Devoir de Philosophie

La Legende des Siecles Ils combattent, versant à flots leur sang vermeil.

Publié le 12/04/2014

Extrait du document

La Legende des Siecles Ils combattent, versant à flots leur sang vermeil. Le jour entier se passe ainsi. Mais le soleil Baisse vers l'horizon. La nuit vient. --Camarade, Dit Roland, je ne sais, mais je me sens malade. Je ne me soutiens plus, et je voudrais un peu De repos. --Je prétends, avec l'aide de Dieu, Dit le bel Olivier, le sourire à la lèvre, Vous vaincre par l'épée et non point par la fièvre. Dormez sur l'herbe verte; et, cette nuit, Roland, je vous éventerai de mon panache blanc. Couchez-vous et dormez. --Vassal, ton âme est neuve, Dit Roland. Je riais, je faisais une épreuve. Sans m'arrêter et sans me reposer, je puis Combattre quatre jours encore, et quatre nuits. Le duel reprend. La mort plane, le sang ruisselle. Durandal heurte et suit Closamont; l'étincelle Jaillit de toutes parts sous leurs coups répétés. L'ombre autour d'eux s'emplit de sinistres clartés. Ils frappent; le brouillard du fleuve monte et fume; Le voyageur s'effraie et croit voir dans la brume D'étranges bûcherons qui travaillent la nuit. Le jour naît, le combat continue à grand bruit; La pâle nuit revient, ils combattent; l'aurore Reparaît dans les cieux, ils combattent encore. Nul repos. Seulement, vers le troisième soir, Sous un arbre, en causant, ils sont allés s'asseoir; Puis ont recommencé. Le vieux Gérard dans Vienne Attend depuis trois jours que son enfant revienne. Il envoie un devin regarder sur les tours; Le devin dit: Seigneur, ils combattent toujours. Quatre jours sont passés, et l'île et le rivage Tremblent sous ce fracas monstrueux et sauvage. Ils vont, viennent, jamais fuyant, jamais lassés, Froissent le glaive au glaive et sautent les fossés, Et passent, au milieu des ronces remuées, Comme deux tourbillons et comme deux nuées. O chocs affreux! terreur! tumulte étincelant! Mais enfin Olivier saisit au corps Roland, Qui de son propre sang en combattant s'abreuve, LA LÉGENDE DES SIECLES 25 La Legende des Siecles Et jette d'un revers Durandal dans le fleuve. --C'est mon tour maintenant, et je vais envoyer Chercher un autre estoc pour vous, dit Olivier. Le sabre du géant Sinnagog est à Vienne. C'est, après Durandal, le seul qui vous convienne. Mon père le lui prit alors qu'il le défit. Acceptez-le. Roland sourit.--Il me suffit De ce bâton.--Il dit, et déracine un chêne. Sire Olivier arrache un orme dans la plaine Et jette son épée, et Roland, plein d'ennui, L'attaque. Il n'aimait pas qu'on vînt faire après lui Les générosités qu'il avait déjà faites. Plus d'épée en leurs mains, plus de casque à leurs têtes. Ils luttent maintenant, sourds, effarés, béants, A grands coups de troncs d'arbre, ainsi que des géants. Pour la cinquième fois, voici que la nuit tombe. Tout à coup Olivier, aigle aux yeux de colombe, S'arrête et dit: -Roland, nous n'en finirons point. Tant qu'il nous restera quelque tronçon au poing, Nous lutterons ainsi que lions et panthères. Ne vaudrait-il pas mieux que nous devinssions frères? Écoute, j'ai ma soeur, la belle Aude au bras blanc, Épouse-la. -Pardieu! je veux bien, dit Roland. Et maintenant buvons, car l'affaire était chaude.-- C'est ainsi que Roland épousa la belle Aude. AYMERILLOT Charlemagne, empereur à la barbe fleurie, Revient d'Espagne; il a le coeur triste, il s'écrie: --Roncevaux! Roncevaux! ô traître Ganelon! Car son neveu Roland est mort dans ce vallon Avec les douze pairs et toute son armée. Le laboureur des monts qui vit sous la ramée Est rentré chez lui, grave et calme, avec son chien; Il a baisé sa femme au front et dit: C'est bien. Il a lavé sa trompe et son arc aux fontaines; Et les os des héros blanchissent dans les plaines. Le bon roi Charle est plein de douleur et d'ennui; AYMERILLOT 26

« Et jette d'un revers Durandal dans le fleuve. —C'est mon tour maintenant, et je vais envoyer Chercher un autre estoc pour vous, dit Olivier. Le sabre du géant Sinnagog est à Vienne. C'est, après Durandal, le seul qui vous convienne. Mon père le lui prit alors qu'il le défit. Acceptez-le. Roland sourit.—Il me suffit De ce bâton.—Il dit, et déracine un chêne. Sire Olivier arrache un orme dans la plaine Et jette son épée, et Roland, plein d'ennui, L'attaque.

Il n'aimait pas qu'on vînt faire après lui Les générosités qu'il avait déjà faites. Plus d'épée en leurs mains, plus de casque à leurs têtes. Ils luttent maintenant, sourds, effarés, béants, A grands coups de troncs d'arbre, ainsi que des géants. Pour la cinquième fois, voici que la nuit tombe. Tout à coup Olivier, aigle aux yeux de colombe, S'arrête et dit: -Roland, nous n'en finirons point. Tant qu'il nous restera quelque tronçon au poing, Nous lutterons ainsi que lions et panthères. Ne vaudrait-il pas mieux que nous devinssions frères? Écoute, j'ai ma soeur, la belle Aude au bras blanc, Épouse-la. -Pardieu! je veux bien, dit Roland. Et maintenant buvons, car l'affaire était chaude.— C'est ainsi que Roland épousa la belle Aude. AYMERILLOT Charlemagne, empereur à la barbe fleurie, Revient d'Espagne; il a le coeur triste, il s'écrie: —Roncevaux! Roncevaux! ô traître Ganelon! Car son neveu Roland est mort dans ce vallon Avec les douze pairs et toute son armée. Le laboureur des monts qui vit sous la ramée Est rentré chez lui, grave et calme, avec son chien; Il a baisé sa femme au front et dit: C'est bien. Il a lavé sa trompe et son arc aux fontaines; Et les os des héros blanchissent dans les plaines. Le bon roi Charle est plein de douleur et d'ennui; La Legende des Siecles AYMERILLOT 26. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles