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leur suzerain, comme Ferrand comte de Flandre, ou Renaud comte de Boulogne, et surtout un personnage autrement important : Otton de Brunswick, Otton IV, empereur du Saint Empire, c'est-à-dire celui qu'on appelle, dans les manuels dont on parle, « l'empereur d'Allemagne ».

Publié le 06/01/2014

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allemagne
leur suzerain, comme Ferrand comte de Flandre, ou Renaud comte de Boulogne, et surtout un personnage autrement important : Otton de Brunswick, Otton IV, empereur du Saint Empire, c'est-à-dire celui qu'on appelle, dans les manuels dont on parle, « l'empereur d'Allemagne ». Le plan de Jean, pour terrasser le Français, est implacable : il le prendra en tenaille. Il attaquera le royaume par le Sud-Ouest, tandis que les coalisés fondront par le Nord. Les méchants seraient-ils toujours punis ? Le fait est là, tout échoue. Côté ouest, début juillet 1214, le prince Louis, fils de Philippe Auguste, futur Louis VIII, défait l'anglais Jean - qui fuit sans même combattre - à La Roche-aux-Moines (près d'Angers). Quelques semaines plus tard, côté nord, en trois heures de combat, un dimanche, près d'une rivière, à côté de Bouvines, donc, Philippe, l'auguste roi, triomphe de façon éclatante de ceux qui l'ont attaqué : l'armée ennemie est vaincue ; l'empereur d'Allemagne, jeté à terre, est obligé de s'enfuir piteusement à pied, en ayant laissé sur le terrain - suprême offense - ses insignes impériales ; Renaud de Boulogne est capturé avec des dizaines d'autres chevaliers ; le traître Ferrand est ramené à Paris, enchaîné dans une cage, accompagné par les railleries du peuple qui hurle au passage « Ferrand, te voilà ferré ! » et, à mesure qu'il apprend la nouvelle, le pays entier, dit-on, entre en liesse pour acclamer les troupes victorieuses. Villes pavoisées, Paris en fête, réjouissances durant des jours entiers. Vive Philippe ! vive notre roi ! Personne ne crie « vive la France », mais, on l'a bien compris, le coeur y était. Rien ne manque donc au tableau. Les méchants seigneurs qui causaient tant de soucis à « nos rois » depuis des siècles sont enfin matés - échec à la féodalité - et les méchants étrangers qui, comme toujours, nous menacent sont chassés de notre territoire - gloire à la Nation ! Nous ne sommes qu'en 1214. On le voit, Bouvines ainsi décrite a des faux airs de 1918. En mieux encore, d'ailleurs. Durant la Première Guerre mondiale, la France était appuyée de nombreux alliés, dont les Anglais. Au xiiie, elle était seule. Ainsi, pour un coeur tricolore, Bouvines formait une sorte de sommet de la gloire nationale, un Waterloo que nous aurions gagné. L'art de la guerre au Moyen Âge Et alors ? Tout cela est-il faux, tout cela est-il inventé ? Non, bien sûr, tout cela est aussi vrai, tout cela est à peu près vrai si l'on accepte de tout relire avec des lunettes d'il y a cinquante ou cent ans. Et tout cela ressemble aussi à une vraie manipulation, si tant est qu'on accepte de changer enfin ses verres, ou si, tout simplement, on accepte de se déplacer de quelques pas pour prendre un autre d'angle de vue. Bien sûr, Bouvines est une bataille importante. Certes, les manuels d'histoire allemande en parlent très peu et ceux d'histoire anglaise à peine. Le grand Duby, toutefois, écrit qu'elle a « profondément modifié la carte de l'Europe », on se gardera bien de le contredire. À la suite de la défaite, Otton, humilié, perd sa couronne. Jean sans Terre, affaibli par ses pertes continentales et l'échec de sa stratégie, est en mauvaise posture face à ses grands ennemis intérieurs : les « barons », c'est-à-dire les grands seigneurs d'Angleterre qui ne cessent de contester son pouvoir pour augmenter le leur. C'est ainsi qu'un an après Bouvines, à la suite d'une véritable guerre civile, ils réussissent à lui imposer un document d'une grande importance pour l'histoire : la Magna Carta, la célèbre « Grande Charte ». Le texte limite considérablement le pouvoir royal. Il marque le triomphe des féodaux sur leur souverain. En fait, en posant le principe de la limitation de l'arbitraire royal, il nous apparaît aujourd'hui comme un des fondements de l'histoire des libertés publiques et marque le premier petit pas de ce qui deviendra bien plus tard la monarchie constitutionnelle. À l'inverse, de l'autre côté de la Manche, la victoire de Philippe a renforcé le trône capétien pour des décennies. Si l'on considère le long terme, on peut donc voir dans les conséquences de Bouvines ce qui déterminera l'histoire des deux pays : une monarchie tempérée côté anglais, et autoritaire côté français. Philippe Auguste a gagné en pouvoir, en prestige, même si, comme le raconte Duby, cette gloire soudaine a été savamment embellie et sculptée par des chroniqueurs qui ont si bien travaillé qu'on continuait, huit siècles après eux, à croire sur parole leurs aimables flatteries. Oui, Bouvines est une indéniable victoire pour le roi et la royauté tout entière, même si, comme dans toutes ces affaires militaires, il vaut mieux ne pas tenter d'aller chercher dans les fossés de l'histoire ce qu'elle a coûté sur le plan humain. C'est là un autre intérêt de l'étude de cette bataille : elle nous renseigne sur l'art de la guerre au Moyen Âge et sa pratique, assez surprenante par bien des côtés quand on l'observe avec nos yeux d'aujourd'hui. Comme l'explique fort bien Duby, lors de ces guerres féodales, les nobles, qui sont toujours ceux dont on met en avant la vaillance, ne risquent presque jamais la mort. Ils représentent un bien trop précieux. L'objectif du camp adverse, c'est de mettre la main sur le plus grand nombre d'entre eux, pour les prendre en otage en attendant la rançon, cette source de revenus tellement énorme qu'elle peut nourrir des familles - et en ruiner d'autres - pour des décennies. Dans la plupart des cas, l'emprisonnement n'a rien de très carcéral. En général, le prisonnier vit comme tout le monde dans le château de son hôte sans surveillance particulière : son honneur lui commande de ne pas s'enfuir. Selon le système de valeurs de l'époque, c'est le geôlier le plus efficace. Tout cela peut prendre vingt ans : les sommes sont lourdes, il faut le temps de les réunir. Pour la piétaille, en revanche, les innombrables fantassins, les sergents d'armes qui les encadrent et marchent audevant des chevaliers, ou à côté d'eux, c'est la boucherie. Pour quel gain ? Un peu d'argent, des rêves de rapines, le sentiment de servir son seigneur. C'est peu cher payé au regard de l'horreur encourue, c'étaient les moeurs du temps. Que dire des à-côtés de ces affrontements : le terrain que l'on prépare en ravageant des provinces, en mettant à feu et à sang des villages ou des villes. Dans sa rage à soumettre Ferrand et à mettre au pas les Flamands, Philippe Auguste n'a pas reculé devant grand-chose. Il est allé jusqu'à la quasi-destruction de Lille, et à la déportation d'une partie de sa population. De cela, on se doute, nos braves manuels ne pipaient mot : pour célébrer le « sentiment national », avouer qu'on en était passé par de telles horreurs commises contre de futurs citoyens français, cela aurait fait tache. Il faudrait, pour être complet, ajouter quelque part en haut de cette grande fresque d'époque un personnage dont nous n'avons pas parlé et qui a, dans l'affaire, une importance déterminante : Dieu. Il est présent partout en ces temps-là. Le christianisme est le grand ciment des longs siècles médiévaux. Cela vaut aussi pour l'histoire militaire. Si le livre de Duby s'intitule Le Dimanche de Bouvines, c'est que ce moment de la semaine a une importance clé. En attaquant ce jour-là, les ennemis de Philippe ont commis plus qu'une faute, un sacrilège. Ils ont rompu le pacte qui s'impose à tous. L'Église, en ces siècles turbulents, essaie d'adoucir les moeurs. C'est elle qui pousse à un code d'honneur des chevaliers qui les contraint, en principe, à être justes, à protéger les faibles, à être charitables envers les pauvres, à servir le Christ. C'est elle aussi qui a décrété la « trêve de dieu », c'est-à-dire l'interdiction de verser le sang chaque semaine, dès le mercredi. Alors oser déclencher une attaque un dimanche ! D'ailleurs, si Philippe a gagné respectent. in fine, c'est bien la preuve que Dieu punit ceux qui l'offensent, et récompense ceux qui le Bouvines dénationalisée Tout cela est fort intéressant et nous éclaire sur cet aspect du Moyen Âge que l'on croit connaître et que l'on découvre toujours, mais, comme on en a fait mention, cela a été écrit déjà. Il reste un point sur lequel, curieusement, les historiens français, même les plus prestigieux, sont moins diserts : cette manie de la « nationalisation ». Même notre cher Duby, si critique, si ironique sur tout le reste, ne s'en préoccupe pas. Peut-être cela tient-il à sa génération ? Quand on est né en 1919, on n'a sans doute pas l'idée de s'offusquer de ce qu'on colle des drapeaux partout. Quelle idée bizarre, pourtant, de le faire avant même que ces drapeaux ne soient inventés ! Reprenons donc notre histoire point par point, ou, pour rendre les choses plus simples et plus claires, reprenons-la homme par homme. On verra à quel point, soudain, elle nous apparaît différente. Ferrand. Dans notre première version, on s'en souvient, ce méchant est le félon incarné. Ne va-t-il pas jusqu'à préférer le roi d'Angleterre en trahissant son roi, autrement dit - tout le monde l'entend ainsi en lisant le livre d'histoire - sa patrie. Mais laquelle ? Dans les manuels, en général, Ferrand est dit « de Flandre ». Cela fait image. Avec un rien d'imagination, on se le représenterait volontiers buvant de la bière sur des grands-places devant de riches maisons en pignon à gradins, dans une sorte de scène de Breughel avant l'heure. Allons ! L'homme est le fils du roi de Portugal. Il n'a jamais mis les pieds dans ce beau comté du Nord avant que ce dernier ne lui échoie par son mariage avec Jeanne, qui est « de Flandre » mais fut élevée à la Cour par Philippe Auguste et s'appelle par ailleurs Jeanne de Constantinople, parce que son père, lors d'une croisade, en est devenu le roi. Nos géographies modernes en sont soudain embrouillées ? Peu importe, le problème n'est pas là. Sitôt le mariage prononcé, le roi retors exige que l'on exclue du contrat deux riches places, Saint-Omer et Aire-sur-la-Lys, qu'il destine à son fils Louis. Il fait même emprisonner le couple pour le pousser à céder - c'était les moeurs du moment. Voilà la base de l'ire de Ferrand. L'homme n'est ni un mauvais Français, ni un mauvais Flamand, ni un mauvais quoi que ce soit qu'il n'est pas, il est un homme qui se sent grugé par un tricheur et, après diverses autres péripéties, cela le rend capable de changer son alliance autour de la table de jeu. On voit que glisser dans tout cela une logique « nationale », qui n'apparaîtra que des siècles plus tard, brouille la réalité des cartes du temps. Selon la logique qui est celle de son époque, Ferrand est simplement un seigneur qui estime qu'on a brisé le code chevaleresque qui régit les rapports entre hommes de bien. À son sens, cela lui donne tout loisir de le briser à nouveau. Cela se traduit-il pour autant par une haine, non pas de « la France », mais simplement de la couronne capétienne ? Même pas. Après l'épisode de la cage qui le ramène à Paris, il passe dix ans en prison, puis il est libéré - après rançon - par la régente du royaume, Blanche de Castille, la belle-fille de Philippe, la mère de Saint Louis. Durant ces années, elle connaît de graves troubles d'autorité, les grands du royaume lui cherchent noise. Que fait Ferrand, notre « traître » ? Il devient, jusqu'à sa mort, un de ses plus fidèles soutiens. Otton de Brunswick, un Normand comte de Poitou Voyez aussi celui qui, dans notre première version, était appelé « l'empereur d'Allemagne ». Il se nomme Otton de Brunswick. Un nom pareil, c'est évident, cela ne se trouve pas sous le sabot d'un percheron. Eh bien si. L'homme est né en Normandie, il est par sa mère un des petits-fils d'Aliénor d'Aquitaine et de son deuxième mari, Henri Plantagenêt, ce roi d'Angleterre si angevin. Ses oncles s'appellent donc Jean sans Terre et Richard Coeur de Lion. C'est Richard qui l'a aidé à se placer dans la vie convenablement. Il a voulu en faire un duc d'York, puis un roi d'Écosse, finalement, il a fallu se rabattre sur des titres moins compliqués à obtenir : Otton est devenu comte de Poitou et duc d'Aquitaine. Pour trouver ses racines germaniques, il faut chercher du côté de son père, Henri de Saxe. C'est lui qui l'entraîne dans les sombres combines de l'élection au trône impérial. Il est prudent de ne pas s'y aventurer ici, personne ne s'y retrouve. Disons simplement qu'Otton devient « roi des Romains » - ce qui constitue une première étape, en quelque sorte - puis empereur. Mais il ne devient sûrement pas « empereur d'Allemagne », le titre n'existe pas. Le vaste territoire placé sous la couronne recoupe bien sûr ce qui est aujourd'hui l'Allemagne, mais aussi l'Autriche ou l'Italie, et rien n'est « germanique », alors, dans le Saint Empire. On parle là encore, tout comme au temps de Charlemagne, de « Saint Empire romain ». Seulement, à ce trône, Otton est mal élu, son pouvoir est vacillant, il a besoin d'argent, et c'est ce qui le pousse à l'alliance avec le « roi d'Angleterre », Jean, c'est-à-dire son oncle. Il le fait d'autant plus facilement qu'une autre alliance essentielle lui a manqué bien vite. Pour de sombres histoires de mainmise sur le Sud de l'Italie - là encore, nous sommes loin de Hambourg ou de Cologne -, le pape, qui le soutenait et l'a couronné, change de cheval. Il décide désormais de défendre un jeune homme plein d'avenir, Frédéric II de Hohenstaufen. Celui-ci se trouve être aussi le candidat d'un homme qui s'intéresse de près à ces élections, Philippe Auguste. Passons sur les démêlés,
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« appuyée denombreux alliés,dontlesAnglais.

Auxiiie, elle était seule.

Ainsi,pouruncœur tricolore, Bouvines formait unesorte desommet delagloire nationale, unWaterloo quenous aurions gagné.

L’art delaguerre auMoyen Âge Et alors ? Toutcelaest-il faux, toutcelaest-il inventé ? Non,biensûr,tout celaest aussi vrai, toutcelaest à peu près vrai sil’on accepte detout relire avecdeslunettes d’ilya cinquante oucent ans.Ettout celaressemble aussi àune vraie manipulation, sitant estqu’on accepte dechanger enfinsesverres, ousi,tout simplement, on accepte desedéplacer dequelques paspour prendre unautre d’angle devue. Bien sûr,Bouvines estune bataille importante.

Certes,lesmanuels d’histoire allemande enparlent trèspeuet ceux d’histoire anglaiseàpeine.

Legrand Duby, toutefois, écritqu’elle a« profondément modifiélacarte de l’Europe », onsegardera biendelecontredire.

Àla suite deladéfaite, Otton,humilié, perdsacouronne.

Jeansans Terre, affaibli parsespertes continentales etl’échec desastratégie, estenmauvaise posturefaceàses grands ennemis intérieurs : les« barons », c’est-à-dire lesgrands seigneurs d’Angleterre quinecessent decontester son pouvoir pouraugmenter leleur.

C’est ainsiqu’un anaprès Bouvines, àla suite d’une véritable guerrecivile,ils réussissent àlui imposer undocument d’unegrande importance pourl’histoire : la Magna Carta , la célèbre « Grande Charte ».Letexte limite considérablement lepouvoir royal.Ilmarque letriomphe desféodaux surleur souverain.

Enfait, enposant leprincipe delalimitation del’arbitraire royal,ilnous apparaît aujourd’hui commeun des fondements del’histoire deslibertés publiques etmarque lepremier petitpasdecequi deviendra bienplus tard lamonarchie constitutionnelle.

Àl’inverse, del’autre côtédelaManche, lavictoire dePhilippe arenforcé le trône capétien pourdesdécennies.

Sil’on considère lelong terme, onpeut donc voirdans lesconséquences de Bouvines cequi déterminera l’histoiredesdeux pays : unemonarchie tempéréecôtéanglais, etautoritaire côté français. Philippe Auguste agagné enpouvoir, enprestige, mêmesi,comme leraconte Duby,cettegloire soudaine aété savamment embellieetsculptée pardes chroniqueurs quiont sibien travaillé qu’oncontinuait, huitsiècles après eux, àcroire surparole leursaimables flatteries. Oui, Bouvines estune indéniable victoirepourleroi etlaroyauté toutentière, mêmesi,comme danstoutes ces affaires militaires, ilvaut mieux nepas tenter d’aller chercher danslesfossés del’histoire cequ’elle acoûté surle plan humain.

C’estlàun autre intérêt del’étude decette bataille : ellenous renseigne surl’art delaguerre au Moyen Âgeetsa pratique, assezsurprenante parbien descôtés quand onl’observe avecnosyeux d’aujourd’hui. Comme l’explique fortbien Duby, lorsdeces guerres féodales, lesnobles, quisont toujours ceuxdont onmet en avant lavaillance, nerisquent presquejamaislamort.

Ilsreprésentent unbien tropprécieux.

L’objectif ducamp adverse, c’estdemettre lamain surleplus grand nombre d’entreeux,pour lesprendre enotage enattendant la rançon, cettesource derevenus tellement énormequ’ellepeutnourrir desfamilles –et en ruiner d’autres –pour des décennies.

Danslaplupart descas, l’emprisonnement n’arien detrès carcéral.

Engénéral, leprisonnier vit comme toutlemonde danslechâteau deson hôte sanssurveillance particulière : sonhonneur luicommande de ne pas s’enfuir.

Selonlesystème devaleurs del’époque, c’estlegeôlier leplus efficace.

Toutcelapeut prendre vingt ans :lessommes sontlourdes, ilfaut letemps deles réunir. Pour lapiétaille, enrevanche, lesinnombrables fantassins,lessergents d’armesquilesencadrent etmarchent au- devant deschevaliers, ouàcôté d’eux, c’estlaboucherie.

Pourquelgain ? Unpeu d’argent, desrêves derapines, le sentiment deservir sonseigneur.

C’estpeucher payé auregard del’horreur encourue, c’étaientlesmœurs du temps. Que diredesà-côtés deces affrontements : leterrain quel’onprépare enravageant desprovinces, enmettant à feu etàsang desvillages oudes villes.

Danssarage àsoumettre Ferrandetàmettre aupas lesFlamands, Philippe Auguste n’apas reculé devant grand-chose.

Ilest allé jusqu’à laquasi-destruction deLille, etàla déportation d’une partie desapopulation.

Decela, onsedoute, nosbraves manuels nepipaient mot :pourcélébrer le« sentiment national », avouerqu’onenétait passé pardetelles horreurs commises contredefuturs citoyens français, cela aurait faittache. Il faudrait, pourêtrecomplet, ajouterquelque partenhaut decette grande fresque d’époque unpersonnage dont nous n’avons pasparlé etqui a,dans l’affaire, uneimportance déterminante : Dieu.Ilest présent partoutences temps-là.

Lechristianisme estlegrand ciment deslongs siècles médiévaux.

Celavaut aussi pourl’histoire militaire. Si le livre deDuby s’intitule Le Dimanche deBouvines , c’est quecemoment delasemaine aune importance clé.

Enattaquant cejour-là, lesennemis dePhilippe ontcommis plusqu’une faute,unsacrilège.

Ilsont rompu le pacte quis’impose àtous.

L’Église, ences siècles turbulents, essaied’adoucir lesmœurs.

C’estellequipousse àun code d’honneur deschevaliers quilescontraint, enprincipe, àêtre justes, àprotéger lesfaibles, àêtre charitables envers lespauvres, àservir leChrist.

C’estelleaussi quiadécrété la« trêve dedieu », c’est-à-dire l’interdiction de verser lesang chaque semaine, dèslemercredi.

Alorsoserdéclencher uneattaque undimanche ! D’ailleurs,si. »

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