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James Ensor

Publié le 22/02/2012

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1860-1949. Peintre belge. Sa famille tient une boutique de coquillages, d'objets exotiques et de souvenirs qui constituera l'une de ses sources d'inspiration. Après des premiers essais de peinture de paysage, l'enseignement de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles (1887-1890) ne lui convient guère, mais il étudie attentivement Rembrandt, Turner et Goya. Après une période sombre et réaliste, il libère couleurs et lignes sinueuses pour affirmer une vision subjective. Ce changement est contemporain de son installation à Bruxelles, où il expose dans divers cercles d'art (la Chrysalide, l'Essor), participant à la formation du groupe des XX — qui accepte cependant avec difficulté son univers trouble.

« ENSOR 1860-1949 UN carnaval secoué d'ivresse dut oçcuper le firmament à l'heure où en 186o naquit, à Os­ tende, James Ensor: dans le Zodiaque en folie, la Balance jette ses plateaux au hasard; les Gé­ meaux, squelettes ricaneurs, croisent le Scorpion vêtu en notaire de province et la Vierge deve­ nue souvenir à crinoline; lançant ses flèches n'importe où, le Sagittaire sème l'inquiétude dans la foule hilare, mélange de crevettes, de poissons séchés, d'algues, de poissardes, d'âmes en peine et de gardiens d'une paix très compromise.

Le tout caracole en désordre, happé par des ombres glauques, s'acheminant vers des lueurs irisées, vers des appels de tons francs.

A Ostende cependant, la vie du peintre s'écoule, depuis bientôt un siècle, dans le calme, sans faits marquants, sans révolte spectaculaire, ni voyages, ni ma~;iage, ni crises, ni coups de folie.

Lentement, Ensor troque son premier visage, éveillé, sauvage, irascible, entouré de boucles noires, contre son masque d'aujourd'hui, lèvres roses et bleutées, cheveux et barbe de neige et de nacre, l'œil toujours en éveil à l'iris couleur de mer huileuse et transparente.

Jamais, durant cette longue vie, il n'abandonne sa ville, ni la rampe de Flandre d'où il ne voit la digue et la mer que de biais.

Tout se passe dans un ~telier exigu, au-dessus d'un magasin de coquillages et de drôleries balnéaires, - mais ce qui se passe là est, cette fois, sur le plan de la ·peinture, d'une animation prodigieuse.

Ensor naît vingt ans après Renoir, dix ans après Gauguin, mais il est précoce au point que son Entrée du Christ à Bruxelles, un des sommets de son art et de l'art d'aujourd'hui, se trouve réalisée quand Gauguin nous donne son D'où venons-nous? ...

où allons-nous?, quand Renoir exé­ cute ses Jeunes filles au piano, Lautrec ses décorations pour la baraque de la Goulue, Van Gogh ses Berceuses et Seurat sa Parade, - tandis qu'il faudra attendre plus de vingt ans avant que ses cadets de quelques années soient en pleine maturité, - que Vuillard ait exécuté ses grands pa:n­ neaux décoratifs, Matisse sa Danse, Bonnard son Paradis, Rouault son Faubourg des longues peines.

La période créatrice d'Ensor, la seule qui historiquement vaille, celle où, dans son atelier, quelque chose du sort de la peinture se âécide, va environ de 188o à 1900.

(La suite complète son inter­ vention sans y ajouter rien d'essentiel).

Là, durant ces vingt ans, il contribue à forger une des articulations de l'art .de peindre, là, quelqu'un assimile, tue, transforme les restes du romantisme, le réalisme et jusqu'à l'impressionnisme dont le siècle finissant s'est nourri, et annonce la har­ diesse, l'irrévérence vis-à-vis du réel qui colorera le siècle à venir.

Dans la Dame sombre, le Salon bourgeois, l'Après-midi à Ostende, la Musique russe, toutes les toiles de 1881, une main de maître dissout le réalisme dans des lueurs d'incertitude et de.

curiosité.

Virant vers l'impressionnisme, la Rue de Flandre, la Mangeuse d'huîtres, les Toits à Ostende, la Raie, le dépassent bientôt, en insistant non plus sur les « effets lumineux >>, sur la description du phé­ nomène de coloration, mais sur l'insolite, sur la corrosiveté 'de la lumière.

Bientôt, poursuivant ses démarches, l'esprit du peintre exprime les sensations de "plus en plus vives qui lui viennent des variations coloristiques, en créant toute une palette de formes, macabres, rieuses, ébahies,. »

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