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Étudiez les lieux dans Le Guépard

Publié le 06/12/2019

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un « caractère solennel » (p. 80) que privé. De plus, le Prince, qui a quitté son Observatoire, ne peut désormais dialoguer avec les étoiles qu'à partir du « balcon de son cabinet de toilette » (p. 95). Les jours du « cyclone amoureux» (p. 161-176) qui emportent Angelica et Tancredi à la découverte de toutes les salles, salons, appartements cachés du palais, témoignent du mystère et de l'impossible maîtrise de ce lieu. Le Prince n'est pas maître de Donnafugata ; la perte de son pouvoir sur le palais va de pair avec la lente déliquescence de la puissance princière.

Giuseppe Tomasi di Lampedusa

« 16 0 Il.

De vastes étendues illimi tées : le pay sage sicilien Le _s pa ysa ges de la chasse, prim! tifs et éternels Lors du départ à la chasse du Prince avec don Ciccio Tumeo, le paysage qu'ils tra­ verse nt-et qui nous est donné à voir en deux étapes avec, d'abord, la montée jusqu'au sommet de la colline (p.

108), puis le panorama du haut de la cime (p.

109) -révèle toute la ma jesté de la nature sicilienne.

Une grandeur qui touche à un temps à la fois historique, mythique et biblique.

Ces immenses étendues où de grandes civilisations ont débarqué -« les Phéniciens, les Doriens et les Ioniens » (p.

1 08) -ressemblent à l'Arcadie d'Ovide et de Virgile, primitive et idyllique, où «la vie [est] réduite à ses éléments essentiels>> (p.

1 08).

Les chasseurs ne peuvent saisir ce spectacle ainsi ordonné par le Créateur d'après le chaos : «[ ...

]l'esprit ne pouvait saisir les lignes principales, conçues dans une phase délirante de la créati on» (p.

109).

Face à cette manif estation de l'éternel, le Prince est ébloui.

Le paysage sicilien indomptable face à Cheva lley Le Prince refuse le titre de sénateur du nouveau gouvernement proposé par le secrétaire de la préf ecture, Chevalley .

Ce refus s'accompagne d'une longue explica­ tion où Don Fabrizio lie son désenchantement à l'immuabilité du paysage sicilien, au climat de la Sicile, à son atmosphère.

Les lieux sont ici présentés comme violents, infernaux et maléfiques (p.

188-19 0), afin de dissuader et d'éloigner Chevalley.

L'attachement du Prince à «c ette très belle tetTe» (p.

185) ne l'empêche pas d'en fa ire une peint ure démoniaque si bon lui semble, face à Chevalley qui ne pourrait ni la comprendre ni l'aimer comme le fier Guépard.

Ill.

Des plaines à mal aria à l'hôtel Trinacria De Naples à Paler me, le pay sage « ma léfique >> Le voyage de retour de Naples se révèle exténuant pour Don Fabrizio.

Les pay­ sages désertiques qu'il traverse sont à l'image de sa perte de vitalité et de sa mauvaise humeur : « [ ...

] on traversait des paysages maléfiques, des chaînes de montagnes maudites, des plaines à malaria engourdies» (p.

258).

Ce voyage s'apparente à la traversée entre Palerme et Donnafugata, où les lieux désertiques avaient épuisé les personnages et en particulier Don Fabrizio qui comparait ce voyage « répugnant » à sa propre vie (p.

62 et 63).

Depuis la deuxième partie du roman, le Prince a vieilli : il a soi xante-di x ans et il s' apprête à mourir.

Ce paysage infernal va lui être fatal.

L'hôtel Trinacr ia et la chambre fatale La dernière traversée du paysage sicilien empêche le Prince de rejo indre la villa Salina.

Une syncope l'oblige à trouver un abri à l'hôtel Trinacria.

Ainsi, loin des vastes étendues de sa maison et de son palais, loin de ces .lieux intimes et privilégiés, le Prince se retrouve confiné dans une petite chambre « basse », obscure et sordide (p.

261).

Don Fabrizio n'est plus le maître ni des lieux ni de son propre corps.

Il se prépare ainsi à re joindre ses chères étoiles.. »

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