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NUITS DE PARIS (Les) de Restif de La Bretonne (résumé)

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restif

NUITS DE PARIS (Les)

Restif de La Bretonne. Roman, 1788-1793.

 

L’observation des rues de la capitale «pendant 1 001 nuits» suffit à justifier l’adoption de la structure formelle des Mille et Une Nuits ; chaque nuit, Restif désennuie une marquise grâce à des anecdotes qui transforment Paris en un cadre exotique, voire fantastique. La capitale devient le lieu de réflexions et de rêveries qui créent une véritable mythologie urbaine. Cédant à la pulsion autobiographique, Restif décrit avec complaisance ses errances nocturnes et se dédouble en personnages secondaires qui expriment son oscillation entre l'admiration et la répulsion pour Paris:

« Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)Les Nuits de Paris de Restif de la Bretonne Les Nuits de Paris ou Le Spectateur nocturne fut publié en trois fois, en 1788, 1790 et 1794 ; il ne représentequ'une mince partie de l'œuvre de Restif, qui compte l'équivalent de deux cents volumes. Aux yeux de l'auteur, cesNuits sont « une de ces productions majeures, une de ces vastes compositions destinées à peindre les mœurs d'unenation ». Au XVIIIe siècle, un curieux insomniaque déambule, nuit après nuit, dans les rues de la capitale. Le territoire du voyeur : Paris, la nuitInvariablement vêtu de son manteau bleu (couleur de la livrée des hommes du roi) et armé de son bâton decrocheteur, Restif déambule au cœur de Paris, au Palais-Royal, au Quartier latin, au Marais et dans l'île Saint-Louis.Il dénonce la saleté des rues, « ces fleuves d'immondices », déplore les méfaits des casse-lanternes et des voleursd'échoppe, dépeint les petits métiers, fourbisseurs (marchands d'épées), décolleurs d'affiche, gadoires (vidangeurs),repêche un infortuné qui se noie, écoute aux portes, épie les violateurs de sépultures, assiste aux feux de la Saint-Jean sur la Grève, visite l'école de natation du quai de la Tournelle, dîne chez Grimod de La Reynière (« vingt-septmets différents »), va observer les joueurs d'échecs au Café de la Régence, vole au secours des femmes violentéesou importunées (elles sont légion, toutes jeunes et belles), sermonne les maquerelles. Toujours opportuniste, Restifa malheureusement expurgé la partie finale consacrée à la période révolutionnaire et clôt l'ouvrage par une vibranteprofession de foi républicaine. « C'est le plus emporté de mes ouvrages »Le « Hibou Spectateur », comme se désigne l'auteur, décrit ce qu'il a observé « durant vingt ans et mille et unenuits dans les rues de la capitale ». Il destine ce récit à une marquise, dite « La Vaporeuse », dont l'identité restefloue. Cette succession de courts textes fourmille d'anecdotes graveleuses et d'historiettes galantes. Le Paris deRestif est celui des bas-fonds, du demi-monde et de la prostitution. Le moraliste « cherche, pour les exposer augrand jour, les abus et les vices qu'il veut attaquer à la manière de Juvenal » ; le journaliste, lui, met en scène lesacteurs de ce vaste théâtre de la nuit : « Je rapporte les faits comme ils sont. » Les véritables fonctions de Restifont prêté à controverse ; certains pensent aujourd'hui qu'il renseignait la police, qu'il était une fi « mouche » commeon disait à l'époque. L'acuité ™ de son regard, le mouvement perpétuel qui caractérise ces pages en font autant detableaux vivants du menu peuple sous l'Ancien Régime. »

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