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L'affaire Dreyfus

Publié le 27/02/2008

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Honte, passion... et enfin justice. Le 5 janvier 1895, dans la cour des Invalides, un adjudant brisait sur ses genoux le sabre du capitaine Dreyfus, qui, pourtant, clamait son innocence, et lui arrachait ses galons. Officier breveté, le capitaine Alfred Dreyfus (1859-1935), d'origine israélite, avait été condamné à la dégradation et à la déportation en Guyane par le conseil de guerre le 22 décembre 1894. Il avait été compromis par la découverte d'un bordereau contenant des renseignements et qu'il aurait transmis à l'attaché militaire allemand. Au départ, il ne s'agissait que d'une banale histoire d'espionnage. La véritable affaire, de nature politique, n'éclata que trois ans plus tard. Le frère de l'officier, Mathieu Dreyfus, et un journaliste, Bernard Lazare, entreprirent de démontrer l'inanité des accusations. En liaison avec le colonel Picquart, nouveau chef du service de renseignements, ils eurent la conviction que le coupable était le capitaine Esterhàzy, dont la réputation était détestable. Traduit devant un conseil de guerre, celui-ci fut triomphalement acquitté (janvier 1898).

« délicate en voie d'être étouffée. Dreyfus est alors érigé en symbole-martyr. La nouvelle étude du dossier révèlequ'une des plus importantes pièces à conviction est fausse. Le lieutenant-colonel Henry avoue la supercherie, puisse suicide.Le procès de 1894 est annulé. Le conseil de guerre de Rennes se penche à nouveau sur l'accusation, mais déclaretout de même Dreyfus coupable en septembre 1899. Les circonstances atténuantes lui seront toutefois accordées. La France partagée L'affaire Dreyfus dépasse largement le cadre de l'erreur judiciaire appliquée à l'armée. Dans un débat passionnel, elledivise la France en deux camps irréconciliables. Plus encore, elle offre deux conceptions opposées de l'individu et dela société, conceptions qui marqueront durablement le débat politique au XXe siècle.Les "antidreyfusards" approuvent les jugements. Ce camp, constitué des conservateurs, des antisémites et d'unebonne partie de l'armée, défend l'ordre établi contre la liberté individuelle. Les "antidreyfusards" sont regroupés ausein de la "ligue des patriotes" par Paul Déroulède.Les "dreyfusards" sont, quant à eux, constitués de l'aile gauche et d'une bonne partie des intellectuels (AnatoleFrance, André Gide, Marcel Proust ou encore Charles Péguy). Inspirés par l'esprit des Lumières, ils s'appuient sur uneconception de l'individu, de la liberté et de la justice héritée de 1789. C'est dans cet esprit qu'ils fondent la ligue del'homme et du citoyen pendant le procès Zola. Une reconnaissance tardive L'innocence du capitaine Dreyfus ne sera reconnue qu'en 1906. Le président de la République Emile Loubet gracieDreyfus qui peut réintégrer l'armée.Caricature d'Emile LoubetCe n'est qu'au mois de septembre 1995 que le chef du service historique des armées a reconnu que l'accusationcontre le capitaine Dreyfus "avait été en partie fondée sur des documents truqués". Chronologie des faits réels En juillet 1894, le commandant Esterhazy propose ses services à l'attaché militaire allemand, le lieutenant-colonelvon Schwartzkoppen. En octobre 1894, les fuites d'informations de l'état-major sont attribuées au capitainestagiaire Dreyfus. Celui-ci est condamné en décembre 1894 par le conseil de guerre à la déportation en Guyane. Lecapitaine Dreyfus est dégradé en janvier 1895.En mars 1896, le colonel Picquart, chef du bureau des renseignements, identifie Esterhazy comme étant un espion àla solde de l'Allemagne. Mais une enquête, menée par le général de Pellieux, conclut en novembre 1897 à l'innocenced'Esterhazy. Ce dernier est acquitté en janvier 1898 par le conseil de guerre.Le 13 janvier 1898, l'Aurore publie la lettre d'Emile Zola au président de la République, ce qui pousse le Conseil desministres à accepter la révision du procès de Dreyfus.En décembre 1899, Dreyfus est à nouveau condamné, mais avec des "circonstances atténuantes". Jean Jaurès tientalors un discours retentissant à la Chambre contre cette décision, et une nouvelle enquête est ouverte.Le 12 juillet 1906, Dreyfus est réhabilité, puis réintégré dans l'armée en tant que chef d'escadron. »

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