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Auguste RENOIR: FEMME NUE COUCHÉE

Publié le 17/01/2022

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auguste

Pierre-Auguste RENOIR

• Femme nue couchée • Huile sur toile 67 cm x 160 cm • Non signé • Peint vers 1906 • Localisation : Paris, musée de l'Orangerie • Expositions : Paris, 1905, 1927, 1950; Belgrade, 1939; Rio de Janeiro, 1940; Los Angeles, 1941

auguste

« harmonies "en rouge", quand il ramena toutes les autres nuances à cette couleur généreuse.

Les aspects "sublimes"de la nature ne l'ont point tenté et, même quand elle semble soulevée dans ses derniers paysages du Midi par unélan dionysiaque, elle n'accable point l'homme, elle est sa compagne bienveillante.

L'image que Renoir se fait del'espace nous offre cette atmosphère de paradis païen.

Ce que le regard embrasse suffit à l'artiste.

Il n'a rien d'unanalyste, ce magicien généreux et immobile.

De son seul regard, il "charme" les apparences.

Elles se posent sur satoile et s'y prennent à un réseau de poésie.

Il observe avec la vigilance exclusive et infaillible des peintres descavernes à qui leur pas réglé sur celui du gibier avait enseigné à en discerner les plus fugitives attitudes.

Après avoirusé de toutes les ressources de l'impressionnisme par quoi l'espace emprunte la fluidité du temps, Renoir éprouvaque cette vaine poursuite tend à subordonner l'artiste.

Pour Renoir, civilisé occidental, jamais ne s'efface lasuprématie de l'homme, qui seul est capable à la fois de sentir et d'organiser la nature.

Pour exprimer la profondeur,il inventera un milieu idéal où flotteront les objets, selon que la vivacité de leurs tons les éloigne ou les rapproche denous.

En situant les choses par la fermeté de leurs accents, il trouvera, pour des motifs analogues, une réponsepersonnelle aux questions que posaient les cubistes. Si la renommée qui salue en Renoir un des plus grands peintres du nu est trop exclusive, elle lui donne sa valeurauthentique.

Courbet est l'inventeur du type que Renoir réalisera peu à peu : la créature forte, saine, généreuse,dont la peau "prend bien la lumière".

Il échappait à cette superstition du dessin linéaire qui imposait aux corps lasilhouette voulue par la mode et parait les visages d'une suavité idéale.

Les nus de Renoir offriront longtemps uncontraste avec leurs "têtes expressives".

C'est au cours de son voyage en Italie qu'il fixe les traits si distinctifs dontil ne s'écarte plus ; la Baigneuse blonde de 1881 est à la limite imprécise entre deux penchants de notre être : sonregard va bientôt oublier les émotions de la vie humaine, au moment où elle va s'en retourner vers cette mer, dontla nuance des flots effacera la lueur plus sombre qu'y avait allumé le reflet de l'esprit. Les nus de la dernière époque ont suscité des critiques et des enthousiasmes irréductibles.

Il y avait pour Renoirune relation évidente entre la dilatation des formes et la "montée en rouge" qui nuance les corps et les choses.

Bienqu'il y ait dans cette production abondante et éclatante des pages où la vie semble surnager plutôt qu'elle n'animeles êtres, on hésiterait à condamner cette "expérience" suprême d'un génie admirablement honnête.

Quand on vientde revoir après huit années les deux Baigneuses couchées du Louvre, la nuance de nacre rose et non plus le vifincarnat qui nourrit leur peau et la force sereine et palpable qui irradie de leurs flancs et anime les plantes, l'eau,leurs compagnes mêmes et le ciel, on ne doute plus que le vieux créateur infirme n'a pas cessé de nous étonner parses leçons. Pierre-Auguste RENOIR• Femme nue couchée• Huile sur toile 67 cm x 160 cm• Non signé• Peint vers 1906• Localisation : Paris, musée de l'Orangerie• Expositions : Paris, 1905, 1927, 1950; Belgrade, 1939; Rio de Janeiro, 1940; Los Angeles, 1941 LA TECHNIQUELa technique, le format du tableau et la position du modèle sont typiques des années 1900.

Renoir, qui avait du malà lever son bras droit, utilisait alors d'amples mouvements horizontaux et, son pinceau étant moins mobile, préféraittravailler par larges touches.

Paradoxalement, cette contrainte apporte à l'oeuvre un souffle nouveau, car le peintresuit avec précision les contours de son sujet. L'OEUVREComme l'ont signalé les critiques, nous sommes loin de l'impressionnisme des décennies précédentes.

Ici, Renoirreprend un thème qui rappelle Ingres, mais aussi les grands classiques.

Quelques années auparavant, devant laVénus avec le joueur d'orgues, Renoir, admiratif, s'était écrié: «Comme on sent devant ce tableau toute la joie duTitien à peindre.

Quand je vois la passion qu'il a ressentie à peindre, il me fait part de sa jouissance.

» LA COTEL'autre tableau représentant Gabrielle peinte dans les mêmes conditions a été présenté dans une vente publiquechez Christie's en 1977.

Un collectionneur privé l'a acheté 660 000 dollars, soit 3,9 millions de FF de l'époque.

UnRenoir de cette dimension et de cette qualité dépasserait largement les 10 millions de FF (1,8 million de dollars)aujourd'hui.

LA CRITIQUECe tableau fut présenté au Salon de 1905, où avait également lieu une rétrospective Ingres.

Dans son compterendu, Maurice Denis écrivit: «Renoir, qui du reste n'a plus rien d'impressionniste, triomphe avec son étonnantedernière manière, des nus robustes et redondants comme les Raphaël de L'incendie et de La Farnésine.». »

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