La philosophie de Proust
Publié le 17/01/2022
Extrait du document
«
sensation identique ressentie jadis au Grand-Hôtel, à Balbec : aussitôt mille détails ressuscitent en lui et raniment les émotions de sa vie passée.
En vivant à la fois dans deux instants distincts, nous éprouvons le sentiment d'échapper aux servitudes de la durée et d'accéder à une sorte d'éternité.
Mais de telles associations sont rares et fugitives.
Elles ne nous apporteraient qu'une joie précaire, sans le concours actif de notre esprit , qui doit répondre à ces appels spontanés et tirer de nos intuitions fugaces, au prix d'un effort douloureux, une vérité essentielle et permanente. Cette élaboration, qui consacre de façon définitive notre victoire sur le Temps, est le propre de l'Art.
A la recherche du temps perdu.
Du côté de chez Swann.
Par l'effet d'une association fortuite, tout un passé revit dans la mémoire du Narrateur.Voici Combray (llliers), où il a vécu, enfant, tant de jours heureux.
En allant vers Méséglise, on rencontre la maisonde M.
Swann, un ancien clubman parisien qui a aimé, puis épousé après de cruelles épreuves la frivole Odette deCrécy.
La rêverie du Narrateur l'entraîne parfois aussi de l'autre côté, vers le prestigieux château de Guermantes.Quelques années plus tard, à Paris, Gilberte, la fille de Swann, devient sa compagne de jeux et inspire son premieramour.
A l'ombre des jeunes filles en fleurs.
Le Narrateur fréquente assidûment chez les Swann.
Gilberte, cependant,s'éloigne bientôt de lui et il finit par l'oublier à son tour.
Sur la plage normande de Balbec une petite bande de jeunesfilles attire sa curiosité; il fait leur connaissance et distingue, parmi elles, Albertine Simonet.
Le Côté de Guermantes.
A Paris, le Narrateur éprouve une vive passion pour la duchesse de Guermantes; il aspire envain à être reçu chez elle.
La mort de sa grand-mère, les débuts d'une liaison avec Albertine, détournent le cours deses préoccupations.
Introduit enfin chez les Guermantes, il apprend à connaître la glorieuse et secrète aristocratiedu faubourg Saint-Germain.
Sodome et Gomorrhe.
Au premier plan du récit apparaît M.
de Charlus, frère du duc de Guermantes, un aristocrateaux allures déconcertantes, tour à tour cruel et bon, impérieux et humble, grossier et délicat, dont la bizarreries'explique par des goûts anormaux.
D'autres salons, cependant, demeurent ouverts à la curiosité du Narrateur, enparticulier celui de la bourgeoise Mme Verdurin.
Bientôt, il retourne à Balbec, "retrouve « la petite bande », découvreavec stupéfaction les moeurs étranges d'Albertine et, sous l'empire de la jalousie, sent cheminer en lui une passiontorturante.
La Prisonnière.
Albertine disparue.
Albertine accepte de vivre à Paris chez le Narrateur; mais, tout en la tenantprisonnière, il sent qu'elle lui échappe.
Un matin, elle disparaît; il apprend bientôt sa mort accidentelle; mais il souffrerétrospectivement de ses trahisons et ne conquiert le calme qu'à grand-peine.
Le Temps retrouvé.
La guerre survient.
Le Narrateur observe avec ironie ou mélancolie les transformations de lasociété qu'il a décrite.
Comme il se rend à une matinée chez la princesse de Guermantes, il découvre en uneillumination la vérité qui éclaire et justifie son récit : fixer en une œuvre les moments d'un passé enfui, c'estretrouver le temps perdu..
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