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coulé2 COULÉ2, COULÉE2, participe passé et adjectif.

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coulé2 COULÉ2, COULÉE2, participe passé et adjectif. I.— Participe passé de couler1 et 2* II.— Adjectif. A.— [Par référence au sens physique de glisser] 1. [En parlant d'un métal] Fondu et moulé. Acier coulé. Les rampes de ces petits escaliers [à Koenigsberg] sont en fer coulé de Berlin (HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Nouvelles inédites, 1842, page 22 ). 2. [En parlant d'un geste] D'un mouvement souple et continu : Ø 1. Nous connaissons les caractéristiques de son crawl [du nageur Hatot] , bien coulé, fait de souplesse, avec le coude haut levé et le corps très « relaxé ». L'Œuvre. 29 janvier 1941. · Brasse coulée. Brasse* nagée en mettant la tête sous l'eau lors de l'expiration. · Écriture coulée ou coulée*. Confer coulée B 3 a. B.— [Par comparaison avec un bateau qui coule ou d'un récipient qui laisse échapper un liquide] 1. [En parlant d'un fruit] Avorté aussitôt après sa floraison, et qui tombe avant maturation; par extension avorté : Ø 2. Et pourtant les blés Coulés, Quand les froids sévissent, Mûrissent Sans savoir, ni moi, Pourquoi (...) GUSTAVE NADAUD, Chansons, 1870, page 550. 2. [En parlant d'une personne, en particulier du point de vue de sa réussite dans les affaires] Familier. C'est un homme coulé. C'est un homme perdu. Les voilà! ces cinquante mille francs!... Aubertin ne me les rendra jamais (...) c'est un homme coulé (EUGÈNE LABICHE, Les Petits oiseaux, 1862, III, 7, page 278 ). Fréquence absolue littéraire : 466. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 662, b) 746; XXe. siècle : a) 629, b) 638. Forme dérivée du verbe "couler" couler COULER1, verbe. [En référence avec un liquide considéré dans son mouvement] I.— Emploi intransitif. A.— [Le sujet ou l'agent désigne un liquide] 1. Se déplacer (en pente) d'un mouvement continu et naturel. Le fleuve coule; le sang coule dans les veines. L'eau coule avec bruit sur le zinc des gouttières (JOE BOUSQUET, Traduit du silence, 1935-36, page 172) : Ø 1. C'est un grand ambitieux et un illuminé et en même temps c'est un paysan dans les veines de qui coule le même sang que dans les veines de son frère, l'affreux Quirin Baillard. MAURICE BARRÈS, Mes cahiers, tome 8, 1909-11, page 236. — [Avec évocation explicite ou tacite de l'origine du mouvement] S'échapper hors de, s'épancher. Laisser couler ses larmes. Épancher ses pleurs. Le sang coule d'une blessure. On n'aperçoit d'autre arbre que le pin avec son entaille d'où coule la résine (THÉOPHILE GAUTIER, Tra los montes, 1843, page 14 ). — Expressions. · Faire couler le sang. Causer un massacre. Le sang a coulé. Il y a eu des blessés. · Faire couler beaucoup d'encre. Faire écrire beaucoup à son sujet : Ø 2. Depuis lors, les auteurs qui ont traité d'intégration se sont partagés entre ces deux points de vue, non sans entrer dans des débats qui ont fait couler beaucoup d'encre sinon beaucoup de sang. NICOLAS BOURBAKI, Éléménets d'histoire des mathématiques, 1960, page 258. 2. Par analogie. a) [En parlant d'une chose dont le mouvement ressemble à celui d'un liquide] Se déverser d'un mouvement continu; glisser, tomber en glissant Le sable coule; un noeud coule le long d'une corde. On a entendu couler du sable et tomber des pierres (JEAN GIONO, Regain, 1930, page 18 ). b) [En parlant d'un fruit] Avorter sous l'effet d'agents atmosphériques défavorables et tomber avant maturation (confer coulure) : Ø 3. Les vallées humides qui reçoivent un cours d'eau sont sujettes à des brouillards froids qui font couler les fleurs... ALPHONSE DU BREUIL, Culture des arbres et arbrisseaux à fruits de table, 1876, page 16. 3. Par extension, au figuré. [Avec une idée soit d'abondance, soit de continuité, soit d'agilité, d'habileté] Les bougainvillers coulent en nappes cuivrées de la pergola sous laquelle joue l'orchestre (PAUL MORAND, La Route des Indes, 1936, page 142 ). a) [Le sujet désigne une foule en mouvement] : Ø 4.... le pressoir des bombardiers, qui pèse lourdement sur les villes, a fait couler un peuple entier le long des routes, comme un jus noir. ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY, Pilote de guerre, 1942, page 315. b) [Le sujet désigne le temps] : Ø 5. Ils [les promeneurs du dimanche] sentaient les minutes couler entre leurs doigts; auraient-ils le temps d'amasser assez de jeunesse pour repartir à neuf le lundi matin? JEAN-PAUL SARTRE, La Nausée, 1938, page 74. c) [Le sujet désigne un mode d'expression] : Ø 6. Homère a l'éloquence des discours, un pathétique qui coule par torrents, cette voix qui sort des entrailles... CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Étude sur Virgile, 1857, page 169. · Locution figurée. Couler de source. Se produire de façon naturelle, spontanée, logique : Ø 7. Tout ce qu'écrit M. Guizot est ferme et spécieux, d'une médiocrité élevée. Cela lui coule de source. Nul effort : c'est son niveau. CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Pensées et maximes, 1869, page 92. B.— [Le sujet désigne le contenant d'un liquide] 1. Laisser échapper un liquide. Le récipient coule. Un stylo qui coule. Qui laisse échapper l'encre de son réservoir, de sa cartouche. 2. Par analogie. a) Nez qui coule. Duquel s'écoulent des humeurs. b) La chandelle coule. La cire fond et glisse le long de la bougie. Embarrassé par son cierge qui coulait et menaçait de le cribler de taches, il remuait doucement sur place (GEORGES-CHARLES, DIT JORIS-KARL HUYSMANS, En route, tome 1, 1895, page 99 ). c) [En parlant du fromage] Devenir liquide, partiellement ou totalement; perdre de sa consistance : Ø 8. La planète est, parce que ses courses sont réglées (...) Mais, du dedans, l'homme coule comme un fromage; il n'est pas. Il ne sera que s'il se connaît. JEAN-PAUL SARTRE, Situations I, 1947, page 218. II.— Emploi (factitif) transitif. A.— [Le complément d'objet direct désigne un liquide ou toute autre matière pouvant se mettre en mouvement comme un liquide] 1. Faire passer dans un mouvement continu un liquide d'un lieu à un autre. Couler un sirop sur un gâteau : Ø 9.... c'est une lave en ébullition que la ménagère dompte et coule orgueilleusement dans les pots [de confiture] . SIMONE DE BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, 1949, page 241. — Spécialement. · Couler le lait. Filtrer le lait. · Couler la lessive. Verser de l'eau chaude sur le linge que l'on fait bouillir dans une lessiveuse. Elle [Félicité] se rappela sa lessive; l'ayant coulée la veille, il fallait aujourd'hui la rincer (GUSTAVE FLAUBERT, Trois contes, Un Coeur simple, 1877, page 39 ). Remarque : On rencontre, en Suisse romande, couleuse, substantif féminin, vieilli. Récipient dans lequel on coule la lessive. Synonyme : lessiveuse. Ces couleuses en zinc, qui sont maintenant si communes partout (Alain Reymond dans Almanach du Messager boiteux de Neuchâtel, 1919, page 74). 2. Verser dans un moule une matière en fusion. Couler du bronze. Le plomb est facile à couler (confer Capitaine Alvin, Leçons d'artillerie, 1. Le matériel, 1908, page 202 ). · Par métaphore. Couler sa pensée dans des mots. La mettre en forme comme dans un moule : Ø 10. À mesure que le prosateur expose des sentiments, il les éclaircit; pour le poète, au contraire, s'il coule ses passions dans son poème, il cesse de les reconnaître... JEAN-PAUL SARTRE, Situations II, 1948, page 69. · Spécialement. TYPOGRAPHIE. Couler une matière dans l'empreinte d'une forme (confer clicher1 ). — Par analogie. Couler du béton. Remplir les coffrages de béton frais. Couler une pierre. La sceller avec du plâtre, du mortier ou du ciment gâchés clairs. 3. Emploi pronominal réfléchi. a) [Le sujet désigne une personne] · Se fondre dans, se mouler dans : Ø 11.... tandis que le conformisme est pour l'homme tout naturel (...) il faudra que la femme qui est elle aussi sujet, activité, se coule dans un monde qui l'a vouée à la passivité. SIMONE DE BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, 1949, page 525. · S'introduire ou s'échapper furtivement, se glisser : Ø 12.... elle [Madeleine] vit Lobrichon qui s'était coulé à côté d'elle et qui cherchait à la serrer contre lui. ÉMILE ZOLA, Madeleine Férat, 1868, page 36. Ø 13. La naine sourit, puis, se coulant hors de la pièce, alla rejoindre la vieille. FRANCIS CARCO, À voix basse, 1938, page 109. b) [Le sujet désigne une chose; en parlant d'un regard, d'une voix] Se glisser furtivement, s'insinuer : Ø 14. Paquita parut honteuse; elle baissa les yeux pour ne pas revoir les yeux d'Henri, mais son regard se coula par en-dessous... HONORÉ DE BALZAC, La Fille aux yeux d'or, 1835, page 363. Ø 15. Sa voix surtout [d'Armand] , cette voix dont elle [Hélène] connaissait les moindres nuances, cette voix qui se coulait toujours dans les moindres replis de son coeur, — ah! cette voix avait une dureté cruelle, presque métallique. PAUL BOURGET, Un Crime d'amour, 1886, page 199. B.— Par extension. Fabriquer un objet en métal fondu. Couler une cloche : Ø 16.... Saint Dustan (...) qui coula de sa propre main deux cloches pour l'abbaye d'Abbington... G. SCHMITT, CLAUDE SIMON, JOSEPH GUÉDON, Nouveau manuel complet de l'organiste, 1905, page 53. III.— [Le complément d'objet direct désigne autre chose qu'un liquide] A.— Faire passer quelque chose d'un endroit à un autre furtivement, doucement : Ø 17. Le général désire que l'auberge du Général reconnaissant restât ouverte à tous les voyageurs militaires, et lui-même se plaisait à les servir et à couler des pièces d'or dans leurs poches. SOPHIE ROSTOPCHINE, COMTESSE EUGÈNE DE SÉGUR, L'Auberge de l'ange gardien, 1863, page 367. — Au figuré. Couler un mot à l'oreille de quelqu'un. Murmurer. Couler un mot dans la conversation. Glisser, insinuer, risquer. Remarque : Selon ENCYCLOPÉDIE DU BON FRANÇAIS DANS L'USAGE CONTEMPORAIN (PAUL DUPRÉ) 1972 " aujourd'hui, on emploie de préférence l'expression glisser dans la main plutôt que couler dans la main ". B.— [En parlant d'un mouvement] CHORÉGRAPHIE. Couler un pas de danse (Confer coulé B 1). MUSIQUE. Couler des notes (Confer lier). Terme de billard. Couler une bille (Confer coulé, substantif masculin, B 2). — Par extension. Couler un regard. Regarder en dessous, à la dérobée. Elle lui coula un regard si naïvement provoquant qu'il fut déconcerté (SIMONE DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, page 53 ). C.— [Le complément d'objet direct désigne une durée] Couler une vie, des jours heureux. — Emploi pronominal, familier. Se la couler douce. Mener une vie agréable. Absolument. Se la couler. Ne pas se faire de souci.

« larmes. Épancher ses pleurs. Le sang coule d'une blessure. On n'aperçoit d'autre arbre que le pin avec son entaille d'où coule la résine (THÉOPHILE GAUTIER, Tra los montes, 1843, page 14 ). — Expressions. · Faire couler le sang. Causer un massacre. Le sang a coulé. Il y a eu des blessés. · Faire couler beaucoup d'encre. Faire écrire beaucoup à son sujet : Ø 2. Depuis lors, les auteurs qui ont traité d'intégration se sont partagés entre ces deux points de vue, non sans entrer dans des débats qui ont fait couler beaucoup d'encre sinon beaucoup de sang. NICOLAS BOURBAKI, Éléménets d'histoire des mathématiques, 1960, page 258. 2. Par analogie. a) [En parlant d'une chose dont le mouvement ressemble à celui d'un liquide] Se déverser d'un mouvement continu; glisser, tomber en glissant Le sable coule; un noeud coule le long d'une corde. On a entendu couler du sable et tomber des pierres (JEAN GIONO, Regain, 1930, page 18 ). b) [En parlant d'un fruit] Avorter sous l'effet d'agents atmosphériques défavorables et tomber avant maturation (confer coulure) : Ø 3. Les vallées humides qui reçoivent un cours d'eau sont sujettes à des brouillards froids qui font couler les fleurs... ALPHONSE DU BREUIL, Culture des arbres et arbrisseaux à fruits de table, 1876, page 16. 3. Par extension, au figuré. [Avec une idée soit d'abondance, soit de continuité, soit d'agilité, d'habileté] Les bougainvillers coulent en nappes cuivrées de la pergola sous laquelle joue l'orchestre (PAUL MORAND, La Route des Indes, 1936, page 142 ). a) [Le sujet désigne une foule en mouvement] : Ø 4.... le pressoir des bombardiers, qui pèse lourdement sur les villes, a fait couler un peuple entier le long des routes, comme un jus noir. ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY, Pilote de guerre, 1942, page 315. b) [Le sujet désigne le temps] : Ø 5. Ils [les promeneurs du dimanche] sentaient les minutes couler entre leurs doigts; auraient-ils le temps d'amasser assez de jeunesse pour repartir à neuf le lundi matin? JEAN-PAUL SARTRE, La Nausée, 1938, page 74. c) [Le sujet désigne un mode d'expression] : Ø 6. Homère a l'éloquence des discours, un pathétique qui coule par torrents, cette voix qui sort des entrailles... CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Étude sur Virgile, 1857, page 169. · Locution figurée. Couler de source. Se produire de façon naturelle, spontanée, logique : Ø 7. Tout ce qu'écrit M. Guizot est ferme et spécieux, d'une médiocrité élevée. Cela lui coule de source. Nul effort : c'est son niveau. CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Pensées et maximes, 1869, page 92. 2 »

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