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La défaite de Lech Walesa

Publié le 05/12/2018

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En s’en prenant aux intellectuels et en déclenchant une « guerre au sommet », le président visait à diviser le camp de ses anciens alliés, déjà en décomposition, afin de mieux le contrôler.

 

Lors de la campagne présidentielle de 1995, Walesa a tenté, cette fois, de rallier tantôt ses anciens collaborateurs, puis rivaux, tantôt les syndicalistes de Solidarité qu'il avait abandonnés depuis longtemps. Il s'est souvent emporté, lançant de vieux slogans tel que « la lutte contre le communisme », « la défense de la patrie en danger » et, enfin, « la sauvegarde des valeurs chrétiennes ». En effet, sa seule alliée de toujours, l'Église catholique, est venue une fois de plus à sa rescousse en appelant presque ouvertement à voter pour le seul « vrai Polonais, vrai patriote, vrai chrétien ». Ce soutien sans faille de l'Église est dû aux positions très fermes et rétrogrades de Walesa, inspirées par les déclarations du pape Jean-Paul II, notamment au sujet de l'avortement et du catéchisme à l'école publique. Cependant, l'Église catholique est également en train de perdre de l'influence : toujours puissante, elle connaît, depuis 1989, un déclin, lent mais constant, de son pouvoir, qu'elle essaie de reconquérir par tous les moyens, demandant en quelque sorte aux Polonais de « régler la dette » qu’ils auraient envers elle pour les services qu'elle a rendus à la nation durant l'époque communiste. Bien qu'ils se déclarent toujours croyants et pratiquants dans leur majorité, les Polonais n'apprécient guère l'ingérence permanente et insidieuse de l'Église.

 

De son côté, Aleksander Kwasniewski a proposé une autre vision de la Pologne, fondée avant tout sur l'avenir, le travail et la réconciliation nationale. Il symbolise aujourd'hui la nouvelle génération qui veut avant tout réussir dans la vie et dans les affaires, quitte à s'y engager avec les membres de

Au second tour de l'élection présidentielle en Pologne, le 19 décembre 1995, le candidat ex-communiste Aleksander Kwasniewski l'emporte sur le président sortant, Lech Walesa.

 

Les Polonais ont donc confirmé le choix exprimé lors des législatives de 1993 : près d'un électeur sur trois avait alors voté pour la coalition des forces postcommunistes, qui détiennent donc le pouvoir dans sa quasi-totalité.

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