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Définition et usage du mot: BÂTIR2, verbe transitif.

Publié le 02/11/2015

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Définition et usage du mot: BÂTIR2, verbe transitif. I.— Emploi transitif. A.— [Le complément désigne un inanimé concret] Réaliser sur le sol en superposant, selon un plan établi, des matériaux appropriés. 1. [Le complément désigne tout ou partie d'un édifice servant généralement à l'habitation] Construire, édifier. Faire bâtir une maison. a) [Le complément est exprimé] : Ø 1. Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs Soufflant dans des clairons et frappant des tambours, Cria : « Je saurai bien construire une barrière. » Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière. Et Caïn dit : « Cet oeil me regarde toujours! » Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle. Bâtissons une ville avec sa citadelle, Bâtissons une ville, et nous la fermerons. » Alors Tubalcaïn, père des forgerons, Construisit une ville énorme et surhumaine. VICTOR HUGO, La Légende des siècles, La conscience, tome 1, 1859, page 49. — Par extension. [Le sujet désigne un animal] L'oiseau bâtit son nid. — Emploi factitif. Faire construire. Bâtir une maison, un hôtel. Antonymes : détruire, démolir, raser : Ø 2. Léopold [le duc] a toujours voulu créer, éterniser son âme. Par la pierre, d'abord : il bâtissait des murs, murs d'églises et de couvents. Le jour où, faute d'argent, il dut cesser d'assembler des pierres, il ne renonça pas à construire : il assembla et tailla des pierres vivantes. MAURICE BARRÈS, La Colline inspirée, 1913, page 277. — [Avec un complément indiquant le matériau utilisé] Bâtir une maison en (ou parfois de) bois, briques, pierre. Remarque : Confer aussi infra exemple 8. — Locution figurée. Bâtir des châteaux en Espagne. " Faire des projets chimériques " (Dictionnaire général de la langue française (ADOLPHE HATZFELD, ARSÈNE DARMESTETER)). Commencer par bâtir la cuisine. " S'est dit des communautés qui songeaient à s'assurer un revenu avant de bâtir une église " (Dictionnaire universel de la langue française (LOUIS-NICOLAS BESCHERELLE) 1845). SYNTAXE : Bâtir une cathédrale, une chapelle, un château de cartes (RENAN, L'Avenir de la sciences, 1890, page 377), un collège, un édifice, une forteresse, une gare, un monastère, un mur, un palais, une pyramide, un quai, une rue (BALZAC, Les Petits bourgeois, 1850), une salle, une villa, une ville. — PARADIGMES. Le sens de bâtir marque une orientation vers la verticalité, d'où la relative fréquente d'opposition du type bâtir une maison/faire des chemins (CRÈVECOEUR, Voyage dans la Haute Pensylvanie, tome 2, 1801, page 366), frayer (J. et J. THARAUD, L'An prochain à Jérusalem! 1924, page 148), tracer, ouvrir (VAN DER MEERSCH, Invasion 14, 1935, page 215 et 394). Noter cependant (l'accent étant alors mis sur l'accumulation méthodique de matériaux que représente l'établissement d'une route) : bâtir des voies romaines (CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, tome 4, 1848, page 492), des chemins (GUÉHENNO, Journal d'une « Révolution », 1937, page 83). b) emploi absolu. La manie de bâtir (Dictionnaire de l'Académie Française), aimer à bâtir : Ø 3. À droite, à gauche de la colonne, deux fontaines portent les armes de bourgmestres qui les ont faites. Ce droit de blasonner les monuments a fait détruire bien des édifices pour en bâtir de nouveaux; chaque magistrat démolit, bâtit. JULES MICHELET, Journal, 1840, page 348. — À bâtir (précédé d'un substantif) · Servant à bâtir. Pierre à bâtir. · Destiné à être couvert de bâtiments. Terrain à bâtir, quartiers à bâtir (ÉMILE ZOLA, La Curée, 1872, page 416) : Ø 4. Les sols, progressivement transformés en terrains à bâtir, sont au fur et à mesure cédés à des organismes constructeurs publics et privés, ce qui permet le remboursement des avances et le financement d'une partie des charges d'équipement. GÉRARD BELORGEY, Le Gouvernement et l'administration de la France, 1967, page 355. — Locution. Bâtir à chaux et à ciment, à chaux et à sable. Bâtir très solidement (confer aussi infra exemple 8). Bâtir pour l'éternité. Bâtir très solidement; au figuré : Ø 5.... une des plus grandes illusions qu'on puisse avoir en politique, c'est de croire qu'on a bâti pour l'éternité. JACQUES BAINVILLE, Histoire de France, tome 2, 1924, page 164. 2. [Par analogie de technique, de forme, d'usage, etc.] a) [Le complément désigne un inanimé composé de parties assemblées et prenant le plus souvent appui sur le sol] Bâtir un meuble, un engin (Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française (PAUL ROBERT)) : Ø 6. On le croira ou non, il vint à bout de changer la poutre sans déplacer une tuile. De quelques madriers, il bâtit un appareil, mit un ais au point juste pour former levier. HENRI POURRAT, Gaspard des Montagnes, Le Pavillon des amourettes, 1930, page 107. b) Techniques diverses. — BATELLERIE. vieux ou régionalisme. [Le complément désigne un bateau, une embarcation] Bâtir un canot, un vaisseau (infra exemple 11). — CHAPELLERIE. Façonner le feutre d'un chapeau (confer bâtir1 ) : Ø 7. Elle se chargeait de faire la cuisine, de tenir l'appartement propre, de raccommoder son linge, de le blanchir; elle pourrait au besoin coudre ses robes et bâtir ses chapeaux elle-même. GEORGES-CHARLES, DIT JORIS-KARL HUYSMANS, Marthe, histoire d'une fille, 1876, page 60. — COIFFURE. Bâtir une coiffure. — IMPRIMERIE. Bâtir le livre. " Mettre en pages, placer sur la forme " (Glossaire typographique (ÉMILE CHAUTARD) 1937, page 52). Bâtir la deux. " Caser sur la forme les paquets qui constitueront la seconde page d'un journal " (Lucien Rigaud, Dictionnaire d'argot moderne, 1881, page 31). 3. Rare. [Le complément désigne une personne] a) [Par emploi métaphorique de A 1] : Ø 8. Il faut croire que mon père, prévoyant les intempéries de mon existence, m'a bâti à chaux et à sable. GUILLAUME-VICTOR-ÉMILE, DIT ÉMILE AUGIER, Le Fils de Giboyer, 1862, V, page 40. — Argot (par ellipse du complément) Bâtir. Être enceinte; littéralement, être en train de bâtir un enfant (Les excentricités du langage français (LORÉDAN LARCHEY) 1872, page 43). Bâtir sur le devant Idem (LA RUE 1954). b) Régionalisme. Bâtir quelqu'un.. Lui construire une maison, une grange, etc. C'est lui qui a bâti le notaire (Société du Parler français au Canada. 1930). B.— Au figuré. [Par emploi métaphorique de A 1. Le complément désigne un inanimé concret ou abstrait] 1. Bâtir quelque chose sur + complément indiquant le fondement de ce qui est réalisé. Bâtir une nation sur l'héritage de ses pères (RENÉ HUYGHE, Dialogue avec le visible, 1955, page 228) : Ø 9. En vérité vous me surprenez, Villefort, vous, substitut du procureur du roi, de bâtir une accusation sur de si mauvaises preuves. ALEXANDRE DUMAS PÈRE, Le Comte de Monte-Cristo, tome 1, 1846, page 132. Remarque : Confer la phrase souvent citée (par exemple dans FÉLICITÉ-ROBERT DE LAMENNAIS, De la Religion, tome 2, 1826, page 159) de Jésus s'adressant à l'apôtre Pierre : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église (Matthieu, XVI, 18). — Spécialement. [Le complément désigne une oeuvre musicale] Bâtir une pièce sur un motif de trois sous (CLAUDE SAMUEL, Panorama de l'art musical contemporain, 1962, page 187 ). 2. Emploi absolu : Ø 10. Sa véracité était à toute épreuve, et sa moindre parole inspirait la même sécurité que le serment le plus solennel. On pouvait bâtir sur cette parole comme sur un rocher. CHARLES, COMTE DE MONTALEMBERT, Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (1207-1231), 1836, page 38. — Locution figurée. Bâtir sur le sable. Fonder une entreprise sur une base insuffisante (par référence à l'Évangile selon saint Matthieu, VII, 26-27) Bâtir en l'air. S'attacher à des projets ou à des entreprises chimériques. bâtir sur l'aile des vents Attacher ses pensées à des événements passagers, qui les emportent avec eux, c' est graver sur le sable, écrire sur les ondes, et bâtir sur l' aile des vents. (JOSEPH JOUBERT, Pensées, tome 1, 1824, page 371 ); bâtir sur les nuages Si j' ai poursuivi une impossible chimère, si j' ai bâti sur les nuages, vous fûtes, vous, l' infatigable destructeur de l' idéal et du respect. (FRANÇOIS COPPÉE, La Bonne souffrance, 1898, page 123 ). II.— Emploi pronominal. A.— Emploi réfléchi. 1. Régionalisme. Se bâtir. " Se faire bâtir une maison, une grange, etc. Il a commencé à défricher son lot, mais il ne s'est pas encore bâti " (Canada). 2. Au figuré : Ø 11. Vois ce pays qui s'est bâti lui-même, exprès dans son tumulte spontané, Ce long animal sur la mer dans le faisceau de ses muscles coordonnés. PAUL CLAUDEL, Feuilles de saints, 1925, page 677. B.— Emploi passif. Paris ne s'est pas bâti en un jour (PIERRE LAVEDAN, Qu'est-ce que l'urbanisme? 1926, page 677 ). — En construction impersonnelle : Ø 12. Mais Birotteau l'adjoint, Birotteau le futur possesseur par moitié des terrains de La Madeleine, autour de laquelle tôt ou tard il se bâtirait un beau quartier, était un homme à ménager. HONORÉ DE BALZAC, Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, 1837, page 97. STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 1 715. Fréquence relative littéraire XIXe. siècle : a) 2 944, b) 2 571; XXe. siècle : a) 1 794, b) 2 322. DÉRIVÉS : Bâtissable, adjectif. Qui peut être bâti, où l'on peut bâtir. Église bâtissable, emplacement bâtissable (Grand dictionnaire universel du XIXe. siècle (Pierre Larousse)-20e. ), terrain bâtissable (Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française (PAUL ROBERT)). Attesté dans la plupart des dictionnaires généraux du XIXe. et du XXe. siècle

« 312753 — Locution.

Bâtir à chaux et à ciment, à chaux et à sable.

Bâtir trèssolidement (confer aussi infra exemple 8).

Bâtir pour l'éternité.

Bâtir trèssolidement; au figuré :Ø 5....

une des plus grandes illusions qu'on puisse avoir en politique, c'est de croire qu'on a bâti pour l'éternité. JACQUES BAINVILLE, Histoire de France, tome 2, 1924, page 164. 2.

[Par analogie de technique, de forme, d'usage, etc.]a) [Le complément désigne un inanimé composé de parties assemblées et prenant leplus souvent appui sur le sol] Bâtir un meuble, un engin (Dictionnairealphabétique et analogique de la langue française (PAUL ROBERT)) :Ø 6.

On le croira ou non, il vint à bout de changer la poutre sans déplacer une tuile.

De quelques madriers, il bâtit un appareil, mit un ais aupoint juste pour former levier. HENRI POURRAT, Gaspard des Montagnes, Le Pavillon des amourettes, 1930, page 107.b) Techniques diverses.— BATELLERIE.

vieux ou régionalisme.

[Le complément désigne un bateau, uneembarcation] Bâtir un canot, un vaisseau (infra exemple 11).— CHAPELLERIE.

Façonner le feutre d'un chapeau (confer bâtir1 ) :Ø 7.

Elle se chargeait de faire la cuisine, de tenir l'appartement propre, de raccommoder son linge, de le blanchir; elle pourrait au besoin coudre sesrobes et bâtir ses chapeaux elle-même. GEORGES-CHARLES, DIT JORIS-KARL HUYSMANS, Marthe, histoire d'une fille, 1876, page 60.— COIFFURE.

Bâtir une coiffure.— IMPRIMERIE.

Bâtir le livre.

" Mettre en pages, placer sur la forme "(Glossaire typographique (ÉMILE CHAUTARD) 1937, page 52).

Bâtir la deux.

" Casersur la forme les paquets qui constitueront la seconde page d'un journal "(Lucien Rigaud, Dictionnaire d'argot moderne, 1881, page 31).3.

Rare.

[Le complément désigne une personne]a) [Par emploi métaphorique de A 1] :Ø 8.

Il faut croire que mon père, prévoyant les intempéries de mon existence, m'a bâti à chaux et à sable. GUILLAUME-VICTOR-ÉMILE, DIT ÉMILE AUGIER, Le Fils de Giboyer, 1862, V, page 40.— Argot (par ellipse du complément) Bâtir.

Être enceinte; littéralement, êtreen train de bâtir un enfant (Les excentricités du langage français (LORÉDANLARCHEY) 1872, page 43).

Bâtir sur le devant Idem (LA RUE 1954).b) Régionalisme.

Bâtir quelqu'un..

Lui construire une maison, une grange, etc.C'est lui qui a bâti le notaire (Société du Parler français au Canada.

1930).B.— Au figuré.

[Par emploi métaphorique de A 1.

Le complément désigne uninanimé concret ou abstrait]1.

Bâtir quelque chose sur + complément indiquant le fondement de ce qui estréalisé.

Bâtir une nation sur l'héritage de ses pères (RENÉ HUYGHE, Dialogueavec le visible, 1955, page 228) :Ø 9.

En vérité vous me surprenez, Villefort, vous, substitut du procureur du roi, de bâtir une accusation sur de si mauvaises preuves. ALEXANDRE DUMAS PÈRE, Le Comte de Monte-Cristo, tome 1, 1846, page 132. Remarque : Confer la phrase souvent citée (par exemple dans FÉLICITÉ-ROBERT DELAMENNAIS, De la Religion, tome 2, 1826, page 159) de Jésus s'adressant àl'apôtre Pierre : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église(Matthieu, XVI, 18).— Spécialement.

[Le complément désigne une oeuvre musicale] Bâtir une piècesur un motif de trois sous (CLAUDE SAMUEL, Panorama de l'art musicalcontemporain, 1962, page 187 ).2.

Emploi absolu :Ø 10.

Sa véracité était à toute épreuve, et sa moindre parole inspirait la même sécurité que le serment le plus solennel.

On pouvait bâtir sur cette parolecomme sur un rocher. CHARLES, COMTE DE MONTALEMBERT, Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (1207-1231), 1836, page 38.— Locution figurée.

Bâtir sur le sable.

Fonder une entreprise sur une baseinsuffisante (par référence à l'Évangile selon saint Matthieu, VII, 26-27) Bâtiren l'air.

S'attacher à des projets ou à des entreprises chimériques.

bâtir surl'aile des vents Attacher ses pensées à des événements passagers, qui lesemportent avec eux, c' est graver sur le sable, écrire sur les ondes, et bâtirsur l' aile des vents.

(JOSEPH JOUBERT, Pensées, tome 1, 1824, page 371 ); bâtirsur les nuages Si j' ai poursuivi une impossible chimère, si j' ai bâti sur les Pge p. »

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