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La Contre-Culture Aux Etats-Unis De 1945 À Nos Jours

Publié le 06/10/2011

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culture

Enfin, la contre-culture est nécessaire aussi dans le sens où elle s'avère être une forme de nouvelle idéal à suivre pour la société, une résistance à un milieu culturel dominant aliéné par les masses. Le renouveau de la culture américaine dans la seconde moitié du XXème siècle a connu ses plus grosses inovations en puisant dans l'influence contre-culturel. Le Pop Art, le rock'n roll, le punk et bien d'autres sont autant de genres artistiques aux origines alternatives qui ont bien vite été intégré par la culture dominante, alors en perte de vitesse et de créativité. Là où la culture de masse, qui fut introduite au XXème siècle, favorise un conformisme exacerbé et une rapide extinction des nouveautés culturelles qu'elles proposent, du fait qu'elle standardise ses créations dans le but de toucher un public le plus large possible, la contre-culture fait office d'anti-conformisme dans une société où tout le monde se ressemble. Le danger que pose la culture de masse, c'est l'extinction totale de toute forme de culture, étouffée par les exigences du grand public.

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« rang.

C'est ainsi que les sous-cultures, si différentes en certains aspects, se ressemblent en ce qui est de leurcourte existence, face à une culture dominante presque innébranlable.

Le règne des hippies, des punks, desskinheads ou de toute contre-culture ayant été un temps soit peu influente aura été bref.

Ce statut de mouton noirde la société en fait un opposant à éliminé, rendant son existence instable et incertaine dans le temps. 2) La contre-culture : l'impossible alternativeUne fois instaurée dans toute sa marginalité, sa contestation et, paradoxalement, dans sa fragilité, le mouvementcontre-culturel tentera de s'imposer comme modèle idéal à la place du système en place.

En tant qu'alternative à laculture dominante, il propose la transformation de la société, de ses moeurs.

Ce statut presque révolutionnaire estmalheureusement plus utopique qu'un quelconque véritable bouleversement de la société.

D'une part, parce que laculture dominante, ensemble de traditions et de valeurs presque immuables, est trop ancrée dans l'inconscientcollectif pour être détronable.

Les différents mouvements contre-culturels américains entre les années 60 etaujourd'hui sont restés très minoritaires et ne touchent qu'une catégorie bien précise de la population.

Les hippies,dans les années 60, étaient de jeunes gens issus de la classe moyenne, alors que les punks, dans les années 70,appartenaient plus à la classe ouvrière blanche.

Généralement, la grande majorité de la population est telmentattachée à ses valeurs qu'elle est prète à se montrer hostiles contre tous groupes sociaux qui tenteraient de lesmodifier, comme le montre le film de Dennis Hooper, Easy Rider, dans lequel deux jeunes motards, représentants dela génération de l'amour (expression de Thomas Cahill, responsable de la police de San Francisco, ville deprédilection pour les hippies), sont cruelment abatus par des habitants d'une Amérique profonde puritaine pour quitout individu en marge de la société doit se plier à ses règles ou en être exclu.

La culture dominante est hostile àtout réfractaire contre-culturel.

D'autre part, l'alternative contre-culturel face à une culture dominante toutepuissante présente un défaut majeur, dans le sens où l'idéal proposé par la contre-culture s'avère soit utopique, soitdangereux.

Aux Etats-Unis, le mouvement skins (ou du moins une majeure partie du mouvement, certainsgroupuscules étant vecteur d'un message anti-racisme, tel le Skinheads Against Racial Prejudice, Skinheads Contreles Préjugés Raciaux) est constitué de racistes et de fascistes.

D'autres mouvements contre-culturels s'avèrentencore plus effrayant, comme la Church of Euthanasia, l'Eglise de l'Euthanasie, secte virtuel dont le gourouencourage les formes volontaires de réduction de la population (ce qui représente les "Quatre Piliers" de l'Eglise :avortement, suicide, canibalisme, sodomie) pour palier au problème écologique croissant.

Cette organisation, qui estreprésentative de l'ironie et du sens satyrique de la contre-culture qui se moque du rapport de la bougeoisie à lamort, est devenue illégale le jour où l'un de ses membres a suivi à la lettre les "Quatre Piliers" et s'est suicidée.

Al'inverse, les mouvements les plus idéalistes croient en un monde utopique, mouvements comme les hippies dontl'idéal, d'inspiration marxiste, proposait la suppression de la propriété et le retour à une vie naturelle et écologiste.De nombreux hippies tentèrent de former des communautés dans les zones rurales les plus sauvages des Etats-Unis,mais les conditions de vie parfois très rudes virent leur population décroitre rapidement.

Une telle "alternative", quifonctionne déjà partiellement sur un petit groupe de personnes, ne pouvait s'appliquer à la société américaine.

En finde compte, l'impossible contre-culture, trop exubérante et idéaliste, n'est pas en mesure de se présenter commealternative valable à un système trop ancien pour être déraciné.

Certes, les grands évènements contre-culturels sesont voulus comme le signe de cette transformation de la culture dominante, évènements comme le Festival Rock deWoodstock, point d'orgue du mouvement hippie où 450 000 spectateurs se regroupèrent pour célébrer des valeurspacificistes (il n'y eut, malgré le nombre colossal de festivaliers, aucun débordement) et écologistes.

Mais desévènements comme celui-ci ne furent connus par la suite que pour leur valeur symbolique et non comme desrévolutions.

L'impuissance de la contre-culture, trop instable dans son essence face à une culture dominantelargement majoritaire, participe à son existence éphémère. 3) Culture de masse et contre-culture, ou l'assimilation de sous-systèmes culturels par la culture dominanteaméricaineBruce Benderson le souligne dans son Concentré de Contre-Culture : "Il y a quelque chose de suicidaire dans legeste contre-culturel".

Et ajoute : "Le succés de toute contre-culture est directement proportionnel à soninéluctable réabsorption par la culture de masse".

C'est, tragiquement, le chemin de toute contre-culture de finirréintégrer (entièrement ou partiellement) au Grand Ordre de la société.

On le remarque autant aujourd'huiqu'autrefois, avec des mouvements à l'époque contre-culturel qui sont maintenant complètement assimilés, tel leRomantisme qui avait l'ambition de réformer toute l'esthétique du XIXème siècle et nous apparait aujourd'hui commeun mouvement bien intégré dans l'histoire de l'Art.

Cette intégration apparaît à un moment bien précis.

Alors que lemouvement contre-culturel est à l'apogée de son influence sur un groupe social spécifique, la culture dominanteaccepte finalement son existence et l'intègre dans le Tout qu'est la société.

Ainsi, le punk, dès son apparition, s'estvu emprisonné par les stratèges commerciaux, faisant de ce mouvement plus une mode (pantalons serrés, t-shirtnoir et blanc déchirés où sont inscrits des slogans violents, coupes de cheveux aggressives...) qu'un état d'esprit(nihilisme, négation des valeurs du flower power...).

Né à New York au début des années 70, le punk s'apparentait àun cri de colère des milieux populaires blancs contre une société qui ne les laissait pas s'intégrer.

Mais cet étatd'esprit resta très ciblé à des quartiers comme Manhattan et le punk comme mode de vie n'eut qu'une existenceéphémère.

Lorsque Malcom McLaren, manager britannique en voyage aux Etats-Unis, découvrit et importa le punkau Royaume-Uni avec par la suite le succés commercial mondial de ce mouvement, il en était fini de son idéologie.Le vrai punk s'opposait à l'industrie et se condamnait à la marginalité, ce qui signifie que toute forme de succéscommercial était une dénaturation du mouvement qui ne pouvait faire éclater la rage (qui le caractérise) qu'auxextrèmes de la société, c'est-à-dire dans le milieu alternatif.

Cette apropriation d'une sous-culture par le systèmedominant marque l'aliénation culturelle qui frappe le monde occidentale, entrainant l'apropriation partielle par lamasse de sous-cultures alternatives.

Un mouvement contre-culturel assimilé par la culture dominante est devenu cequ'il combattait.

Toute contre-culture devenue culture perd sa marginalité, son caractère contestataire et n'a plusrien de contre-culturel.

Elle n'est plus cette opposante au système dominant mais en fait maintenant parti.

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