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BUDÉ (Guillaume)

Publié le 18/02/2019

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BUDÉ (Guillaume), humaniste français (Paris 1467- id. 1540). Issu d'une lignée d'officiers royaux et d'une famille de quinze enfants, il renonce à une vie mondaine et cotitisane pour l'étude du grec dont il apprend les rudiments auprès d'Hei'Inonyme de Sparte et de Jean Lascaris. Mais il va seul mettre au point sa méthode de travail, étudiant les textes et les documents authentiques, la probité intellectuelle rejoignant la droiture morale dans ses Annotations aux Pandectes (1508), célébrées par Rabelais. Même démarche dans le traité sur les monnaies romaines (De asse, 1514), qui s'élève à des considérations sur la vie économique et les rapports de la culture et du pouvoir — Budé fera d'ailleurs l'éloge du mécénat royal (l'Institution du prince, 1547), dont il obtint la création des << lecteurs royaux >> ( 1530), préfiguration du Collège de France. Maître des requêtes depuis 1522, responsable de la Bibliothèque royale de Fontainebleau, partageant sa vie entre les tâches du serviteur de l'État et le loisir studieux de l'érudit, Budé crée le modèle de l'humaniste parlementaire tel que le concevront le XVIe et le XVIIe s. Philologue accompli (Commentaires sur la langue grecque, 1529), désireux d'ha11noniser hellénisme et foi catholique (De transitu hellenismi ad christianismum, 1535), il a été une manière de Cicéron français — mais sans sacrifier au style de Cicéron —, un véritable auteur << antique >> et << attique >> , << une sorte de Michel-Ange de l'écriture néolatine >> (M. Furnroli). Sa querelle avec Érasme, dans le débat du cicéronianisme, arbitrée par Christophe de Longueil, a joué un rôle capital dans la définition de l'humanisme français. Son style, marqué du sceau de la mélancolie, montre sa préférence pour l'extraordinaire, le néologisme audacieux, l'allure sublime, voire grandiloquente. Reprenant l'idéal du << théologien-poète >> du Phèdre de Platon, il plie le mythe et l'ornement poétique aux exigences de la vérité.

« Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)Guillaume Budé (1467-1540) Le rénovateur des études grecques.

Né en 1467, fils de Jean Budé, grand audiencier de France, Guillaume fait sesétudes d'abord à Paris, puis à la faculté de droit d'Orléans.

La chasse est son occupation préférée jusqu'au jour oùse produit sa «révolution hellène»; il change d'orientation, se consacre aux langues anciennes et, à 23 ans, abordetoutes les sciences: théologie, jurisprudence, mathématiques, lettres...

vivant exemple de ces humanistes qui,rejetant le passé scolastique, se vouent à l'exaltation de l'Antiquité, source de vie et de connaissance.

Le grec estsa passion.

Il a pour maître Georges Hermonyme de Sparte, qui l'initie à Homère, et comme ami Jean Lascaris, «leplus docte Grec de son temps»,' qui lui procure leçons et livres.Jusque-là, le grec était proscrit des études, les moines y voyant «la langue qui enfante toutes les hérésies».

En1529, Budé publie ses savants Commentaires sur la langue grecque qui vont servir de base au Thésaurus graecaelinguae d'Henri Estienne.Budé se consacre autant à l'action qu'à l'érudition: comme érudit, outre ses Annotations aux Pandectes où il montreune connaissance de l'Antiquité alors rare chez les jurisconsultes, son traité De asse et partibus ejus révèle en lui lemeilleur connaisseur de l'économie des Anciens dans le domaine difficile de l'histoire monétaire.

Erasme, qui sebrouillera un temps avec Budé, l'appelle tout de même le «prodige de la France».

En 1522, Budé dirige la librairie duroi à une époque où le livre est encore rare et coûteux.Homme d'action, Budé sert comme diplomate.

Son prestige d'humaniste à l'échelle européenne incite Louis XII puisFrançois Ier à lui confier l'ambassade près le Saint-Siège.

Très bien reçu à Rome, Budé n'apprécie pourtant guère,dans sa simplicité vertueuse, les intrigues de la cour.

Il sollicite son rappel.

Elu prévôt des marchands par la ville deParis, il obtient que François Ier réalise sa promesse de créer un Collège des lecteurs royaux.

Budé surveille et dirigela mise en place de l'institution avec Lascaris.

Il établit la bibliothèque de Fontainebleau.

Mais ses charges luipèsent: elles le détournent de ses chères études! Il meurt en août 1540, ayant refusé les obsèques solennelles; ilest conduit de nuit au cimetière de Saint-Nicolas-des-Champs, sa paroisse.

Sa veuve et quelques-uns de sesenfants partent pour Genève.Catholique intègre, il a censuré les désordres de la cour romaine et les dérèglements du clergé.

Comme seigneurd'Yerres, près de Paris, il a été un bon administrateur.

Il s'est montré aussi honnête magistrat.

En rénovant lesétudes grecques, il a contribué à la création d'une conscience européenne.. »

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