une saturation. Si elle était relative à l'ordre des besoins, on devrait s'acheminer vers une satisfaction. Or, nous savons qu'il n'en est rien : on veut consommer de plus en plus. Cette compulsion de consommation n'est pas due à quelque fatalité psychologique (qui a bu boira, etc.) ni à une simple contrainte de prestige. Si la consommation semble irrépressible, c'est justement qu'elle est une pratique idéaliste totale qui n'a plus rien à voir (au-delà d'un certain seuil) avec la satisfaction de besoins ni avec le principe de réalité. C'est qu'elle est dynamisée par le projet toujours déçu et sous-entendu dans l'objet. Le projet immédiatisé dans le signe transfère sa dynamique existentielle à la possession systématique et indéfinie d'objets / signes de consommation. Celle-ci ne peut dès lors que se dépasser, ou se réitérer continuellement pour rester ce quelle est : une raison de vivre. Le projet même de vivre, morcelé, déçu, signifié, se reprend et s'abolit dans les objets successifs. « Tempérer » la consommation ou vouloir établir une grille de besoins propre à la normaliser relève donc d'un moralisme naïf ou absurde. Jean Baudrillard, Le Système des objets. Éd. Gallimard, coll. Tel, 1968, pp. 282-283.

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