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MES PRISONS Silvio Pellico - résumé, analyse

Publié le 06/09/2015

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MES PRISONS [Le mie prigioni]. Ouvrage autobiographique de l’italien Silvio Pellico (1789-1854), publié en 1832. La traduction française de De Latour parut en 1845, augmentée de 12 chapitres, dont le texte original a été découvert depuis quelques années seulement, à la Bibliothèque Nationale, Le livre entend retracer la période la plus dramatique et mouvementée de la vie de l’auteur, depuis son arrestation à Milan (13 octobre 1820) sous l’accusation ‘ d’appartenir

aux « carbonari » et de conspirer contre la Monarchie autrichienne, à sa condamnation (Venise, 23 février 1822) et à sa longue réclusion dans la sombre prison du Spielberg, en Moravie (1822-1830). L’auteur affirme avoir conçu soi ouvrage dans un esprit totalement étranger à la politique, pour laquelle, du reste, il n’avait jamais possédé les qualités requises. Il ne put cependant empêcher les patriotes italiens de faire de son œuvre une arme de propagande contre la domination autrichienne. Mais en fait, leur attente fut déçue : on attendait un livre de combat et on n’y découvrit que douceur et résignation. Certains accusèrent l’auteur de « bigotisme », tandis que dans le camp adverse on continua de le soupçonner, jusqu’à le qualifier de « jacobin déguisé ». Toutes choses, cependant; qui relevaient de la polémique et demeuraient étrangères à la substance même du livre, qui se voulait exclusivement un but d’édification religieuse. En effet, Mes prisons rètracent une crise spirituelle, comme tant d’œuvres de la même époque (il suffira de penser à Manzoni). Jusqu’à son arrestation, Pellico avait adhéré aux conceptions rationalistes et athées, si répandues'à la fin du xviiie siècle : il sortit du Spielberg, non seulement réconcilié avec la religion, mais désormais détaché de toute pensée mondaine. Le retour à Dieu, la paix intérieure obtenue par un abandon total de soi aux bras de l’Église, tels sont les motifs dominants du livre. Dans cette atmosphère de contrition intérieure et d’effusion charitable, on comprend qu’aux yeux de l’auteur tout conflit d’ordre politique devait disparaître, le juge suprême ne poùvant être que Dieu. Ainsi, le prisonnier se sentait-il le frère de son ami et compagnon de geôle, Maroncelli, tout autant que de l’humble Zanza, fille du geôlier des Plombs de Venise, ou de son geôlier du Spielberg, Schiller, en qui il sut discerner, sous un dehors de rudesse, des sentiments d’humanité. Il y a cependant dans la piété de Pellico, plus d’abandon que d’initiative, une contemplation extatique et quelque peu fataliste de la Providence. De là, les défauts littéraires de cette œuvre, dans laquelle l’expression est souvent Inadéquate, embarrassée presque et honteuse de révéler la réalité des sentiments. Mais lorsque l’écrivain parvient à surmonter cette timidité piétiste,

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