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Tableau de maitre baroque - Johaness Vermeer

Publié le 05/03/2024

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« Tableau de maitre baroque 1) Premiers éléments d’information Johaness Vermeer, dit « Vermeer de Delft », un artiste emblématique du Réalisme hollandais, a créé une œuvre majeure intitulée La Laitière en 1658.

Cette peinture à l'huile, se distingue par ses dimensions modestes de 45,5 × 41 cm.

En mettant en scène une servante occupée à son travail au sein d'un intérieur modeste, le tableau s'inscrit dans le genre des scènes de genre, un style artistique très prisé aux Pays-Bas au XVIe siècle.

L'œuvre est exposée au Rijksmuseum d'Amsterdam depuis 1908, offrant aux visiteurs une immersion dans l'atmosphère délicate et réaliste capturée par Vermeer.

Le tableau, représentant une femme occupée à verser du lait, témoigne du talent de l'artiste pour capturer les détails du quotidien avec une précision remarquable. La Laitière trouva son premier acheteur en la personne de Pieter van Ruijven, un prospère commerçant de Delft et également mécène dévoué de l'artiste, avec qui il entretenait des liens étroits de collaboration.

Au fil du temps, la propriété du tableau évolua jusqu'à arriver entre les mains de l'imprimeur Jacob Abrahamsz. Dissius.

À la suite du décès de ce dernier en 1695, une vente aux enchères fut organisée, mettant en jeu quarante tableaux, dont les vingt-et-une œuvres de Vermeer autrefois acquises par van Ruijven.

Et ce n’est qu’en 1905, à la suite du décès du collectionneur Pieter Hendrik Six van Vromade, que les trente-neuf tableaux issus de sa succession ont été mis en vente.

La « Société Rembrandt », une association dédiée au mécénat en faveur des musées néerlandais, a acquis ces œuvres lors de la vente.

Toutefois, la société n'a pu rassembler qu'un peu plus du quart du montant total requis, évalué à 751 500 florins.

En conséquence, la « Société Rembrandt » a dû confier à l'État la responsabilité de régler le reste de la somme.

Cependant, une controverse éclate à propos de l’acquisition de ces tableaux.

En effet, Frits Lugt, un historien d'art renommé, a attiré l'attention du public en publiant une brochure provocante.

Cette publication soulève la question cruciale : "L'achat d'une partie de la collection Six par l'État doit-il être recommandé ?" Dans cette brochure, Lugt remet en question la valeur de plusieurs œuvres, dont La Laitière.

Il exprime des doutes quant à la pertinence de l'inclusion des trente-neuf tableaux au Rijksmuseum, remettant ainsi en cause la légitimité de cette acquisition.

Mais, le député Victor de Stuers, expert en art, a réussi à persuader la seconde Chambre des États généraux qui est l'Assemblée nationale hollandaise que les tableaux en question sont une partie essentielle du patrimoine culturel national des Pays-Bas.

Il a plaidé avec succès en faveur de leur préservation, soulignant le risque qu'ils soient acquis par des collectionneurs américains.

Ainsi, La Laitière et les autres toiles ont été acquises pour être intégrées au Rijksmuseum d'Amsterdam en 1908, assurant ainsi leur place au sein du patrimoine artistique néerlandais. 2) Description La mise en scène de La Laitière par Jan Vermeer démontre une maîtrise classique de la composition.

Placée de manière centrale sur la toile, la laitière attire l'attention avec son corsage dont l'attache aligne parfaitement avec la verticale médiane du tableau.

Les diagonales se croisent au point d'intersection de cette attache et de l'horizontale du tablier bleu.

La position de la laitière, représentée de trois-quarts, montre une épaule droite légèrement relevée tandis qu'elle se concentre sur le filet de lait qui s'écoule de la cruche.

Son visage et ses yeux baissés créent une atmosphère d'intimité, figée dans le temps comme un instantané photographique. Les lignes de fuite, soulignées par les horizontales du quadrillage de la fenêtre, convergent vers un point précis juste au-dessus du poignet droit de la laitière, aligné avec le filet de lait.

Ainsi, le regard du spectateur et celui de la laitière convergent vers le même point, bien que leurs regards ne se croisent pas.

Cette composition subtile crée une scène où le spectateur semble être un observateur discret, intrigué par l'intimité de la scène sans perturber la concentration de la laitière qui demeure inconsciente de son audience. La lumière provient de la fenêtre située à gauche, en dehors du champ de la scène.

Elle frappe intensément la coiffe blanche, le front et une aile du nez, ainsi que le corsage jaune de la laitière.

La lumière illumine également la partie droite du mur du fond.

En contraste, la partie gauche du mur du fond et le mur situé à gauche sont plongés dans une ombre légère, créant ainsi un jeu subtil de lumière et d'ombre qui contribue à la profondeur et à la dimension atmosphérique de la composition.

L'utilisation habile de la lumière dans cette œuvre renforce l'effet réaliste et captivant de la scène. La Laitière est particulièrement renommée pour mettre en lumière de manière spectaculaire un aspect distinctif de la technique de Vermeer.

Cette technique se manifeste par la création de halos lumineux sur les objets, réalisés par une juxtaposition de petits points de peinture.

Cela est particulièrement visible sur le pain, semblant littéralement « scintiller de lumière » et entouré d'une aura presque surnaturelle ce qui à Vermeer de capturer de manière saisissante la qualité lumineuse des objets et de créer une atmosphère visuelle unique dans ses œuvres. L'explication de ce "pointillisme" dans les œuvres de Vermeer a conduit à l'hypothèse que le peintre utilisait une camera obscura, un instrument optique bien connu des artistes.

Cependant, dans le cas de Vermeer, l'idée est avancée que la camera obscura était mal réglée, créant délibérément des "cercles de confusion" lumineux sur les objets touchés par la lumière.

Cette technique intentionnelle aurait permis à Vermeer d'accentuer les effets de lumière et de créer des détails lumineux impressionnants, comme on peut le voir dans cette œuvre. L'angle inférieur gauche du cadre présente une table avec une nappe bleue unie, sur laquelle sont disposés des objets et des aliments, créant une nature morte captivante.

La forme particulière de la table, longtemps source d'interrogations, a été récemment révélée par le conservateur du Rijksmuseum, Taco Dibbits, qui a expliqué qu'il s'agit en réalité d'une table octogonale à rabats, pliée sur le côté gauche et représentée avec une précision remarquable dans les règles de la perspective. Au premier plan de cette table, proche de l'espace du spectateur, repose une corbeille en osier contenant une miche de pain ronde intacte, tandis qu'à gauche de celle-ci se trouve un morceau de pain noir découpé.

La corbeille repose partiellement sur une pièce d'étoffe bleue qui s'étend vers la droite et est partiellement coupée par le bas du cadre. Derrière cette étoffe et la corbeille, on observe une série de petits pains, dont deux boules superposées avec une incision en forme de croix sur le dessus, et divers morceaux de pain.

À côté, un pot de faïence émaillé à couvercle, d'un bleu sombre relevé de touches blanches, attire l'attention. Enfin, juste devant la laitière, on trouve un plat de grès circulaire avec deux anses, destiné traditionnellement à la cuisson au four, et dans lequel le lait est transvasé.

Un mince filet torsadé et translucide de lait s'écoule de la cruche pour atterrir dans un plat, suggérant de manière artistique la consistance crémeuse du liquide.

La cruche, ventrue et basculée dans l'axe du spectateur, présente une vision quasi frontale de son ouverture circulaire. Les rebords de l'ouverture sont délicatement marqués de traits et de touches de blanc, évoquant à la fois le lait qui s'écoule du bec et la réflexion de la lumière. Cette attention aux détails apporte une dimension réaliste à la représentation, capturant avec finesse la fluidité du mouvement du liquide et la lumière jouant sur les surfaces de la cruche. En contraste frappant avec la table du premier plan, abondamment chargée et jouant avec des effets de clair-obscur, le mur du fond occupe la quasi-totalité de l'arrière-plan.

Il se distingue par sa couleur blanche et nue, présentant une ligne de partage entre ombre et lumière atténuée, suivant une diagonale approximative qui descend de la fenêtre.

La silhouette nette de la laitière ressort clairement contre cet arrière-plan.

Malgré son apparence uniforme à première vue, cette surface n'est pas totalement lisse : des clous plantés ici et là, ainsi que des trous de clous arrachés, révèlent la brique rouge derrière le plâtre, ajoutant des détails subtils qui racontent discrètement l'histoire de l'espace. De manière intéressante, la radiographie de la toile a révélé un repentir de la part de Vermeer.

À l'origine, il avait représenté, derrière la laitière, un large cadre ou une carte géographique, éléments qui semblaient déplacés dans un environnement aussi humble. La fenêtre à carreaux rectangulaires simples et translucides, en contraste avec les vitrages élaborés cerclés de plomb souvent présents dans d'autres œuvres de Vermeer, ne fournit aucune indication sur la saison de l'année ni sur un emplacement géographique plus vaste.

Cette absence d'éléments extérieurs force le spectateur à se concentrer exclusivement sur l'intérieur restreint de la scène.

Le choix délibéré d'un cadrage rapproché contribue à cette immersion, coupant non seulement les pieds de la table et de la servante dans.... »

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