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CHAPITRE 2 - THEORIES DE DEVELOPPEMENT

Publié le 29/06/2026

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« CHAPITRE 2 - THEORIES DE DEVELOPPEMENT Certains pays se développent et d’autres pas.

La théorie du développement a donc pour objet d’expliquer ces disparités.

Certaines théories utilisent les mêmes modèles, les mêmes grilles d’analyse, pour l’étude des pays actuellement développés et pour celles des pays en voie de développement.

D’autres considèrent que c’est le développement des premiers qui est la cause du sous-développement des seconds. Nous présentons d’abord les théories, généralement d’origine libérale, qui présentent le sousdéveloppement comme un retard qu’il est possible de combler.

Ensuite, nous présenterons la théorie de développement dominante dans les années 60-70, qui estime au contraire qu’il faut mettre l’accent sur les spécificités du tiers-monde, parmi lesquelles la dépendance vis-à-vis du Nord tient une place centrale.

Cette école, quoique loin d’être unifiée et regroupant des courants très différents, est fréquemment dénommée l’école de la dépendance. Section 1 : Approche libérale du développement Les économistes libéraux considèrent que le sous-développement n’est qu’un retard au développement.

A cet effet, ils ont une conception linéaire du développement. Paragraphe 1 : Conception linéaire du développement A- Théorie des étapes de la croissance de ROSTOW ROSTOW dans son livre Les étapes de la croissance (1960), présente le développement comme une évolution linéaire devant forcément passer par les mêmes étapes.

Il recense cinq (5) étapes de développement par lesquelles toute société doit passer à un moment ou à un autre de son histoire : la société traditionnelle, le préalable au décollage, le démarrage ou take-off, la marche vers la maturité ou le progrès, et l’ère de la consommation de masse. 1.

Société traditionnelle Dans la société traditionnelle, la productivité du travail est faible car les techniques sont rudimentaires.

L’économie est essentiellement agricole et les mentalités ne sont pas favorables au développement, car un fatalisme à long terme règne : les individus sont persuadés que leurs enfants et leurs petits-enfants auront approximativement des conditions d’existence identiques. 2.

Préalable au développement Durant les préalables au développement, les conquêtes de la science moderne entraînent de grand progrès techniques qui vont favoriser les premiers développements de l’agriculture et de l’industrie.

Les marchés mondiaux s’ouvrent et surtout les mentalités se transforment, le fatalisme recule et de nouveaux types d’hommes animés de l’esprit d’entreprise apparaissent. L’investissement augmente notamment dans les transports.

Un état centralisé et efficace se substitue aux pouvoirs régionaux traditionnels.

Mais toutes ces transformations se produisent à un rythme modéré. 3.

Démarrage ou Take-off Durant la phase de démarrage ou take-off, en l’espace d’une ou deux décennies, la structure fondamentale de l’économie et la structure sociale et politique de la société se transforment de [Date] Chapitre 2 Economie du développement 1 telle façon que le taux de croissance de l’économie pourra par la suite rester constant. L’investissement et l’épargne doublent et passent d’à peu près 5% du revenu national à plus de 10%.

Des industries nouvelles comme le textile ou la métallurgie se développent rapidement et amènent un accroissement considérable des revenus. 4.

Marche vers la maturité ou progrès Le progrès technique et la modernisation se diffusent à l’ensemble de l’économie durant la période de la marche vers la maturité.

Les anciennes industries plafonnent mais de nouvelles industries comme la chimie ou l’industrie électrique se développent. 5.

Ere de la consommation de masse Elle représente la dernière étape ; les principaux secteurs de l’économie deviennent la production de biens de consommation et de services.

La population s’urbanise et la maind’œuvre est de plus en plus qualifiée.

L’Etat-providence assume la prise en charge collective de la plupart des risques. Les pays du tiers-monde se trouveraient donc à des étapes antérieures de développement ; le sous-développement n’est qu’un retard de développement.

Tous les pays atteindront l’étape ultime de la consommation de masse ; mais pour hâter cette échéance, il est nécessaire que les différentes nations mettent en place les principes du libéralisme et acceptent de s’ouvrir sur l’extérieur. B- Thèse d’Alfred SAUVY Dans la même logique que ROSTOW, Alfred SAUVY (1898-1990) prétend que, tout comme les pays actuellement développés à la veille de leur décollage, les pays sous-développés souffrent de neuf (9) plaies. Les trois (3) premières concernent la situation démographique : forte natalité, mortalité, et alimentation insuffisante. Les quatre (4) critères suivants du sous-développement concernent l’emploi : hypertrophie du secteur primaire, sous-emploi rural, travail des femmes, travail des enfants. Les deux (2) derniers critères sont d’ordre sociopolitique : absence de classe moyenne, absence de démocratie. Lorsque, à l’image des pays actuellement développés, le tiers-monde se sera débarrassé de ces neufs plaies, il pourra prétendre sortir du sous-développement. Paragraphe 2 : Dépassement des approches linéaires La critique de la théorie des étapes de ROSTOW du point de vue de l’économie de développement porte sur les points suivants : • Le sous-développement contemporain des pays du tiers-monde n’est pas assimilable à la situation des économies précapitalistes des pays de l’Europe avant la Révolution [Date] Chapitre 2 Economie du développement 2 Industrielle.

C’est pourtant ce que semble impliquer la description des conditions du décollage (take-off), reproduisant le scénario de la révolution agricole puis industrielle en Grande Bretagne.

Or, pour la plupart des pays, la colonisation (directe ou indirecte) est intervenue et a modifié radicalement et irréversiblement leurs structures. • Ensuite, les conditions de fonctionnement de l’économie mondiale sont telles à l’époque contemporaine que la possibilité ne leur est pas offerte de franchir les étapes de l’industrialisation dans les mêmes conditions que les économies aujourd’hui industrialisées. • Rien n’indique que les étapes de croissance à franchir doivent être partout les mêmes quelles que soient les caractéristiques spécifiques des sociétés.

Le caractère universel, linéaire et automatique de la trajectoire du développement sous-jacente au schéma de ROSTOW, est remis en cause. • L’idée selon laquelle il n’existerait qu’un état unique de développement souhaitable est trop normative.

Comme l’écrivent Pierre DOCKÈS et Bernard ROSIER, aussi bien la nature des critères utilisés pour décrire les situations de « sous-développement » que le fait de poser « l’ère de la consommation de masse » comme la finalité du « développement », exprime bien que, toute société est appelée à rejoindre la société américaine posée comme référent absolu, par une analyse qui réduit l’histoire à un schéma linéaire et répétitif et nie, par conséquent toute spécificité des sociétés et de leurs cultures, ainsi que toute possibilité de projet politique alternatif. Section 2 : Approche structuraliste et néo marxiste du développement Paragraphe 1 : Fondateurs de la théorie de dépendance A- Gunnar MYRDAL et Arthur LEWIS Gunnar MYRDAL (économiste suédois, prix Nobel en.... »

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