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Le Japon par Paul Akamatsu Chargé de recherches au CNRS.

Publié le 05/04/2015

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Le Japon par Paul Akamatsu Chargé de recherches au CNRS. Sous les Tokugawa, les shogun n'exerçaient pas à proprement parler leur domination sur tout le territoire du Japon. Ils possédaient un domaine équivalant théoriquement au quart à peu près des revenus seigneuriaux de tout le pays ; le reste du Japon était partagé en fiefs autonomes appartenant à des daimyo. Ceux-ci étaient soumis au shogun, depuis le début du XVIIe siècle : le plus étonnant est qu'ils n'aient jamais songé, jusqu'en 1868, à se rebeller contre le pouvoir de leur suzerain, issu des guerres féodales et affaibli au cours des temps. Les daimyo tentèrent de perfectionner leur gouvernement, d'accroître les productions agricoles et artisanales de leurs fiefs. Dans les régions de l'Ouest, desservies par le grand marché d'Osaka, chacun d'entre eux était parvenu à augmenter ses revenus, parfois en monopolisant le commerce de certains produits particuliers à son fief. En revanche, les territoires situés dans les montagnes du Centre ou au Nord souffraient d'une stagnation économique. Le shogun maintenait l'équilibre dans cet Empire morcelé par sa suprématie qui n'était pas contestée. Il est vrai que, depuis le XVIIIe siècle, la pression démographique empêchait la rationalisation de l'économie, dans toutes les régions sans exception. L'analyse de la situation était mal faite. Pour les dirigeants d'alors, la terre cultivée aurait dû être extensible d'autant que la population s'accroissait : une naissance représentait pour eux une paire de bras de plus au travail et à peine une bouche de plus à nourrir. Pourtant, les vassaux directs du shogun et les vavassaux des daimyo ne trouvaient plus d'offices pour caser leurs fils cadets. Les réformes du sage Matsudaira Sadanobu, de 1787 à 1793, n'eurent pas plus d'effets que les audaces de Tanuma Okitsugu, dans la période précédente. Ienari, onzième shogun Tokugawa, qui gouverna de 1787 à 1837, ignora la récession économique : aimant le faste, il imposa un train de vie luxueux. Il provoqua certes un renouveau des arts et des lettres : le temps de son gouvernement vit naître les oeuvres des derniers grands maîtres de l'estampe : Utamaro (1753-1806), Hokusai (1760-1849), Hiroshige (1797-1858). Mais les famines des années 1830 ramenèrent les gouvernants aux problèmes fondamentaux. Le réformateur Mizuno Tadakuni essaya d'appliquer des mesures de redressement, non sans avoir du attendre la mort d'Ienari, en 1841. Il abolit les corporations afin de briser leurs privilèges ; il fit assécher un grand étang, afin de livrer à la culture quelques parcelles de terre près d'Edo ; et il allait remanier le découpage des fiefs pour rationaliser l'administration mais il fut révoqué dès 1843, bien avant que sa politique eut donné les résultats escomptés. Or, à cette date, la Chine, à la suite de la guerre de l'opium, venait de céder sous la pression de la Grande-Bretagne. Un mouvement de solidarité se dessina entre le gouvernement shogunal et les daimyo, pour faire face à la menace étrangère : ils autorisèrent l'entraînement militaire sur le modèle hollandais ; ils firent expérimenter la construction de hauts fourneaux modernes. Cependant, bien qu'avertis par le roi des Pays-Bas, ils se laissèrent surprendre par l'arrivée du commodore américain Perry, en 1853, bientôt suivi par l'amiral russe Poutiatine. L'année suivante, un traité " d'amitié et de paix " était conclu avec les États-Unis. Puis il fallut accepter des traités de commerce : en 1859, les trois ports de Nagasaki, Yokohama et Hakodate furent ouverts aux États-Unis, à la France, à la Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et à la Russie. Ainsi, le Japon, qui s'était presque entièrement fermé depuis 1639, s'ouvrait. Le commerce extérieur était thé...
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