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La Société De Consommation de Baudrillard (fiche de lecture)

Publié le 16/08/2012

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D'un spectre à l'autre ( p 310)  Nous ne sommes plus ici dans un problème de l'individu et de son double mais à un « spectre de signes et d'objets «. Puisqu'il n'y a plus transcendance, il n'y a plus de mythe qui puisse évoquer cela.    Consommation de la consommation (p 311)  La société de consommation est le nouveau mythe et le Diable qui parvient à nous faire croire qu'il existe, symbolise la poudre aux yeux de l'Abondance. La société de consommation est mythe, dès lors qu'elle se compose d'Abondance et de la consommation de l'image que la société de consommation renvoie. La consommation (qui désigne aussi bien le somptueux, que les dépenses liées à la survie directe) se veut comme « Utopie réalisée «. Baudrillard considère la société de consommation toute entière tournée vers elle-même et la montre avec les nouvelles célébrités qui n'ont de mérite que d'être célèbres et auxquelles le public s'identifie et veut ressembler. Pourtant, ces « modèles « ne sont que de multiples versions de nous-mêmes, mises en valeur par la publicité. Comme mythe, la consommation se caractérise aussi par un discours antithétique qui critique son propre mode de fonctionnement ou s'en moque. La dénonciation du système va donc de pair avec la consommation. Les relations humaine, vides de sens, dissimulées derrière l'objet viendront, selon Baudrillard, « briser cette messe blanche «.

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« bien par leur mort, ou l'effet de mode qui rend l'objet vite obsolète (voir aujourd'hui la micro-informatique ou les vêtements par exemple).

A nouveau, revientl'exemple de l'Accident de voitures comme incarnation suprême du gaspillage de biens, d'argent et de vies humaines.

L'écrivain discerne trois mouvements de lasociété de consommation ; la Production, l'acte de consommation et la destruction.

Cette dernière comme affirmation d'un manque, et donc de la rareté d'un objet. Deuxième Partie : Théorie de la consommation ( p 57 ) La logique sociale de la consommation ( p 59 ) L'idéologie égalitaire du bien-être ( p 59 )Les possessions ont pour but d'atteindre le bonheur, incarné par la notion d'une société égalitaire.

Le bonheur est donc mesuré au travers des possessions qui formentune démocratie illusoire, une situation d'égalité face aux besoins.

Même si tous les hommes n'accèdent pas aux objets avec la même facilité, ceux-ci leur apportent àtous la même satisfaction et, en cela, ils sont (en apparence) tous égaux.

Intéressant aussi de noter le vocabulaire utilisé par Baudrillard : « idéologie du bien être » et« mythe de l'égalité ».

Le premier comme étant une théorie de pensée et le second comme une chimère qu'on poursuit.

Savoir si la société de consommation estvéhicule d'égalité et démocratie n'est donc plus d'actualité puisqu'ici on ne prend comme donnée que l'accession à l'abondance.

Galbraith souligne que la croissancelisse en effet les inégalités sociales, même si la pauvreté reste, il ne convient donc plus de juger de l'inégalité sur le plan des richesses.

Baudrillard met en valeur cefaux problème en indiquant que toute société se construit sur un excédent et une pénurie et se structure donc autour d'une structure sociale de privilégiés qui ontintérêt à se maintenir.

Le raisonnement de Galbraith est d'ailleurs obsolète puisqu'avec les aides sociales le problème de l'inégalité devant les richesses n'en est plusun.

En quittant la sphère économique, l'inégalité se fait plus irréversible. Système industriel et pauvreté ( p 69 )Une autre théorie de la consommation note qu'elle produit pauvreté ET richesse.

La pauvreté n'est pas réductible puisqu'elle est directement inscrite dans la structuresocio-économique.

Pour dissimuler cet état de fait, les aides sociales fonctionnent comme poudre aux yeux, censées mettre fin à cette pauvreté sur laquelle pourtantse structure la croissance.

Ce n'est pas que les systèmes capitalistes et industriels prennent plaisir à maintenir la pauvreté mais bien que ceux-ci ne prennent pas encompte le capital humain. Les nouvelles ségrégations ( p 72 )Alors que les biens manufacturés sont distribués en masse et homogénisent en apparence les classes sociales, certains biens, autrefois gratuits, deviennent l'apanage deprivilégiés.

Avec l'apparition des "droits" à la Santé, aux Loisirs etc...

apparaît la notion de privilèges, parce que tous ne peuvent accéder à ces biens, devenant ainsides privilèges, des marchandises.

Le "droit à" est en vérité une transformation en "forme productive" rapportant argent et distinguant une classe d'une autre.Baudrillard énonce que ce ne sont plus les biens de consommation qui différencient les classes mais l'accession au savoir et au pouvoir, immatériels tous deux. Une institution de classe ( p 75 )Baudrillard compare la société de consommation à l'école : comme à l'école, tous accèdent en apparence aux mêmes objets (ou à l'écriture et la lecture) mais c'est lechoix de ces objets (qualité) et leurs utilisations (distillées par le goût, le savoir) qui font à nouveau le clivage entre les classes.

C'est cette utilisation de la Culturelors de l'achat qui transforme l'acte de « consommation ». Une dimension de salut ( p 77 )Consommer pour les classes moyennes c'est aussi acquérir un certain statut, comme par l'achat d'un objet ancien qui leur confère un salut démocratique et non lié audroit du sang.

Pourtant c'est encore et toujours la culture et le pouvoir qui distinguent les classes et non l'accession aux objets. Différenciation et société de croissance ( p 78 )Baudrillard énonce que la consommation se base sur une logique de production.

Ce n'est pas l'objet en soi qui nous intéresse mais la manière dont celui-ci nousrapproche ou nous sépare de notre groupe.

C'est à travers cet acte individuel que l'homme s'inscrit dans la société, sans comprendre qu'il obéit en réalité à la logiquede différenciation.

Baudrillard s'éloigne donc de la théorie de satisfaction individuelle qui ne voit l'objet qu'à travers le besoin qu'il atténue, pour développer celle,justement, de la différenciation statutaire qui engrange une insatisfaction perpétuelle.

Beaucoup de penseurs voient cette insatisfaction d'un point de vue matériel etnon différentiel, se basant sur la classe moyenne américaine comme société homogène de consommateurs, vision que Baudrillard critique : la logique de la demandeest descendante et c'est l'élite sociale qui lui donne naissance.

C'est le caractère dépassé d'un objet en haut qui rend possible sa production massive auprès duconsommateur moyen car la distance sociale est préservée.

D'ailleurs, Baudrillard souligne que les aspirations des consommateurs ont tendance à s'indexer sur leurstatut social, ségrégation intégrée par le consommateur.

La publicité elle-même véhicule ce besoin de différence chez l'individu.

Baudrillard distingue la société decroissance de la société d'abondance.

En effet, la société de croissance fait disparaître l'individu au profit des finalités du système mais fait passer ses finalités pour desbesoins individuels.

C'est aussi parce qu'elle a intégré la notion de privilèges que la société ne peut être d'abondance et donc homogène, puisque pour produire desprivilèges il faut pénurie et rareté.

Baudrillard clôt cette partie en rappelant que la croissance n'est pas démocratie. Le paléolithique, ou la première société d'abondance ( p 90 )Encore une fois, l'auteur rappelle qu'on ne peut séparer la logique sociale de la définition d'une société d'abondance : ce qu'on appelle aujourd'hui « sociétéd'abondance » se base au contraire sur la rareté pour donner de la valeur aux biens.

C'est par cette production indéfinie que justement nos sociétés productivistesactuelles s'éloignent de l'abondance.

Le penseur Sahlins désigne comme vraie société d'abondance celle des tribus primitives du paléolithique car elles tirent del'environnement des ressources qu'elles consomment directement.

Il n'y a ni concurrence, ni angoisse car contrairement à nos sociétés actuelles, les rapports sociauxsont transparents (c'est en effet avec l'accumulation qu'apparaît le pouvoir) alors que nous nous construisons en comparaison les uns avec les autres. Pour une théorie de la consommation ( p 93 ) L'autopsie de l'homo oeconomicus ( p 93)L'opinion commune résume l'existence de la société de consommation par le fait que l'homme est porté par ses besoins vers des objets qui l'apaisent : éternelinsatisfait, il désire à nouveau et continue de consommer.

Baudrillard indique qu'il faut analyser la consommation d'un point de vue social puisque l'individuconsomme en regard du groupe dont il est issu.

Ce n'est donc plus la satisfaction apportée par l'objet que l'on recherche mais bien le système de valeurs auquel il serattache.

Par là même, Baudrillard nie l'autonomie du consommateur que les économistes tiennent pour acquise et explique que son conditionnement passe en grandepartie par les publicités : devant une production importante, le système capitaliste doit s'assurer que les produits soient écoulés...

c'est la filière inversée où leconsommateur n'a plus l'initiative.

Galbraith soutient cependant que l'homme pourrait avoir des besoins limités s'il n'était pas stimulé par le système, ce que récuseBaudrillard : il n'y a pas de biens artificiels ou authentiques pour le consommateur.

De même, ce n'est pas la passivité du consommateur qui fait qu'il morde àl'hameçon, mais toujours son besoin de différenciation sociale.

Baudrillard critique la thèse de Galbraith selon laquelle c'est le système qui crée les besoins duconsommateur et affirme qu'il y a un « système des besoins » découlant de celui de production.

Baudrillard décrit une généalogie de la consommation dans laquellele système de production génère les besoins et il n'y a donc plus lieu de diaboliser la technostructure qui écrase l'homme, soi-disant libre.. »

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