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Steiner, George - philosophie.

Publié le 08/05/2013

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Steiner, George - philosophie. 1 PRÉSENTATION Steiner, George (1929- ), homme de lettres et philosophe américain qui poursuit une réflexion sur les rapports entre culture et barbarie. 2 UNE PRESTIGIEUSE CARRIÈRE UNIVERSITAIRE Né à Paris, George Steiner vit l'essentiel de son enfance à Vienne auprès d'un père juriste d'origine austro-tchèque et d'une mère autrichienne parlant aussi bien l'allemand que l'anglais et le français, une triple influence qui favorise son intérêt précoce pour les oeuvres littéraires qui ont marqué ces trois cultures. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, George Steiner quitte l'Europe avec les siens sous la menace imminente du nazisme. Il poursuit ses études à Harvard aux États-Unis et à Oxford en Angleterre. Après une formation en sciences physiques et mathématiques, il s'oriente vers la littérature qui devient son domaine de prédilection (plus spécifiquement la littérature comparée), discipline qu'il va enseigner à l'université de Genève en Suisse puis à celle de Cambridge en Angleterre. 3 L'HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE ET DES IDÉES Parallèlement à sa carrière universitaire, George Steiner écrit de nombreux articles comme critique littéraire au New Yorker dans les années 1960 et publie ses premiers livres en anglais : Death of Tragedy (1961, la Mort de la tragédie), Language and Silence (1967, Langage et Silence) et After Babel (1975, Après Babel : une poétique du dire et de la traduction), dans lesquels il interroge les chefs-d'oeuvre qui ont marqué l'imaginaire occidental, d'Eschyle à Homère et de Goethe à Schiller en passant par Tolstoï et Dostoïevski. Dans les Antigones (1984), ouvrage qui lui vaut une renommée internationale, l'écrivain étudie les multiples versions du mythe depuis Sophocle. 4 LANGAGE, CULTURE ET BARBARIE Pour George Steiner, dont la pensée prend appui aussi bien sur la tradition biblique que sur la pensée grecque, le langage, loin de se réduire à une « fonction « symbolique, témoigne de la vocation de l'homme à assumer le sens originel de sa destinée. « Du chant de Gilgamesh fait de révolte et de tristesse devant la mort de son compagnon, de l'énigmatique parole d'Anaximandre sur le secret de l'équité dans le cosmos et la vie de l'homme qui respecte les lois, jusqu'à l'époque contemporaine, ou presque (et c'est ce presque que je cherche à situer et à définir) la relation entre le monde et le mot, entre intérieur et extérieur a fait l'objet d'une confiance «, écrit George Steiner dans Réelles présences (1989), ouvrage où il critique la vision « déconstructionniste « du langage, chère à Jacques Derrida. C'est cette confiance entre les mots et le monde qui, affirme-t-il, a été rompue par la montée en puissance, à la fin du XIXe siècle, d'une « culture « de masse qui a facilité le mensonge totalitaire et l'usage détourné du verbe par des idéologies nihilistes. Le nazisme hante ainsi l'auteur en tant que juif, mais également en tant que philosophe, qui y voit l'expression du détournement toujours possible de la culture par la barbarie . « Buchenwald est situé à quelques kilomètres du jardin de Goethe «, explique George Steiner qui ne cesse, livre après livre, d'interroger « les congruités intimes entre l'humain et l'inhumain «. 5 « L'APRÈS-CULTURE « OU LES LIMITES DE LA CULTURE CONTEMPORAINE Délibérément élitiste -- « je ne me fais guère d'illusion, si on met aux voix le Bingo et Eschyle, c'est le Bingo qui l'emporte « --, George Steiner a une vision sombre de notre époque qu'il caractérise comme étant celle de « l'après-culture «, en partie parce que les grandes oeuvres de la tradition occidentale ne sont plus lues, mais aussi du fait de l'indifférence vis-à-vis de la vérité, indifférence qui lui semble être une des caractéristiques d'un temps soumis au règne de l'utilitaire. « Nous rentrons dans une culture planétaire et une hiérarchie de valeurs de plus en plus dominée par les sciences et leur application technologique «, affirme George Steiner, qui fidèle à l'esprit du messianisme juif, ne condamne pas pour autant l'avenir : « Jusque dans les pires heures, je suis incapable de renoncer à l'idée que l'amour et l'invention du temps futur sont les deux prodiges qui font la valeur de l'existence mortelle «, écrit le philosophe en conclusion de Errata (1997), ouvrage dans lequel il retrace son parcours intellectuel. Cette espérance est indissociable d'une certaine idée du langage comme expression privilégiée de la transcendance dont dépend la pérennité de notre civilisation sur laquelle il entend poser un regard neuf ( Dans le château de Barbe-Bleue : notes pour une redéfinition de la culture, 1986 pour la première traduction française). Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

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