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H. de TOULOUSE-LAUTREC: JUSTINE DIEUHL

Publié le 23/09/2010

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H. de TOULOUSE-LAUTREC 1864-1901

• Justine Dieuhl • Peinture à l'essence sur carton 74 cm x 58 cm • Signé en bas, vers la droite, « H T Lautrec « • Peint en 1891 • Localisation : Paris, musée d'Orsay • Expositions : Paris, 1951, 1964, 1992; Londres 1991-1992   

 

« qu'il représente. Dans l'œuvre de Lautrec, l'homme moderne de la grande ville a trouvé son premier portrait de grand style ; noussommes surpris d'apercevoir que ce portrait porte l'empreinte du classique, ce qui est dû en partie au fait qu'ici, lagrande ville n'est encore représentée que comme un "jardin d'âmes", lequel est montré seulement par l'homme avantl'apparition de la technique.

Depuis Lautrec, on a fait beaucoup de chemin, en particulier sous le rapport de latechnique, qui a pris une importance croissante ; mais dans les tableaux de Lautrec, dans ses lithographies et sesdessins, le portrait corporel aussi bien que spirituel de l'homme de la grande ville n'en reste pas moins brossé dansses traits essentiels.

La nervosité ou la mélancolie, l'avidité de vivre ou l'apathie, la gaieté sardonique ou l'air blasé,dans leurs types spécifiques de l'homme moderne et aussi dans une gamme des plus fins dégradés, forment le motifpsychologique de son art.

Pour autant, Lautrec peut être appelé sans grande hésitation un réaliste.

Mais l'idée deréalisme ne convient plus quand on considère la forme artistique proprement dite, le procédé de Lautrec dans ledomaine du graphisme comme dans celui de la couleur.

On le classe, il est vrai, parmi les impressionnistes, mais c'estuniquement faute d'un qualificatif plus approprié et plus court pour désigner sa manière complexe.

Ce classementparmi les impressionnistes trouve d'ailleurs une certaine justification dans le fait que Lautrec est un virtuose dumouvement.

Par contre, en peinture, son mode d'interprétation de la lumière ne le range en général nullement danscette école ; c'est plutôt aux sphères surréalistes que nous conduit son jeu fantaisiste des couleurs et la puissanced'expression de ses lignes.

Dans les silhouettes bigarrées, dans la fine pluie colorée de nombre de ses lithographiesen couleur et de ses toiles jouent des tonalités qui rendent bien moins une vision impressionniste de la réalité quen'y sont fixées des visions colorées suivant des lois symbolisant souvent le psychique.

Les formes, dans songraphisme, travaillent également dans ce sens ; il s'y manifeste cette domination innée de la forme qui place Lautrecdans la lignée des plus grands maîtres du dessin.

C'est de cette conception artistique que procède la particularitéimportante et étonnante, foncière de l'art de Lautrec en son aspect général : la force vitale, la force de la nature.Particularité étonnante en ce qu'elle aborde de tels thèmes.

Dans son œuvre, Lautrec a réussi à mettre enévidence, par ses aperçus psychologiques sur l'homme de la grande ville, et mieux encore dans le domaine plusrestreint de toutes ces créatures élégantes, parfumées, grotesques ou perverses, la vie florissante et tumultueusequi agite l'homme en son corps et en son âme.

Et cette partie essentielle de son art, nous la vivons comme quelquechose d'éternellement merveilleux : car ici se dégage, d'un champ limité et spécial, le monde du raffiné et del'artificiel, non pas un art de la névrose (qui pourrait lui aussi être un art important), mais bien le genre artistique leplus élevé d'une force organique de la nature.

C'est là une sorte d'expérience de la liberté dans le domaine de l'art. L'OEUVREParmi ces femmes presque anonymes figure Justine Dieuhl, dont la postérité n'a retenu que le nom.

Derrière unvisage fermé ou un sourire mystérieux, Lautrec cherche à saisir la véritable personnalité de ses modèles.

Malgré sapose un peu raide et solennelle, Justine a une présence étonnante.

Le regard est immédiatement attiré vers sesgrands yeux bleus et son sourire hésitant, au détriment du décor.

La « lumière froide» de Lautrec accentue sonteint blafard, au risque de l'enlaidir.

Sa robe est sommairement brossée à l'aide de longues rayures bleues teintéesde violet et relevées par une touche de rouge autour du cou.

A l'arrière-plan, les feuillages sont traités en rapidestouches vertes.

On retrouve les mêmes couleurs très pures, fortement diluées à l'essence, dans le portrait de sonami Désiré Dihau. H.

de TOULOUSE-LAUTREC 1864-1901 • Justine Dieuhl• Peinture à l'essence sur carton74 cm x 58 cm• Signé en bas, vers la droite,« H T Lautrec »• Peint en 1891• Localisation : Paris, musée d'Orsay• Expositions : Paris, 1951, 1964, 1992; Londres 1991-1992 LA CRITIQUELa critique reprocha souvent à Toulouse-Lautrec d'enlaidir ses modèles pour compenser sa propre difformité.

AndréRivoire le qualifia même de «peintre déformateur». L'HISTOIREAcheté par la galerie Paul Rosenberg, le tableau fit ensuite partie de la collection Koliro Matsukata.

Il entra auLouvre en 1959, en application du traité de paix avec le Japon, puis àOrsay.. »

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