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L'ambition de Slobodan Milosevic: une Grande Serbie

Publié le 22/02/2012

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2 décembre 1994 -   " Personne n'a le droit de toucher à ce peuple. " Cette petite phrase lancée inopinément un 24 avril devant la foule rassemblée sur une place poussiéreuse d'un faubourg de Pristina, au Kosovo, allait revêtir une importance que personne, à l'époque, ne pouvait imaginer.    C'est en 1987 : la minorité serbe de cette province déshéritée du sud de la Serbie, peuplée à majorité d'Albanais de souche, élève la voix contre " les pressions économiques, politiques, voire physiques " auxquelles elle est soumise et qui la poussent à l'exode. Les dirigeants communistes de Belgrade décident de se rendre sur place, pour discuter avec les responsables locaux de la situation.    Plusieurs milliers de Serbes attendent devant la salle de réunion. La police, comme de coutume, intervient pour disperser la foule. Les dirigeants communistes sont immédiatement avertis, l'un d'entre eux sort, juge déplacée l'action des forces de l'ordre et clame ces mots aujourd'hui historiques. Il s'appelle Slobodan Milosevic.    Ce jeune apparatchik que tout promettait à une brillante carrière politique - sa passion du pouvoir comme ses relations très haut placées - a en fait lié son avenir à celui d'un parti en déclin. Promu un an plus tôt à la tête des communistes de Serbie, il a gravi toutes les marches de la nomenklatura mais n'est devenu haut fonctionnaire que d'un régime discrédité. Trop ambitieux pour en rester là, il se fera le champion de l'opportunisme.    Devant ces hommes et ces femmes de Kosovo Polje, une banlieue de Pristina habitée en majorité par des Serbes, Slobodan Milosevic comprend qu'il vient de trouver l'énergie dont il avait besoin pour redonner un élan nouveau à son parti et à sa carrière. Il comprend aussi qu'il canalise, en l'accaparant, un potentiel qui n'était pas ouvertement anticommuniste mais qui pouvait le devenir rapidement tant les Serbes du Kosovo dénonçaient l'indifférence de la direction communiste yougoslave.    Dès lors, Slobodan Milosevic exploite les frustrations et le sentiment d'abandon de la petite communauté serbe du Kosovo, réduite à l'état de minorité dans une province qui fut le berceau de la culture médiévale serbe  en se défendant, bien entendu, de verser dans le nationalisme qu'il affirme combattre. Personne, alors, ne met sa sincérité en doute puisqu'il a, quelques années plus tôt, en tant que président du comité central, purgé la Ligue des communistes serbes de tous ses dissidents, des nationalistes aux libéraux.    En quelques semaines, après son intervention à Kosovo Polje, Slobodan Milosevic devient l'idole de millions de Serbes. Cette popularité, il n'entend pas la partager. Il entreprend donc de faire le vide autour de lui  c'est la fameuse " huitième session " (du comité central de la Ligue des communistes de Serbie) de septembre 1987, qui débouche sur un règlement de comptes entre deux clans avides de pouvoir au sein de la direction et dont Slobodan Milosevic sort vainqueur. Ce " mini-coup d'État " ne devait pas lui suffire. Grand manipulateur de masses, il organise en 1988 une série de " meetings spontanés ", au nom de la solidarité avec les Serbes du Kosovo, qui lui servent à éliminer toute concurrence politique et à s'imposer comme leader charismatique. Les têtes valsent à Belgrade, en Voïvodine (province septentrionale de Serbie, à forte minorité hongroise), au Kosovo et au Monténégro. Milosevic s'impose comme le maître absolu de la Serbie, dont il devient président en 1989.    Si son cheval de bataille est, en 1987, " la fraternité, l'unité et l'égalité ethnique " qu'il oppose " aux nationalismes et séparatismes qui sévissent sur le sol yougoslave et qui ébranlent l'État " (1), en moins d'un an il fait de l'idéologie honnie sa profession de foi. Et lorsque le 28 juin 1989 il se pose en hélicoptère sur le " Champ des merles ", tout près de Kosovo Polje, pour célébrer le 600e anniversaire d'une bataille héroïque, mais perdue, contre l'envahisseur turc  il incarne le réveil serbe. Ou plutôt la revanche serbe sur un demi-siècle de frustrations. Un million de personnes en extase sont venues accueillir celui qui a rendu à la Serbie " son intégrité nationale et spirituelle ", celui qui, quatre mois plus tôt, avait fait plier le pouvoir fédéral yougoslave en obtenant une réforme de la Constitution qui restaurait l'hégémonie de la Serbie sur les provinces autonomes de Voïvodine et, surtout, du Kosovo.    Mais en exacerbant les passions nationalistes d'un peuple profondément blessé par l'amnésie historique que Tito lui avait imposée après la seconde guerre mondiale, il signait en fait l'arrêt de mort de la " Grande Yougoslavie " qu'il s'était pourtant juré de dominer un jour. En toute connaissance de cause, puisqu'il déclare ce 28 juin 1989 : " La Serbie se trouve devant de nouvelles batailles, non pas armées, bien que celles-ci ne soient pas exclues ".    Un an et quelques mois plus tard, alors qu'il vient d'accepter du bout des lèvres l'organisation de la première présidentielle libres en Serbie, il clarifie sa pensée et prône en public : " tous les Serbes dans un même et seul Etat ".    L'histoire de Slobodan Milosevic est celle d'un communiste pur et dur qui n'hésita pas à épouser l'idéologie de ses adversaires pour faire main basse sur le pouvoir. Il aurait voulu diriger la Yougoslavie par le biais de la Ligue des communistes yougoslaves, mais il échoue lorsque les communistes slovènes puis croates claquent la porte du congrès extraordinaire de janvier 1990, où leurs " camarades " serbes veulent faire la loi.    Sa revanche sera de régner sur tous les Serbes de la Yougoslavie. Et c'est ainsi, par mégalomanie, qu'il devient le patron de la " Grande Serbie " et l'apôtre d'une idéologie nationaliste qu'il manipulera avec d'autant plus de ruse et de cynisme qu'il la méprise. Pour lui, l'important, c'est le fauteuil. Celui, désormais, de maître de la Nation serbe, de protecteur des intérêts serbes, d'interlocuteur incontournable dans le règlement de la question serbe et des différents aspects de la crise yougoslave. Pour garder ce rôle, il est prêt à tout, même à mettre le feu à l'Europe.    Purges redoutables Outre la guerre fratricide orchestrée depuis plus de trois ans de son bureau de Belgrade et dont l'objectif est de délimiter les confins de son royaume, Slobodan Milosevic ne cesse de montrer sa force dans son propre pays. Il réduit à néant l'opposition sans provoquer la moindre vague. Il élimine ses alliés devenus encombrants pour être apparus comme de dangereux fanatiques (les ultranationalistes, comme Vojslav Seselj) ou pour avoir tout simplement voulu partager le leadership de la cause serbe. Parmi les nombreuses victimes des purges, cette dernière catégorie est celle qui doit retenir aujourd'hui l'attention pour mieux comprendre la récente volte-face du président de Serbie, sa rupture avec les Serbes bosniaques.    On se souvient, notamment, de la destitution expéditive de Dobrica Cosic, le président de la " mini-Yougoslavie " (Serbie et Monténégro), ou de son premier ministre, Milan Panic. Le premier, écrivain à succès et chantre du nationalisme serbe - inspirateur en 1986 du célèbre " Mémorandum de l'Académie des sciences et des arts de Belgrade ", dans lequel Slobodan Milosevic allait puiser son idéologie guerrière - , a été écarté du pouvoir pour avoir tenté de s'imposer non seulement comme père spirituel de la nation mais aussi comme interlocuteur privilégié de la communauté internationale, en signant notamment le retrait de l'armée yougoslave de la péninsule de Prevlaka, à l'extrémité sud de la Croatie.    Quant à Milan Panic, le milliardaire américain d'origine serbe, il passera à la trappe après avoir brigué la présidence serbe et, surtout, coupé brutalement la parole, en pleine Conférence de Londres, à l'intraitable va-t-en guerre qu'était Slobodan Milosevic en août 1992. Le " boucher des Balkans ", comme le surnomma la presse américaine de l'époque, rechignait à signer un document condamnant l'usage de la force, demandant la levée du siège des villes bosniaques et l'ouverture des camps de détention. Le président monténégrin, Momir Bulatovic, survivra, pour sa part, à ses ambitions de " négociateur conciliant " que les médiateurs internationaux avaient encouragées pendant la guerre de Croatie. Il préférera céder ses prérogatives à son homologue serbe et observer un silence complice plutôt que de quitter ses fonctions.    Autre évincé : Milan Babic, leader des Serbes de Krajina (en Croatie). Au début de 1992, le président de Serbie demandait l'envoi de " casques bleus " sur le front croato-serbe, pour y geler les acquis territoriaux serbes.    Mais le leader de la Krajina refusa jusqu'au bout de signer la plan de paix international pour la Croatie, concocté par le représentant des Nations unies, Cyrus Vance. Les Serbes de Krajina s'alignèrent finalement sur la stratégie pragmatique de M. Milosevic. Entre-temps, Milan Babic avait disparu de la scène politique et le " plan Vance " était signé.    La rébellion du vassal Karadzic A l'instar de Milan Babic, Radovan Karadzic, le numéro un des Serbes bosniaques, s'est affirmé au cours de la guerre comme leader charismatique dans sa " République " autoproclamée et a fini par nourrir quelque velléité d'autonomie à l'égard de Belgrade. Il s'est rapproché ouvertement des forces hostiles à Slobodan Milosevic et traditionnellement anti communistes, telles l'aile dure de l'Eglise orthodoxe et les " tchetniks ", ultra-nationalistes serbes. Fort d'une victoire militaire que son armée a pourtant remportée grâce au soutien financier et matériel de la Serbie, Radovan Karadzic se mesure désormais à Slobodan Milosevic.    Les ambitions de ce vassal autrefois obéissant irritent profondément le chef serbe. Déjà, en mai 1993, il avait dû hausser le ton pour lui faire signer le plan Vance-Owen. Radovan Karadzic avait obtempéré, puis s'était rangé à l'avis de son Parlement, qui avait invalidé le document.    Slobodan Milosevic passera sur cet acte d'insoumission, par pragmatisme. Il ne pardonnera, néanmoins, jamais l'humiliation à Radovan Karadzic. Et lorsque, un an et quelques mois plus tard, le leader de Pale récidive en enterrant le nouveau plan de paix international, il enrage.    S'il cache toujours ses émotions et ne se laisse jamais emporter en public, les chroniques au vitriol de Mirijana Markovic-Milosevic, l'épouse du président restée fidèle à l'idéologie communiste et dirigeante du Mouvement pour la Yougoslavie, trahissent sans équivoque l'humeur du grand maître. La presse officielle en rajoute, conspuant les héros d'hier et laissant pantois plus d'un Serbe qui découvre, après deux ans et demi de guerre, que ses milices préférées ont, sous les ordres de la clique de Pale, commis des crimes sauvages, assiégé des villes et persécuté femmes, hommes et enfants.    Miser sur le long terme Aujourd'hui, Slobodan Milosevic a deux objectifs : faire la paix en Bosnie pour briser l'isolement de la Serbie qui risque tôt ou tard de lui coûter son fauteuil, et se débarrasser par la même occasion de son trop ambitieux rival de Pale. Le feu vert donné par le président serbe au déploiement d'observateurs civils à la frontière entre la " mini-Yougoslavie " et la Bosnie, qui entraîne aujourd'hui la réouverture de l'aéroport de Belgrade, est une ultime mise en garde aux dirigeants de Pale plutôt qu'une concession à la communauté internationale. Slobodan Milosevic est incapable de véritables concessions. S'il a accepté une surveillance internationale sur son territoire, il l'a fait en en dictant lui-même les conditions et les modalités. S'il milite aujourd'hui pour la signature du plan de paix proposé par les grandes puissances, c'est que, contrairement à ses sbires impatients de Bosnie et de Krajina, il mise sur le long terme.    Slobodan Milosevic n'est pas homme à laisser passer une occasion de rêve : obtenir, avec la bénédiction de la communauté internationale, la moitié de la Bosnie ainsi que la continuité territoriale de toutes les conquêtes serbes avec, en prime, la levée progressive des sanctions qui frappent depuis plus de deux ans la Serbie. Il n'est pas homme non plus à s'en contenter et, comme il l'a fait en Croatie, il maintiendra le statu quo en attendant qu'un jour les grandes puissances, fatiguées par ce conflit " inextricable ", cèdent devant le fait accompli et reconnaissent les liens de la Serbie avec les entités serbes de Bosnie et de Croatie.    Pour l'heure, Slobodan Milosevic, métamorphosé en homme de paix, doit se débarrasser des " monstres " qu'il a enfantés pour semer la terreur, ainsi que de leur idéologie, qu'il a fait sienne le temps d'asseoir son pouvoir. En clouant aujourd'hui au pilori les ultranationalistes, tel Radovan Karadzic, il entend laver le peuple serbe de tous les crimes dont il est accusé et s'acheter une légitimité pour poursuivre son dessein : régner en maître absolu sur tous les Serbes de l'ex-Yougoslavie, avec, cette fois-ci, l'approbation du monde entier. FLORENCE HARTMANN Le Monde du 6 octobre 1994
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« mais il échoue lorsque les communistes slovènes puis croates claquent la porte du congrès extraordinaire de janvier 1990, oùleurs " camarades " serbes veulent faire la loi. Sa revanche sera de régner sur tous les Serbes de la Yougoslavie.

Et c'est ainsi, par mégalomanie, qu'il devient le patron de la" Grande Serbie " et l'apôtre d'une idéologie nationaliste qu'il manipulera avec d'autant plus de ruse et de cynisme qu'il la méprise.Pour lui, l'important, c'est le fauteuil.

Celui, désormais, de maître de la Nation serbe, de protecteur des intérêts serbes,d'interlocuteur incontournable dans le règlement de la question serbe et des différents aspects de la crise yougoslave.

Pour garderce rôle, il est prêt à tout, même à mettre le feu à l'Europe. Purges redoutables Outre la guerre fratricide orchestrée depuis plus de trois ans de son bureau de Belgrade et dont l'objectifest de délimiter les confins de son royaume, Slobodan Milosevic ne cesse de montrer sa force dans son propre pays.

Il réduit ànéant l'opposition sans provoquer la moindre vague.

Il élimine ses alliés devenus encombrants pour être apparus comme dedangereux fanatiques (les ultranationalistes, comme Vojslav Seselj) ou pour avoir tout simplement voulu partager le leadership dela cause serbe.

Parmi les nombreuses victimes des purges, cette dernière catégorie est celle qui doit retenir aujourd'hui l'attentionpour mieux comprendre la récente volte-face du président de Serbie, sa rupture avec les Serbes bosniaques. On se souvient, notamment, de la destitution expéditive de Dobrica Cosic, le président de la " mini-Yougoslavie " (Serbie etMonténégro), ou de son premier ministre, Milan Panic.

Le premier, écrivain à succès et chantre du nationalisme serbe -inspirateur en 1986 du célèbre " Mémorandum de l'Académie des sciences et des arts de Belgrade ", dans lequel SlobodanMilosevic allait puiser son idéologie guerrière - , a été écarté du pouvoir pour avoir tenté de s'imposer non seulement commepère spirituel de la nation mais aussi comme interlocuteur privilégié de la communauté internationale, en signant notamment leretrait de l'armée yougoslave de la péninsule de Prevlaka, à l'extrémité sud de la Croatie. Quant à Milan Panic, le milliardaire américain d'origine serbe, il passera à la trappe après avoir brigué la présidence serbe et,surtout, coupé brutalement la parole, en pleine Conférence de Londres, à l'intraitable va-t-en guerre qu'était Slobodan Milosevicen août 1992.

Le " boucher des Balkans ", comme le surnomma la presse américaine de l'époque, rechignait à signer undocument condamnant l'usage de la force, demandant la levée du siège des villes bosniaques et l'ouverture des camps dedétention.

Le président monténégrin, Momir Bulatovic, survivra, pour sa part, à ses ambitions de " négociateur conciliant " que lesmédiateurs internationaux avaient encouragées pendant la guerre de Croatie.

Il préférera céder ses prérogatives à son homologueserbe et observer un silence complice plutôt que de quitter ses fonctions. Autre évincé : Milan Babic, leader des Serbes de Krajina (en Croatie).

Au début de 1992, le président de Serbie demandaitl'envoi de " casques bleus " sur le front croato-serbe, pour y geler les acquis territoriaux serbes. Mais le leader de la Krajina refusa jusqu'au bout de signer la plan de paix international pour la Croatie, concocté par lereprésentant des Nations unies, Cyrus Vance.

Les Serbes de Krajina s'alignèrent finalement sur la stratégie pragmatique de M.Milosevic.

Entre-temps, Milan Babic avait disparu de la scène politique et le " plan Vance " était signé. La rébellion du vassal Karadzic A l'instar de Milan Babic, Radovan Karadzic, le numéro un des Serbes bosniaques, s'estaffirmé au cours de la guerre comme leader charismatique dans sa " République " autoproclamée et a fini par nourrir quelquevelléité d'autonomie à l'égard de Belgrade.

Il s'est rapproché ouvertement des forces hostiles à Slobodan Milosevic ettraditionnellement anti communistes, telles l'aile dure de l'Eglise orthodoxe et les " tchetniks ", ultra-nationalistes serbes.

Fort d'unevictoire militaire que son armée a pourtant remportée grâce au soutien financier et matériel de la Serbie, Radovan Karadzic semesure désormais à Slobodan Milosevic. Les ambitions de ce vassal autrefois obéissant irritent profondément le chef serbe.

Déjà, en mai 1993, il avait dû hausser le tonpour lui faire signer le plan Vance-Owen.

Radovan Karadzic avait obtempéré, puis s'était rangé à l'avis de son Parlement, quiavait invalidé le document. Slobodan Milosevic passera sur cet acte d'insoumission, par pragmatisme.

Il ne pardonnera, néanmoins, jamais l'humiliation àRadovan Karadzic.

Et lorsque, un an et quelques mois plus tard, le leader de Pale récidive en enterrant le nouveau plan de paixinternational, il enrage. S'il cache toujours ses émotions et ne se laisse jamais emporter en public, les chroniques au vitriol de Mirijana Markovic-Milosevic, l'épouse du président restée fidèle à l'idéologie communiste et dirigeante du Mouvement pour la Yougoslavie,trahissent sans équivoque l'humeur du grand maître.

La presse officielle en rajoute, conspuant les héros d'hier et laissant pantoisplus d'un Serbe qui découvre, après deux ans et demi de guerre, que ses milices préférées ont, sous les ordres de la clique dePale, commis des crimes sauvages, assiégé des villes et persécuté femmes, hommes et enfants.. »

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