Devoir de Philosophie

Germain Pilon 1537-1590 Ce n'est pas assez de dire que Germain Pilon

Publié le 05/04/2015

Extrait du document

Germain Pilon 1537-1590 Ce n'est pas assez de dire que Germain Pilon est l'un des chefs de file dans la lignée ininterrompue de nos sculpteurs, et de revendiquer pour lui une gloire posthume qui ne lui est peut-être pas assez largement concédée, si nous ne nous efforçons pas de déterminer la place qu'il convient de lui nous -assigner dans l'histoire de l'art. Germain Pilon, Parisien, est fils d'un tailleur de pierre, et nous reconnaissons d'abord en lui un de ces artistes qu'on appelait jadis des imagiers, à qui nous faisons mérite d'une habileté artisanale, et aussi d'une certaine spontanéité d'inspiration éclose sur un chantier. Par la suite, il sera marbrier, et de plus fondeur, ce qui ne laisse pas d'être important, si nous considérons des ouvrages où, de propos délibéré, le métal, ses ténèbres et ses luisances s'allient à la pierre blanche et polie. Mais, en vertu de ses origines, il gardera le contact avec le bois sculpté, la terre cuite, la cire où il pétrira les modèles de ses médailles. D'autre part, il demeurera un sculpteur d'église, et ses oeuvres les plus célèbres seront des tombeaux, tombeaux royaux d'abord. Or, ces tombeaux supposent l'évocation exacte des défunts, saisis dans la vie qui vient de les quitter. Germain Pilon est donc par essence un portraitiste, un des plus pénétrants que nous ayons jamais connus. Enfin, il a été en contact plus ou moins direct avec des monuments antiques. A son fond originel se superpose donc une influence grecque ou hellénistique, dont il épouse les rythmes pour devenir lui-même l'avant-coureur de notre né...

« monuments scandés comme des oraisons funèbres, longuement préparés, plus longuement exécutés : la Chapelle des Valois est commencée 1560, à Saint-Denis, les travaux sont interrompus en 1575, repris en 1580.

Germain Pilon est toujours à l' œ uvre, avec son équipe, laborieux et paisible, hors du tumulte, dirait-on.

Le programme a été rigoureusement tracé par le Primatice, mais il est traité avec liberté.

Deux corps morts, l'un sera une manière de Christ gisant, bien français, l'autre une Vénus de Médicis sans travesti, plus qu'un peu italienne.

Sur la plate-forme, Pilon surprendra l'agenouillement de Henri et de Catherine, et leur mouvement empreint de componction comme de dignité courtisane.

Leurs visages reflètent l'affabilité d'un gentilhomme et le sérieux que s'impose une grande dame.

Ici le rythme est authentiquement de chez nous, sans intrusion ultramontaine.

Après cela pourront venir nos sculpteurs du XVII esiècle, précédés par Barthélemy Prieur et Guillaume Dupré, la voie est libre.

Des Vertus aux quatre coins du monument restent fidèles à l'ordonnance servie jadis à Nantes par Michel Colombe, au tombeau de François II de Bretagne, ou par les Juste, à celui de Louis XII et d'Anne de Bretagne, mais combien différentes de leurs s œ urs aînées : allégories encore vivantes dans leur allure mondaine, nullement semblables aux sages bourgeoises de l'ancien temps.

Elles ne sont pas sans emprunter quelque chose de la cadence fluide qui les associe aux stucs de la chambre de la duchesse d'Etampes, à Fontainebleau, et aussi aux figures étirées du Parmesan, à la Madone au long col.

Elles sont païennes comme les Trois Grâces , inspirées du fameux groupe antique de Sienne, qui, dansantes, tiennent sur leur tête le c œ ur du roi Henri II, dans une urne baroque.

Les Vertus adossées qui portent la châsse de sainte Geneviève ne sont pas plus mystiques. Pourtant dans la chapelle des Valois on admirait un Christ sortant du Sépulcre .

Le Saint François recevant les stigmates n'est guère moins éperdu dans son extase que celui dont se sont inspirés les sculpteurs espagnols, et la Vierge du Mans peut être placée à côté des plus naïves images de piété familière que notre Moyen Âge nous ait léguées.

Enfin, la Pietà connue en deux exemplaires, en terre cuite peinte et en marbre, n'est pas moins confondue en douleur sublime que celle de Michel-Ange.

La sensibilité de Germain Pilon demeurait accessible au surnaturel. Double face de ce grand sculpteur chrétien et ligueur, qui savait aussi bien, par des mythologies savamment orchestrées, s'associer aux poètes pour célébrer l'entrée à Paris, en 15710, de Charles IX et de son épouse, Elisabeth d'Autriche, qu'édifier pour les mignons de Henri III, Saint-Mégrin, Quélus et Maugiron, des tombeaux destinés à être saccagés par la fureur populaire. Restent les bustes, ceux des rois, celui de Jean de Morvilliers, d'un réalisme macabre, les gisants de bronze, en costume du sacre, de Henri II et de Catherine de Médicis, le tombeau de Valentine Balbiani, où la Mort est évoquée avec autant de provocante vérité que par Ligier Richier.

Enfin un chef-d' œ uvre, la statue de bronze du chancelier René de Birague, agenouillé dans les plis de sa simarre, la tête maigre, aux cheveux rares, osseuse et ridée, érigée dans un col de fourrure, les deux mains engourdies de vieillesse, jointes au-dessus du prie-Dieu. Dernier aspect, qu'il ne faut point négliger.

Quand Germain Pilon meurt, en 1590, il est, par ordonnance du Roi, contrôleur général des effigies, et travaille dans l'atelier installé à la. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles