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Biographie de TEILHARD DE CHARDIN (Le Révérend Père Pierre).

Publié le 17/01/2022

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Né à Orcines en 1881, mort à New York en 1955.
 Ordonné prêtre à Hastings en 1905, il participa à des recherches géologiques en Egypte, puis fut attaché au laboratoire de paléontologie du Muséum de Paris et devint professeur de géologie à l'Institut Catholique. Docteur ès sciences en 1922, il prit part à des expéditions scientifiques en Chine. Directeur de recherches à la Recherche Nationale Scientifique, il entra à l'Académie des Sciences en 1950. A la base de l'oeuvre du Père Teilhard de Chardin, synthèse des sciences les plus neuves et de la pensée humaine, se trouve l'idée d'évolution, qui permet seule de comprendre le sens de l'histoire du monde. L'évolution est régie par deux lois : la « de complexité-conscience « qui régie à la formation d'organismes de plus en
 plus complexes, organisés et conscients, et la « loi de céphali
sation «, qui définit ce progrès avec exactitude. L'homme est le sommet de cette évolution qui peut, grâce à lui, être consciente de sa direction. Le terme de l'évolution sera l'état d'Union. Parfaite« ou« Point Oméga «. « Le Christ, hic et nunc, occupe pour nous, en position et en fonction, la place du Point Omega. «

« a) Pierre Teilhard de Chardin est né en 1881 au Château de Sarcenat à Orcines (Puy-de-Dôme) dans une famille quicomptait déjà dix enfants.

Il entre dans l'ordre des Jésuites et fait son noviciat à Aix-en-Provence ( à partir de1899).

Il n'est pas sans importance de noter qu'il y rencontre Blondel, avec lequel il correspondra par la suite(n'oublions pas que Blondel déjà enseignait « la nécessité naturelle du surnaturel et la réalité surnaturelle du naturelmême »).

Le jeune jésuite passe en même temps une licence ès sciences et fait une carrière de géologue et depaléontologiste.

De 1922 à 1928 il est professeur de géologie à l'Institut Catholique de Paris.

Il participera à denombreuses recherches sur le terrain en Europe et en Asie.

Il appartient à l'équipe qui découvrira en 1929 près dePékin un homme fossile appelé « sinanthrope ».

Il sera membre de l'Académie des Sciences en 1950.

Chrétienfervent il repense et approfondit sa foi à partir de ses travaux scientifiques et aussi de ses contacts avec dessavants incroyants dont l'humanisme sincère et fécond (même lorsqu'il s'exprime dans le langage du marxisme) luisemble une richesse que le christianisme doit pouvoir intégrer à son dynamisme propre.

Cependant, la censureecclésiastique lui interdit la publication de ses oeuvres (en 1927 Rome refuse l'imprimatur pour le Milieu divin, en1944 pour le Phénomène humain).

En septembre 1947 on l'invite à ne plus écrire de philosophie.

En 1948 on ne luipermet pas d'accepter la chaire que lui offre le Collège de France.

Jusqu'à sa mort son oeuvre n'est connue que pardes tees ronéotypés circulant discrètement.

L'oeuvre publiée à la mort du Père connaît rapidement un immensesuccès, multiplie les conversions, mais l'Église demeure réservée.

Un décret du Saint-Office du 6 décembre 1957indique que « les livres du P.

Teilhard de Chardin doivent être retirés des bibliothèques des séminaires et desinstitutions religieuses ».

L'oeuvre du Père n'est pas mise à l'Index, mais elle est réputée dangereuse.

Le Monitum du30 juin 1962 avertit les fidèles que les oeuvres de Teilhard « renferment de telles ambiguïtés et même des erreurs sigraves qu'elles offensent la doctrine catholique ». b) Pour comprendre Teilhard il ne faut jamais perdre de vue sa double vocation religieuse et scientifique.

Il s'estefforcé de montrer que les affirmations fondamentales de la religion chrétienne sont absolument conciliables avec lavision de l'univers que la science nous propose.

Contre un jansénisme pessimiste qui n'affirme l'esprit qu'en jetant lediscrédit sur la nature, qui tend à la limite à accréditer cette erreur mortelle qu'on ne peut aimer Dieu sans haïrl'humanité (« il faut n'aimer que Dieu et ne haïr que soi », disait Pascal) Teilhard montre la convergence entre unhumanisme intégral et un théocentrisme absolu.

Il est le philosophe de la synthèse, de l'unité.

« Tout ce qui monteconverge », a-t-il dit.

Dans une lettre (29 octobre 1949) il qualifie sa doctrine de « néo-christianisme » (Cuénotdéfinit ainsi ce concept teilhardien : « le christianisme traditionnel ayant assimilé le sens de l'évolution, de l'humainet de l'en avant »).

Teilhard lui-même dit qu'il veut opérer « la synthèse du Dieu (chrétien) de l'En Haut et du dieu(marxiste) de l'En Avant » (mai-juin 1952). c) Teilhard est paléontologiste et part de la théorie de l'Évolution dont sa pratique scientifique lui montre la vérité etl'importance capitale.

Selon lui ce sont les données mêmes de l'évolution qui constituent une véritable propédeutiqueà une philosophie chrétienne de l'histoire et nous préparent à saisir les enseignements de la foi sur la destinéehumaine ; Teilhard entend ici faire oeuvre positive et considérer l'évolution telle qu'elle est ; avant touteinterprétation philosophique et théologique, il veut examiner ce qui est vraiment donné, ce qui apparaîtincontestablement dans l'expérience : avant toute hypothèse sur l'homme, il part du « phénomène humain ».

Lesmatérialistes du XIXe siècle (qui faisaient du transformisme une machine de guerre contre la religion) pratiquaientune lecture mal orientée de l'évolution.

Ils étaient frappés par le passé animal de l'espèce humaine et ne songeaientplus qu'à dériver l'esprit de la matière.

Teilhard médite au rebours sur l'avenir humain des espèces disparues 1 : lamatière tend vers l'esprit, elle est la « matrice de l'esprit » (tandis que le matérialisme du XIXe siècle dévalorisaitl'esprit, le spiritualisme de Teilhard tend à valoriser la matière).

Le phénomène humain apparaît comme le résultatd'une immense histoire orientée.

La matière minérale, puis végétale, puis animale, a pris successivement des formesde plus en plus complexes.

Au cours de l'évolution des espèces animales, « de nappe en nappe, par sautesmassives, le système nerveux va constamment se développant, se diversifiant ».

Ainsi c'est l'examen positif desfaits qui nous montre que « l'univers s'arrange en une seule grande série, clairement orientée et montante depuisl'atome le plus simple jusqu'aux vivants les plus élevés ».

L'Évolution ne serait ainsi que « l'expression pour notreexpérience, dans le temps et dans l'Espace de la Création elle-même ».

La vie émerge de la matière et à son tour la« biosphère » voit surgir en elle la « noosphère » c'est-à-dire le monde des êtres conscients et pensants, le mondedes hommes.

L'homme actuel « n'en est encore qu'à un stade embryonnaire au-delà duquel se profile déjà une largefrange d'ultra humain ».

L'homme poursuivra un processus d'hominisation.

Au terme de ce progrès intellectuel, moral,spirituel, l'humanité ne sera plus qu'un corps mystique de personnes s'aimant les unes les autres et cette unité enfinconquise sera le reflet de l'Unité Divine elle-même, terme ultime (Teilhard parle du point Oméga) et aussi principeinitial de cette grandiose histoire.

La métaphysique de Teilhard n'est donc pas une métaphysique abstraite, c'estune « ultra-physique réaliste de l'Union ». d) L'originalité de la philosophie teilhardienne est manifeste.

Certes on a pu le rapprocher de Bergson.

La créationévolutive de Teilhard n'est pas sans rapport avec « l'évolution créatrice » de l'étan vital bergsonien.

Cependant,. »

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