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Israël

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1 PRÉSENTATION

Israël, en hébreu Yisra´el et en arabe (deuxième langue officielle) Isrā´īl, pays du Proche-Orient. Il a fixé sa capitale, non reconnue par la communauté internationale, à Jérusalem.

Israël est situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée et s’étire au sud jusqu’au golfe d’Aqaba. Le pays a pour voisins le Liban au nord, la Syrie au nord-est, la Jordanie à l’est et l’Égypte au sud-ouest.

L’État d’Israël, créé en mai 1948, est issu du partage de la Palestine proposé par l’Organisation des Nations unies en 1947. Dans ses frontières actuelles, fixées au terme de la première guerre israélo-arabe, en 1949, et contestées par une partie des États arabes, Israël couvre une superficie de 21 946 km². Après sa victoire dans la guerre des Six-Jours en 1967, Israël occupa la bande de Gaza et la Cisjordanie. Le Golan, conquis militairement à la même date, fut annexé en 1981. De même, Israël a étendu unilatéralement sa souveraineté sur la partie arabe de Jérusalem. La ville ainsi réunifiée a été déclarée capitale de l’État israélien. La réunification et le statut de capitale n’ont jamais été reconnus par la communauté internationale.

En mai 1994, les accords qui ont été conclus entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ont établi une administration palestinienne autonome pour la bande de Gaza et la ville de Jéricho, en Cisjordanie. Les négociations de paix entre Israël, d’une part, Palestiniens et États arabes, d’autre part, engagées depuis septembre 1993 et portant sur le statut des territoires occupés ou annexés ainsi que sur la souveraineté palestinienne, suscitent de violentes oppositions dans les deux camps.

2 LE PAYS ET SES RESSOURCES
2.1 Relief et hydrographie

Israël s’étend sur une longueur de 425 km et sur une largeur variant de 16 à 115 km. Au sud, le désert du Néguev occupe presque la moitié du pays. Dans la partie nord, le littoral utile s’étire sur 190 km le long de la Méditerranée. Des cours d’eau séparent la plaine de Zabulon, au nord de Haïfa, la plaine du Saron, de Haïfa jusqu’à Tel-Aviv-Jaffa et la plaine de Judée, de Tel-Aviv-Jaffa jusqu’à Gaza.

Cet ensemble bute sur le mont Carmel au pied duquel s’étend la vallée de Jezréel. À l’extrême nord s’élèvent les monts de Galilée, qui prolongent la chaîne du Liban et culminent au mont Meiron (1 208 m). Dans le même alignement, les collines de Samarie, rattachées à l’ouest au mont Carmel, opèrent la transition avec les monts de Judée (881 m).

À l’est de ces reliefs, le Jourdain court dans la dépression de Ghor, alimente le lac de Tibériade (ou mer de Galilée) pour se jeter dans la mer Morte, le point le plus bas d’Israël, à 408 m en dessous du niveau de la mer.

Seul fleuve important de la région, le Jourdain a fait l’objet d’importants aménagements afin de permettre l’irrigation de la Galilée, de la partie occidentale de la dépression de Ghor et du Néguev. L’utilisation de ses eaux constitue un élément majeur du contentieux avec les pays arabes voisins et les Palestiniens.

2.2 Climat

Le climat varie du type méditerranéen au type semi-désertique. Les précipitations, limitées aux mois d’hiver, varient considérablement d’une région à l’autre : elles peuvent atteindre 1 015 mm dans les collines de Galilée, 551 mm à Tel-Aviv-Jaffa, pour tomber à 200 mm dans la dépression de Ghor et à 25 mm dans le port d’Eilat, à l’extrême sud.

2.3 Flore et faune

Plus de 200 millions d’arbres (chênes verts et conifères notamment) ont été plantés en Israël depuis 1948, et les régions reboisées y représentent aujourd’hui 8,1 p. 100 du territoire. La faune compte une centaine d’espèces de mammifères et environ quatre cents espèces d’oiseaux différents. Parmi les prédateurs les plus importants figurent la loutre, le loup et la mangouste. Chacals et hyènes peuplent le désert.

2.4 Ressources naturelles

Le sous-sol du Néguev contient du minerai de cuivre et de fer, des phosphates, du manganèse ainsi que du granit et du marbre. Des réserves de pétrole et de gaz naturel en volumes commercialement exploitables y ont été découvertes. Les eaux de la mer Morte contiennent d’importantes quantités de brome et de potasse, et l’on trouve en Galilée de la tourbe et du minerai de fer.

Le sol israélien est en général assez pauvre, mais les plaines côtières, bordées de terrains alluviaux, et les terres gagnées par l’assèchement des marécages de la vallée de Jezréel sont très fertiles.

L’un des problèmes majeurs d’Israël est l’alimentation en eau. Les trois quarts de l’eau consommée dans le pays sont destinés à l’agriculture. Les ressources en eau sont limitées et inégalement réparties. Une administration (le Mekorot) est chargée de l’exploitation et de la distribution de l’eau, de la localisation de toutes les sources naturelles d’eau douce ainsi que de la désalinisation des eaux de mer et des eaux saumâtres. Un réseau national de canaux, pipelines et tunnels, assure le transport de l’eau du lac de Tibériade jusqu’au Néguev. Le pompage des nappes phréatiques situées dans les territoires occupés et l’utilisation des eaux du lac de Tibériade au profit de l’agriculture israélienne sont dénoncés par les Palestiniens.

3 POPULATION ET SOCIÉTÉ
3.1 Démographie

En 2008, la population d’Israël était estimée à 6,5 millions d’habitants, soit une densité moyenne de 320 habitants au km². La population d’Israël s’est accrue de 3,8 p. 100 par an sur la période 1990-1995, le taux de croissance atteint aujourd’hui 1,13 p. 100. En 2008, la mortalité infantile était de 7 p. 1 000 ; l’espérance de vie à la naissance était de 79,7 années.

83 p. 100 des Israéliens, habitants d’Israël bénéficiant de la citoyenneté, sont des Juifs. 17 p. 100 sont des Arabes. La population juive a considérablement augmenté depuis l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, en 1918 ; elle n’était alors que de 56 000 personnes. Cet accroissement est essentiellement dû aux vagues d’immigration successives. Jusqu’à la création de l’État d’Israël, les immigrants venaient principalement d’Europe centrale et d’Europe de l’Est. Ces Juifs ashkénazes, fuyant les pogroms et l’antisémitisme, plus tard l’Allemagne nazie, rescapés de la Shoah, se considèrent comme les bâtisseurs d’Israël. Ils accueillirent avec difficulté, parfois avec hostilité, les Juifs séfarades, originaires des pays méditerranéens, qui immigrèrent en plus grand nombre après la création d’Israël et jusqu’à la guerre des Six-Jours, à la suite des indépendances en Afrique du Nord, et alors que les pays arabes étaient en guerre avec l’État hébreu. Dans les années 1970, puis après l’effondrement du communisme, de nombreux Juifs soviétiques s’établirent en Israël. Le pays a également accueilli des Juifs et des Juifs d’Éthiopie (Falashas). Aujourd’hui, plus de la moitié des Juifs israéliens sont nés dans le pays — on les appelle les Sabras — de parents originaires de plus de 100 pays différents.

La population des Arabes israéliens, établie principalement en Galilée et dans le Triangle (Umm el-Fahm), était de 700 000 personnes en 1993. Ces chiffres ne prennent pas en compte les habitants arabes de Jérusalem-Est, qui ont refusé la citoyenneté israélienne, n’acceptant pas l’annexion de cette partie de la ville. Quelque 30 000 Bédouins vivent dans le Néguev. Environ 85 000 druzes, mieux intégrés à la société israélienne, habitent le mont Carmel et le Golan.

3.2 Découpage administratif et villes principales

Israël, État centralisé, comprend six districts administrés par un commissaire nommé par le ministre de l’Intérieur. Le gouvernement local s’exerce par le biais de conseils municipaux, locaux et régionaux.

Le pays est fortement urbanisé. En 2005, 92 p. 100 des Israéliens habitaient les villes, dont la plus grande est Jérusalem, avec 701 512 habitants en 2004. Tel-Aviv, la seule capitale reconnue par la communauté internationale, constitue, avec Jaffa, la seconde ville du pays. L’agglomération de Tel-Aviv-Jaffa, regroupant des centres industriels comme Holon et Ramat Gan, totalise 2 001 000 habitants. Haïfa est le premier port du pays.

3.3 Langues et religions

L’hébreu et l’arabe sont les langues officielles du pays. L’hébreu est la langue la plus pratiquée, mais l’arabe est utilisé dans les écoles ainsi que pour les questions juridiques et législatives. L’anglais, le yiddish, le russe et d’autres langues européennes sont également parlées par de nombreuses personnes.

Les affaires religieuses concernant les trois principales religions du pays, le judaïsme, l’islam et le christianisme, sont gérées par le ministère des Affaires religieuses. Pour chaque citoyen, c’est le droit religieux de sa communauté qui est appliqué en matière de statut personnel (mariage, divorce, etc.).

Les Arabes israéliens sont musulmans à 82 p. 100 et chrétiens à 18 p. 100. La communauté druze bénéficie d’un statut particulier, qui dispense ses membres du service national. Une des plus importantes communautés chrétiennes est celle des Grecs orthodoxes.

3.4 Éducation

L’éducation est obligatoire et gratuite pour les jeunes de 5 à 15 ans. L’enseignement secondaire a été réformé par la loi de 1953 instituant un système national d’écoles secondaires publiques. Parallèlement au système éducatif laïc existe un système d’écoles religieuses juives. Le pays compte également des écoles de missionnaires chrétiens.

L’enseignement supérieur est assuré par de nombreuses institutions telles que l’université hébraïque de Jérusalem (1918), l’Institut israélien de technologie de Haïfa (1912) et l’université de Haïfa, l’université de Bar-Ilan (1953) à Ramat Gan, l’université de Tel-Aviv (1953), l’université Ben Gourion (1965) à Beersheba et l’Institut Weizmann pour les sciences (1949) à Rehovot.

En 2005, le taux d’alphabétisation était de 96 p. 100. Environ 57 p. 100 de la classe d’âge concernée était scolarisée dans le troisième degré.

3.5 Culture

La culture israélienne reflète la grande diversité des populations du pays. Les écrivains les plus célèbres sont ceux qui se sont inspirés de la tradition juive, comme le romancier Samuel Joseph Agnon, lauréat du prix Nobel de littérature en 1966, et le philosophe Martin Buber.

Le plus grand orchestre du pays est l’Orchestre philharmonique d’Israël qui accueille certains des meilleurs chefs d’orchestre et solistes du monde. La chanson populaire, imprégnée des airs traditionnels de musique juive orientale, connaît un vif succès, ainsi que la danse. Le théâtre le plus important du pays est le Théâtre national d’Israël à Tel-Aviv. Voir aussi Art juif.

Israël possède plus de cent trente musées, dont les plus importants sont le musée de Tel-Aviv et le musée d’Israël à Jérusalem qui renferme une grande collection d’art folklorique juif, une collection de sculptures modernes, des objets bibliques et archéologiques et surtout une partie des manuscrits de la mer Morte. Le pays compte plus de cinq cents bibliothèques publiques dont les plus notables sont la Bibliothèque nationale juive et la bibliothèque de l’université hébraïque de Jérusalem.

Les secteurs de l’audiovisuel et des communications sont gérés par l’État. Israël possède plus de vingt cinq quotidiens dont les plus influents sont Ha’aretz, Davar, Ma’ariv, Yedioth Aharonoth et le Jerusalem Post.

3.6 Institutions et vie politique
3.6.1 Institutions

Le régime politique de l’État d’Israël est un régime parlementaire au sein duquel l’essentiel du pouvoir exécutif appartient au Premier ministre. Le pays ne possède pas de Constitution écrite : ce sont les lois adoptées par le Parlement qui règlent le fonctionnement du gouvernement.

Le président d’Israël est élu par le Parlement pour une durée de cinq ans. Son pouvoir est essentiellement représentatif. Le principal organe exécutif est formé d’un gouvernement de 25 ministres présidé par un Premier ministre, élu au suffrage direct selon un mode majoritaire depuis 1996.

Le Parlement israélien ou la Knesset est une chambre unique de 120 membres élus pour quatre ans selon un mode de scrutin proportionnel, ce qui favorise les petits partis. Tous les citoyens peuvent voter dès l’âge de dix-huit ans.

3.6.2 Partis politiques

Les deux grandes formations qui ont dominé la vie politique israélienne pendant plusieurs décennies sont, d’une part, le Likoud, parti conservateur formé en 1973 par la fusion de plusieurs mouvements, dont le Gahal, et le Parti du centre libre et, d’autre part, le Parti travailliste constitué en 1968 par le regroupement des partis Mapaï (socialiste), Rafi et Achdut Ha’avoda. Ce paysage est bouleversé par la scission du Likoud, en novembre 2005, après la fondation par son leader Ariel Sharon d’une nouvelle formation baptisée Kadima (« En avant « en hébreu) et positionnée au centre. Néanmoins, de nombreux autres partis politiques existent et obtiennent une audience grandissante dans le cadre d’une dispersion des votes accentuée depuis le milieu des années 1990. Ce sont notamment des partis religieux de droite et d’extrême droite — tels que le Shas (ultra-orthodoxe à dominante séfarade), le Parti national religieux, l’Union nationale et le parti Judaïsme unifié de la Torah —, des partis laïques, tels que le Shinouï (centre droit) et le Meretz (gauche pacifiste) ; le parti Notre Maison Israël, formation d’extrême droite qui représente la minorité russe, est en essor.

3.6.3 Système judiciaire

Israël possède deux systèmes judiciaires, l’un civil et l’autre religieux. Les tribunaux civils sont compétents pour les affaires criminelles et civiles les plus importantes. Les tribunaux religieux sont compétents en matière de mariage et de succession.

3.6.4 Défense

L’idée d’une menace extérieure a constamment guidé la politique de défense de l’État d’Israël, dont la puissance militaire fut démontrée durant les différentes guerres israélo-arabes. L’armée israélienne compte 168 300 hommes et femmes et 430 000 réservistes. Les garçons et les filles de 14 à 18 ans sont soumis à une préparation militaire. Le service national est obligatoire, à partir de 18 ans, les hommes devant servir trente mois, les femmes vingt-quatre mois. Les Israéliens demeurent mobilisés jusqu’à l’âge de 55 ans, en moyenne un à deux mois l’année. Les druzes et certains juifs religieux sont dispensés du service national. L’armée de terre comprend 125 000 personnes. L’armée de l’air est forte de 35 000 personnes et de 450 avions de combat. Les effectifs de la marine s’élèvent à 8 300 hommes et femmes. Le budget consacré à la Défense nationale représente 9,5 p. 100 du produit intérieur brut.

4 ÉCONOMIE

En 2006, le produit intérieur brut (PIB) israélien atteignait 140 milliards de dollars, soit un PIB par habitant de 19 926,9 dollars. Dans les années 1970 et 1980, l’économie israélienne a été confrontée à une inflation galopante et à un déficit chronique de la balance des paiements. Des crédits importants étaient consacrés à la défense et à l’intégration des nouveaux immigrants, notamment russes (700 000 depuis 1986). Après 1990, l’économie s’est assainie : l’inflation, si elle demeure élevée, s’est réduite (2,30 p. 100 sur la période 2006), et la croissance se maintient (5,1 p. 100 par an en moyenne sur la période 2006). Mais après un taux de croissance de 6,4 p. 100 en 2000, l’économie israélienne a connu une récession de 0,5 p. 100 en 2001, dans un contexte marqué par la reprise des affrontements avec les Palestiniens. Le chômage, qui frappe plus fortement la population arabe, a presque doublé depuis 1996, touchant 10,7 p. 100 de la population active en 2003.

La Histadrout est l’organisation syndicale la plus importante. Elle est également l’un des plus gros employeurs du pays avec un vaste réseau d’entreprises commerciales et industrielles. Les services sont le secteur le plus important de l’économie : en 2005, 76 p. 100 de la population active travaillait dans ce secteur, lequel réalisait la moitié du PNB.

4.1 Agriculture

La part de l’agriculture dans l’économie israélienne n’a cessé de se réduire, témoignant du niveau de développement atteint par le pays. En 2005, 2 p. 100 de la population active était employée dans ce secteur.

L’agriculture israélienne, en dépit des conditions climatiques et de l’insuffisance en eau, est parvenue à couvrir les trois quarts des besoins intérieurs, grâce aux procédés scientifiques et au secteur des technologies de pointe. Depuis 1948, la surface cultivée a été multipliée par trois, notamment grâce à d’importants travaux d’irrigation. La propriété du sol est collective, les terres appartiennent à des organismes dont le plus important est le Fonds national juif. Dans les fermes collectives (kibboutzim), les travailleurs se partagent équitablement les tâches et les gains. Les moshavim sont des coopératives de production. Les rendements sont très élevés.

La production agricole comprend principalement les agrumes (950 000 tonnes), les légumes, les pommes de terre, le blé, les avocats. Les agrumes et les autres fruits sont exportés.

En 2006, le cheptel comprend 398 000 bovins, 445 000 ovins, 87 000 caprins et 42,7 millions de volailles.

Le produit annuel de la pêche est de 26 555 tonnes, dont les poissons d’eau douce élevés dans des étangs artificiels représentent plus de la moitié.

4.2 Mines et industries

Les principales ressources de l’industrie minière en Israël sont la potasse et le phosphate (900 000 tonnes). Par ailleurs, Israël exploite du brome, du magnésium et d’autres minerais extraits des gisements salins de la mer Morte. L’extraction de marbre et de granit couvre les besoins intérieurs dans le secteur du bâtiment. La production de pétrole brut suffit à peine à satisfaire 1 p. 100 de la consommation intérieure.

L’industrie emploie 21,7 p. 100 de la population active. Pratiquement 30 p. 100 de la production industrielle relève des entreprises publiques ou socialisées. Les principaux secteurs sont ceux des machines, du matériel de transport, de l’agroalimentaire, du textile et des matériaux de construction. L’industrie israélienne s’est développée à partir des années 1980 dans les domaines des télécommunications, de l’informatique et des biotechnologies.

L’électricité est presque entièrement générée par des installations thermiques. Toutes les nouvelles constructions doivent être équipées d’un chauffe-eau solaire.

4.3 Échanges

L’unité monétaire est le nouveau shekel divisé en 100 agorot (1 shekel = 0,179 euro en février 2005). La Banque centrale d’Israël émet la monnaie et constitue la seule banque gouvernementale.

La balance du commerce extérieur demeure déficitaire. Le pays importe en effet de l’équipement militaire, des produits pétroliers, des machines, des produits chimiques ainsi que des produits alimentaires. Israël exporte des diamants taillés, des produits chimiques, des agrumes, des textiles, et des produits industriels.

Ses principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, le Japon, la Suisse et Hong Kong. Une grande partie des devises provient du tourisme et des dons envoyés par la communauté juive à l’étranger, plus particulièrement par celle des États-Unis. Israël est également l’un des premiers bénéficiaires de l’aide publique américaine (3 milliards de dollars par an).

Haïfa, le port artificiel d’Ashdod et Eilat, dans le golfe d’Aqaba, sont les principales installations portuaires du pays.

Les 899 km de voies ferrées sont gérées par l’État. Le réseau routier mesure 17 446 km. Les vols internationaux sont assurés par la compagnie nationale El Al ainsi que par les autres grandes compagnies aériennes mondiales, alors que les trajets intérieurs sont pris en charge par la compagnie Arkia. L’aéroport Ben-Gourion à Tel-Aviv-Jaffa est le principal aéroport.

5 HISTOIRE

L’histoire du territoire sur lequel s’est constitué Israël est celle de la Palestine. Si l’État israélien a été créé le 14 mai 1948, son histoire moderne remonte en fait aux débuts du mouvement sioniste fondé, en 1897, par Théodore Herzl au congrès de Bâle. Le sionisme a pour projet la création, en Palestine, d’un foyer national pour le peuple juif. Les fondateurs d’Israël sont issus du mouvement sioniste comme le sont les institutions de l’État.

5.1 L’établissement d’un foyer national juif

À la veille de la Première Guerre mondiale, la Palestine, alors sous domination de l’Empire ottoman, compte 590 000 habitants, dont 57 000 Juifs. Ces derniers sont 12 000 en 1845.

L’adhésion au sionisme est surtout le fait des Juifs ashkénazes d’Europe orientale, les plus touchés par l’antisémitisme. Durant la Première Guerre mondiale, alors même que les Britanniques ont promis aux Hachémites la création d’un Grand État arabe en échange de leur appui contre les Ottomans, le dirigeant sioniste Haïm Weizmann obtient du secrétaire d’État au Foreign Office, lord Balfour, un engagement en faveur de l’établissement, en Palestine, d’un foyer national pour le peuple juif. La déclaration Balfour, publiée le 2 novembre 1917, ne prévoit nullement la création d’un État juif. Elle encourage cependant l’immigration juive, soutenue par le Fonds national juif, et est surtout à l’origine d’un malentendu durable entre Juifs et Britanniques.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations confie à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine, précisant que les Britanniques aideront les Juifs à « reconstituer leur foyer national dans ce pays «. Les officiers britanniques, sous le commandement d’un haut-commissaire nommé par Londres, sont chargés de la défense et de la sécurité du territoire, de l’immigration, du service postal, des transports et des installations portuaires. Le mandat porte sur un territoire englobant les deux rives du Jourdain, mais, en mars 1921, à la conférence du Caire, les Britanniques reconnaissent Abd Allah ibn Hussein, émir de la rive orientale du Jourdain, honorant ainsi partiellement la promesse faite à son père, Hussein, chérif hachémite de La Mecque qui a conduit la révolte arabe de 1916 contre les Ottomans. La création de la Transjordanie marque le début d’affrontements meurtriers entre Juifs et Arabes. Pourtant, les implantations juives, sur des terres rachetées à bas prix par le Fonds national juif, continuent de se développer. Bénéficiant de l’aide matérielle de la Diaspora et d’une bonne formation, les colons juifs sont soudés par leur volonté de faire fructifier la Terre promise des Hébreux. La fracture avec les Arabes palestiniens s’agrandit au fur et à mesure qu’augmente le niveau de vie des colons et que s’accroît leur nombre. En 1927 est créée l’Agence juive chargée de l’émigration des Juifs en Palestine. À partir de 1929, la violence entre les deux peuples prend un tour systématique, après que des incidents eurent éclaté à Jérusalem et à Hébron. Après l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler, en 1933, l’immigration des Juifs européens, fuyant les persécutions nazies, s’accélère. La communauté juive est décuplée dans les années trente.

En 1936 débute une révolte générale des Arabes contre les Juifs. Ces derniers organisent leur milice d’autodéfense, la Haganah. Jusqu’en 1939, aux attentats arabes contre les colonies juives répondent les attentats perpétrés contre la population arabe par l’Irgoun, organisation clandestine sioniste extrémiste. À partir de 1939, les actions terroristes de l’Irgoun sont également dirigées contre les fonctionnaires britanniques.

La Grande-Bretagne, en effet, devant la réaction arabe, a proposé, dès 1937, une partition de la Palestine, ce que refusent les sionistes. En 1939, le gouvernement britannique publie un Livre blanc interdisant la poursuite des achats de terres par les Juifs et limitant l’immigration à 75 000 personnes pour une période de cinq ans. Une immigration illégale est alors organisée et la Haganah recourt à son tour au terrorisme.

Près de 6 millions de Juifs trouvent la mort dans les camps d’extermination nazis (voir Holocauste). Pourtant, les restrictions à l’immigration sont maintenues par les autorités britanniques, qui, après 1945, semblent se rapprocher des pays arabes. En 1947, l’affaire de l’Exodus porte à son paroxysme le conflit, désormais ouvert, entre Juifs et Britanniques. Ce bateau transportant des Juifs vers la Palestine est repoussé devant les côtes palestiniennes par la marine britannique.

5.2 Le plan de partage de la Palestine

La tension devenant de plus en plus vive, la Grande-Bretagne décide de se retirer de la région et confie la question du devenir de la Palestine à l’Organisation des Nations unies (ONU). Celle-ci adopte, le 29 novembre 1947, un plan de partage du territoire palestinien prévoyant la création de deux États, l’un arabe, l’autre juif, qui seraient unis économiquement. Selon ce plan, les frontières de l’État juif recouvrent la Galilée orientale, la plaine côtière et le Néguev. Jérusalem devient une zone internationale placée sous la juridiction de l’ONU. Le plan est accepté par les dirigeants sionistes, mais refusé par les Arabes palestiniens et par les États membres de la Ligue arabe. Les Britanniques n’interviennent pas dans les combats qui s’intensifient entre les communautés.

Le mandat britannique prend fin le 15 mai 1948. Le même jour, David Ben Gourion proclame l’indépendance de l’État d’Israël. La première guerre israélo-arabe éclate immédiatement. Les armées égyptienne, transjordanienne, syrienne, libanaise et irakienne se joignent aux groupes armés palestiniens qui combattent les Juifs depuis novembre 1947. Israël, victorieux, accroît la superficie de son territoire de 7 000 km2. La bande de Gaza, à la frontière égypto-israélienne, reste aux mains des Égyptiens et la Cisjordanie est annexée par la Transjordanie, qui, dès lors, prend le nom de Jordanie. Quatre armistices sont conclus, mais ils ne signifient pas la paix. Les pays arabes, humiliés par leur défaite, ne reconnaissent pas le droit à l’existence du nouvel État. Le conflit conduit à l’exode 800 000 Arabes palestiniens, réfugiés en Syrie, en Jordanie et au Liban, et qui vont demeurer pour la plupart dans des camps, privés de toute nationalité.

5.3 La construction de l’État juif

La population du nouvel État d’Israël connaît de profonds changements après 1948 : il ne reste plus, dans les territoires contrôlés par Israël, que 120 000 Arabes.

Dès sa création, Israël ouvre ses portes aux immigrants juifs du monde entier, au nom du « droit au retour «, et se dote d’institutions parlementaires, avec l’élection, en 1949, de la première Knesset. Haïm Weizmann devient le premier président d’Israël. David Ben Gourion, dirigeant du Mapaï, parti sioniste fondé en 1930, prend la tête du gouvernement. Il va marquer de son empreinte les quinze premières années de l’histoire d’Israël. Il donne la priorité à la sécurité nationale et au développement d’une armée moderne. Les milices relevant des différents mouvements politiques sont dissoutes ou intégrées à l’armée. La menace pesant sur Israël contribue paradoxalement à la force de la nation, qui puise également aux racines bibliques du peuple israélite.

La part importante du budget consacrée à la défense et l’afflux d’immigrants engendrent rapidement de sérieuses difficultés économiques, marquées par de nombreuses dévaluations monétaires. L’aide des États-Unis permet cependant au pays de se développer rapidement.

En octobre 1956, la crise de Suez déclenche la deuxième guerre israélo-arabe, opposant Israël à l’Égypte de Gamal Abdel Nasser. Israël triomphe rapidement et s’empare de la bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï en quelques jours. Les forces françaises et britanniques se lancent à l’attaque, une fois les Israéliens parvenus sur les bords du canal. Dans un rare exemple de coopération, les États-Unis et l’Union soviétique exigent le retrait des troupes israéliennes et franco-britanniques d’Égypte et de Gaza. Un cessez-le-feu est conclu sous l’égide des Nations unies, qui dépêchent des casques bleus dans la zone du canal de Suez pour veiller à son application. À la fin de l’année, les armées étrangères quittent l’Égypte, mais Israël n’évacue Gaza qu’au début de 1957, après avoir obtenu la levée du blocus sur le détroit de Tiran.

Les années 1960 sont celles de la recomposition politique. En 1963, Ben Gourion démissionne et est remplacé par Levi Eshkol, lequel demeure Premier ministre jusqu’en 1969. En 1965, l’ancien Premier ministre quitte le parti Mapaï pour fonder le Rafi avec le général Moshe Dayan. Le Mapaï, le Rafi et Ahdout Haavoda (issue d’une scission au sein du parti ouvrier unifié Mapam) fusionnent en 1969, sous l’impulsion de Golda Meir, pour former le Parti travailliste. Celui-ci reste majoritaire à la Knesset jusqu’en 1977. Les deux plus importants partis d’opposition s’unissent en 1965 pour constituer le bloc Gahal conduit par Menahem Begin.

5.4 La conquête de nouveaux territoires

Après la crise de Suez, le nationalisme arabe s’exacerbe et les appels à la revanche se multiplient. Un commandement arabe unifié est formé et des troupes envoyées le long des frontières avec Israël. En 1964 est créée l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée depuis 1969 par Yasser Arafat. Les accrochages se font de plus en plus fréquents entre forces israéliennes et forces arabes. Le 5 juin 1967, après la fermeture du détroit de Tiran par Nasser, Israël lance une offensive simultanée contre l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. La guerre des Six-Jours permet à Israël de conquérir Gaza et la péninsule égyptienne du Sinaï, Jérusalem-Est et la Cisjordanie, ainsi que le plateau du Golan. Environ 350 000 Palestiniens fuient ces territoires dont l’occupation est condamnée par l’ONU.

Les territoires occupés deviennent un enjeu politique majeur en Israël. Le Parti travailliste, au pouvoir, est divisé entre les partisans de l’annexion, les partisans de l’évacuation (soutenus par les communistes) et ceux qui proposent de ne conserver que les parties présentant un intérêt vital pour la sécurité du pays. La droite et les partis religieux s’opposent à tout retrait de la Cisjordanie et de Gaza qu’ils considèrent comme faisant partie intégrante d’Eretz Israël. La majorité des Israéliens approuve l’annexion de Jérusalem-Est et son unification avec les secteurs juifs de la ville, décidées par le gouvernement quelques jours après la fin de la guerre de 1967. En 1980, la Knesset adopte une loi proclamant Jérusalem l’« éternelle capitale unifiée d’Israël «.

En réaction à l’expansion israélienne, des commandos de l’OLP lancent des attaques terroristes sur des écoles, des marchés, des arrêts de bus et des aéroports israéliens. Aux jeux Olympiques d’été de Munich, en 1972, des terroristes palestiniens assassinent onze athlètes israéliens. L’Organisation réussit cependant à gagner un soutien international suffisant pour être reconnue par les Nations unies comme le « représentant unique et légitime du peuple palestinien «. Les représailles israéliennes, marquées par la destruction de maisons, voire de villages arabes, dans les territoires occupés et par un raid sur l’aéroport de Beyrouth en 1968, accroissent l’isolement international d’Israël. Quant à la France, elle continue à imposer, comme elle le fait depuis la guerre des Six Jours, un embargo sur les armes à destination de l’État hébreu, fournissant en revanche des armements aux pays arabes. Seuls les États-Unis maintiennent leur soutien à Israël.

5.5 La guerre du Kippour et ses conséquences

Le 6 octobre 1973, jour du Yom Kippour, l’Égypte et la Syrie déclenchent une guerre contre Israël pour récupérer les territoires perdus en 1967. Au terme de trois semaines de combats, les forces israéliennes parviennent à refouler leurs adversaires non sans avoir subi de lourdes pertes. Les Arabes gagnent le soutien de l’Union soviétique et des démocraties populaires qui rompent leurs relations diplomatiques avec Israël. Les pays arabes producteurs de pétrole arrêtent leurs exportations vers les États-Unis et certains pays européens pour protester contre l’aide apportée à Israël, contribuant ainsi au déclenchement d’une crise économique en Occident.

Sous l’égide du secrétaire d’État américain Henry Kissinger, un accord est négocié entre, d’une part, Israël, et, d’autre part, l’Égypte et la Syrie, auxquelles sont restituées une partie du Sinaï et une partie du Golan.

Le coût humain, diplomatique et économique de la guerre du Kippour provoque une grave crise en Israël. Golda Meir, qui a succédé à Eshkol en 1969, est contrainte à la démission en avril 1974. Yitzhak Rabin prend la tête d’un nouveau gouvernement. Rabin, cependant, ne parvient ni à juguler l’inflation ni à empêcher la récession de l’économie, affectée par les dépenses de défense de plus en plus importantes et par le renchérissement du pétrole. Un scandale financier, dans lequel son nom est cité, ainsi que celui d’autres dirigeants travaillistes, fait perdre davantage de crédit au Parti travailliste, lequel est battu aux élections législatives de 1977. Le nouveau Premier ministre est Menahem Begin, chef du Likoud, une coalition formée à la Knesset, en 1973, par la droite nationaliste opposée à toute concession territoriale.

5.6 Paix avec l’Égypte, guerre au Liban

Begin est cependant le premier dirigeant israélien à conclure des accords de paix avec un État arabe. L’initiative, inattendue, vient du président égyptien Anouar al-Sadate qui se rend à Jérusalem en novembre 1977 et prononce un discours à la Knesset dans lequel il invite Begin à négocier. Après de longues tractations à Camp David, dans le Maryland, sous l’égide du président américain Jimmy Carter, l’Égypte et Israël signent un traité de paix à Washington, le 26 mars 1979. Israël s’engage à restituer le Sinaï à l’Égypte, ce qui est fait en avril 1982. La question de la souveraineté sur les territoires palestiniens occupés, où s’étendent les colonies juives, demeure en suspens et les pays arabes, condamnant l’initiative égyptienne, ne désarment pas contre Israël.

En 1981, l’aviation israélienne détruit un réacteur nucléaire irakien en construction près de Bagdad, arguant du fait que l’Irak cherche à produire des armes destinées à être utilisées contre l’État hébreu. En décembre de la même année, le plateau du Golan est annexé. En juin 1982, les troupes israéliennes envahissent le Liban pour mettre un terme à la présence de l’OLP dans ce pays. Vers la mi-août, après deux mois de combats intensifs dans Beyrouth-Ouest, l’OLP, assiégée, accepte d’évacuer ses combattants de la capitale libanaise. Les troupes israéliennes demeurent toutefois stationnées au Sud-Liban, où est instaurée une « zone tampon « à la frontière. Le coût de la guerre et de l’occupation qu’elle entraîne porte un coup décisif à l’économie israélienne. La polémique sur le rôle joué par les troupes israéliennes dans les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila incite Begin à se retirer de la vie politique en 1983. Il est remplacé au poste de Premier ministre et à la tête du Likoud par le ministre des Affaires étrangères Yitzhak Shamir. Les élections de juillet 1984 donnent la majorité relative au Parti travailliste. Ne parvenant pas à former de coalition, celui-ci est contraint de constituer un gouvernement d’unité nationale avec le Likoud. Shimon Peres, dirigeant travailliste, est Premier ministre jusqu’en octobre 1986, date à laquelle Shamir prend la tête du gouvernement.

5.7 Les progrès de la paix

En décembre 1987, une révolte générale embrase les territoires palestiniens occupés. La répression par l’armée de l’Intifada accroît le clivage entre partisans de la paix et irréductibles défenseurs d’Eretz Israël, notamment les mouvements religieux et nationalistes. Les Arabes israéliens se sentent de plus en plus solidaires des Palestiniens. Les images, diffusées dans le monde entier, de soldats de Tsahal brutalisant des enfants palestiniens lanceurs de pierres popularisent en Occident la cause palestinienne, habilement défendue par Yasser Arafat. En novembre 1988, l’OLP reconnaît explicitement le droit à l’existence de l’État d’Israël. L’année suivante, Arafat déclare « caduque « la charte de l’OLP prévoyant la destruction d’Israël. Dès lors, les États-Unis vont favoriser une politique de négociations, multipliant les critiques à l’égard des implantations israéliennes dans les territoires occupés.

La coalition entre le Likoud et les travaillistes s’effondre en mars 1989. Shamir demeure à la tête d’un gouvernement de droite jusqu’en 1992. L’immigration, entre 1989 et 1991 de plus de 200 000 Juifs soviétiques, renforce les dissensions entre communautés, les Arabes israéliens étant les premières victimes du chômage, tandis que les travailleurs palestiniens, main-d’œuvre bon marché pour l’économie israélienne, sont de plus en plus fréquemment bloqués dans les territoires occupés. La tension monte encore durant la guerre du Golfe, la plupart des Palestiniens prenant fait et cause pour l’Irak, dont les missiles prennent pour cible Israël. Toutefois, Israël n’applique pas sa politique traditionnelle de représailles, sa défense étant assurée par les États-Unis.

Le durcissement des parties en conflit contribue, en fait, à précipiter l’engagement d’un processus de paix. Les États-Unis, en la personne du secrétaire d’État James Baker, font pression sur le gouvernement israélien pour qu’il entame des négociations. En octobre 1991, la conférence de Madrid tenue sous l’égide des États-Unis et de l’URSS, réunit les protagonistes, y compris des membres de l’OLP intégrés à la délégation jordanienne, non en tant que membres de l’OLP, mais en tant que représentants des Palestiniens des territoires occupés. Israël y gagne le rétablissement des relations diplomatiques avec la Russie, les anciens États du bloc soviétique, la Chine et l’Inde, puis avec la plupart des pays d’Asie et d’Afrique.

Le Likoud perd les élections législatives de juin 1992, et Yitzhak Rabin, chef du Parti travailliste, forme un nouveau gouvernement. En 1993, des négociations secrètes entre Israéliens et Palestiniens ont lieu en Norvège. Elles aboutissent, en septembre, à la signature à Washington d’un accord de reconnaissance mutuelle entre le Premier ministre Rabin et le président de l’OLP Yasser Arafat et d’une déclaration de principes sur l’autonomie des territoires occupés. L’autonomie doit d’abord porter sur la bande de Gaza et la zone de Jéricho, en Cisjordanie (accord dit de « Gaza-Jéricho d’abord «). Les négociations pour l’application de cette déclaration sont suspendues après le massacre, le 25 février 1994, par un colon juif, de vingt-neuf musulmans en prière au Caveau des Patriarches d’Hébron, lieu saint pour les trois religions révélées. Toutefois, en mai 1994, les troupes israéliennes se retirent de Jéricho et de la bande de Gaza (à l’exception du secteur des colonies juives) dont le contrôle passe à une Autorité nationale palestinienne dirigée par Yasser Arafat.

La signature d’un accord direct avec les Palestiniens ouvre la voie à un traité de paix avec la Jordanie, signé, en juillet 1994, par le Premier ministre Rabin et le roi Hussein. De même, des négociations débutent entre Israël et la Syrie, au sujet de l’évacuation du plateau du Golan, mais sont interrompues peu après. Le Maroc et la Tunisie établissent à leur tour des relations diplomatiques avec Israël.

L’assassinat du Premier ministre Rabin, en novembre 1995, par un fanatique juif l’accusant de trahison, démontre la fragilité du processus de paix, également menacé par les terroristes islamistes du Hamas et du Hezbollah. En réaction à une série d’attentats meurtriers dans plusieurs villes israéliennes 60 morts à Jérusalem), durant les premiers mois de 1996, Israël lance, en avril, une opération militaire dans le sud du Liban, contre les bases du Hezbollah. Les bombardements israéliens sur un camp de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) à Cana, où sont réfugiés de nombreux civils libanais, provoquent la mort d’une centaine de personnes et soulèvent la réprobation d’une grande partie de la communauté internationale. Un cessez-le-feu est conclu sous l’égide de la France et des États-Unis. Le 31 mai 1996, les Israéliens élisent pour Premier ministre Benyamin Netanyahou, candidat du Likoud, contre Shimon Peres. La défaite de l’un des négociateurs de l’accord avec l’OLP tient en partie à l’inquiétude d’une population qui ne perçoit guère les bénéfices d’un processus de paix entaché par les attentats.

Après son élection, Benyamin Netanyahou essaie de ménager à la fois la tendance nationaliste qui l’a porté au pouvoir, réaffirmant son refus de voir la création d’un État palestinien, et les partenaires d’Israël qui redoutent un gel du processus de paix. Il met fin à l’interdiction de construire dans les colonies juives installées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ces dernières s’embrasent, en septembre 1996, après l’annonce de la décision de percer un nouvel accès à un tunnel sous l’esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Malgré la signature avec Yasser Arafat de l’accord sur Hébron (retrait des Israéliens, à l’exception des colonies juives installées dans la ville), en janvier 1997, la décision de construire une nouvelle colonie juive à Jérusalem-Est, condamnée par les Nations unies et la Ligue arabe, provoque un regain de tension et de nouveaux attentats-suicides, mais ne met pas un terme à la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Face à la détérioration de la situation, des dissensions agitent le gouvernement et provoquent la démission, en janvier 1998, de David Lévy, le ministre des Affaires étrangères, en désaccord sur la politique sociale menée par le Premier ministre et sur sa ligne diplomatique, isolant et ternissant l’image d’Israël et gelant le processus de paix. Succédant à Daniel Lévy, Ariel Sharon est chargé des négociations sur le statut définitif des territoires occupés.

L’application du mémorandum signé par Benyamin Netanyahou et Yasser Arafat à l’issue du sommet de Wye Plantation en octobre 1998, organisé par Bill Clinton, est extrêmement limitée (l’armée israélienne ne se retire que de 2 p. 100 des territoires et non de 13 p. 100 comme prévu), Netanyahou posant de nouvelles conditions à un retrait ultérieur et poursuivant sa politique de faits accomplis et de colonisation en Cisjordanie. Désavoué par une partie de la droite qui lui reproche ce mémorandum, le Premier ministre se retrouve isolé et la Knesset, qui s’est déjà prononcée pour des élections anticipées, en juillet 1998, vote la dissolution en décembre 1998.

Les profondes divisions agitant la société israélienne, notamment entre Ashkénazes (juifs d’Europe centrale), Séfarades (juifs d’origine orientale) et « Russes «, et entre laïcs et religieux (ultra orthodoxes) s’expriment avec éclat début 1999 et lors des élections de mai 1999. Le candidat travailliste, Ehoud Barak, est élu à une large majorité (56 p. 100), la liste Israël unie, formée par son parti et d’autres courants, obtenant 27 sièges. Le Likoud perd 13 sièges et Benyamin Netanyahou en abandonne la direction, reprise en septembre 1999 par Ariel Sharon. Ehoud Barak forme un gouvernement de large coalition (75 députés sur 120), auquel participent sept partis dont le Shass, ultra orthodoxe (13 sièges), le Likoud, pressenti, restant dans l’opposition.

Entré en fonction en juillet, Ehoud Barak propose la « paix des braves « à ses voisins arabes (Syrie et Liban) et manifeste son intention d’œuvrer pour la réconciliation entre les diverses composantes de la société israélienne. Malgré la reprise des pourparlers de paix avec l’Autorité palestinienne (accord de Charm al-Cheikh, en Égypte, en septembre 1999 ; entretiens de Ramallah, en Cisjordanie, en décembre 1999, et de Washington, en mars 2000), les négociations sur les territoires occupés n’aboutissent pas comme prévu en mai 2000, en raison des désaccords persistants à propos du retrait partiel israélien de Cisjordanie. En visite en Terre sainte, en mars 2000, le pape Jean-Paul II plaide pour le « droit de tous les peuples concernés «. Interrompus depuis février 1996, les pourparlers de paix concernant la restitution du plateau du Golan à la Syrie sont également engagés entre Israël et la Syrie, en décembre 1999, mais interrompus le mois suivant.

Le 5 mars 2000, le gouvernement israélien vote une résolution prévoyant que les forces armées israéliennes se retirent des territoires occupés au sud du Liban, au plus tard en juillet 2000. Mais l’armée israélienne commence son retrait en mai, face à l’intensification des attaques du Hezbollah. Des soldats de l’Armée du Liban-Sud (ALS) commencent à déserter, inquiets de leur sort après le départ de Tsahal du sud du Liban. Le chef de l’ALS demande une amnistie pour les combattants. Cette évacuation précipitée due à l’effondrement préalable de l’Armée du Liban-Sud (ALS) et célébrée comme une « victoire historique « par le monde arabe provoque une certaine inquiétude quant à la réaction de la Syrie, et donc du Hezbollah.

Le 23 mai, Ehoud Barak annonce le retrait total des troupes israéliennes de la zone de 850 km² occupée au sud du Liban. Les combattants de l’ALS se rendent aux milices du Hezbollah ou se réfugient avec leurs familles en Israël. Le Hezbollah et des milliers de villageois exilés occupent aussitôt les villages désertés par l’ALS. Les prisonniers libanais détenus dans la prison de Khiam, gérée par l’ALS, sont libérés.

Ce retrait précipité, célébré comme une « victoire historique « par le Hezbollah, le Liban et plus généralement le monde arabe, prend de court les Nations unies, qui prévoient de déployer dans le territoire abandonné par Israël une force d’interposition, la Finul, chargée d’aider les autorités libanaises à prendre le contrôle de cette région.

En juin, Ehud Barak doit faire face à une crise politique menaçant la survie de la coalition et de son gouvernement. Le parti Shass, mécontent de ne pas obtenir les subventions demandées pour son réseau d’écoles privées, a demandé à ses ministres de se retirer du gouvernement. Il accepte finalement de les y maintenir, après avoir obtenu la démission des ministres du parti de gauche laïc, le Meretz.

5.8 Le retour de la violence

Le 28 septembre 2000, la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, perçue comme une provocation par les Palestiniens, entraîne les plus violents affrontements que la région ait connus depuis le début du processus de paix d’Oslo en 1993. La tension s’étend rapidement à Gaza et à la Cisjordanie tandis que les tentatives de conciliation entreprises par Bill Clinton, notamment lors des discussions à Camp David II en juillet 2000, ne débouchent sur aucun résultat concret. En riposte aux violences et aux attentats, l’armée israélienne boucle les villes palestiniennes, déploie ses blindés, ses hélicoptères de combat et sa marine. Les pleins pouvoirs sont remis à Ehoud Barak tandis que des négociations sont entreprises en vue de la constitution d’un gouvernement d’union nationale. À la fin du mois de novembre, des élections anticipées sont annoncées en Israël, prévues pour le printemps 2001. Cette perspective met un terme aux tractations entre le Parti travailliste et le Likoud et relancent la perspective d’un accord de paix avec les Palestiniens. Mais Ehoud Barak démissionne de ses fonctions le 9 décembre 2000, semblant vouloir prendre de court ses adversaires.

Le 7 février 2001, Ariel Sharon, le chef du Likoud, est élu au poste de Premier ministre avec 62,5 p. 100 des voix. Il devance de 25 points Ehoud Barak, qui recueille 37,5 p. 100 des voix. Prévue par les sondages, cette victoire est d’une ampleur sans précédent. Mais le taux de participation qui avoisine traditionnellement les 80 p. 100 chute à 59 p. 100. Seuls 18 p. 100 des Arabes israéliens, qui représentent 13 p. 100 de l’électorat, participent au vote. Ehoud Barak démissionne de la présidence du Parti travailliste et de son mandat de député au lendemain de sa défaite.

Ariel Sharon forme un gouvernement d’union nationale, qui va des religieux ultra orthodoxes aux travaillistes, avec notamment Shimon Peres — ancien Premier ministre et prix Nobel de la paix en 1994 avec Yasser Arafat et Yitzhak Rabin — aux Affaires étrangères. Face aux attentats palestiniens qui frappent le territoire israélien, Ariel Sharon décide du blocus de certaines villes de Cisjordanie et de Gaza ce qui lui vaut la critique de l’aile gauche de son gouvernement.

L’escalade de la violence s’intensifie : aux attaques du Hezbollah depuis la frontière libanaise répond le bombardement d’une station-radar de l’armée syrienne au Liban en avril, tandis que l’armée israélienne réoccupe pendant quelques heures une portion de la bande de Gaza, en représailles à trois tirs de mortier sur le territoire israélien. La réaction négative de Washington qui qualifie ce déploiement de chars de « riposte excessive et disproportionnée «, et la reprise des discussions entre les responsables israéliens et palestiniens de la sécurité, permettent un desserrement du bouclage de Gaza et de Jéricho et un assouplissement des mesures de contrôle. Dans une même volonté d’apaisement, Shimon Peres se rend au Caire, fin avril 2001, pour discuter de modifications au plan égypto-jordanien qui vise à mettre fin à la violence entre Israéliens et Palestiniens et à relancer entre eux les négociations.

Mais l’espoir d’un apaisement est de courte durée. La violence s’intensifie et le gouvernement Sharon, soutenu par une grande majorité de la population israélienne, adopte comme ligne de conduite une riposte systématique à tout tir palestinien. Un cessez-le-feu est décrété le 13 juin mais rien ne change sur le terrain. Les forces israéliennes visent à de nombreuses reprises les bâtiments de l’Autorité palestinienne, multiplient les attaques ciblées — notamment contre des membres du Hamas en juillet et contre le chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) en août — et les incursions en territoire autonome palestinien. Dans le même temps plusieurs attentats meurtriers perpétrés par des kamikazes palestiniens ont lieu à Tel-Aviv et à Jérusalem. Le 28 septembre 2001, le bilan d’un an d’Intifada s’élève à 838 morts, dont 646 Palestiniens et 169 Israéliens.

Au mois d’octobre, le ministre israélien du Tourisme, Rehavam Zeevi, est assassiné à Jérusalem. Ce meurtre, sans précédent, est revendiqué par le Front populaire de la Palestine (FPLP). Zeevi venait de démissionner de ses fonctions, en même temps que le ministre des Infrastructures. Leurs partis, comptant chacun 4 députés, l’Union nationale de Zeevi et le parti russophone Israël Beitenou, d’extrême droite, avaient décidé de quitter la coalition gouvernementale. Ils entendaient ainsi exprimer leur opposition au retrait de l’armée israélienne des quartiers où elle était entrée dans la ville d’Hébron dix jours auparavant. À l’issue de cette crise politique, Ariel Sharon dispose encore d’une majorité de 76 députés sur 120 à la Knesset.

Alors que l’activité diplomatique semblait en passe de reprendre le dessus sur la violence, à la suite des déclarations de George W. Bush en faveur de la création d’un État palestinien, cet assassinat entraîne l’intervention militaire israélienne la plus lourde dans les territoires autonomes palestiniens depuis les accords d’Oslo. Aux attentats commis contre la population israélienne, le gouvernement d’Ariel Sharon réplique par des bombardements sur les territoires palestiniens. Au mois de décembre, le quartier général de Yasser Arafat, à Ramallah, est bombardé, et le leader palestinien assiégé par les troupes israéliennes. En dépit de tentatives de médiation et d’une résolution historique de l’ONU (1397), en mars 2002, évoquant pour la première fois « la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte à l’intérieur de frontières reconnues et sûres «, la situation continue d’empirer. Au printemps 2002, Israël lance une offensive armée de très grande ampleur (l’opération « Rempart «), qui provoque la mort de centaines de civils et la destruction de nombreuses infrastructures palestiniennes, dont le quartier général de Yasser Arafat. La situation dans les territoires palestiniens se détériore encore davantage avec la construction, à partir du mois de juin 2002, d’un mur de séparation entre le territoire israélien et la Cisjordanie visant à protéger les civils israéliens des attaques des extrémistes palestiniens.

Cette escalade de la violence n’est pas sans provoquer des fissures dans la société israélienne, comme en témoigne l’appel lancé en janvier 2002 par une cinquantaine d’officiers et de réservistes israéliens annonçant leur refus de servir dans les territoires palestiniens. Une grave crise politique née de divergences sur le budget aboutit en octobre 2002 à la démission des ministres travaillistes et à la chute du gouvernement d’union nationale d’Ariel Sharon. Lors des élections législatives anticipées du 28 janvier 2003, les travaillistes enregistrent leur score le plus faible depuis la création d’Israël (14,5 p. 100 et 19 sièges). Recueillant 29,4 p. 100 des voix, le Likoud obtient 38 sièges (+ 19). Le parti laïque de centre droit, le Shinouï (« changement « en hébreu), fait une véritable percée en recueillant 12,3 p. 100 des voix et 15 sièges (+ 9) tandis que le Shas, parti des séfarades ultra-orthodoxes recule à 8,2 p. 100 et 11 sièges (- 6). Ariel Sharon est reconduit dans ses fonctions et forme un gouvernement composé du Likoud, du Shinouï, et de représentants de l’extrême droite (Union nationale et Parti national religieux). D’orientation libérale, le gouvernement est en revanche divisé sur la question palestinienne.

L’annonce, en novembre 2003, par Ariel Sharon, d’un projet d’évacuation des colonies israéliennes implantées dans la bande de Gaza, dans le cadre d’un « plan de séparation unilatérale « entre Israël et les Palestiniens, provoque un tollé parmi les ultras du Likoud et ses alliés de l’extrême droite. Ariel Sharon obtient le soutien du Parti travailliste pour la réalisation de ce plan et met en place, en janvier 2005, un nouveau gouvernement d’union nationale. Cette union s’inscrit dans un contexte marqué par la mort, en novembre 2004, de Yasser Arafat. La disparition du leader palestinien, qui n’était plus considéré comme un « interlocuteur valable « aux yeux d’Israël et des États-Unis, et son remplacement, à la tête de l’Autorité palestinienne, par Mahmoud Abbas, réputé modéré et pragmatique, suscite un fragile espoir de paix sur le front du conflit israélo-palestinien. Au cours de l’année 2005, la Knesset et le gouvernement se prononcent en faveur du plan de retrait de Gaza. Il prévoit le démantèlement des 21 implantations juives de la bande de Gaza et le retrait militaire de ce territoire, ainsi que le démantèlement de 4 colonies isolées de Cisjordanie sur les 120 que compte ce territoire — ce qui représente au total environ 9 000 personnes. Provoquant une vive opposition parmi les colons et la démission du gouvernement du ministre des Finances Benyamin Netanyahou, ce plan de retrait qui est effectif le 23 août 2005 relance aussi l’espoir de paix. La rupture au sein du Likoud est cependant profonde et aboutit en novembre 2005 au départ d’Ariel Sharon, qui fonde une nouvelle formation, baptisée Kadima (« En avant « en hébreu). Cette scission intervient au lendemain de la décision du nouveau leader du Parti travailliste, Amir Peretz, de quitter la coalition gouvernementale, à laquelle il reproche sa politique « antisociale «. À la suite de la demande du Premier ministre, le président Moshe Katsav ordonne la dissolution du Parlement le 23 novembre et la tenue d’élections législatives anticipées le 28 mars 2006. En janvier 2006, Ariel Sharon doit quitter ses fonctions à la suite de plusieurs attaques cérébrales. Il est remplacé à la tête du gouvernement par le vice-Premier ministre et ministre des Finances Ehoud Olmert. Le scrutin législatif de mars 2006 est marqué par une courte victoire du parti Kadima (29 sièges sur les 120 de la Knesset) et l’effondrement du Likoud (12 sièges contre 38 sièges en 2003), tandis que les travaillistes conservent leurs 19 sièges. La participation enregistre son plus faible taux depuis la création d’Israël (63,2 p. 100), l’émiettement des voix favorisant en outre les petits partis. Le parti Notre Maison Israël (formation de droite représentant les immigrants russes) réalise ainsi une percée remarquable avec 11 sièges (+ 8). Sur fond de grave paupérisation de la société israélienne, le nouveau Parti des retraités obtient 7 députés. Ehoud Olmert est reconduit au poste de Premier ministre.

Moins d’un an après le retrait israélien de la bande de Gaza, Israël, qui continue d’essuyer des tirs de roquettes palestiniennes, lance le 28 juin 2006 l’opération « Pluie d’été « contre Gaza, à la suite de la capture d’un de ses soldats par un commando palestinien exigeant la libération de 1 000 prisonniers arabes détenus en Israël. Cette opération, qui s’accompagne de l’arrestation de dizaines de cadres du Hamas, entraîne la destruction de nombreuses infrastructures dans les Territoires palestiniens. Parallèlement, en riposte à la capture de deux soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise et à la mort de huit autres, Tsahal déclenche le 12 juillet une offensive contre la formation politico-militaire du Hezbollah afin d’éradiquer ses positions dans le sud du Liban. Tandis que la campagne de bombardements israéliens vise à imposer un blocus au Liban, Israël doit faire face à la capacité de résistance du Hezbollah, qui parvient à bombarder plusieurs localités du nord du pays. À l’issue d’un mois d’affrontements, le gouvernement israélien approuve la résolution 1701 du Conseil de sécurité fixant un cessez-le-feu le 14 août. Déplorant la mort de 159 Israéliens (dont 116 soldats), il doit faire face aux critiques portant sur les erreurs et les échecs de sa stratégie militaire alors que le conflit s’achève sans véritable vainqueur. Outre les retombées d’une guerre entamant largement la crédibilité des dirigeants auprès de l’opinion, la vie politique israélienne est marquée dans les mois qui suivent par les accusations de viol et de harcèlement sexuel portées contre le président de l’État d’Israël Moshe Katsav, suspendu de ses fonctions en janvier 2007. À l’expiration de son mandat, au mois de juillet suivant, Shimon Peres lui succède à ce poste essentiellement protocolaire.

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