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Définition et usage du mot: BLESSANT, -ANTE, participe présent et adjectif.

Publié le 04/11/2015

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Définition et usage du mot: BLESSANT, -ANTE, participe présent et adjectif. I.— Participe présent de blesser* II.— Adjectif. A.— [En parlant de choses physiques] Qui blesse, qui fait souffrir. Il est dur d'étendre, la nuit, sa fatigue, dans la paille blessante (HENRI, ALBAN FOURNIER, DIT ALAIN-FOURNIER, Correspondance [avec Jacques Rivière] , 1908, page 349) : Ø 1. Et malgré la pluie qui tombait, malgré le froid blessant de la nuit, quelque temps encore il resta penché sur cette fourmilière de gens inconnus qui passaient vite,... EUGÈNE FROMENTIN, Dominique, 1863, page 132. Ø 2.... de la lucarne, dans le toit, le jour glissait obliquement sur le parquet et déversait entre les murs une lumière dure, crue, blessante... FRANCIS CARCO, L'Homme traqué, 1922, page 111. B.— [En parlant d'attitudes] Qui atteint autrui dans sa sensibilité, son amour-propre. Propos blessants, paroles blessantes : Ø 3. Vers 3 heures, je m'endors, et suis réveillé dès avant 7 — pas trop fatigué en apparence, mais vulnérable de partout, à la merci de la moindre contrariété. Et c'est précisément ce matin-là que je reçois de Jammes la plus blessante des lettres. ANDRÉ GIDE, Journal, 1906, page 222. Ø 4. C'est pourquoi Maurras, Vaugeois, Montesquiou, Bainville, Bois-Fleury, Moreau, Pujo et moi avons toujours usé d'une cordialité vraie avec tout notre personnel, nous abstenant de toute blessante condescendance vis-à-vis de ceux qui sont sous nos ordres. LÉON DAUDET, Le Bréviaire du journalisme, 1936, page 217. — [En parlant de pers] : Ø 5. Je vis paraître alors un être nouveau, bizarre, incohérent, inexplicable et fugace, aigri, chagrin, blessant et ombrageux, comme si elle eût été entourée de pièges, aujourd'hui que je me dévouais sans réserve au soin d'aplanir sa vie et d'en écarter l'ombre d'un souci. EUGÈNE FROMENTIN, Dominique, 1863, page 209. Ø 6. Mais voici l'adolescence (...). Plus de demi-dieux : le père se mue en un despote blessant; la mère n'est qu'une pauvre femme. FRANÇOIS MAURIAC, Le Jeune homme, 1926, page 12. C.— Emploi neutre. Quelque chose de blessant, ce qu'il y a de blessant Il eut l'air froissé, comme si je lui avais dit quelque chose de blessant (GUY DE MAUPASSANT, Contes et nouvelles, tome 1, Les Soeurs Rondoli, 1884, page 1259 ). Je ne relève pas pour l'instant ce que cette opinion a d'erroné, d'excessif et de blessant (JEAN ANOUILH, La Sauvage, 1938, II, page 175) : Ø 7. Madame de Chasteller l'accompagna, comme pour adoucir par cette politesse ce qu'il pouvait y avoir de blessant dans la prière qu'elle venait de lui adresser. HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Lucien Leuwen, tome 2, 1836, page 173. — Emploi comme substantif. [Suivi d'un complément indiquant ce qui blesse] : Ø 8. — « Maintenant, parlons sérieusement », reprit-il, après une pause, et sur un ton conciliant qui atténuait le blessant de la phrase. « Qu'est-ce que c'est : le capitalisme? Je dois te dire que je me méfie des mots passe-partout. Et particulièrement des mots en isme... » ROGER MARTIN DU GARD, Les Thibault, L'Été 1914, 1936, page 154. STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 307. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 194, b) 492; XXe. siècle : a) 636, b) 493. Forme dérivée du verbe "blesser" blesser BLESSER, verbe transitif. A.— Emploi transitif. 1. [L'agent, exprimé ou non, est un être vivant] Causer, involontairement ou avec l'intention — en général — de nuire, une blessure; au passif, recevoir une blessure. Blesser mortellement, à mort, grièvement; il la frappa de nouveau et la blessa jusqu'au sang (CHARLES, COMTE DE MONTALEMBERT, Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe (1207-1231), 1836, page 238) : Ø 1. Cependant, ses trois autres compagnons avaient réussi à se jeter dans le canot, et déjà ils faisaient force de rames, tandis que les hommes de Koupriane, entrés dans l'eau jusqu'à la poitrine, déchargeaient leurs revolvers dans la direction des fuyards... Ceux-ci, peut-être dans la crainte de blesser Natacha, ne répondirent point aux coups de feu. GASTON LEROUX, Rouletabille chez le tsar, 1912, page 147. · [L'objet désigne un arbre, une plante, etc.] Faire une entaille. On obtient ces sucs en blessant les plantes (JEAN-BAPTISTE DESCHAMPS D'AVALLON, Compendium de pharmacie pratique, 1868, page 144 ). — Emploi absolu : Ø 2. En certaines parties de l'Afrique du Sud, le vol était un délit d'ordre privé et la partie lésée était indemnisée, mais blesser ou tuer était un crime et l'on payait l'indemnité au chef, et non à la victime ou à sa famille. ROBERT HARRY LOWIE, Manuel d'anthropologie culturelle, 1936, page 313. 2. [L'agent est une chose] a) Occasionner une blessure. La boue et les gravillons frottent, râpent et blessent la peau qui s'infecte (ERNEST GARCIN, Guide vétérinaire, 1944, page 138) : Ø 3. Il ne verra longtemps dans les puissances élémentaires que des causes insensibles et quelquefois nuisibles. La terre blesse ses pieds; il court risque de se noyer dans l'eau; l'air et les vents l'offensent... JACQUES-HENRI BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, 1814, page 133. b) Causer de la douleur, faire mal : Ø 4. Ferdinand présentait des revendications gémissantes au sujet d'une paire de chaussures qui le blessaient. GEORGES DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Notaire du Havre, 1933, page 105. — Par extension. Frapper désagréablement, produire une sensation pénible. La lumière la blessa, elle souffla la bougie (ÉMILE ZOLA, Le Rêve, 1888, page 130) : Ø 5. Mozart disait : «... même dans les situations horribles la musique ne doit jamais blesser les oreilles et cesser d'être de la musique ». EUGÈNE DELACROIX, Journal, tome 1, 1852, page 290. Ø 6. Le jeune homme, la fenêtre fermée, s'assit, baissa un peu l'abat-jour car la lumière blessait ses yeux, puis il s'expliqua posément. MAURICE BARRÈS, Sous l'oeil des Barbares, 1888, page 208. B.— Au figuré. 1. Blesser quelqu'un. — Littéraire. Toucher, atteindre par (les traits de) l'amour; marquer profondément. Car Vénus l'a blessé [Pluton] soudain des mêmes traits (JEAN PAPADIAMANTOPOULOS, DIT JEAN MORÉAS, Poèmes et sylves, 1896, page 229) : Ø 7. Toi qui blessas Vénus, ah, si Vénus te blesse, Diomède, bénis sa force et sa faiblesse. PAUL-JEAN TOULET, Les Contrerimes, 1920, page 125. — Offenser, choquer, déplaire, faire du mal : Ø 8. À la fin, se levant de sa chaise et se promenant par le cabinet, le comte fort embarrassé, se prit à enfiler des protestations. — Loin de lui l'intention de blesser la personne à qui cette lettre était adressée! Comment l'avait-elle pu supposer? ÉLÉMIR BOURGES, Le Crépuscule des dieux, 1884, page 65. Ø 9. S'il ressentait comme des offenses personnelles les mesures les plus générales, c'est qu'elles le blessaient au vif, dans son instinct profond de chef de guerre, cet instinct des routiers qui se débandaient, le combat fini, et retrouvaient au moins la liberté, à défaut de la bataille! ROGER CRÉTIN, DIT ROGER VERCEL, Capitaine Conan, 1934, page 91. · Locution proverbiale. C'est là que le bât blesse (quelqu'un). C'est là la cause des désagréments, des inquiétudes : Ø 10. Nous écririons donc comme tout le monde, quitte à compiler comme quelques autres, n'était certain lieu où le bât nous blesse. ALFRED DE MUSSET, Lettres de Dupuis et Cotonet, 1837, page 748. — Emploi absolu : Ø 11.... non seulement elles [les vieilles filles] blessent, mais elles éprouvent du plaisir à blesser, et à faire voir à leur victime qu'elles l'ont blessée. HONORÉ DE BALZAC, Le Curé de Tours, 1832, page 180. Ø 12. Certains jours, il ne voulait pas parler; ou il avait des accès de malice diabolique, il cherchait à blesser. ROMAIN ROLLAND, Jean-Christophe, Dans la maison, 1909, page 1011. 2. Blesser quelque chose. — Blesser la vue, les regards de quelqu'un. Importuner, déplaire : Ø 13. Ainsi il a été convenu que l'empereur pourrait aller désormais dans l'île; que l'officier que les instructions attachaient à sa personne n'exercerait qu'une surveillance lointaine, qui ne pourrait blesser les regards de l'empereur;... EMMANUEL DIEUDONNÉ, COMTE DE LAS CASES, Le Mémorial de Sainte-Hélène, tome 1, 1823, page 288. — [En parlant de sentiment, de tout ce qui peut correspondre à des normes : pudeur, vraisemblance, bon goût, etc.] Aller contre. Honoré avait déjà oublié les paroles coupables qui blessaient la pudeur de son frère (MARCEL AYMÉ, La Jument verte, 1933, page 143) : Ø 14. Son style [de Victor Hugo] pourtant ne blesse jamais la grammaire ni le vocabulaire de la langue, et ne présente ni mots, ni tours inusités. CHARLES-AUGUSTIN SAINTE-BEUVE, Premiers lundis, tome 1, 1869, page 186. · Blesser l'amour-propre de quelqu'un. — Blesser les intérêts. Léser, porter préjudice : Ø 15. L'abolition de la servitude faite de manière à ne blesser les droits de personne, est tellement difficile, qu'il y a un siècle que le Danemarck y travaille sans avoir achevé ce bel ouvrage. CHARLES-VICTOR BONSTETTEN, L'Homme du Midi et l'homme du Nord, 1824, page 38. Ø 16. La loi est uniforme, les moeurs, les terres, les intelligences ne le sont pas; or, l'administration est l'art d'appliquer les lois sans blesser les intérêts, tout y est donc local. HONORÉ DE BALZAC, Le Médecin de campagne, 1833, page 59. C.— Emploi pronominal. Se faire une blessure, se faire du mal. Mais Gustave se meurt, madame : il s'est blessé, En tombant de cheval (ALEXANDRE DUMAS PÈRE, Christineou Stockolm, Fontainebleau ou Rome. 1830, IV, 3, page 259 ). — Par métaphore : Ø 17.... ces malheureux personnages de Racine... même quand ils ne sont pas ennemis, même quand ils ne se battent pas, ils se blessent toujours. Ils sont naturellement blessants. Ils blessent par métier, par office, par nature. CHARLES PÉGUY, Victor-Marie, Comte Hugo, 1910, page 778. STATISTIQUES : Fréquence absolue littéraire : 1 886. Fréquence relative littéraire : XIXe. siècle : a) 3 388, b) 2 961; XXe. siècle : a) 2 480, b) 2 050.

« 314241 · [L'objet désigne un arbre, une plante, etc.] Faire une entaille.

Onobtient ces sucs en blessant les plantes (JEAN-BAPTISTE DESCHAMPS D'AVALLON,Compendium de pharmacie pratique, 1868, page 144 ).— Emploi absolu :Ø 2.

En certaines parties de l'Afrique du Sud, le vol était un délit d'ordre privé et la partie lésée était indemnisée, mais blesser ou tuer était uncrime et l'on payait l'indemnité au chef, et non à la victime ou à sa famille. ROBERT HARRY LOWIE, Manuel d'anthropologie culturelle, 1936, page 313. 2.

[L'agent est une chose]a) Occasionner une blessure.

La boue et les gravillons frottent, râpent etblessent la peau qui s'infecte (ERNEST GARCIN, Guide vétérinaire, 1944, page138) :Ø 3.

Il ne verra longtemps dans les puissances élémentaires que des causes insensibles et quelquefois nuisibles.

La terre blesse ses pieds; il court risquede se noyer dans l'eau; l'air et les vents l'offensent... JACQUES-HENRI BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, 1814, page 133.b) Causer de la douleur, faire mal :Ø 4.

Ferdinand présentait des revendications gémissantes au sujet d'une paire de chaussures qui le blessaient. GEORGES DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Notaire du Havre, 1933, page 105.— Par extension.

Frapper désagréablement, produire une sensation pénible.

Lalumière la blessa, elle souffla la bougie (ÉMILE ZOLA, Le Rêve, 1888, page 130):Ø 5.

Mozart disait : «...

même dans les situations horribles la musique ne doit jamais blesser les oreilles et cesser d'être de la musique ». EUGÈNE DELACROIX, Journal, tome 1, 1852, page 290. Ø 6.

Le jeune homme, la fenêtre fermée, s'assit, baissa un peu l'abat-jour car la lumière blessait ses yeux, puis il s'expliqua posément. MAURICE BARRÈS, Sous l'oeil des Barbares, 1888, page 208. B.— Au figuré.1.

Blesser quelqu'un.— Littéraire.

Toucher, atteindre par (les traits de) l'amour; marquerprofondément.

Car Vénus l'a blessé [Pluton] soudain des mêmes traits (JEANPAPADIAMANTOPOULOS, DIT JEAN MORÉAS, Poèmes et sylves, 1896, page 229) :Ø 7.

Toi qui blessas Vénus, ah, si Vénus te blesse, Diomède, bénis sa force et sa faiblesse. PAUL-JEAN TOULET, Les Contrerimes, 1920, page 125. — Offenser, choquer, déplaire, faire du mal :Ø 8.

À la fin, se levant de sa chaise et se promenant par le cabinet, le comte fort embarrassé, se prit à enfiler des protestations.

— Loin de luil'intention de blesser la personne à qui cette lettre était adressée! Commentl'avait-elle pu supposer? ÉLÉMIR BOURGES, Le Crépuscule des dieux, 1884, page 65. Ø 9.

S'il ressentait comme des offenses personnelles les mesures les plus générales, c'est qu'elles le blessaient au vif, dans son instinct profond dechef de guerre, cet instinct des routiers qui se débandaient, le combat fini, etretrouvaient au moins la liberté, à défaut de la bataille! ROGER CRÉTIN, DIT ROGER VERCEL, Capitaine Conan, 1934, page 91. · Locution proverbiale.

C'est là que le bât blesse (quelqu'un).

C'est là lacause des désagréments, des inquiétudes :Ø 10.

Nous écririons donc comme tout le monde, quitte à compiler comme quelques autres, n'était certain lieu où le bât nous blesse. ALFRED DE MUSSET, Lettres de Dupuis et Cotonet, 1837, page 748. — Emploi absolu :Ø 11....

non seulement elles [les vieilles filles] blessent, mais elles éprouvent du plaisir à blesser, et à faire voir à leur victime qu'elles l'ontblessée. HONORÉ DE BALZAC, Le Curé de Tours, 1832, page 180. Ø 12.

Certains jours, il ne voulait pas parler; ou il avait des accès de malice diabolique, il cherchait à blesser. ROMAIN ROLLAND, Jean-Christophe, Dans la maison, 1909, page 1011. 2.

Blesser quelque chose.— Blesser la vue, les regards de quelqu'un.

Importuner, déplaire :Ø 13.

Ainsi il a été convenu que l'empereur pourrait aller désormais dans l'île; que l'officier que les instructions attachaient à sa personnen'exercerait qu'une surveillance lointaine, qui ne pourrait blesser les regards Pge p. »

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