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Fiche de lecture sur le chapitre 1 de Qu’est ce que la littérature, Sartre

Publié le 05/01/2026

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« FICHE DE LECTURE : QU’EST CE QUE LA LITTÉRATURE ? Dans cet ouvrage, Sartre s’oppose à ses critiques qui ont une vision faussée de la littérature “engagée” selon lui.

Publié en 1947, cet essai de Sartre explore les fonctions et les responsabilités de l’écrivain.

L’ouvrage est divisé en 4 parties : 1) Qu’est-ce qu’écrire ? 2)Pourquoi écrit-on ? 3) Pour qui écrit-on ? 4) La situation de l’écrivain en 1947 Contexte : Sartre écrit cet ouvrage dans un contexte troublé, juste après la Seconde Guerre mondiale et ses horreurs (les déportations juives, le régime nazi…) et réfléchit à la place de l’écrivain dans ce contexte.

Pour lui, l’écrivain doit écrire en résonance avec son temps, et donc ne peut se dérober à ses responsabilités politiques et sociales car tout écriture est un acte qui influence le monde. Chapitre 1 : Qu’est-ce qu’écrire ? °Sartre se défend d’abord de vouloir “engager” tous les arts car seule la littérature peut être engagée : Il réfute la thèse selon laquelle tous les arts seraient parallèles.

En effet, différents art s’expriment à travers différentes matières (son, écriture) le parallélisme entre ces arts “n’existe pas” selon Sartre.

Pour l’artiste: les objets procurent des sensations qui ne sont pas réductibles à une valeur ou un concept précis.

L’artiste ne veut pas tracer des signes sur sa toile, mais créer une chose On connaît la fameuse formule qui résume cette opposition : « la prose se sert des mots, la poésie sert les mots ».

Or la littérature étant l'art du langage, et le langage étant « naturellement signifiant », c'est dans la prose que se réalise son essence, la poésie étant plutôt assimilée aux arts « intransitifs » que sont la musique et la peinture. L’écrivain, lui a affaire aux significations, qui guide avec des mots ou idées en décrivant, le peintre ou le musicien propose des œuvres qui ne disent rien explicitement mais qui incarnent des émotions ou impressions qui sont difficilement traduisible en mots (ex : Guernica de Picasso).

Les peintres ou musiciens ne doivent donc pas être engagés car ils ne travaillent pas directement avec des concepts ou des signes, mais directement avec les sensations qu'ils considèrent comme choses à part entière. °L’écrivain peut être engagé car il utilise des significations ➨ les mots ont un sens : Le poète : Sartre distingue la prose qui fait affaire aux signes et la poésie qu’il met du côté de la peinture et de la musique car elle traite les mots comme des choses et non pas comme des outils pour désigner ou représenter.

Pour le poète, les mots ne sont pas fabriqués pour un usage précis mais sont comparés à des éléments naturels comme l’herbe ou les arbres qui existent pour eux-mêmes.

Les poètes ne cherchent pas à « nommer le monde ». “L’homme qui parle est au-delà des mots, près de l’objet ; le poète est en deçà.” En effet, le poète perçoit d’abord les choses directement dans un contact silencieux avant de s’intéresser aux mots.

Pour lui, le mot ne sert pas à désigner les objets mais est une image qui reflète un aspect du monde.

En effet, les mots sont comme métamorphosés par le processus poétique. ex : Fuir, là-bas fuir, je sens que les oiseaux sont ivres… Mais ô mon cœur entends le chant des matelots.

(Brise marine, Mallarmé) ➨ dans ces vers le “mais” (que Sartre décrit comme un « monolithe à l’orée de la phrase ») ne relie pas les deux vers entre eux, mais c’est aussi un élément expressif qui donne au second vers une certaine tonalité plus introspective ou interrogative cette conjonction n’est plus pour l’esprit la marque d’une opération à effectuer, elle s’étend tout à travers le paragraphe pour lui donner la qualité absolue d’une suite ex : Ô saisons ! Ô châteaux ! Quelle âme est sans défaut ? (Ô saisons ! Ô châteaux ! , Arthur Rimbaud) ➨ dans cette interrogation “personne n’est interrogé; personne n’interroge” : la question n'appelle pas de réponse, le poète est absent.

L’interrogation s’autonomise du poète et devient une “substance” à part entière, ainsi il semble difficile d’engager la poésie car elle nous transmet des émotions particulières, qui dépassent les mots utilisés. Distinction poète/écrivain ou poème/prose Le seul point commun qu’ils ont est le mouvement de main qui trace des lignes.

La prose est utilitaire dans le sens ou le prosateur se sert des mots comme d’outils pour accomplir une tâche (persuader, informer…) tandis que le poète contemple les mots de manière désintéressée, détachée de l’action ou de l’utilité. Le rôle du prosateur La matière de la prose est naturellement signifiante, les mots ne sont pas d’abord des objets mais des désignations d’objets. La prose est utilitaire, c’est un “prolongement de nos sens”.

Il y a une continuité entre le langage et notre corps, nous habitons le langage comme nous habitons notre corps, et son usage est toujours orienté vers une fin. Sartre critique les purs stylistes qui pensent que la parole effleure la surface des choses sans les altérer CAR ➨ “parler c’est agir” pour Sartre dans la mesure où l'on révèle la réalité en la nommant et donc on la transforme.

Il est donc impossible d'être neutre en étant écrivain car même l’acte de nommer une réalité implique une action de transformation. Ex : si on nomme la conduite de qqn : on la lui révèle, il se voit et en mm temps on la révèle aux autres aussi (il se sait vu dans le moment où il se voit), son geste furtif se met à exister pour tous, prend une dimension objective DONC comment peut-il agir de la mm manière après DONC la littérature dépend du lecteur, le livre n’existe pas sans l’acte de lecture + participation du lecteur à la création de l’œuvre DONC la parole étant une action, « dévoiler c’est changer », elle engage le prosateur dans une action qui doit être justifiable ➨ l’écrivain doit donc s’interroger sur ce qu’il choisit de dévoiler et pourquoi. Pour lui, l’écrivain ne doit pas écrire pour un public restreint mais comme si son œuvre allait être lue par tous. ex : réplique de Mosca dans la Chartreuse de Parme : “Si le mot d’Amour vient à surgir entre eux, je suis perdu” ➨ l’écrivain est celui qui nomme ce qui n’a pas encore été nommé comme l’amour entre deux individus qui “n’avaient pas encore décidé de leurs sentiments” : le pouvoir d’un mot peut entraîner des transformations irréversibles. Éthique de l’écrivain Sartre établit une analogie entre la responsabilité de l’écrivain et celle de la loi : comme nul n’est censé ignorer la loi parce qu’elle est écrite, nul ne peut ignorer le monde une fois qu’il est dévoilé à l’écrivain. L’engagement dans le langage est un acte irréversible dans la mesure où dès.... »

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