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FREUD: Ces idées, qui professent d'être des dogmes...

Ces idées, qui professent d'être des dogmes, ne sont pas le résidu de l'expérience ou le résultat final de la réflexion... pour ainsi dire enlevés et recevoir une solution acceptée par tous. FREUD

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Note : 5.1/10
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Lévinas et la relation à autrui

On pense que ma relation avec l'autre tend à m'identifier à lui en m'abîmant dans la représentation collective, dans un idéal commun ou dans un geste commun. C'est la collectivité qui dit « nous », qui sent l'autre à côté de soi et non pas en face de soi. C'est aussi la collectivité qui s'établit nécessairement autour d'un troisième terme qui sert d'intermédiaire, qui fournit le commun de la communion. [...] À cette collectivité de camarades, nous opposons la collectivité du moi-toi qui la précède. Elle n'est pas une participation à un troisième terme - personne intermédiaire, vérité, dogme, oeuvre, profession, intérêt, habitation, repas - c'est-à-dire elle n'est pas une communion. Elle est le face-à-face redoutable d'une relation sans intermédiaire, sans médiation. Dès lors l'interpersonnel n'est pas la relation en soi indifférente et réciproque de deux termes interchangeables. Autrui, en tant qu'autrui, n'est pas seulement mon alter ego. Il est ce que moi je ne suis pas : il est le faible alors que moi je suis le fort; il est le pauvre, il est « la veuve et l'orphelin ». [...] Ou bien il est l'étranger, l'ennemi, le puissant. L'essentiel, c'est qu'il a ces qualités de par son altérité même. L'espace intersubjectif est initialement asymétrique. [...] L'intersubjectivité n'est pas simplement l'application de la catégorie de la multiplicité au domaine de l'esprit. Elle nous est fournie par l'Éros, où, dans la proximité d'autrui, est intégralement maintenue la distance dont le pathétique est fait, à la fois, de cette proximité et de cette dualité des êtres. Ce qu'on présente comme l'échec de la communication dans l'amour, constitue précisément la positivité de la relation : cette absence de l'autre est précisément sa présence comme autre. L'autre, c'est le prochain - mais la proximité n'est pas une dégradation ou une étape de la fusion. Lévinas

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ROUSSEAU: De la religion naturelle.

Vous ne voyez dans mon exposé que la religion naturelle : il est bien étrange qu'il en faille une autre. Par où connaîtrai-je cette nécessité ? De quoi puis-je être coupable en servant Dieu selon les lumières qu'il donne à mon esprit et selon les sentiments qu'il inspire à mon coeur ? Quelle pureté de morale, quel dogme utile à l'homme et honorable à son auteur puis-je tirer d'une doctrine positive, que je ne puisse tirer sans elle du bon usage de mes facultés ? Montrez-moi ce qu'on peut ajouter, pour la gloire de Dieu, pour le bien de la société, et pour mon propre avantage, aux devoirs de la loi naturelle, et quelle vertu vous ferez naître d'un nouveau culte, qui ne soit pas une conséquence du mien. Les plus grandes idées de la Divinité nous viennent par la raison seule. Voyez le spectacle de la nature, écoutez la voix intérieure. Dieu n'a-t-il pas tout dit à nos yeux, à notre conscience, à notre jugement ? Qu'est-ce que les hommes nous diront de plus ? Leurs révélations ne font que dégrader Dieu, en lui donnant les passions humaines. Loin d'éclaircir les notions du grand Être, je vois que les dogmes particuliers les embrouillent ; que loin de les ennoblir, ils les avilissent ; qu'aux mystères inconcevables qui l'environnent ils ajoutent des contradictions absurdes ; qu'ils rendent l'homme orgueilleux, intolérant, cruel ; qu'au lieu d'établir la paix sur la terre, ils y portent le fer et le feu. Je me demande à quoi bon tout cela sans savoir me répondre. Je n'y vois que les crimes des hommes et les misères du genre humain. On me dit qu'il fallait une révélation pour apprendre aux hommes la manière dont Dieu voulait être servi ; on assigne en preuve la diversité des cultes bizarres qu'ils ont institués, et l'on ne voit pas que cette diversité même vient de la fantaisie des révélations. Dès que les peuples se sont avisés de faire parler Dieu, chacun l'a fait parler à sa mode et lui a fait dire ce qu'il a voulu. Si l'on n'eût écouté que ce que Dieu dit au coeur de l'homme, il n'y aurait jamais eu qu'une religion sur la terre. Il fallait un culte uniforme ; je le veux bien : mais ce point était-il donc si important qu'il fallût tout l'appareil de la puissance divine pour l'établir ? Ne confondons point le cérémonial de la religion avec la religion. Le culte que Dieu demande est celui du coeur ; et celui-là, quand il est sincère, est toujours uniforme. ROUSSEAU

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Les actes et la conduite d'un individu et d'un peuple peuvent être très modifiés par les dogmes, l'exemple et l'habitude. Mais les actes pris en eux-mêmes ne sont que de vaines images, il n'y a que la disposition d'esprit qui pousse aux actes, qui leur donne une importance morale. Celle-ci peut rester absolument la même, tout en ayant des manifestations extérieures entièrement différentes. Avec un degré égal de méchanceté, l'un peut mourir sur la roue, l'autre s'éteindre le plus paisiblement du monde au milieu des siens. Ce peut être le même degré de méchanceté qui s'exprime chez un peuple par des actes grossiers, meurtre, cannibalisme, chez un autre, au contraire, doucement et en miniature par des intrigues de cour, des oppressions et des ruses subtiles de toute sorte ; le fond des choses reste le même. On pourrait imaginer un Etat parfait, ou même peut-être un dogme inspirant une foi absolue en des récompenses et des peines après la mort, qui réussirait à empêcher tout crime : politiquement ce serait beaucoup, moralement on ne gagnerait rien, les actes seuls seraient enchaînés et non la volonté. Les actes pourraient être corrects, la volonté resterait pervertie. Arthur SCHOPENHAUER.

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Qu'est-ce que les Lumières ? (Aliéna cinquième). KANT

Qu'est-ce que les Lumières ? (Aliéna cinquième). KANT [5] " Or rien n'est exigé en vue de ces Lumières que la liberté; et même la liberté la plus innocente qui soit parmi tout ce qui est susceptible de porter le nom de liberté ; à savoir la liberté de faire un usage public de sa raison dans tous les domaines. Mais j'entends à présent crier de toutes parts : " Ne raisonnez pas! ". L'officier dit " Ne raisonnez pas, mais faites l'exercice! " Le percepteur " Ne raisonnez pas, mais payez! " Le prêtre : " Ne raisonnez pas, mais croyez! " (Il n'y a qu'un seul maître au monde qui dise : " Raisonnez autant que vous voulez, et sur tout ce que vous voulez; mais obéissez! ") Dans tous les cas, il y a restriction de la liberté. Mais quelle restriction est un obstacle aux Lumières? Laquelle n'en est pas un, mais peut même leur être favorable? - Je réponds : l'usage public de notre raison doit être constamment libre, et lui seul peut établir les Lumières parmi les hommes ; son usage privé peut en revanche être souvent très étroitement limité, sans pour autant être un obstacle notable aux progrès des Lumières. Or j'entends par usage public de notre propre raison celui que l'on en fait en tant que savant devant l'ensemble du public que constitue le monde des lettrés. J'appelle usage privé celui que l'on est autorisé à faire dans un certain poste civil, ou une fonction, qui nous est confiée. Or, pour maintes affaires qui concernent l'intérêt de la république, un certain mécanisme est nécessaire, en vertu duquel quelques membres de la république doivent se comporter de manière purement passive, afin d'être, moyennant une unanimité artificielle, dirigés par le gouvernement vers des fins publiques, ou du moins d'être empêchés d'anéantir ces fins. Dans ce cas, il n'est, en effet, pas permis d'ergoter; mais l'on doit nécessairement obéir. Mais, dans la mesure où cette partie de la machine se considère en même temps elle-même comme membre d'une république entière, voire de la société cosmopolitique, et, par conséquent, en sa qualité de savant qui s'adresse par des écrits à un public au sens propre du terme, elle peut, en effet, raisonner sans que les affaires auxquelles elle est partiellement vouée en tant que membre passif en souffrent. il serait ainsi très pernicieux qu'un officier, qui a reçu un ordre de ses supérieurs, veuille dans le cadre de son service ratiociner à haute voix sur la convenance ou l'utilité de cet ordre; il doit obéir. Mais on ne saurait à bon droit l'empêcher, en tant que savant, de faire des remarques sur les fautes commises dans l'art de la guerre ou le service des armes et de les soumettre au jugement de son public. Le citoyen ne peut refuser de payer les impôts auxquels il est soumis; une réprobation impertinente de tels impôts faite au moment où il doit s'en acquitter peut même être punie comme un scandale (qui pourrait entraîner des actes de désobéissance généralisés). Toutefois, le même individu n'agit pas à l'encontre de son devoir de citoyen, s'il exprime publiquement ses réflexions sur l'inopportunité, voire l'iniquité de telles impositions. De même, un prêtre est astreint à faire son exposé à ses catéchumènes et à sa paroisse selon le symbole de l'Église qu'il sert; car c'est à cette condition qu'il a été admis. Mais, en tant que savant, il a pleine liberté et même vocation de communiquer au public toutes ses réflexions soigneusement éprouvées et bienveillantes concernant les déficiences de ce symbole, en vue d'une meilleure organisation des affaires religieuses et ecclésiales. Il n'y a rien ici qui puisse être un poids pour sa conscience. Car, ce que, comme mandataire de l'Église, il enseigne du fait de ses fonctions, il le présente comme quelque chose qu'il n'a pas libre pouvoir d'enseigner comme bon lui semble, mais que son emploi lui enjoint d'exposer d'après des prescriptions et par procuration. Il dira : " Notre Église enseigne ceci ou cela ; voici les arguments dont elle se sert. " Il tirera ensuite, pour sa communauté, tous les avantages pratiques de dogmes auxquels il ne souscrirait pas lui-même en toute conviction, mais qu'il peut néanmoins s'engager à exposer, parce qu'il n'est pas totalement impossible qu'ils contiennent une vérité cachée, et qu'en tout cas, il ne s'y trouve du moins rien qui contredise la religion intérieure. Car s'il croyait y trouver quelque chose de semblable, il ne pourrait exercer sa fonction en toute conscience; il devrait nécessairement démissionner. L'usage, par conséquent, qu'un éducateur officiel fait de sa raison devant sa communauté n'est qu'un usage privé; parce que celle-ci n'est jamais qu'une réunion de famille, aussi importante soit-elle ; et, à cet égard, en tant que prêtre, il n'est pas libre, et il ne lui est pas non plus permis de l'être, car il exécute une tâche imposée. En revanche, en tant que savant qui parle par des écrits au public proprement dit, à savoir au monde, et donc comme ecclésiastique faisant un usage public de sa raison, il jouit d'une liberté sans restriction de se servir de sa propre raison et de parler en son nom propre. Car, dire que les tuteurs du peuple (s'agissant des questions spirituelles) doivent être à leur tour mineurs, c'est là une aberration qui revient à perpétuer les aberrations. "

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FREUD: Religion, dogmes et désirs

« Les idées religieuses, qui professent d'être des dogmes, ne sont pas le résidu de l'expérience ou le résultat final de la réflexion : elles sont des illusions, la réalisation des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l'humanité; le secret de leur force est la force de ces désirs. Nous le savons déjà : l'impression terrifiante de la détresse infantile avait éveillé le besoin d'être protégé — protégé en étant aimé — besoin auquel le père a satisfait; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l'homme s'est cramponné à un père cette fois plus puissant. L'angoisse humaine en face des dangers de la vie s'apaise à la pensée du règne bienveillant de la Providence divine, l'institution d'un ordre moral de l'univers assure la réalisation des exigences de la justice, si souvent demeurées non réalisées dans les civilisations humaines, et la prolongation de l'existence terrestre par une vie future fournit les cadres du temps et le lieu où les désirs se réaliseront. Des réponses aux questions que se pose la curiosité humaine touchant ces énigmes : la genèse de l'univers, le rapport entre le corporel et le spirituel, s'élaborent suivant les prémisses du système religieux. Et c'est un énorme allégement pour l'âme individuelle que de voir les conflits de l'enfance — conflits qui ne sont jamais entièrement résolus — lui être pour ainsi dire enlevés et recevoir une solution acceptée de tous. » S. FREUD

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Schopenhauer et la religion

Malgré la diversité des cultures à travers le temps et les âges, il est une constante qui semble toutes les traverser et que l'on retrouve toujours à plus ou moins grande échelle dans les diverses sociétés humaines : le besoin de religion de l'homme. Si on peut ainsi s'interroger sur le ou les fondements communs des religions, il n'en demeure pas moins que ce questionnement est nécessairement extérieur à la religion, car en effet, cela suppose que les religions soient des inventions humaines et non pas révélations, don des dieux, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas une origine noble. Dès lors, il s'agit de s'interroger sur le fondement "bassement" humain des religions et se demander à quel intérêt et quel besoin, les religions ne font que répondre. C'est ainsi que Schopenhauer dans ce texte extrait du Monde comme volonté et comme représentation défend l'idée que l'intérêt, la « grande affaire » des religions c'est le dogme d'une existence qui ne se finit pas avec la mort. Cette idée est ainsi, non seulement, à la base des religions mais elle est, bien plus que les dieux, leur unique préoccupation. Ainsi du début du texte jusqu'à "se comprendraient d'elles-mêmes", Schopenhauer commence par expliquer pourquoi, pour l'homme, le monde fait problème, pour ensuite montrer, de "aussi voyons-nous" à " les connaître de plus près ", en quoi les religions sont une réponse à cela avec l'idée que les religions résident uniquement sur le dogme de l'immortalité. Enfin, dans un dernier moment du texte, de " On irait jusqu'au bout " à la fin du texte, il pousse son raisonnement jusqu'à sa dernière conséquence : les religions reposent entièrement sur le dogme de l'immortalité et dès lors, non seulement les dieux sont accessoires mais ils peuvent être niés. SCHOPENHAUER

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Saint Thomas d'Aquin: De la coexistence entre foi et raison

Il faut donc dire que si, en fait, les arguments de la raison humaine sont sans force pour démontrer ce qui est de la foi, il reste qu'à partir des articles de foi, la doctrine sacrée peut prouver autre chose. Il est certain que notre doctrine doit user avant tout des arguments d'autorité; on peut même dire que cela lui est souverainement propre, en tant qu'elle s'appuie sur la révélation et exige donc qu'on en croie ceux à qui la révélation a été faite. Mais cela ne déroge nullement à sa dignité; car si l'argument d'autorité est le plus infirme quand il s'agit de l'autorité d'une raison humaine, l'argument fondé sur l'autorité de la révélation divine est de tous le plus efficace. Du reste, la raison humaine garde ici un grand rôle; elle ne démontre pas les dogmes, ce qui enlèverait le mérite de la foi; mais elle obtient d'autres conclusions qui font également partie de la doctrine. Comme donc la grâce ne détruit pas la nature, mais l'achève, c'est un devoir, pour la raison naturelle, de servir la foi, comme l'inclination naturelle de la volonté accompagne et seconde la charité. Aussi l'Apôtre dit-il : « Nous assujettissons notre pensée à l'obéissance du Christ. » De là vient que la doctrine sainte utilise même les dires des philosophes, là où l'exercice de la raison naturelle leur permit de découvrir le vrai. Saint Thomas d'Aquin

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Leibniz: La connaissance doit-elle obéir à la raison ?

La distinction qu'on a coutume de faire entre ce qui est au-dessus de la raison, et ce qui est contre la raison, s'accorde assez bien avec la distinction qu'on vient de faire entre les deux espèces de la nécessité. Car ce qui est contre la raison est contre les vérités absolument certaines et indispensables ; et ce qui est au-dessus de la raison, est contraire seulement à ce qu'on a coutume d'expérimenter ou de comprendre. C'est pourquoi je m'étonne qu'il y ait des gens d'esprit qui combattent cette distinction, et que M. Bayle soit de ce nombre. Elle est assurément très bien fondée. Une vérité est au-dessus de la raison, quand notre esprit (ou même tout esprit créé), ne le saurait comprendre : et telle est, à mon avis, la sainte Trinité ; tels sont les miracles réservés à Dieu seul, comme par exemple, la création ; tel est le choix de l'ordre de l'univers, qui dépend de l'harmonie universelle, et de la connaissance distincte d'une infinité de choses à la fois. Mais une vérité ne saurait jamais être contre la raison ; et bien loin qu'un dogme combattu et convaincu par la raison soit incompréhensible, l'on peut dire que rien n'est plus aisé à comprendre, ni plus manifeste que son absurdité. Car j'ai remarqué d'abord que par la raison on n'entend pas ici les opinions et les discours des hommes, ni même l'habitude qu'ils ont prise de juger des choses suivant le cours ordinaire de la nature, mais l'enchaînement inviolable des vérités.

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[La réponse] se dégage lorsque nous envisageons la genèse psychique des représentations religieuses. Celles-ci, qui se donnent comme des dogmes, ne sont pas des précipités de l'expérience ou des résultats ultimes de la pensée, ce sont des illusions, accomplissements des souhaits les plus anciens, les plus forts et les plus pressants de l'humanité ; le secret de leur force, c'est la force des souhaits. Nous le savons déjà, l'impression d'effroi liée au désaide de l'enfant a éveillé le désir de protection - protection par l'amour - auquel le père a répondu par son aide ; la reconnaissance du fait que ce désaide persiste tout au long de la vie a été la cause du ferme attachement à l'existence d'un père - désormais plus puissant, il est vrai. Du fait que la Providence divine gouverne avec bienveillance, l'angoisse devant les dangers de la vie est apaisée, l'instauration d'un ordre moral du monde assurant l'accomplissement de l'exigence de justice si souvent demeurée inaccomplie au sein de la culture humaine ; le prolongement de l'existence terrestre par une vie future y adjoint le cadre spatial et temporel dans lequel ces accomplissements de souhait sont censés s'effectuer. Des réponses aux questions-énigmes posées par le désir de savoir humain, comme celle de la genèse du monde et de la relation entre le corporel et l'animique, sont développées suivant les présuppositions de ce système ; ce qui constitue un formidable soulagement pour la psyché individuelle, c'est que les conflits de l'enfance provenant du complexe paternel, conflits jamais tout à fait surmontés, lui soient retirés et soient acheminés vers une solution admise par tous. Lorsque je dis que tout cela sont des illusions, il me faut limiter la signification de ce mot. Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, elle n'est pas non plus nécessairement une erreur. (...) Il reste caractéristique de l'illusion qu'elle dérive de souhaits humains ; elle se rapproche à cet égard de l'idée délirante en psychiatrie, mais elle s'en distingue par ailleurs, indépendamment de la construction plus compliquée de l'idée délirante. Dans l'idée délirante, nous soulignons comme essentielle la contradiction avec la réalité effective ; l'illusion, elle, n'est pas nécessairement fausse, c'est-à-dire irréalisable ou en contradiction avec la réalité. (...) Nous appelons donc une croyance illusion lorsque, dans sa motivation, l'accomplissement du souhait vient au premier plan, et nous faisons là abstraction de son rapport à la réalité effective, tout comme l'illusion elle-même renonce à être accréditée. FREUD, Sigmund, L'Avenir d'une illusion, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1995, section VI, p. 30-32.

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Depuis que la subordination constante de l'imagination à l'observation a été unanimement reconnue comme la première condition fondamentale de toute saine spéculation scientifique, une vicieuse interprétation a souvent conduit à abuser beaucoup de ce grand principe logique, pour faire dégénérer la science réelle en une sorte de stérile accumulation de faits incohérents, qui ne pourrait offrir d'autre mérite essentiel que celui de l'exactitude partielle. Il importe donc de bien sentir que le véritable esprit positif n'est pas moins éloigné, au fond, de l'empirisme que du mysticisme ; c'est entre ces deux aberrations, également funestes, qu'il doit toujours cheminer : le besoin d'une telle réserve continue, aussi difficile qu'importante, suffirait d'ailleurs pour vérifier, conformément à nos explications initiales, combien la vraie positivité doit être mûrement préparée, de manière à ne pouvoir nullement convenir à l'état naissant de l'Humanité. C'est dans les lois des phénomènes que consiste réellement la science, à laquelle les faits proprement dits, quelque exacts et nombreux qu'ils puissent être, ne fournissent jamais que d'indispensables matériaux. Or, en considérant la destination constante de ces lois, on peut dire, sans aucune exagération, que la véritable science bien loin d'être formée de simples observations, tend toujours à dispenser autant que possible, de l'exploration directe, en y substituant cette prévision rationnelle, qui constitue, à tous égards, le principal caractère de l'esprit positif, comme l'ensemble des études astronomiques nous le fera clairement sentir. Une telle prévision, suite nécessaire des relations constantes découvertes entre les phénomènes, ne permettra jamais de confondre la science réelle avec cette vaine érudition qui accumule machinalement des faits sans aspirer à les déduire les uns des autres. (...) L'exploration directe des phénomènes accomplis ne pourrait suffire à nous permettre d'en modifier l'accomplissement, si elle ne nous conduisait pas à le prévoir convenablement. Ainsi, le véritable esprit positif consiste surtout à voir pour prévoir, à étudier ce qui est afin d'en conclure ce qui sera, d'après le dogme général de l'invariabilité des lois naturelles. COMTE

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