Thème 1 : La métropolisation : un processus mondial différencié Chapitre 1 : Les villes à l’échelle mondiale : le poids croissant des métropoles
Publié le 24/01/2026
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Thème 1 :
La métropolisation : un processus mondial différencié
Chapitre 1 :
Les villes à l’échelle mondiale : le poids croissant des métropoles
Introduction :
Depuis 2007, la moitié de la population mondiale vit en ville (soit 4,5 milliards de citadins); cette
part ne cesse de progresser (on estime que 75% de la population sera urbaine d’ici 2050).
Cette
urbanisation s’accompagne d’un processus de métropolisation : Activités, populations et centres de
commandement tendent à se regrouper dans les métropoles.
Les fonctions métropolitaines créent
des hiérarchies entre ces villes qui sont révélatrices des mutations profondes des espaces, tant par
les équipements qu'elles abritent que par les réseaux de transports qu'elles développent et dont elles
bénéficient.
Les métropoles contribuent ainsi à structurer les réseaux de flux.
En dépit de ce que l’on pourrait identifier comme des caractéristiques métropolitaines (quartier
d’affaires, équipement culturel de premier plan, nœuds de transports et de communication majeur,
institution de recherche et d’innovation…), les métropoles sont très diverses.
Elles sont inégalement
attractives et n’exercent pas la même influence.
Problématique : Comment la métropolisation renforce-t-elle la hiérarchie urbaine mondiale et
recompose-t-elle les espaces métropolitains ?
I.
Une planète urbaine, un monde de villes
A. Une transition urbaine inégale
L'urbanisation est localisée surtout sur les littoraux des Pays Développés et des Pays émergents.
Cette urbanisation est le résultat de l’Histoire (colonisation créant des comptoirs par exemple).
Le rythme de la croissance urbaine mondiale a connu un taux annuel supérieur à 3% dans les années
1950-60, mais s’est ralenti à 2% en 2010-2015.
Toutefois, il dépasse encore 2,5% dans les pays en
développement et atteint 4% dans les pays les moins avancés (PMA).
Les facteurs démographiques
associés à ces dynamiques diffèrent selon les régions et les échelles, révélant une transition urbaine
encore inégalement achevée.
Diapo 3 :
•
Dans les pays occidentaux, le faible taux actuel de la croissance urbaine (0,5%) traduit la
stagnation démographique et la périurbanisation (= urbanisation à la périphérie des
agglomérations au détriment des zones rurales).
•
En Asie de l’Est, l’exode rural explique la forte croissance urbaine, surtout en Chine.
•
En Afrique, de fortes croissances démographiques rurales alimentent des migrations qui ne
vident pas les campagnes.
L’insertion des nouveaux venus en ville demeure un défi, entre
solidarités et auto-emploi informel.
•
Au Maghreb et au Moyen-Orient, les croissances démographiques urbaines et rurales vont
encore de pair.
Le rôle des migrations rurales vers les grandes villes, notamment littorales,
reste important.
•
En Amérique latine, continent le plus urbanisé des Sud, les transitions démographiques et
urbaines sont presque partout achevées.
La croissance urbaine y affecte surtout les villes
moyennes.
(Extrait de E.
Dorier, L’urbanisation du monde, Documentation photographique n° 8125, novembre
2018)
Le nombre de mégapoles, a été multiplié par 6 depuis 1980, et s’élève à 31 en 2015.
Mais elles
n’abritent qu’une minorité de la population mondiale (12% seulement des 4 milliards de citadins du
monde).
Elles sont majoritairement situées dans les pays des Suds (26 sur 31, dont 7 en Chine et 5 en
Inde).
On estime qu’il y aura 40 mégapoles d’ici 2040.
75% des citadins habitent dans les pays en voie de développement (PED) dont 20 % en Chine.
La
part des habitants des villes petites et moyennes tend à diminuer, mais reste encore de loin
majoritaire : 42 % des urbains (1,7 milliard) vivent dans des villes comprenant de 10 000 à 300 000
habitants
B.
La métropolisation
Parmi ces mégapoles, seules certaines sont des métropoles, qui concentrent des activités et des
fonctions de rayonnement internationales, tandis que d’autres villes à la population moins
importante sont d’authentiques métropoles.
Exemple : À l'échelle mondiale, l'agglomération de Dacca, au Bangladesh, n'a que peu d'influence
malgré ses 14 millions d'habitants qui font d'elle une mégapole.
Milan, avec 4 millions d'habitants, en
a beaucoup plus.
Toutefois, à l'échelle du Bangladesh, voire de l'Asie du Sud, Dacca est une
métropole.
Il convient donc toujours de définir l'espace dont on parle pour définir l'influence d'une métropole,
que cette influence soit locale, régionale, nationale ou mondiale.
Un ensemble de ville domine la mondialisation : l’économiste néerlando-américaine Saskia Sassen les
a appelées « villes mondiales ».
New York, Londres et Tokyo sont les trois mieux classées.
Ces villes concentrent – à l’image de New York – des pouvoirs de commandement (pouvoirs de
décision à l’échelle mondiale) qu’ils soient :
•
Financiers (places boursières) : La City, Wall Street, le Tokyo Stock Exchange ou le palais
Brongniart renforcent le poids économique de Londres, New York, Tokyo et Paris, qui sont déjà
des villes mondiales.
Mais l'importance de la bourse de Francfort donne à cette ville de
750 000 habitants un poids déterminant dans l'économie mondiale, car elle est la principale
place financière de l'une des plus grandes puissances économiques mondiales, l'Allemagne.
•
Economiques (sièges sociaux des plus importantes FTN (Firmes transnationales), et des
organisations internationales comme le FMI (Fond monétaire international).
•
Diplomatiques (siège des grandes institutions mondiales).
•
Fonction intellectuelle (activités de recherche et de développement.
Les entreprises se
regroupent dans des technopôles, des espaces où se concentrent des instituts de formation,
des laboratoires et des entreprises de haute technologie pour concevoir des produits de
haute technologie).
Ex : Silicon Valley au sud de San Francisco en Californie Apple, Facebook,
Google, Netflix, HP, Intel, Electronic Arts, etc.
•
Fonction culturelle pour capter les flux touristiques.
Elles sont également des carrefours majeurs au sein des réseaux mondiaux de transport (grâce à
leurs ports et à leurs aéroports) et de communication (grâce à leurs infrastructures Internet).
Elles concentrent les modes de transports à grande vitesse (fibre optique, autoroutes, lignes
ferroviaires, terminaux aéroportuaires), constituent des hubs (= noyau pivot d'un système de
transport) qui attirent et redistribuent les flux matériels et immatériels : passagers, capitaux,
marchandises, services, informations et communications.
Les transports jouent un rôle majeur dans
la capacité d'une métropole à rayonner à l'échelle internationale.
Les infrastructures regroupées
offrent une multimodalité (= plusieurs modes de transport différents) où l'articulation des différents
moyens de transport permet une accessibilité à toutes les échelles pour les hommes, les
marchandises et les informations.
Etude de cas : New York
La métropolisation est l’une des conséquences spatiales de la mondialisation (=intensification des
échanges sur un marché devenu planétaire entrainant l’interdépendance des pays).
Les activités de
production se diffusent à l’ensemble des pays de la planète (une large partie des Suds sont désormais
industrialisés, et certains d’entre eux ont développé une large offre de services), mais les activités de
conception et de décision restent largement polarisées par les grandes villes d’un petit nombre de
pays à haut niveau de développement.
Les acteurs économiques y bénéficient d’une main-d’œuvre
qualifiée, d’infrastructures performantes, des avantages de la proximité spatiale d’autres acteurs et
de l’effet de taille.
Diapo 5 :
Il n’existe de classement des villes reconnu « officiellement », mais plusieurs groupes de chercheurs
sont parvenus à élaborer des classements à l’aide d’indicateurs pertinents : PUB (Produit Urbain
Brut), GaWC (Indice des villes mondiales dans la globalisation : rayonnement et interaction avec les
autres métropoles), le Global city Index (pouvoir de commandement économique, culturel et
politique) ou encore le nombre de gratte-ciel (indice de verticalité).
1 = Flux internet en blanc / Cables sous-marin en rose
C.
Les conséquences de l'urbanisation
La croissance des villes a plusieurs conséquences :
•
l'étalement des villes consomme de l'espace,
Les villes consomment de l'espace en s'étalant.
Des chercheurs ont montré qu'elles
consommeront 120 millions d'hectares entre 2012 et 2030, soit l'équivalent d'un pays comme
l'Afrique du Sud.
Dans le monde, c'est donc l'équivalent de 1,7 fois la surface de Paris qui est
urbanisée chaque jour, soit 18 terrains de football chaque minute.
Ce phénomène a lieu au détriment
des terres agricoles pourtant indispensables à l'alimentation des populations.
•
la croissance de la population urbaine entraîne des défis de logement et de logistique,
La croissance de la population urbaine génère des défis à relever :
en matière de logement ; en matière de raccordement aux réseaux de distribution d'eau et
d'électricité ; en matière de gestion des déchets et des eaux usées ; en matière de transports, qui sont
souvent saturés.
Non maîtrisée, cette croissance entraîne également la création de bidonvilles où des humains vivent
dans des conditions insalubres.
+ exemple des appartements cercueils
•
l'environnement est de plus en plus pollué par les villes.
L'urbanisation a surtout des conséquences environnementales : pollution de l'air, des sols, des eaux,
surconsommation énergétique, destruction de la biodiversité par le grignotage urbain.
Les villes sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre.
•
Le phénomène de métropolisation entraine également une fragmentation socio-spatiale:
Les plus riches ont les moyens de louer ou d’acheter un logement dans le centre (dans des gated
communities par exemple), tandis que les plus pauvres sont relégués en périphérie où le loyer est plus
faible.
Cette répartition des groupes sociaux dans l’espace varie selon les pays: la différenciation
socio-spatiale entre quartiers est beaucoup plus marquée dans les métropoles des pays du Sud où
gratte-ciels peuvent jouxter les bidonvilles.
En....
»
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