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Jean Dubuffet 1901-1985 Houle du virtuel

Publié le 14/08/2014

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« Je mettais toutes les valeurs en doute et la création artistique ne me paraissait plus avoir besoin de ces savoir-faire que je m'étais tant efforcé naguère d'acquérir. Elle m'apparaissait au contraire plus authentique et plus efficace, empreinte d'une désinvolte aisance et ses recours fussent-ils des plus simples, des plus sommaires. J'étais intéressé par les dessins d'enfants. Pour la première fois je me donnais tout à fait carte blanche pour peindre en toute liberté et rapidité sans m'embarrasser de jeter sur mon travail, en le faisant, un regard critique, mais faisant mon profit de ce qui vient, expérimentant dans tous les sens et même de préférence en dépit du bon sens. «

« Nous portions des cheveux longs et des chapeaux noirs, insignes de l'état d'artiste. Après quelques mois cette humeur changea. Au vu d'expositions de peintres d'avant-garde et in­fluencé par des écrits modernistes, me vint la conviction que la création d'art devait s'ancrer dans la vie pratique banale, le chapeau noir fut remplacé par une populiste casquette.

« A quinze ans, le jeune homme s'inscrit à ]'Ecole des Beaux-Arts du Havre.

Ses peintres favoris sont alors Monet*, Sisley, Pissaro.

Mais peu à peu, dit-il, un esprit subversif se fortifiait en lui, et le poussait à s'éloigner du milieu familial.

En 1918, il s'installe à Paris et suit des cours à l'Académie Julian; mais il eut vite le sentiment de ne rien apprendre et la quitta.

«Nous portions des cheveux longs et des chapeaux noirs, insignes de l'état d'artiste.

Après quelques mois cette humeur changea.

Au vu d'expositions de peintres d'avant-garde et in­ fluencé par des écrits modernistes, me vint la conviction que la création d'art devait s'ancrer dans la vie pratique banale, le chapeau noir fut remplacé par une populiste casquette.

» Il fit alors la connaissance de Raoul Dufy, Max Jacob, Juan Gris, Masson, Léger*.

Mais en 1923 il fut appelé au service militaire; il travailla à ]'Office météorologique, où il réperto­ riait des photographies de nuages, ce qui excitait son intérêt plus que prévu.

Cela non plus n'est pas indifférent, quant à la nature de son art.

Un choix qui ne va pas de soi Après sa démobilisation, en 1924, Dubuffet eut une période de désarroi : artiste, pas artiste ? Il se posait des questions, pour lui essentielles, sur le bien-fondé de l'activité artistique; de son point de vue, l'artiste est passif, un témoin ou un spectateur, alors qu'au fond c'est l'homme du commun qui est véritablement un inventeur, un poète.

Ayant dans l'idée qu'il faut rompre avec la culture, il s'embarque pour Buenos Aires où il travaille dans une entreprise de chauffage central.

Mais en 1925, il retourne au Havre et entre dans le commerce de son père comme inspecteur et représentant.

Il se marie; et en 1930 fonde un négoce de vins en gros à Berey; puis il s'installe à Paris et loue un atelier.

Il se remet à peindre.. »

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