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POINT DE LENDEMAIN de Vivant Denon (résumé & analyse)

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POINT DE LENDEMAIN

Vivant Denon. Nouvelle, 1777.

 

En une nuit et pour une seule nuit, Mme de T. trompe à la fois son mari et son amant avec le narrateur, un jeune ingénu aperçu le soir même à l’Opéra

et invité pour servir de « paravent » lors de l’arrivée de l’amant. Cette mystification — fraude de la fraude amoureuse — requiert une véritable mise en scène, où les accessoires se succèdent : un bac d’herbe, des bosquets sous la lune, un pavillon obscur, un cabinet mystérieux où l’on découvre des jeux de miroirs et une ottomane truquée. Les rapports ambigus entre les personnages, les quiproquos et les frôlements sont suggérés par une écriture rapide, nerveuse et élégante.

« POINT DE LENDEMAIN. Nouvelle de Do minique Vivant, baron de Non, dit Denon ou Vivant-Denon (1747 - 18 25), publiée dans Mélanges littéraires ou Journal des dames de Dorat, sans nom d'auteur, à Paris en 1777 ; réédi­ tion séparée sans nom d'auteur mais retouchée, à Paris chez Pierre Didot en 1812 . C' est cette seconde édition qui fait auj ourd' hui autori té. Aute�r du Voyage dans la Basse et la Haute -Egypte pendant les campagnes du général Bonaparte (1802), l'un des livres qui révélèrent l'art égyptien à l'Occi­ dent, directeur général des Musées nation aux de Napoléon puis de Louis XVIII, Vivant-Denon est un ama­ teur éclairé et éclec tique. Graveur de formation, diploma te un temps, grand séd ucteur, il élabore une œuvre qui est d'a bord pictural e. Mais il sait aussi écrire. Après un échec au théâtre, il donne, mais ne signe pas, cette unique nouvelle, probablement un des récits libertins les plus vifs et les plus sédui­ sants de la fm du xvme siècle. Un jeune homme, l'amant de la comtesse de ***, est abordé à l'O péra par une amie de cel le ci, Mme de T***, qui le prie mystérieuse men t de la suivre pour la soir ée. Ils se rend ent chez son mari avec lequel elle doit se réco ncilier fo rmelleme nt pour des raisons familiales. Chemin fa isant, quelqu es prop os galants sont échangés. Apr ès un souper plutôt guind é, le mari se retire en persiflant celui qu'il croit l'amant de sa femme. Mme de T*** invite alors notre jeune homme, qUI est le narrateur de toute cette histoire, à une pr omenade dans le par c. De confidenc es en confidences, on en arrive vite aux baisers, sur un banc de gazon. Mme de T*** veut alors se reti rer, mais c'est pour mieux se donner ensuite, dans un pavi llon au fond du parc. Ces volup tueux momen ts passés, on reto urne au château, et l'on in tr oduit le narrateur dans un boudoir tapissé de glaces. Nouvelles étreintes. Au petit matin, le ma rquis, amant en titre de Mme de T*** , arrive, est reçu comme un ami et un sauveur par le ma ri, et notre narrate ur est cong édié. Point de lendemain est une nouvelle libertine, qui s'ouvre sur l'un des inci­ pit les plus étincelants du siècle : . De cette nuit de plai­ sirs il ne restera donc qu'un ,, beau rêve >>, chacun retournant ensuite à ses amours diurnes, et plus ou moins publiq ues. Certains, comme Anatole France, y voient le récit d'un esprit cynique : >, confesse le narrateur. De fait, toute cette histoire n'est qu'une vaste mise en scène, orchestrée par Mme de T*** , où certains jouent leur rôle en connaissance de cause, et d'a utres sans savoir de quelle pièce ils sont les acteurs . Mais tous jouent. Tous acceptent les règles du jeu, qui ne seront ni transg ressées ni remises en cause : que celui qui le peut dupe les autres. De ce poi nt de vue, Point de len­ dem ain est exemplaire : le marquis pense se jouer du narrateur comme de M. _de T***, quand c'est le narrateur qui se JOUe de lui. En congédiant le narra­ teur, M. de T*** pense se débarrasser de l'a mant de sa femme, au moment même où il installe son rival chez lui. »

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