Devoir de Philosophie

Auguste RENOIR: JEUNES FILLES AU PIANO

Publié le 17/01/2022

Extrait du document

auguste

Pierre-Auguste RENOIR 1841-1919

• Jeune Filles au piano • Huile sur toile 55 cm x 46 cm • Peint vers 1889 • Exposition : Paris, 1985 • Localisation : Joslyn Art Museum, Omaha (États-Unis)

auguste

« peinture, est parfois négligé comme paysagiste.

Il a passé d'une palette où les verts et les bleus dominaient à desharmonies "en rouge", quand il ramena toutes les autres nuances à cette couleur généreuse.

Les aspects "sublimes"de la nature ne l'ont point tenté et, même quand elle semble soulevée dans ses derniers paysages du Midi par unélan dionysiaque, elle n'accable point l'homme, elle est sa compagne bienveillante.

L'image que Renoir se fait del'espace nous offre cette atmosphère de paradis païen.

Ce que le regard embrasse suffit à l'artiste.

Il n'a rien d'unanalyste, ce magicien généreux et immobile.

De son seul regard, il "charme" les apparences.

Elles se posent sur satoile et s'y prennent à un réseau de poésie.

Il observe avec la vigilance exclusive et infaillible des peintres descavernes à qui leur pas réglé sur celui du gibier avait enseigné à en discerner les plus fugitives attitudes.

Après avoirusé de toutes les ressources de l'impressionnisme par quoi l'espace emprunte la fluidité du temps, Renoir éprouvaque cette vaine poursuite tend à subordonner l'artiste.

Pour Renoir, civilisé occidental, jamais ne s'efface lasuprématie de l'homme, qui seul est capable à la fois de sentir et d'organiser la nature.

Pour exprimer la profondeur,il inventera un milieu idéal où flotteront les objets, selon que la vivacité de leurs tons les éloigne ou les rapproche denous.

En situant les choses par la fermeté de leurs accents, il trouvera, pour des motifs analogues, une réponsepersonnelle aux questions que posaient les cubistes. Si la renommée qui salue en Renoir un des plus grands peintres du nu est trop exclusive, elle lui donne sa valeurauthentique.

Courbet est l'inventeur du type que Renoir réalisera peu à peu : la créature forte, saine, généreuse,dont la peau "prend bien la lumière".

Il échappait à cette superstition du dessin linéaire qui imposait aux corps lasilhouette voulue par la mode et parait les visages d'une suavité idéale.

Les nus de Renoir offriront longtemps uncontraste avec leurs "têtes expressives".

C'est au cours de son voyage en Italie qu'il fixe les traits si distinctifs dontil ne s'écarte plus ; la Baigneuse blonde de 1881 est à la limite imprécise entre deux penchants de notre être : sonregard va bientôt oublier les émotions de la vie humaine, au moment où elle va s'en retourner vers cette mer, dontla nuance des flots effacera la lueur plus sombre qu'y avait allumé le reflet de l'esprit. Les nus de la dernière époque ont suscité des critiques et des enthousiasmes irréductibles.

Il y avait pour Renoirune relation évidente entre la dilatation des formes et la "montée en rouge" qui nuance les corps et les choses.

Bienqu'il y ait dans cette production abondante et éclatante des pages où la vie semble surnager plutôt qu'elle n'animeles êtres, on hésiterait à condamner cette "expérience" suprême d'un génie admirablement honnête.

Quand on vientde revoir après huit années les deux Baigneuses couchées du Louvre, la nuance de nacre rose et non plus le vifincarnat qui nourrit leur peau et la force sereine et palpable qui irradie de leurs flancs et anime les plantes, l'eau,leurs compagnes mêmes et le ciel, on ne doute plus que le vieux créateur infirme n'a pas cessé de nous étonner parses leçons. L'OEUVRELa jeune pianiste pose son regard vers le haut de la partition, déchiffrant avec hésitation la note à louer, tandis quesa sœur s'apprête à tourner la page.

Un peu vite : n'y a-t-il pas là une contradiction ? En effet, la pianiste aurait dûregarder les dernières mesures de la partition, en bas à droite, avant de jouer la page suivante ! Cette erreur nes'explique pas vraiment par le manque de logique du peintre, mais plutôt par son désir de rendre le double charmed'un cou qui se hausse et d'un bras qui se courbe.

La beauté ne se satisfait pas toujours de la logique! Pierre-Auguste RENOIR 1841-1919• Jeune Filles au piano• Huile sur toile 55 cm x 46 cm• Peint vers 1889• Exposition : Paris, 1985• Localisation : Joslyn Art Museum, Omaha (États-Unis) LE THÈMERenoir, peintre issu du peuple, a traduit plutôt des valeurs bourgeoises, comme d'ailleurs tous les impressionnistes, àl'exception de Pissarro.

Ces jolies jeunes filles jouant du piano sont rassurantes et nous font oublier la laideur de laville, le travail, les soucis.

Le piano dont elles se servent n'est pas un piano à queue: signe qu'elles appartiennent àla bourgeoisie moyenne, classe qui avait toute la sympathie de Renoir.

Comme c'est souvent le cas dans le domaineartistique, un peintre a représenté un monde traditionnel avec des moyens qui ne l'étaient pas.

La technique étaitrévolutionnaire, l'homme pas du tout. LA COTEOn ne trouve plus depuis longtemps de telles Jeunes Filles au piano sur le marché.

Signalons toutefois un tableau authème assez proche et également cher à Renoir,La Lecture, qui fit 10,5 millions de francs français (1,9 million. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles