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Roland de Lassus vers 1532-1594 " Né en la rue dicte Gerlande à l'issue de la maison portant l'enseigne de la noire teste ", rapporte Vinchant, Orlando di Lasso ou Roland de Lassus vit le jour à Mons en Hainaut.

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Roland de Lassus vers 1532-1594 " Né en la rue dicte Gerlande à l'issue de la maison portant l'enseigne de la noire teste ", rapporte Vinchant, Orlando di Lasso ou Roland de Lassus vit le jour à Mons en Hainaut. Il fut initié à la musique dès l'âge le plus tendre et mit peu de temps pour tenir sa partie au sein des enfants de choeur de l'église Saint Nicolas en sa ville natale. Il n'était pas rare, alors, que les fonctionnaires et les musiciens chargés de recruter des chanteurs pour les chapelles recourussent à la manière forte pour s'assurer leurs services. La beauté exceptionnelle de la voix du jeune Lassus lui valut d'être " kidnappé " à trois reprises. Les deux premières fois, ses parents réussirent à le retrouver. La troisième, lourde de conséquences pour le futur développement du musicien, le conduisit au camp de Fernand Gonzague, vice-roi de Sicile, dont les troupes assiégeaient la ville de Saint-Dizier et au service de qui l'enfant consentit à rester. Lassus suit alors son nouveau maître en Sicile d'abord, puis à Milan, où, après six années passées auprès de Fernand Gonzague, il se sépare de lui pour se rendre à Naples -- il avait en ce temps dix-huit ans -- et, trois ans plus tard, à Rome. A Naples, le musicien avait eu la révélation d'une société brillante et

« que seules la vieillesse et la melancholia hypocondrioca , qui assombrit ses dernières années, vinrent ralentir quelque peu — et les délassements modestes auxquels il s'adonnait avec un si juvénile plaisir : le jardinage, le jeu de balle. Deux voyages en Italie, l'un en 1574, l'autre en 1585, furent à peu près les seules occasions de dépaysement qui valent d'être notées dans cette période qui s'étend de la maturité à la mort de Lassus survenue à Munich le 14 juin 1594. Le génie et la personnalité artistique de Lasso sont à la mesure de la réputation qu'il s'était acquise de son vivant et de la position immense qu'il occupe dans l'histoire de la musique. Rares sont les œ uvres qui embrassent avec autant d'intelligence et d'humanité un univers aussi vaste et aussi complet. Moins pur peut-être que celui de Palestrina, l'art d'Orlando di Lasso réalise en revanche une plus large synthèse. Le polyglotte tour à tour grave et bouffon qui nous a laissé de si curieuses lettres était fait pour saisir et exhausser le caractère particulier de la villanelle et du madrigal italien aussi bien que de la chanson polyphonique française et du lied allemand. Coïncidant avec l'apogée de l'art polyphonique franco-néerlandais, l' œ uvre de Lassus constitue une vaste somme dans laquelle il a tenté d'inclure des genres considérés jusqu'à lui comme inférieurs ou du moins populaires. Cela est surtout vrai de ces formes qu'il avait appris à goûter lors de son séjour à Naples : la villanelle, la moresque. Le madrigal italien, qu'il a pratiqué abondamment et avec une maîtrise sans pareille, lui a fourni les bases stylistiques d'un véritable renouvellement qui, s'il est peu sensible dans ses chansons françaises (ce genre était d'ailleurs parvenu à l'époque de Lassus à un degré de cristallisation qui ne permettait guère de le transformer), a profondément influé sur d'autres parties de son œ uvre. Si les compositions profanes de Lassus valent par la verve merveilleuse de l'humour et de l'imagination, ses œ uvres d'église nous ouvrent sur l'homme de foi et le pieux catholique des perspectives plus émouvantes encore. Parlant des admirables motets du polyphoniste belge, van den Borren dit excellemment : “ Son c œ ur de chrétien se révèle tout entier dans ces petites pièces où il peut l'épancher à son aise, sans crainte de voir fléchir son inspiration par la faute d'un texte qui ne l'enthousiasme qu'à demi. Toutes les fibres de son être s'émeuvent et tressaillent à la lecture de ces fragments poétiques où le sentiment abstrait et collectif de la messe fait place à des états d'âme plus concrets, plus subjectifs, plus proches de l'individu que de la multitude. ” On ne saurait exprimer de manière plus délicate l'esprit véritable des motets et, partant, l'un des côtés les plus sublimes de l'inspiration du maître. »

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