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Les phases de la guerre froide

Publié le 11/05/2011

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Les phases de la Guerre Froide

 

 

 

Tout comme la 1ère Guerre Mondiale constitue une rupture majeure dans le paysage économique et politique mondial, il en est de même pour la 2nd mais avec des dégâts plus importants. La 1ère fut l’avènement socialiste et lors de la 2nde, les pertes humaines sont encore plus lourdes et les choses changeront encore car le camp socialiste s’étoffe avec l’URSS et ses pays satellites ainsi qu'avec les transformations majeures en Asie, notamment avec la prise de pouvoir par Mao en octobre 1949. Les relations entre Etats-Unis et URSS seront alors assez difficiles, d’où le terme de Guerre Froide employé par le journaliste Walter Lipman en 1947, année de son apparition.

La Guerre Froide se prolonge jusqu’en 1991 avec la chute de l’URSS.

Elle présente 3 caractéristiques essentielles : Pas d’affrontement directs même si il existe des crises qui furent extrêmement fortes telles que la crise des missiles de Cuba.

La dissuasion nucléaire, la persuasion du pouvoir face à l’adversaire, et le developpement des positions parmi les alliés de l’adversaire.

L'importance du nucléaire, avec en juillet 1945 son apparition aux Etats-Unis (E-U) puis en 1949 en URSS.

Dès lors on peut se demander comment s'organise et quelles sont les différentes phases qui constituent la Guerre Froide?

On remarquera que la Guerre Froide peut se décrire en trois périodes de 1947 à 1953, de1954 à 1962 et de 1962 à l'éffondrement de l'URSS

 

 

 

En Janvier 1947, Truman choisi comme secrétaire des affaires étrangères le général George Marshall, anticommuniste virulent, ce qui est déjà symptomatique d’un raidissement de la part des E-U. L’idée de Truman et de Marshall est que l’URSS étend son influence en Europe de l’Est et que celle-ci est donc « perdue » mais il faut donc protéger l’Europe de l’Ouest. On parle alors de la politique de containment (endiguement). Cette théorie est présentée le 11 mars 1947 lors d’un discours qui expose la doctrine Truman. Lors de ce discours, le Royaume Uni soutient les monarchistes et les libéraux, contre les communistes, eux soutenus par Tito qui tentent de prendre le contrôle de la Grèce. Or le Royaume Uni n’a plus les moyens d’assurer ce soutient. Par ce discours, les E-U montrent leur volonté d’aider les britannique dans ce combat.

Le Plan Marshall le 5 juin 1947, dont le nom officiel est l’ERP (European Recovry Program) est directement issu de cette doctrine. Ce plan propose de l’aide financière à tous les pays qui en ont besoins (donc y compris URSS et pays baltes). Il à 3 causes : La montée des tensions entre E-U et URSS, la volonté d'éviter une crise de surproduction aux E-U, et l'aggravation de la situation de l’Europe pendant l’hiver 46-47 avec un découragement général des européens, encore confrontés au rationnement, l'agitation sociale qui se développe, de gros problèmes financiers surtout au Royaume Uni et en France. 16 pays acceptent le plan Marshall et mettent au point un système de répartition de celui-ci le 16 avril 1948, l’OECE (Organisation Européenne de Coopération Economique).

Les américains fourniront au total 13.6 milliards de dollars, dont 85% sous forme de dons et 15% de prêts. Les deux plus gros bénéficiaires seront le Royaume Uni (3.2 milliards) et la France (2.7 milliards). Pour l’Allemagne, certaines zones (la future RFA) seront aussi réceptrices de cette aide.

Cpdt les USA ont le droit de regard sur les façons de dépenser les sommes. Elles sont alors utilisées par les pays en achetant les marchandises américaines par les gouvernements, qui les revendent aux entreprises nationales. Il y a donc un apport de liquidité à la Banque de France qui utilise ces fonds pr la reconstruction. (Logements sociaux, infrastructure…). Le plan Marshall a donc permis de reconstruire. Il montre le changement d’attitude des USA par rapport à la fin de la 1ère GM. Cependant ce plan divise l’Europe de l’Ouest et de l’Est, donc critique des communistes, mais aussi, certains libéraux soulèvent des critiques par le fait que ce plan renforce le dirigisme. De plus, ce ne sont pas les pays les plus aidés par ce plan qui ont une croissance forte. Par ex, la RFA (née en mai 1949) connaitra une croissance importante par rapport au Royaume Uni. Cependant l’URSS ne peut mettre en place une riposte financière au plan Marshall, elle mettra alors en place une idéologie, la Doctrine Jdanov. En septembre 1947, Jdanov explique que le monde se divise en deux: le camp des impérialistes autour des E-U, dans lequel il y a une imbrication de domination (E-U sur le monde, Royaume Uni et France sur les colonies) et le camp non impérialiste, inspiré par l’URSS. Le Kominform est alors crée en octobre 1947 pour remplacer le Komintern. Tous les partis communistes sont en théorie sur un pied d’égalité. Mais en pratique, cet organisation est un moyen pour Staline d’imposer ses ordres (Comme en témoigne l'expulsion de Tito en 1948 ).

 

Ainsi la montée en puissance des deux blocs, va produire un accroissement des oppositions qui seront paroxystiques durant les premières années, qui vont de 1947 à 1953.

En Juin 1948, l'URSS organise le blocus de la ville de Berlin. Les communications sont toutes coupées et la ville est assiégée, cependant, un pont aérien est mis en place par les alliés, permettant de ravitailler la ville. Staline cède alors en Juin 1949 et lève le blocus. Cela aboutit à la création des deux Allemagnes, la RFA et la RDA en octobre 1949. Mais l'Europe n'est pas le seul théâtre des affrontements et ils se passent aussi en Asie : Le 1er octobre 1949, la république populaire de Chine est auto-proclamée et sous le contrôle de Mao, se rapproche de l’URSS. En Corée Deux républiques naissent en 1948. Les deux grandes puissances se retirent 1949, mais en juin 1950, la Corée du Nord lance une offensive contre la Corée du Sud. L’ONU envoie contre l’agresseur une force multinationale essentiellement américaine pour soutenir la Corée du Sud. A partir de 1951, la Corée du Nord est soutenue par la Chine. Mac Arthur est alors prêt à employer l’arme nucléaire, mais Truman le fait remplacer. Le conflit aboutit finalement à une partition du pays de part et d’autre d’une frontière dessinée le long du 38° parallèle. Malgré les réticences de Rhee, chef d’Etat de la Corée du Sud, l’armistice fut signé le 27 juillet 1953 entre les représentants des forces de l’O.N.U. d’une part et des forces chinoises et nord-coréennes d’autre part. Ce conflit est l’un des sommets de la guerre froide. La guerre d’Indochine ( qui dure de 1946 à 1954 pour la France et jusqu'en 1975 pour les E-U) qui est à la base uniquement coloniale (ne concernant que les Français), devient à partir de 1950 un enjeu dans la logique de la guerre froide. Cette guerre se termine par la défaite française à Dien Bien Phu.

 

 

 

Après la montée croissante des tensions et des conflits des deux blocs, le contexte devient vite dangereux et alors les 2 blocs entament une certaine tentative de dégelement des relations En effet, la mort de Staline en 1953 termine la période de fortes tensions, tout comme l’armistice en Corée, et l’obtention de l'arme nucléaire par l’URSS en 1949 (Bombe A) et H en 1954 qui met ces pays sur le même pied d'égalité. On rentre alors dans une nouvelle tendance, la coexistence pacifique. A partir de 1953.Khrouchtchev énonce la Coexistence Pacifique lors du 20ème Congrès du Parti Communiste en 1956. Il faut admettre l’existence de 2 systèmes économiques, sociaux, politiques. Il faut éviter l’affrontement mais on continue les progrès économiques pour montrer que le système soviétique est le meilleur. De fait un certain dégel des relations s'opère durant une courte période : Khrouchtchev admet différentes voies dans le socialisme à la différence de Staline qui imposait sa propre vision du système. De meilleures relations avec Tito s'établissent. Et le voyage en janvier 1956 aux EU de Krouchtchev, reçu par Eisenhower est un signe évident de la volonté d'apaisement entre les deux pays. En 1955, on s’entend sur l’Autriche. Mais chaque camp veut être le maître chez lui, la répression à Budapest en est un exemple, et le refus d'intervenir de la part des E-U montre le respect de la « souveraineté » des camps sur les territoires qui leurs sont déjà acquis

 

On assiste cependant, en même temps que les actions pour apaiser les tensions à un étoffement des deux blocs: En 1954, pour le bloc de l'Ouest, l’OTASE se substitue à l’ANZUS (organisation du traité de l’ASIE du sud-est). Elle réunit les trois pays de l’ANZUS, le Pakistan, les Philippines, la Thaïlande, le Royaume-Uni et la France. En 1955, le Pacte de Bagdad rassemble l’Angleterre, la Turquie, l’Iran, le Pakistan et l’Irak. Pour l’URSS, il s’agit de conforter son contrôle sur les Etats satellites. En 1955, l’URSS signe avec les Etats satellites le pacte de Varsovie, traité d’amitié et de coopération qui s’apparente à une alliance militaire. L’Union soviétique cherche également à intégrer économiquement ces Etats en adoptant en 1959, la charte du COMECON. C'est donc un contexte paradoxal, car alors que d'un côté les deux blocs font un effort pour réduire les antagonismes, de l'autre côté ils s'efforcent d'augmenter leur puissance militaire et économique par un jeu d'alliance avec certains pays neutre ou déjà acquis à leur idéologie. Ce qui va entrainer la reprise des tensions et un effritement de la coexistence pacifique.

 

Les tensions débutent avec l’affaire de l'avion espion américain U2 abattu le premier mai 1960 alors qu’il violait l’espace aérien soviétique. Khrouchtchev exploite la situation afin de faire avouer aux Etats-Unis qu’ils pratiquent l’espionnage. La construction du mur de Berlin est une autre manifestation de l’effritement de la coexistence pacifique. Khrouchtchev souhaite que la ville de Berlin soit rattachée à la RDA ou placée sous le contrôle de l'ONU. Pour limiter l' émigration de nombreux allemands de l'Est, un mur est construit autour de Berlin Ouest. Enfin, intervient la grave crise de Cuba en 1962. Fidel Castro demande une aide militaire à Khrouchtchev et accepte l'installation de fusées soviétiques ce qui représente une menace directe pour les E-U . J.F Kennedy exige le retrait de cet armement. Il envisage même l’engagement des deux puissances dans un conflit nucléaire. Finalement, le 28 octobre 1962, Khrouchtchev retire ses fusées.

Après plusieurs années d’apaisement où la compétition se déplace sur le terrain de l’ économie et de la technologique, Les deux grandes puissances se retrouvent pour la première fois au bord de l'affrontement direct.

 

C'est dans ce contexte de de crise exarcerbée que va s'opérer la transition vers une détente nécessaire pour un maintient de la paix.

Nixon est élu en 1968 et réélu en 1972. Partisan d’une politique réaliste à l’égard de l’URSS. Il pense qu'il faut se méfier de sa propre idéologie, et qu'il faut tenir compte des réalités du moment.

En même temps, il y a une prise de conscience ed la part des EU qu'ils n’ont plus les moyens de faire les gendarmes, le monde entre dans une réalité plus complexe. Du côté de l’URSS, en septembre 1964, Khrouchtchev est destitué. Brejnev s’impose progressivement. Cependant, il est difficile de savoir quand il s’impose. La nouvelle équipe dirigeante cherche, tout comme son homologue de l'Ouest, aussi à être réaliste, éviter un affrontement direct avec les EU qui serait catastrophique mais tente toutefois de tenir sa position en Europe de l’Est. Le nouvel état d’esprit se developpe. On arrive à s’entendre, notamment en matière de nucléaire. Ainsi en Août 1961 on s’engage à ne plus faire d’essai sur terre. Mais la France et la Chine refusent. En Juin 1968, le traité de non prolifération des armes nucléaires entraine la signature des EU, l'URSS et 115 autres pays qui s’engagent à ne pas avoir d’informations sur le potentiel nucléaire. L'accord Salt 1, Signé à Moscou est une limitation des armements stratégiques qui débute en 1969 et se termine en 1972. C'est un texte valable pour 5 ans : on s’engage à réduire les armements.

 

La détente s'exprime aussi en Europe. Les relations intra-européennes avec les accords d’Helsinki s'améliorent. De 1949 à 1969, les 2 Allemagnes se tournent le dos, ceci est symbolisé par le mur de Berlin.Willy Brant, chancelier d'octobre 1969 à 1974, considère qu’il faut admettre la division de l’Allemagne et faire en sorte que celles-ci collaborent. Il développe alors une politique réaliste à l’échelle de l’Allemagne. Les 2 Allemagnes doivent améliorer leurs relations entres elles mais aussi avec l’URSS et les pays baltes. Il lancera donc une politique d’ouverture vers l’Est, l’Ostpolitik. Alors en aout 1970, la RFA s’engage avec l’URSS à ne jamais utiliser les armes.

En décembre 1970, il se rend en Pologne et s’agenouille devant un mémorial à Varsovie. Il admet le massacre des polonais et reconnaitra officiellement que la limite entre les Allemagnes et la Pologne est la ligne Oder-Neisse. En décembre 1972, on reconnait réciproquement les deux Allemagnes. Les relations diplomatiques pourront être alors réglées, et en septembre 1973, ces deux Allemagnes seront intégrées à l’ONU. Dans la même année, des accords commerciaux seront passés entre la RFA et l’URSS. En 1975 , les américains et les soviétiques collaborent dons la conquête de l'espace en montant l'opération Apollo-Soyouz. La conférence d’Helsinki (73-75) traduit cette détente. Tous les pays intégrés dans la Guerre Froide sont présents. On y déclare alors que toutes les frontières déterminées après la 2nde Guerre Mondiale ne doivent plus jamais être remises en cause. On décide aussi de coopérer sur le plan scientifique, et la garantie des droits de l’Homme dans chaque pays est affirmée, avec toutefois un manque d'application réel en URSS.)

 

Malgré l'appaisement notable, les deux puissances tentent toujours de developper leur puissance mais finissent par s'éssoufler et l'on voit apparaître des fissures dans chacun des deux blocs. Dans le bloc de l'ouest, c’est De Gaulle qui marque sont indépendance vis à vis des Etats-Unis en sortant en 1966 du commandement intégré de l'OTAN. Les Etats-Unis s’enlisent par ailleurs au Vietnam, qu'ils finissent par quitter en 1973 sans être venu à bout des communistes. Marquant ainsi l'échec dans cette région de la politique d'endiguement. Autre aspect de la poursuite de la politique des zones d'influence, la C.I.A soutien le putsch de Pinochet contre Salvador Allende en 1973 au Chili. Dans le bloc de l’est. C’est d'abord la Chine qui prend ses distances vis à vis de Moscou . Entre 1963 et 1966, les deux puissances communistes deviennent rivales. La Chine reprochant en particulier à l'URSS sa domination du monde communiste et son manque de vigueur vis à vis du camp adverse. Dans les années 70, le bloc communiste est coupé en deux . En 1968, a lieu le Printemps de Prague. Alexandre Dubcek tente de réformer le régime. Le 21 août, les troupes du pacte de Varsovie en particulier des Russes et des Allemands envahissent la Tchécoslovaquie.

 

 

La Guerre Froide peut donc se caractériser par l’opposition constante entre deux blocs menés par deux grandes puissances sans que celles-ci ne s’affrontent directement. De plus on remarque que les phases de tensions alternent avec les phases de détente ou de réchauffement des relations entre les deux grands. Et que si chacun essaye d’imposer son modèle c’est finalement l’URSS qui s’essoufflera la première.

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