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THOMAS D'AQUIN: SOMME THEOLOGIQUE

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Né dans une fam ille noble près d'Aquino, dans le sud de l'Italie, Thomas d'Aquin ( 1225-1274) entra à vingt ans dans l'ordre dominicain des Frères prêcheurs. Envoyé à Paris pour étudier la théologie, il eut pour maître Albert le Grand, qu'il suivit à Cologne. Devenu lui-même professeur, il enseigna à Paris, à Rome et à Naples notamment, atteignant une immense renommée. Il mourut en se rendant au concile de Lyon, où il avait été invité par Grégoire X. Thomas d' Aquin fut canonisé en 1323 et proclamé docteur de l'Église en 1567. « Il n'a jamais compris un chapitre de l'Évangile ou d'Aristote. « (Luther, Propos de Table, 1566.)

 

« EXTRAITS L'existence de Dieu est-elle évidente ? Sur l'existence de Dieu trois questions se posent : 1. L'existence de Dieu est-elle une vérité évidente ? 2. Peut-elle être démon­ trée ? 3. Dieu existe-t-il ? 1. Il semble quel' existence de Dieu est évi­ dente. On appelle, en effet, vérités évidentes celles dont la connaissance est en nous naturellement comme cela a lieu pour les premiers principes . Or, selon ce que dit le Damascène au début du livre premier De la Foi orthodoxe (1 et 3) : « La connaissance de l'existence de Dieu est innée en tous . » Donc l'existence de Dieu est évidente. 2. De plus , ces vérités sont dites évidentes que l'on connaît dès que l'on comprend les termes qui les expriment. C'est ce que le Philosophe (Derniers analytiques, 1, 3) attribue aux premiers principes de la démonstration. En effet quand on sait ce que veut dire le tout et ce que veut dire la partie, immédiatement on sait que le tout est plus grand que sa partie . Or dès qu'on a compris le sens du mot « Dieu », immédiatement il est acquis que Dieu existe ... 3. De plus l' existence de la vérité est évidente. Car celui qui nie l'existence de la vérité accorde que la vérité n'existe pas. Mais si la vérité n'existe pas, la non-exis­ tence de la vérité est une chose vraie. Et s'il y a quelque chose de vrai , la vérité existe. Or Dieu est la vérité elle-même selon ce qui est dit dans Saint Jean, 14, 6 : «Je suis la voie , la vérité et la vie. » Donc l'existence de Dieu est évidente. La science sacrée est-elle une science ? 1. Il semble que la science sacrée n'est pas une science. Car toute science part de principes évidents. Or la science sacrée part des principes de la foi, lesquels ne sont pas é vidents puisqu'ils ne sont pas admis par tous, selon ce qui est écrit (II Thessal., 3, 2): « Tous n'ont pas la foi. » Don c la science sacrée n'est pas une science. 2. De plus , les êtres particuliers ne tombent pas sous la science. Or la science sacrée traite de choses particulières, par exemple des actions d'Abraham, d'Isaac, de Jacob et d'autres choses semblables. Donc la science sacrée n'est pas une science. Mais à l 'encontre, Augustin dit (De la Trinité, 14, 1): «Cette science traite seul e­ ment de ce par quoi la foi salutaire est engendrée, nourrie, défendue,fortifiée. » Or la seule science qui traite de ces choses est la science sacrée. Donc la science sacrée est une chose. Traduit par A. D. Sertillanges, Aubier, 1910 Somme théologique, manuscrit enluminé du x111e siècle NOTES DE L'ÉDITEUR une sûreté et une subtilité incomparables. » A. Cresson, Saint Thomas d'Aquin, sa Vie, son Œuvre, PUF, 1947. autorité, étant même placée sur l'autel à côté des Écritures à certaines occasions. « La Somme théologique ... est un chef­ d'œuvre d'ordre et d'organisation. Les points de départ une fois accordés, touts 'y déroule avec une majesté impressionnante : thèses formulées nettement, preuves tirées des Écritures, démonstrations quand il y a lieu, numération des objections, réfutation de ces objections par les textes et le raisonnement : tout cela se construit avec La Somme théologique est divisée en trois livres , divisés en questions et en articles ; le premier livre comprend 119 questions et 584 articles ; le deuxième livre 303 questions et 1 542 articles et le troisième, inachevé, 190 questions et 559 articles. Pendant près de cinq siècles, cette œuvre fit En 1879, par une encyclique (Aeterni patris), le pape Léon XIII souhaita réconcilier le thomisme, qui avait périclité, avec les idées scientifiques modernes. En France, ce courant, le néo-thomisme , fut essentiellement représenté par Maritain et Gilson. J Fra Angelico, La Sai nte Co nversa tion ( d é ta il), Flo re nce, Musée San Marco/ G iraud on 2 peintur e de N. Manu el D eu1sch, Mu sée de Bâ le/ Laur os-Gir a udon 3 Lao n, Bibli o thèqu e muni cipal e/ Gir a udon SAINT THOMAS D 'A QUIN 02 »

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