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Étienne Marcel par Raymond Cazelles Musée Condé, Chantilly Son nom est inséparable de la grandeur de Paris au Moyen Âge et de la lutte pour une certaine liberté ; il témoigne de la puissance de la bourgeoisie ; il rappelle une des crises les plus dures de l'histoire de la France.

Publié le 05/04/2015

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Étienne Marcel par Raymond Cazelles Musée Condé, Chantilly Son nom est inséparable de la grandeur de Paris au Moyen Âge et de la lutte pour une certaine liberté ; il témoigne de la puissance de la bourgeoisie ; il rappelle une des crises les plus dures de l'histoire de la France. La famille Marcel, on ne la connaît pas en deçà du règne de saint Louis que le " sergent " Marcel avait suivi en Égypte. Ce sergent, si l'on en croit Joinville, aurait été responsable de la capture du roi pour s'être écrié à la bataille de Mansourah, afin de sauver son maître : " Seigneurs chevaliers, rendez-vous, car le roi vous le mande. " Le grand-père d'Étienne, Pierre Marcel le Vieux, était un des neuf enfants de ce sergent et exerçait les professions de changeur et de drapier. Le père du prévôt des marchands, Simon Marcel, drapier lui aussi, avait épousé Isabelle la Délice, une orpheline, petite-fille d'un prévôt de Paris dont la famille était originaire de Chartres. Simon Marcel apparaît comme un des moins fortunés de cette famille de grands commerçants, faisant moyenne figure à côté de ses frères qui tenaient le haut du pavé dans la capitale. Étienne ne recevra pas une très grosse part d'héritage à la mort de ses parents. Il habite une maison dans la Vieille-Draperie, c'est-à-dire dans l'île de la Cité, non loin du palais qu'Enguerrand de Marigny vient de transformer pour Philippe le Bel ; il appartient à la paroisse Saint-Barthélemy, une de ces nombreuses petites églises qui, autour de la cathédrale Notre-Dame, se partageaient l'île parisienne. Nous le voyons faire acte de commerçant à partir de 1336. Il est alors marié avec Jeanne de Dammartin, pourvue d'une bonne dot de huit cent cinquante-deux livres, probablement fille de Geoffroy de Dammartin, échevin qui, quelques années plus tôt, avait refusé de se prêter aux vues du Conseil royal quand il avait été projeté d'imposer la bourgeoisie pour unifier les monnaies et les mesures. Il n'est donc pas impossible qu'Étienne Marcel ait trouvé dans son foyer une tradition de résistance au pouvoir dont la famille Marcel ne paraît pas avoir fait preuve. Devenu veuf, Étienne Marcel se remarie avec la fille d'un des plus gros brasseurs d'affaires de Paris, Marguerite, fille de Pierre des Essars. Ce Pierre des Essars est un bourgeois de Rouen venu à Paris avec son frère Martin à la fin du règne de Philippe le Bel. Il représente le type de ces bourgeois actifs qui ajoutent à leur maison de commerce de multiples affaires : prêts d'argent à des taux mal connus, fermes de charges et d'impôts, spéculation sur les marchandises, les denrées ou les immeubles, fonctions officielles dans des organes administratifs de la monarchie. Pierre des Essars a touché à toutes ces activités ; il a été le banquier des grands barons, du fils aîné du roi Philippe VI et de ce roi lui-même dont il a géré les fonds secrets. Il a été chargé de missions discrètes ou officielles. Il a été en très bons termes avec le duc de Bourgogne, le comte de Flandre et le duc de Normandie, futur Jean le Bon. Il est voyer de Paris et maître de la Chambre des comptes, après avoir tenu quelque temps l'Argenterie du roi : le service des fournitures de l'Hôtel. C'est un des hommes le plus en vue de Paris. Tel est l'homme dont Étienne Marcel épouse la fille dotée princièrement de trois mille écus d'or. On doit admettre que, durant cette période de son existence, Étienne Marcel a été tenté par une de ces carrières aux abords du pouvoir qui enrichissent rapidement leur homme, non sans certains risques. Il a probablement voulu égaler le train d'existence des branches aînées de sa famille. Heureusement pour lui, il n'aura pas le temps de s'y engager. Il s'est remarié en 1345 ou en 1346 et, quelques mois plus tard, son beau-père est mis en prison avant d'être libéré au bout d'un certain temps contre la très forte amende de cinquante mille " chaires " d'or. Pierre des Essars pourra reprendre ses activités, non sans avoir vendu une partie de sa fortune, et lorsque, à la mort de celui-ci et à celle de son épouse, la question se posera d'accepter ou de refuser la succession, dont la situation n'est pas nette, Étienne Marcel la refusera prudemment au nom de sa femme alors que deux de ses beaux-frères, Jean des Essars et Robert de Lorris, l'accepteront et hériteront seuls de la fortune qu'ils auront su s'assurer en obtenant la réhabilitation de la mémoire du banquier. Cette erreur de calcul laissera de vifs regrets et beaucoup de rancune dans le coeur d'Étienne Marcel et jouera son rôle dans sa vocation-politique de réformateur. Les hésitations du futur prévôt des marchands entre les affaires et l'action politique durent pourtant encore quelques années. En 1351 et en 1352, il figure parmi les fournisseurs de l'Argenterie du roi Jean, mais quand, en 1353, l'Argentier est remplacé, le nom d'Étienne Marcel disparaît des registres, en mêm...
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