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DANGEAU, Philippe de Courcillon : sa vie et son oeuvre

Publié le 22/11/2018

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DANGEAU, Philippe de Courcillon, marquis de (1638-1720). Mémorialiste né à Chartres. Né protestant, il adhère au catholicisme durant son adolescence. Capitaine de cavalerie sous Turenne (1658), puis colonel (1665-1670), il devient gouverneur de Touraine en 1666. Ses qualités le font employer comme diplomate : envoyé extraordinaire auprès de F Électeur de Trêves et de l’Electeur palatin en 1672, il se rend à Modène pour arranger le mariage de la princesse Marie d’Este, qu’il présente au duc d’York, futur Jacques II (1673). Apprécié par Louis XIV, nommé successivement chevalier d’honneur de Madame la Dauphine et de la duchesse de Bourgogne, il est le modèle du courtisan : poli, galant, aimable de figure et de conversation, heureux au jeu et versificateur émérite. Sur ces seuls titres, il entrera à l’Académie française (1668) et deviendra membre honoraire de l'Académie des sciences (1704). En 1684, il entreprend la rédaction d’un journal qui s’arrête en juillet 1709; chronique intime de la Cour, l’écrit, bien que lu, critiqué et annoté par Saint-Simon, reste manuscrit. Le public en aura connaissance cinquante ans après la mort de Dangeau par des copies fragmentaires dont Voltaire a tiré la matière d’un volume (1770).
 
L’œuvre est à l’image de la vie de son auteur : remplie des faits mineurs et majeurs de la Cour. Chronologique, rythmée par les journées, elle communique une étrange impression de monotonie mais aussi de familiarité avec le monde de Versailles. Nulle distance, ni physique ni critique : Dangeau écrit (ou dicte) ce qu’il voit, entend et vit. Son style sobre, descriptif jusqu’à la platitude, dominé par la modalité déclarative, est celui du constat qui reprend sans vergogne les mêmes termes : on se « promène », on va « courre » (le loup pour Monseigneur), « il y eut des nouvelles de ... ». Pêle-mêle sont rapportés indications météorologiques, petits maux et sautes d’humeur du roi, descriptions (minutieuses) de costumes, de jeux, énumérations (fastidieuses) 

« gogne que Dangeau ne fait que nommer, Saint-Simon explique son succès (dû à l'entremise de la chambrière de Mme de Maintenon) et ponctue : >.

Ce curieux dialogue fait apparaître les limites de ce journal sans relief et de lecture harassante; mais si le Journal de Dangeau appelait les critiques, il ne méritait pas le mépris, car non seulement il est une source impor­ tante pour une histoire des mœurs de la Cour, mais encore il est sans doute partiellement à l'origine de l'am­ vre de Saint-Simon, dont les additions et annotations furent la première ébauche des célèbres Mémoires.

[Voir aussi MÉMOIRES, SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de)].

BIBLIOGRAPHIE Le Journal du marquis de Dangeau a été édité au XIX< siècle parÉ.

Soulié, de Chennevières, Mantz, de Montaiglon.

Additions inédites du duc de Saint-Simon.

Didot, 1854-1860.

9 vol.

in-8• (18 tomes).

Les �Additions>> se trouvent aussi dispersées dans les volumes des Mémoires de Saint-Simon, éd.

Yves Coirault, Gallimard.

La Pl�iade, 8 vol.

(en cours de pub!.

depuis 1983).

A consulter.

-Fontenelle.

1/isroire de 1 'Académie des sciences.

1720: Saint-Sim. »

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