Fiche de lecture - La paysan de Paris - Aragon
Publié le 28/02/2026
Extrait du document
«
Aragon – Le paysan de Paris
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[1926, dédié au peintre surréaliste André Masson]
Promenade dans Paris, quête du « merveilleux quotidien » ; regard naïf d’un paysan
« Le Sentiment de la Nature aux Buttes-Chaumont » → balade nocturne avec André Breton et
Marcel Noll
Lyrisme ? Esthétique du collage ? (juxta.
de réfs ; inspi dada) → genre hétérogène
Paris = laboratoire d’une mythologie moderne ? (via poésie et amour)
Expérimentation du langage (sentiment d’emportement ; langage polymorphe)
Entreprise de manifestation du divin et de ses lieux
« Préface à une mythologie moderne »
épuisement des idées ; recyclage et révision vs génie de l’invention (le moyen dialectique a éclipsé
la dialectique même et la vérité).
Certitude = réalité (cf Descartes, évidence) → « illusion » pour A
« royaume noir » de l’erreur → « fugitive réalité » ; s’impose par l’évidence comme la vérité
Rupture dans la pensée → « le printemps entra subitement dans le monde » (« préoccupation
impérieuse » → emportement?) → liberté sort de la boîte, ôte à l’ho sa maîtrise ; abandon à la
distraction malgré les reproches de « vous »
Il enjoint à regarder les fe ; logique de la proie et sensualité ; vs raison chassée → « il n’y a plus de
place ici que pour moi »
Refus de l’abstraction, de l’intellectualisation de l’« univers » (ex → lumière = miracle pour A)
« C’est ainsi que, pour se dégager de la matière, il est devenu prisonnier des propriétés de la
matière »
Sensation et raison font un dans leur fonctionnement (raison infirme ou confirme l’instinct → «la
saveur et l’enivrement » ; blanc et noir « sont du domaine de la mort »
Erreurs des sens → fleurs de la raison (jardin de « dieux inconnus et changeants » → nlle
mythologie qui se noue et se dénoue, « qui s’engendre et se fait suicide » ; sentiment du
« merveilleux quotidien » vs « habitude du monde »
« Le passage de l’Opéra »
« On n’adore plus aujourd’hui les dieux sur les hauteurs » → l’esprit des cultes fleurit ailleurs, dans
la « poussière » ; « divinité poétique » à hauteur de vie, sensible
Cohérence du lieu
L’imagination investit les zones d’ombre ; le mystère est possible par une défaillance humaine
Faille sur l’infini → « lumière moderne de l’insolite »
« passages » parisiens = « receleurs de plusieurs mythes modernes » sanctuarisés à cause de leur
disparition proche (métamorphose de Paris), « culte de l’éphémère »
Boulevard Haussmann « grand rongeur », menace le passage de l’Opéra ; bouleversement d’un
monde (de la flânerie à la prostitution)
Description détaillée, sur le mode de la visite et de l’anecdote (ex sur les surréalistes) → du lieu à la
vie ; métaphore du théâtre (chambres = loges)
Poétisation du lieu de passe ; du quotidien des riverains (ex discussion avec concierge, marchand de
cannes…) ; hallucination ds le magasin de cannes → sirène ? Souvenirs → groupe de jeu au Petit
Grillon : « c’est là que je commençai à sentir un peu mieux la grandeur d’un très petit nombre de
ces compagnons d’habitude, et la mesquinerie de la plupart » → ref aux surréalistes desquels il se
détache ?
REPRODUCTION DE DOCUMENTS, ARTICLES… (expropriations par l’Immobilière du bd
Haussmann, « araignée légendaire », Galeries Lafayette…) ; affaires d’argent, « surexcitation »
Journal de défense La Chaussée d’Antin
Rupture et recul « Je quitte un peu mon microscope » (p.
42) ; les objets doivent retrouver leur
taille ; le narrateur contemple l’amour comme valeur cardinale, puis la Mort qui trouve en ces pb
domestiques une scène d’expression ; le poète la voit via « artifices » → stupéfiants, alcools,
« surréalismes » (p.
44) Il sort de l’oubli de la mort qu’il trouvait dans l’infiniment petit du quartier
Opéra = « cercueil de verre », temple du culte de la Libido
Ref à Hegel → 1re évolution de l’ind vivant = sujet, notion ; 2e = assimilation de l’objet → il se fait
genre et se détermine.
Genre particularisé par le rapport d’un sujet à un autre du mm genre.
Jugement = rapport du genre « aux individus ainsi déterminés » → différence des sexes.
Pour A,
Venus seule est apparue femme à Pâris ; les promeneuses de l’Opéra se contentent d’être femmes →
A leur restitue leur particularité ; éloge des putains
« Dans tout ce qui est bas, il y a quelque chose de merveilleux qui me dispose au plaisir » (p.
48)
Éloge des coiffeurs qui affûtent pour la « sélection naturelle » ; fascination de l’apprenti p.
50 ;
description poétique et sensuelle des cheveux de la fe (« serpents ») → A saisi de l’idée qu’on n’a
trouvé que le blé comme comparant à la blondeur (conscience poétique ?) → il donne d’autres
comparaisons plus instinctives et transcendantes (p.
51) ; exaltation du langage étendu ; « Je
m’abandonne à ce pitchepin des sens, à ce concept de la blondeur qui n’est pas la blondeur même,
mais une sorte d’esprit de couleur, tout marié aux accents de l’amour.
» ; « la mémoire est blonde
vraiment.
A ses confins, là où le souvenir se marie au mensonge, les jolies grappes de clarté ! » (p.
52) → ressenti ; constante transfiguration, langage métaphorisant
Dialogue avec Nana comme divinité fatale de la mode (54) ; « Je suis Nana, l’idée du temps.
»
A déplore l’absence de « codification du plaisir » chez les ho (ex plaisir de la coiffure)
Procession de personnages du quartier en pensée (ex Landru…) ; vies et récits insoupçonnés
Longues protases et juxtapositions (ex p.
60)
Observation des inégalités de matière, des divergences, des variations → « essais de natures
mortes » in imagination de Dieu → « l’absurde, le bazar, le banal » → convoque le sentiment de la
destruction et de le Sentiment de l’inutilité (personnifié p.
62, qui tient un accordéon sur lequel est
écrit PESSIMISME → variations typographiques par le poète, imitant le mvt de l’instrument)
Poète résigné à l’illusion, n’échappe pas à son « univers irisé » (imagination) ; « crépuscule de la
sensualité » (logique d’épuisement)
Bains → lieu d’un culte équivoque (maladies, prostituées sirènes…) → il déplore le fait que
certains établissements ne sont plus que bains
Amour → sens du délit et goût du saccage ; danger vs habitude (« la seule femme qui porte
aujourd’hui un corset »)
Le poète déplore le fait que les gens délaissent leur sensualité à 20 ans, substituent une technique
aux couleurs de la vie (dure réalité → FABLE INSÉRÉE « Les Réalités »)
LOUIS frappé en gros caractères → cri ? Désir de voir son prénom en grand
Références aux lieux du mvt Dada (restaurant Certa, restaurant Saulnier)
« Qu’il plaît à l’homme de se tenir sur le pas des portes de l’imagination » « On lui a enseigné le
mécanisme de l’enchaînement des idées, et le malheureux a cru ses idées enchaînées.
» (p.
75) vs
limite de l’analogie chez Kant (cinabre) → « Tu prends les marécages pour la terre ferme.
Tu ne
t’enliseras donc jamais!C’est que tu ne connais pas la force infinie de l’irréel.
» (76)
SAYNÈTE « L’homme converse avec ses facultés » (ho, sensibilité, intelligence, volonté ; l’ho
n’aime plus la connaissance → l’imagination soigne cette dernière) → allégories et débat →
imagination = criminelle ?
« Discours de l’imagination » → figure inventrice et omnipotente ; octroie à l’ho un nouveau
stupéfiant, un nouveau vice, « machine à chavirer l’esprit » : le Surréalisme (p.
81) → « emploi
déréglé et passionnel du stupéfiant image » → « réviser tout l’Univers » ; A pense déjà la
persécution des vendeurs d’images ; vs utilité.
L’imagination annonce la « dernière croisade de
l’esprit » entre réalisme et illusions → les forces du « pourquoi pas » et du « vivre quand même »
vaincront → la faculté désigne le théâtre pour parachever l’abandon (le N dérive sur les boutiques)
→ énumération sans fin des clients possibles des cireurs (perte dans l’imagination ; logique du
COLLAGE + esthétique de la liste) → ex Don Juan dans Paris, philatélie…
Passage sur le Certa, lieu de réunion Dada (juxta.
descriptions réalistes et élans lyriques) ; diatribe
vs journalistes en note (« A mort ») ; éloge de la carte du Certa (doc fourni, recommandations…)
→ lieu du foisonnement des images
Impression d’immédiateté ; p.
104 → regard critique sur sa propre démarche, conscience d’un
décalage ; riverains « n’auraient jamais cru que dans une société policée on avait le droit d’appeler
nommément chaque chose » (Aragon nominaliste) → écrivain criminel (accusations en « tu ») ; A
fait l’apologie du poète (« Votre cœur est une charade que tout le monde connaît »)
Jeu avec lecteur, provocation : « Tout le vêtement est dans une demi-teinte criarde (arrangezvous) »… puis « là j’y suis....
»
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